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2012-05-15 08:17:39
Le Président de la République a demandé un arrêt provisoire des opérations de révision des listes électorales à travers un communiqué assez laconique.
Il y est précisé qu’il s’agit « d’un arrêt de quelques jours » qui devrait rassurer les différents acteurs. C’est comme si cette déclaration du 13 mai 2012 allait mettre fin à la question de la Commission Nationale Indépendante (CENI) et à tous les problèmes techniques liés aux opérations de révision des listes électorales. Ce laps de temps serait-il si miraculeux pour solutionner des problèmes qui durent depuis plus d’un an ?
A bien lire entre lignes, on s’aperçoit que la décision présidentielle, si toutefois elle relevait de bonne foi, manque notoirement de réalisme et de courage politique. Elle ne fait mention à aucune initiative vers l’opposition.
La seule voie qui vaille pour sauver la paix civile en rapprochant l’opposition politique guinéenne incarnée par le Collectif, l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) et le pouvoir, c’est la satisfaction de toutes les revendications liées aux législatives. Ce qui semble lui être refusé.
Cependant, minimiser le vent de contestation qui se lève en Guinée à travers les marches pacifiques et les journées de villes mortes n’est aucunement profitable au gouvernement. Tel est pourtant le cas. Cela conduit beaucoup d’observateurs à penser que le Président guinéen est entouré de personnes totalement déconnectées de la réalité. Bon nombre d’entre-elles apparaissant comme des radicaux imbues d’idées anachroniques.
De surcroît, de telles personnes privilégient l’intérêt personnel, clanique, familial et ethnique au détriment de la nation. Toute chose qu’il aurait fallu éviter dans une Guinée qui a connu plus d’une dizaine de mouvements de révolte en moins de 10 ans. Ce manque notoire de vision politique risque, hélas, de coûter cher d’autant plus, cela signifie que l’entourage d’Alpha Condé perd de vue que les populations guinéennes ont bravé tous les systèmes politiques de ces dernières années. Qu’elles en sont venues à bout au prix que nous connaissons tous sans jamais reculer.
L’histoire récente aurait servi au gouvernement actuel et à son président. Mais, le propre de l’obstination, c’est le regret, « le si j’avais » alors que nul ne savait plus que l’obstiné lui-même. Si le pouvoir guinéen ne veut pas être comptable d’un chaos politique, il devra mettre de côté les radicaux et les nostalgiques d’un passé à jamais révolu pour débloquer la situation. C’est la seule condition qui prévaut. Tout le reste relève de vaines tentatives qui ne feront que retarder l’échéance des jours sombres. Ce que nul ne souhaite pour notre pays.
Le pouvoir actuel devrait savoir que le peuple est du côté de l’opposition. Que ce peuple vit à travers les médias ce qui se passe ailleurs en Afrique et dans les pays voisins. Les évolutions en cours en Côte-d’Ivoire, les bouillonnements au Mali, en Guinée- Bissau et l’enlisement de la Guinée n’échappent à aucun citoyen. Dans ce contexte, l’opposition a plus de chance d’en tirer profit. Le fait que le système en place n’ait rien à faire prévaloir depuis 18 mois de magistrature, le sert d’autant plus !
Il est temps, grand temps même, qu’Alpha Condé se ravise et desserre l’étau en s’ouvrant à ses adversaires. Qu’il se rende à l’évidence que, malgré la démagogie de certains qui veulent flatter son égo, son opposition devient de jour en jour plus forte, plus populaire et plus mobilisatrice. Que ce qui se passe ne laisse pas indifférent institutions étrangères, consulats et chancelleries.
Mieux, l’opposition fait preuve de maturité politique face au manque de leadership du RPG- Arc-en-Ciel qui se gausse de menace, de chantage face à un adversaire pacifique. Les contre-manifestations montrant que le RPG est plus un parti composite qu’une majorité mobilisatrice. Un parti dont on dit que le taux de mobilisation dépend plus de la bourse des engraisseurs (en espèces sonnantes et trébuchantes) que de la force de conviction.
Tout pouvoir, celui-ci en premier, doit prendre en compte que des milliers de Guinéens se sont sacrifiés pour une société démocratique, juste et équitable. A chaque fois, plus grand est le nombre de victimes, plus tenace a été la volonté de changement. Ainsi, tout pouvoir qui ne peut étancher la soif de démocratie du peuple ira agrandir les rangs de ceux qui sont partis par la rue.
A force de fermer la porte du dialogue, le système politique guinéen, qui est en train de languir, risque fort bien de vaciller. Il se met de plus en plus le peuple sur son dos dans un contexte où l’épreuve de forces est nettement en faveur de l’opposition. La réalité quotidienne incontestable: manque d’eau, d’électricité, cherté de la vie, misère galopante, jeunesse déboussolée et désillusionnée pèse plus en sa défaveur.
A mon avis, il n’ya pas d’issu qui ne soit le dialogue. Un dialogue que l’opposition a demandé à maintes reprises. Mais, l’obstination au refus, la persistance dans les décisions unilatérales, les mamayas, orchestrées par des gens qui ne veulent que s’attirer les grâces du chef ne résoudront rien.
Selon moi, il faut que l’arrêt provisoire des opérations de révisions soit effectif et immédiatement prolongé. Il devrait s’en suivre une deuxième étape dans laquelle le pouvoir conviera les deux alliances, l’ADP et le Collectif au dialogue. Restructurer le CENI après le départ de son président actuel tant et si bien que celui-ci est l’une des principales sources de blocage en découlera. S’en suivront les autres étapes de résolution de la crise dans la concertation et le consensus. Il ne sert à rien d’y convier des attroupements de copains, de réseaux de quartiers ou de villages appelés partis politiques pour semer la zizanie.
Au cas contraire, il est fort à craindre toute autre démarche allant de la crise qui secoue la Guinée ne soit, d’une manière ou d’une autre fatale. Pour éviter un tel dénouement, le pouvoir et l’opposition doivent se montrer responsables. C’est tout naturellement au pouvoir de montrer plus de bonne volonté face à une opposition déterminée plus que jamais à œuvrer pour « des élections législatives libres et transparentes ».
Enfin, c’est la main qui lave le dos qui rend le visage éblouissant. Autrement dit, un pouvoir n’est stable, ses responsables tranquilles et efficaces que si l’adversaire politique ne fait pas ce qu’il devrait faire.
Et, pour le moment, en Guinée, l’initiative et la démarche démocratique semblent être du côté de l’opposition. Au cas échéant, de manifestations, il n’y en aurait point !
Lamarana Petty Diallo
lamaranapetty@yahoo.fr
VOS COMMENTAIRES | |
| Baga | 15/05/2012 09:23:02 |
| Lounceny camara a dit que les activites de la CENI ne concernent pas AC. Le communique se la presidence sur l'arret des activites de pa CENI est un grand mensonge car AC a demande a Lounceny camara de continuer. | |
| cherifula | 15/05/2012 10:08:31 |
| la liberte ne se donne jamais pas , plutot il fo l¨arracher,nous faisons appelles a tous ce ministres ki tournent o tours de alfa kounkou, a partir de maintenent si vous tuer un nos frere u militants, nous allons attaker vos avortons deguiser en etudients partut u ils se truvent soit en france, en allemagne, belgik,e canada on les connaisent tous wasalam. | |
| Balde A Bruxelles | 15/05/2012 10:32:44 |
| C'est une fasons d'endormir les opposants.si non avant le lancement et l'ordre d’arrêt, tout le monde connaissent les exigence des opposants c'est le départ de Louceny,la réorganisation de la CENI.Tout est organiser par Alpha Conde car l’opposition na pas des yeux pour voir ni ni cerveaux pour ou cœur pour analyser mais ils finirons par se noyer dans l'oceant polique de Alpha Conde | |
| Citoyen | 15/05/2012 10:44:30 |
| C'est une pure diversion. Je vis en Guinee et j'ai sillonne quelques quartiers de la ville dans laquelle je reside en ce moment, le recencement continu de plus belle. Ce n'est pas une revision c'est un recencement. A bon entendeur salut Recencez vous nani | |
| Jean Iromou | 15/05/2012 12:33:27 |
| Je crois qu'après tout ça on ne viendra plus dire aux guinéens voilà qui peut faire ton affaire. L'ethnocentrisme ns a bien servi. Le prochain Président en 2015 ne sera pas choisi sur une base ethnique. Ns sommes vraiment servi cette fois-ci par l'ethnocentrisme. Merci Mr Diallo | |