Guinée : encore un prisonnier politique qui meurt dans les geôles d’Alpha Condé !

En octobre 2010, Alpha Condé et son parti ont organisé des pogroms anti-peuls pour s’accaparer du pouvoir avec la complicité du régime de transition de Sékouba Konaté (Avec la version vidéo à la fin de l'article).

Nous avions prévenu Cellou et son parti que s’ils n’exigeaient pas la justice et une réparation pour ces crimes ainsi que pour les crimes du 28 septembre 2009 dans lesquels seraient également impliqués le leader du RPG et ses donzos, Alpha Condé et le RPG utiliseront cette stratégie à chaque élection en Guinée. En vain !

Dans ses manœuvres de faire tomber Dadis, Alpha Condé s'en était violemment et ethniquement pris aux Forestiers qu'il qualifiera de buveurs de sang humain dans la presse africaine et internationale. Plus tard, il appellera à une coalition de tous contre les Peuls avant de déclencher des violences et la chasse aux Peuls en Haute Guinée et en Guinée Forestière.

Christophe Châtelot, dans le journal "Le Monde" (cf. LDD Guinée 026/Mercredi 17 novembre 2010) :

« L'ethno-stratégie opportuniste de Condé n'a pas été mise en œuvre que pour gagner la présidentielle. Elle est, à l'instar de ce qu'a été l'ivoirité, le fondement de son action »

Cet avertissement ne fut pas pris au sérieux par les Peuls, les Forestiers et les leaders de l’opposition !

Les événements de 2013, 2015 et de 2020 nous donnent éloquemment et indéniablement raison ! Cependant, une victoire fondée sur le mensonge et l’injustice ne dure que le temps qu’elle est acceptée par ceux qui en sont victimes ou qui en font les frais.

Comme l’a dit Henry Kissinger, politologue et ancien ministre des affaires étrangères des USA, conseiller spécial américain de la sécurité nationale, prix Nobel de paix:

Il n’y a pas de paix sans justice. Il n’y a pas de justice sans équilibre des forces.

« La paix ne doit pas être envisagée comme un but en soi mais elle doit être le résultat d'un équilibre de forces ».

Une vérité qui se confirme dans le temps et dans l’espace, particulièrement en Guinée. Ceux qui ne comprennent pas ça, resteront des victimes et dominés éternels.

La semaine passée, on a enterré Roger Bamba. Un nouveau prisonnier d’Alpha Condé vient de mourir en détention : Mamadou Oury Barry (21 ans), arbitrairement arrêté le 5 août 2020 à un arrêt de bus, au lendemain d’une manifestation du FNDC. Identifié comme Peul, il est arbitrairement embarqué et détenu dans la souffrance jusqu'à la mort. Avant lui et Roger Bamba, plusieurs autres, anonymes ou connus du public sont morts dans des conditions douteuses avec des traces de tortures sur leurs corps comme le cas d’Ibrahima Sow, 62 ans, arrêté aussi arbitrairement le 24 octobre et mort le 17 novembre 2020 sous la torture.

Avant Roger Bamba, on était officiellement à 109 personnes, le nombre de personnes mortes en détention entre 2015 et octobre 2019, bien que les chiffres réels soient probablement plus élevés, d’après BBC.

Pourquoi des disparitions et ces morts mystérieuses de supposés opposants et de jeunes Peuls et Forestiers sous Alpha Condé ?

Je rappelle ici que lui-même Alpha Condé a été prisonnier pendant deux ans sous Lansana Conté et pour des raisons justifiées comme il l’a reconnu lui-même lors de sa première mandature : il voulait sortir du pays afin de lancer une attaque militaire contre la Guinée. Un programme du RPG que son arrestation a fait retarder, sans toutefois l’empêcher, comme nous le savons tous depuis l’an 2000.

Alors, on se pose une question : pourquoi le rebelle jugé et reconnu coupable, Alpha Condé, a fait deux ans de prison sous Conté sans être torturé encore moins tué et qu’avec son régime à lui, des innocents meurent dans cette même prison comme des mouches en peu de temps ?

Il s’agit ici des homicides volontaires, un génocide planifié en cours d’exécution. D’ailleurs, on peut lire ce qui suit dans la publication de BBC du 18 décembre 2020 :

« Une analyse d'Amnesty International a conclu que, pris ensemble, le schéma des blessures d'Ibrahima Sow suggère fortement l'infliction de brûlures à l'aide d'une tige de fer chaud ou d'un objet similaire. Les blessures sont des preuves très solides de mauvais traitements. Ces blessures pourraient être la cause de la mort d'Ibrahima Sow", a déclaré Amnesty International dans un rapport publié le 15 décembre (deux jours avant la mort de Roger Bamba) et titré "Guinée : des forces de défense et de sécurité ont commis des homicides dans des quartiers favorables à l'opposition après l'élection présidentielle. » (Lire).

Nous condamnons fermement ces pratiques terroristes & barbares perpétrées en Guinée par Alpha Condé et son clan qui prennent notre pays en otage. Nous exprimons toute notre solidarité et soutien aux victimes et aux familles éplorées ! Qu’Alpha Condé et ses complices sachent qu’ils n’échapperont pas à la justice comme cela a jusque-là été le cas en Guinée !

Face à la défaillance de la CEDEAO et de la CPI, l’opposition guinéenne, les communautés ciblées peules et forestières auraient tort, de ne pas trouver un moyen de mettre fin à ce régime de criminels (voleurs et assassins) qui prennent notre Etat en otage pour l’instrumentaliser contre elles. Comme on l’a vu au Tchad en 1990 et au Zaïre en 1997, les régimes dictatoriaux fondés sur le communautarisme, le pillage de deniers publics et l’injustice s’écroulent comme des châteaux de sable quand on leur résiste avec des moyens sur lesquels ils comptent pour se maintenir au pouvoir. Aucun civil ni militaire raisonnable ne sacrifierait sa vie pour défendre de tels régimes.

L’exemple du Tchad :

Le 1.er avril 1989, le régime du dictateur Hissène Habré a accusé Idriss Déby et des membres de sa communauté, les Zaghawa, de troubles et de malversations contre le Tchad en abattant une répression sauvage contre cette ethnie, tuant une douzaine et faisant des centaines de prisonniers soumis à des tortures, comme nous le connaissons en Guinée depuis l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir en 2010 et plus gravement depuis le 27 septembre 2020. Déby fuit vers le Soudan d’où il réunira en quelques semaines des volontaires combattants qui refusent ce qui arrivent à leur communauté. Le 2 décembre 1990, ils marcheront sans encombre sur la capitale N’Djamena en prenant le pouvoir sans difficulté. Laurent-Désiré Kabila fera pareil en 1997 contre le dictateur zaïrois qui avait plus de 10 000 soldats (l’équivalent de l’armée guinéenne) dans sa seule garde présidentielle.

Alpha Condé a prouvé par tous les moyens son manque de scrupule et son mépris pour le peuple de Guinée. Entouré de criminels et bandits de grand chemin, ils ne font pas que tuer, ils pillent nos ressources minières à grande vitesse avec des complices étrangers dont des Chinois et Libanais en particulier. En guise d’exemple, c’est le fameux Fadi Wazni que l’on a connu sous le CNDD, un chef d’entreprise franco-libanais (Lire), qu’Alpha Condé a choisi comme Directeur Général du projet Simandou. Ce libanais est également le président du Conseil d’administration de la Société Minière de Boké (SMB), premier exportateur guinéen de bauxite. Comme s’il n’y a pas de Guinéen compétent pour assurer ces fonctions ! A rappeler que c’est un autre Libanais qui est Directeur de l’hôpital Ignace Deen où le régime dépose tous les prisonniers politiques torturés en fin de vie, afin qu’il délivre de faux certificats de mort naturelle. A rappeler surtout que les Africains qui ont fait des pays arabes sont unanimes que les Libanais sont le peuple le plus raciste anti-noir au Moyen Orient. Ce que les vidéos et images qui circulent sur les réseaux sociaux semblent fort malheureusement confirmer.

Kassory Fofana vient d’être reconduit Premier ministre par Alpha Condé qui garde le pouvoir par la force après ses deux mandats légaux. Cela ne nous étonne pas !

A l’opposé de la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouatara, nous savons que l’impunité et le recyclage des criminels de tous ordres sont le fondement de la gouvernance d’Alpha Condé et de son parti RPG.

Kassory Fofana, Oyé Guilavogui, Ibrahima Keira et Mariama Camara ont tous été mis en cause ou démis de leurs fonctions dans le passé pour malversation, corruption, vols de biens et détournement de fonds publics.

Kassory a été mis en cause après des enquêtes sérieuses menées par Hervé Vincent Bangoura et chassé du gouvernement sous Lansana Conté. Oyé Guilavogui sera radié de la fonction publique pour malversation et détournement de fonds publics sous le régime Conté. Même la justice belge mettra en cause Kassory Fofana et Mariama Camara.

Malgré tout, Alpha Condé fera de Kassory son Premier ministre, de Mariama Camara, ministre de l’Agriculture. Oyé Guilavogui aura même le privilège de refuser un premier poste ministériel pour être bombardé ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts.

Les enquêtes dirigées par Ousmane Kaba dans le cadre des audits ont révélé que c’est l’ancien ministre Ibrahima Keira et son épouse qui ont démantelé et volé les rails pour les vendre à des Chinois sous le régime Conté. Alpha Condé en fera son ministre de la sécurité malgré ces faits et son âge avancé, sous sa mandature dédiée aux jeunes et aux femmes.

Nous savons tous, chers compatriotes, pourquoi les voleurs et dictateurs africains aiment s’entourer des étrangers et des anciens ministres et hauts cadres compromis : c’est pour leur servir dans leurs manœuvres criminels et de pillages des ressources du pays. Si nous ne prenons garde, la Guinée risque de connaitre un sort plus grave que celui de la Tunisie après Ben Ali. En effet, sur les 320 millions de dollars que ce dictateur a volés et placés dans une banque Suisse, l’Etat tunisien n’a récupéré que 4,27 millions de Franc Suisse. Avec Alpha Condé, la Guinée risque de connaitre pire si on n’attrape pas ou on ne chasse pas ce despote et grand criminel de notre pays avant qu’il ne soit trop tard.

La version vidéo :  https://youtu.be/nJvBQzrg6Mg

 

Sadio Barry,
Président du parti Bloc pour l’Alternance en Guinée (BAG).


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