Démission du ministre de la justice en Guinée -Communiqué de Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon.


Les membres de Pottal-Fii-Bhantal Foutah-Djallon ont pris note de la démission de Mr. Cheick Sako du gouvernement de Mr. Alpha Condé. Depuis sa nomination en 2014, notre organisation n’a cessé d’interpeller l’ancien garde-de-seaux guinéen sur sa complicité active dans le déni de justice en Guinée - en particulier sur le dossier des crimes contre l’humanité de Septembre 2009.



En 2016, la commission de de l’ONU sur les violences faites aux femmes en zones de conflits avait facilité une rencontre entre Pottal-Fii-Bhantal et Mr. Sako, dans les locaux de la délégation guinéenne à New-York. Suite à un échange franc, Mr. Sako avait promis la tenue des procès des accusés de crimes contre l’humanité de 2009 en 2017. Cette promesse ainsi que celles faites avant et bien après ne furent jamais tenues. Pendant cinq ans, sur les centaines d’assassinats de citoyens innocents, la discrimination ethnique dans les arrestations et l’extorsion de rançons aux familles des détenus, Mr. Sako aura préféré garder le silence. Néanmoins, il trouvera opportun de lancer des menaces contre des personnalités guinéennes qui dénoncèrent des violences ciblées des forces de sécurité contre leur communauté. En outre, Mr. Sako lançait régulièrement des insinuations contre des organisations qui insistaient sur la nécessité de traduire en justice les inculpés de crimes contre l’humanité, en les accusant d’avoir des visées autres que la quête de la justice. 

Face aux pressions internationales sur les procès des crimes contre l’humanité de 2009, Mr. Sako exhiba une duplicité remarquable. À certaines occasions, il accusait implicitement Mr. Alpha Condé en se plaignant du manque de « volonté politique ». Lors de la rencontre de 2016 à New-York avec Pottal-Fii-Bhantal, Mr. Sako fit flotter les risques d’une révolte des militaires pour justifier sa lenteur dans le dossier. Il retirera l’argument quand il lui fut répondu que plusieurs officiers de l’armée ont été arrêtés et détenus, sans jugement ou après des parodies de justice – sans aucunes réactions des forces de sécurité.  En d’autres circonstances, Mr.  Sako jouait aux victimes de l’inertie du gouvernement dont il faisait partie. Il se plaignait constamment du manque de moyens financiers – en dépit des subventions de l’Union Européenne et des Etats-Unis. Il déclara par ailleurs qu’une raison majeure du retard des procès était le manque d’un palais de justice digne de ce nom. Face à l’état piteux de son département ministériel, Mr. Sako ira au point de déclarer avoir « honte d’être guinéen ».

En fait, comme on l’a régulièrement rappelé, Mr. Sako aura agi de façon consistante en complice de Mr. Alpha Condé au lieu de garde-de-sceaux de la nation.  Sous sa direction, le ministère de la justice a été un instrument de répression contre les adversaires politiques d'Alpha Condé. Sous sa responsabilité, le climat de hors-la-loi de l’administration a été renforcé en Guinée. L’histoire retiendra le rôle néfaste qu’il a joué dans le sabordage de la construction d’un état de droit en Guinée.

Si les crimes commis par les forces de l’ordre en Guinée - avant et après les élections de 2010 - avaient l’objet d’une diligence juridique adéquate, la responsabilité criminelle de Mr. Alpha Condé serait engagée. Mais, du fait de son laxisme coupable sur les nombreux crimes commis par les autorités contre des guinéens, Mr. Sako aura participé activement à l’échafaudage du coup d’état constitutionnel en préparation en Guinée. Il est inopportun qu'il prétende être choqué par ce projet.

Mr.  Sako a sur la conscience le poids de sa complicité avec Alpha Condé dans une entreprise criminelle d’état. Cette complicité explique son silence depuis son départ du gouvernement. S’il avait le moindre remord sur ce qu’il vécut dans ce gouvernement hors-la-loi, Mr. Sako aurait pu écrire et faire des déclarations publiques pour jeter la lumière sur l’état de déliquescence de la justice guinéenne qui est le principal frein à la démocratie. Mais, Mr.  Sako préfère garder son silence coupable qui privera ainsi la Guinée d’un pan important de son histoire. Il contribuera aussi à maintenir la Guinée dans la faillite qui en fait le terrain propice au banditisme et au terrorisme international. Cela est impardonnable.

                   

Le Comité central de Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon.


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