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La Guinée entre le nécessaire et impossible dialogue, le pire peut-il être encore évité ?


2012-05-23 11:33:36

C’est peu dire d’affirmer que  la situation politique et sociale guinéenne est de plus en plus tendue. Pourtant, tout le monde connaît et feint d’ignorer l’unique et incontournable solution : le dialogue.

Un dialogue nécessaire. Plus encore, indispensable. Mais cette voie s’avère être impossible. Du moins, depuis l’élection en novembre 2010 d’un certain Alpha Condé comme Président de la République. Les causes du refus sont diverses et mon propos n’est point de les aborder.

Je m’appesantirai sur les conséquences que chacun voit venir sans en prendre garde. D’un côté, on fait la sourde oreille. De l’autre, on se bat sans résultat pour détrôner l’homme par qui tout peut arriver.

En effet, Loucény Camara, le Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) est l’épine dorsale de la question qui oppose pouvoir et partis politiques : ADP et Collectif. Il apparaît comme la seule personne qui pourrait faire gagner ou perdre les élections législatives. Autant dire qu’en Guinée, comme dans beaucoup de pays africains, les urnes ne font ni les élections ni la victoire méritée.

Pouvoir et opposition se regardent en chien de faïence. Au centre de leurs préoccupations, et en méconnaissance totale du sort du peuple, un seul un homme : Loucény Camara. C’est à ce niveau qu’il va falloir trancher, car la Guinée vacille à vue d’œil. De jour en jour, l’obstination du pouvoir expose le pays à un cataclysme social et politique que rien ne semble empêcher.

Face à la situation actuelle, le problème est moins de savoir qui se braque et campe sur ses positions que celui par qui tout pourrait arriver. L’évidence est là : dans le contexte qui prévaut, le pouvoir en place est l’unique comptable. Pour la simple raison qu’il est le garant de la sécurité du peuple. Par  conséquent, il lui revient de prendre toutes initiatives constructives pouvant assurer la paix sociale. Laquelle est conditionnée par «  élections législatives libres et transparentes ». Une chose qui semble de plus en plus éloignée. Et pour cause ?

Beaucoup de voix se sont élevées en faveur d’un dialogue politique. Hélas, aucune ne semble avoir été entendue. Tactique ou stratégique, ce refus d’écoute, de concertation et de dialogue  est insensé. Simplement idiot, pour dire les choses comme telles. Mais, il ya pire.
Des informations, très fraîches, en provenance de certaines instances et organisations de partis politiques de l’opposition font craindre le pire. Elles sont relayées, tant par la presse réputée être proche du pouvoir que par celle de  l’opposition. Toutes font état de la présence des « Donzos » en Guinée-Forestière.

 Ces chasseurs dits traditionnels sont assimilés à une milice ethnique. Ils apparaissent aux yeux de plus d’un Guinéen comme des semeurs de morts. Des mercenaires qui sont  au-dessus de l’armée nationale et des institutions paramilitaires. Des défenseurs de la cause ethnique et au détriment de l’unité nationale.

Ce sont ces gens qui auraient refait leur réapparition à N’Nzérékoré. L’un des sites internet qui est à l’origine de la nouvelle indique que le préfet en personne aurait affirmé les avoir chassé de son territoire. M. Hassan Sanoussy Camara, pour ne pas le nommer, a précisé dans son interview que les donzos viendraient de Dabola, à plus de 500kms, mais aussi « de toutes les régions du pays et ailleurs ». Qu’ils terrorisaient la ville et avaient érigé des barrages.

On se demande bien pourquoi ces hommes illégalement armés se donnent le droit d’assurer la sécurité ? Et quelle sécurité ? Au nom de qui agissent-ils ? C’est comme s’ils étaient dépositaires d’un quelconque pouvoir légitime. Comme si ces recrues avaient des prérogatives légales ou institutionnelles.
 
Malheureusement les faits ne se limitent pas à la simple présence de ces chasseurs de gibiers humains. D’après des jeunes leaders de l’ADP et du Collectif, ces donzos ont rejoint Conakry. On  les aurait vus dans des endroits stratégiques de la capitale. Leur présence aurait un double but : orchestrer des troubles lors de la manifestation préalablement fixée le 24 mai 2004 et reporter depuis, attenter à l’intégrité physique des responsables de l’alliance.

Tout semble montrer que la Guinée est en danger. Que le pouvoir dispose d’une force parallèle. Qu’il ya une armée de recours et de connivence qui est au-dessus de l’armée guinéenne. Que ces donzos qui ont fait régner la terreur lors de la manifestation de l’opposition du 27 septembre 2011 à Conakry sont à la solde du système en place. Une seule preuve suffit pour confirmer cet état de fait. Le préfet de Nzérékoré, un représentant de l’Etat, affirme lui-même ne rien savoir des donzos. Cela veut dire qu’il ya quelque part, quelqu’un qui sait quelque chose à leur propos. Celui-ci ne pouvant être que le pouvoir central ou l’Exécutif. Au cas échéant, il les aurait fait arrêter par l’armée guinéenne.

Si l’existence de ces personnes auxquelles on a donné ce sobriquet « donzos », pour masquer leur vraie identité se vérifiait, il est du devoir de tout citoyen, de toute entité villageoise, régionale ou préfectorale de les chasser. Surtout, de se prémunir par tous les moyens contre leurs actions meurtrières.
 
Il faut dire qu’il est fort étonnant que ce soit des organisations de jeunesse de l’opposition qui révèlent la présence de cette milice ethnique à Conakry. Une fois de plus, les leaders de l’opposition donnent l’impression se cacher derrière une voix moins autorisée. Cela les décrédibilise et risque de remettre en cause leur courage politique. Cela d’autant plus que rien ne justifie qu’une force armée (et c’est le cas)  se substitue à l’armée nationale et aux forces de l’ordre. Le risque est, on ne peut plus, grand que les donzos ne noyautent et contrôlent l’armée guinéenne.

On voit bien que la situation est suffisamment grave. L’accusation de présence de donzos, si s’en était une, est très sérieuse pour ne pas que l’opposition laisse la parole à la seule base. Il lui appartient de dénoncer, avec la plus grande gravité et la véhémence nécessaire, la menace qui pèse sur  la guinée. Au cas contraire, elle aura banalisé le danger et hypothéquer la sécurité des citoyens.

Il est indispensable que les leaders politiques de l’opposition s’expriment au plus vite sur la question des donzos. Qu’ils confirment ou infirment l’information. Dans le premier cas, il serait de leur droit de porter plainte contre l’Etat pour infiltration de mercenaires, tentative d’atteinte aux institutions républicaines et mise en danger du peuple. Ces faits, sans être spécialiste du droit, pourraient bien être qualifiés de haute trahison et punissables comme tels.

L’opposition républicaine doit, toute réserve faite,  appeler les Guinéens à combattre par tous les moyens les gens qui constituent une double menace : menace de la vie des citoyens, de leurs biens,  menace de la paix sociale. Que cette opposition ne perde pas de vue que les vrais donzos, c’est-à-dire les chasseurs traditionnels de certaines contrées de la Haute- Guinée ont déjà fait savoir qu’ils n’avaient aucun lien d’appartenance avec ces coupeurs de têtes.

Cette actualité qui vient alourdir un climat social et politique déjà très tendu et à la limite du supportable n’augure rien de bon. Il est grand temps que les responsabilités soient situées. Le Président guinéen est à la fois  celui qui peut le faire et par qui tout pourrait  arriver.

Souhaitons que ce soit la paix. En tout cas, l’échec de celui qui occupe la magistrature suprême n’est point collectif. Moussa Dadis Camara ne l’a-t-il pas appris à ses dépens ?
Que Dieu Protège notre Guinée !

 

Lamarana Petty Diallo
lamaranapetty@yahoo.fr


 

1 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

Free24/05/2012 16:49:52
Il noter que ces gens qu'on qualifie aujourd'hui de donzos ne sont rien d'autres que des rebels qui sement la terreur dans la sous region ouest africaine.Ils sont aux ordres de Alpha Condé et compagnie
FREE