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2012-04-06 09:10:09
Les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), ont proclamé l'indépendance de l'Azawad. C'est ce qu'un porte-parole du mouvement, Mossa Ag Attaher, a déclaré ce vendredi 6 avril 2012 à la chaîne de télévision française France 24. La proclamation apparaît aussi sur le site du mouvement touareg. Au Mali, sur le terrain, la situation est toujours confuse. La proclamation de l'indépendance intervient peu après une réunion des chefs d'état-major de la Cédéao, à Abidjan, sur la constitution d'une force commune d'intervention au Mali.
Mossa Ag Attaher, porte-parole du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) :
« C’est un grand moment aujourd’hui pour le peuple de l’Azawad, en hommage aux combattants qui sont tombés sur le champ d'honneur, en hommage à l’ensemble des populations de l’Azawad durant toutes ces années de marche à la tête de la liberté et de l’indépendance, que le comité exécutif du MNLA à travers son secrétaire général, Bilal Ag Cherif, a proclamé solennellement l’indépendance de l’Etat de l’Azawad. »
Avec cette proclamation d'indépendance, le Mali apparaît aujourd'hui comme un pays coupé en deux, avec une population également inquiète : celle qui voit s'installer les rebelles touaregs et leurs différentes composantes dans le nord et ceux qui craignent l'anarchie et la vacance du pouvoir à Bamako. Tout le monde étant soumis aux conséquences de l'embargo.
Moussa Souma Maïga, chef de la communauté songhoï :
« Observer la situation avec calme et sérénité, c'est le conseil que je donne »
À Tombouctou, les islamistes du mouvement Ansar Dine occupent la plupart des quartiers. La charia s'impose à tous, l'ordre aussi. La seule radio qui fonctionne a diffusé ce 5 avril 2012 un appel aux habitants pour qu'ils nettoient la rue. Les islamistes ont, selon un témoin, promis également de distribuer des produits de première nécessité tels que l'huile et le riz. Produits qu'ils ont saisis dans les stocks des associations humanitaires qui étaient basées à Tombouctou. « L'État nous a abandonné, il n'y a pas de gendarme, pas de garde, se plaint un habitant effrayé, ce sont des petits enfants qui nous commandent ! Ils ont 16 ans, 18 ans, 22 ans ... Le plus âgé a 40 ans et quelque ! Vraiment, on a peur !»
Les résidents étrangers quittent le Mali
La population est donc aujourd'hui en train de prendre les devants face à l'incertitude de la situation : putschistes à Bamako et mouvements rebelles occupant les villes du Nord. Des milliers d’étrangers qui résident au Mali se débrouillent pour quitter leur pays d’adoption malgré la fermeture des frontières. Les troubles ainsi que l'embargo de la Cédéao ont perturbé les transports routiers.
Les soutes sont pleines, sur le toit une montagne de bagages. Direction Abidjan. Un besoin de rentrer au pays pour Corine, étudiante de 19 ans, qui laisse à Bamako son ami et ses études de médecine : « J’ai un ticket et je rentre en Côte d’Ivoire parce qu’ici, la situation n’est pas tellement stable. Mes parents réclament que nous rentrons chez nous. Il y a une certaine peur parce qu’on a connu la guerre en Côte d’Ivoire et on n’a pas envie de vivre ça ici. J’espère pouvoir passer ».
Pour passer justement, les agences de car ont tout prévu. Malgré l’embargo, malgré la fermeture officielle des frontières, Alphonse le voyagiste a tout organisé : « Il y a un système de motos où on amène les passagers à la frontière à Zégoua [première ville malienne frontalière avec le nord de la Côte d’Ivoire NDLR]. Ils prennent des motos pour traverser la frontière ou ils empruntent les cars pour continuer ».
Certains n’ont pas cette chance, le passage vers le Burkina Faso par exemple est bien compliqué. Fatigué, stressé par la situation, Ilias ne trouve pas de solution : « Je veux rentrer chez moi. Ce n’est pas facile. Je suis bloqué quand même. Mais l’embargo c’est pour tuer les Maliens et ce n’est pas une bonne façon d’aider les Maliens ».
Pour les lignes internes vers le Nord, les cars, liens essentiels pour rejoindre Tombouctou ou Gao, ont repris du service. Passé Mopti, les agences de voyage utilisent des indicateurs pour s’assurer que la voie est libre.
Le colonel Aladji Ag Gamou est rentré dans les rangs.
Le colonel Gamou, ancien commandant de la garnison de Kidal, prend ses distances avec les mouvements rebelles et a rejoint Niamey avec armes et hommes. Il était un fidèle du président malien Amadou Toumani Touré et avait récemment rallié le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) pour revenir aujourd'hui sur sa décision.
De source bien informée, le colonel Aladji Gamou prend ses distances avec près de 500 hommes lourdement armés. C’est le ministre nigérien de la Défense nationale, Karidio Mahamadou, qui a dirigé les opérations de recueil, c’est-à-dire le désarmement intégral du régiment. Le colonel Gamou et cinq de ses lieutenants ont été ensuite transférés à Niamey où ils séjourneront temporairement, dit-on. Quant à ses hommes, ils sont cantonnés sur le site des réfugiés de Koutougou, non loin de la frontière malienne. Des citernes d’eau et de vivres sont déjà acheminées sur ce site.
Combien de temps ces soldats maliens passeront-ils dans ce camp de réfugiés ? Quelle sera leur destination finale ? Aucune réponse officielle pour l’instant. Mais depuis le début de la crise dans le nord du Mali, ils sont presque un millier le nombre de soldats en fuite ayant trouvé refuge au Niger.
Dans un entretien accordé à l'Agence France Presse, le colonel assure être loyaliste et avoir prétendu l'inverse pour pouvoir sauver ses hommes.
Source : http://www.rfi.fr/afrique/20120406-mali-le-mnla-proclame-independance-azawad
VOS COMMENTAIRES | |
| hafia | 06/04/2012 09:53:41 |
| c´est la solution finale a tout peuple opprimer et ignorer,mais pas forcement la solution du continent | |
| Lamine Diallo | 06/04/2012 22:52:21 |
| Je souhaite la bonne reussite dans la paix, le succes economique et social a la jeune nation. Vous savez, que l'afrique doit se defaire de ces limites coloniales qui n'aident que les colonisateurs et non les colonises. Ils ont partages l' afrique selon leur propre interet non pas sur des realites socioculturelles. Ils ont cree des pays a l'image coloniale ou certaines populations ne s'entnedront jamais (ex. peuls et malinkes). Vous savez il y a de ces valeurs naurelles qu'il faut appliquer en sociologie politique. Par exemple ce n'est pas l'homme qui a divise le chien et le chat, l'hyenne et la chevre, l'epervier et le poussin, le lion et la vache, etc... Si bien que l'epervier a presque les characteristiques physiques que le poulet, mais dans la basse cour, seul le dindon bien que plus different du poulet continue de sevrer les poussins apres la prompte mort de ce dernier. D'un autre cote, voyez nos pays a l'image coloniale comme une equation algebrique a plusieurs inconnues. Pour resoudre cette equation on a besoin de donner des valeurs a chaque variable. Nos dirigeants ont ce probleme de solvabilite pour resoudre cette equation. Je pense que tous nos problemes tournent au tour de cette equation. De ce fait, je demande a tous les enfants du fouta djallon aussi bien a l'interieur qu'a l'exterieur de se mobiliser pour demander l'independance du fouta. Si on ne demande pa, personne ne nous offrira l'independance. En guinee, seuls les mandingues beneficient de lindependance guineenne. | |
| Athléte | 07/04/2012 00:52:11 |
| L'armée Malienne est vraiment faible. En plus de ça le petit capitaine Sanogo a aidé la rébellion avec son coup d'Etat. La CEDEAO doit chasser Sanogo et la rebellion afin de protéger l'intégrité du Mali | |
| Ben Soumaoro | 07/04/2012 10:15:13 |
| Dans la vie les choses se ressemblent mais pas souvent identiques. En guinée, l'exemple de lazawad au foutah est impossible historiquement, socialement ou économiquement, car son sol appartient à son vaillant peuple qui a bravé face à De Gaule. | |
| idia | 07/04/2012 21:22:48 |
| C'est le plus mauvais outcome pour les Touaregs. Aucun voisin ne les reconnaitra comme etant souverain. A l'inverse, cela aura un effet de somalisation du Mali sur une longue periode. Un example a ne pas suivre. Ceux qui luttent pour l'equite, l'egalite de traitements et de chances a l'interieur des nations devront le faire avec courage, perseverence, fermete et beaucoup de sacrifices a l'interieur de leur pays. En bref, le Fouta ne devra jamais emprunter ce chemin;il est sans issue heureuse. Salaam. | |
| bangoura ousmane | 12/04/2012 10:15:55 |
| je triste pour ce qui arrive au mali. mais vous qui avez de l'instruction savez qu'entre XIIème et Xème siècle sous l'empire songhai du niger sa capitale était Gao dans l'actuel mali et qui posait problèmes déjà à cette époque? les touaregs.C'est la pénétration francaise de 1830 à 1920 qui freiné leur mouvement expansionniste.Les nigériens ont cette épée de damoclès au dessus de leurs têtes. De ce que j'ai vu à la télé à tombouctou je crains que la secession ne soit irréversible.La cedeao s'embourbera dans une guerre sans fin .Mais croiser les bras n'est pas la solution non plus lorsque les deux tiers du pays sont aux mains des touaregs.je suis triste vraiment triste. bien à vous. ousmane bangoura. | |