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Guinée: la Francophonie vole au secours d’Alpha Condé.2012-06-03 18:03:59 Suite au départ d’Alpha Condé pour l’Asie, le dimanche 20 mai 2012 pour ne pas assister à la manifestation de l’opposition (Collectif / ADP) prévue le 24 mai, les leaders politiques avaient reporté la manifestation jusqu’au retour du chef de l’Etat. Depuis l’Asie, Alpha Condé a fait une déclaration qui méritait d’attirer l’attention de l’opposition: qu’il va organiser les législatives en septembre 2012, sans aucune allusion à l’opposition. Cette déclaration démontre surtout que c’est Alpha Condé en personne qui est derrière les manœuvres de la Ceni qui est sensée être indépendante. En Guinée, Alpha Condé est de retour, et la Francophonie aussi. La Francophonie est venue pour faire valider le maintient de la Ceni actuelle et le choix unilatéral de Waymark (une société sud-africaine) et Sabary Technologie (une entreprise fondée et gérée par des agents du RPG), pour la gestion des élections législatives. L’opposition tombe dans le piège ! Au lieu d’engager son action de protestation comme prévu (au retour du chef de l’Etat), nous assistons à un recul de l’opposition qui suspend toutes ses activités jusqu’au 12 juin dit-elle. La seule présence de la Francophonie a suffit pour que l’opposition guinéenne se dédise et fasse ce qu’elle n’acceptait plus de faire: travailler avec la Ceni et son président Lounceny Camara ! Au lieu de discuter de la recomposition de la Ceni devant la Francophonie, sujet principal de ses revendications, l’opposition discute du travail de la Ceni et des problèmes techniques que cette dernière a rencontrés, à la grande satisfaction de Lounceny Camara. Le problème n’est plus la recomposition de la CENI mais si Waymark est fiable ou pas ? L’organisation de la Francophonie vient faire des opérations de test avec les programmes du Waymark dont l’opposition demandait le retrait inconditionnel. Alpha Condé et son pouvoir font venir la Francophonie pour une expertise faite déjà par l’ONU dans le but de remettre en cause les conclusions du travail de l’ONU. Comment l’opposition a-t-elle pu tomber dans ce piège ? L’opposition parle d’avancée, alors que le pouvoir réaffirme ses positions inflexibles ! Parlant de la CENI et l’exigence du départ de Lounceny Camara de sa tête, le secrétaire général du RPG-Arc-en-ciel, Saloum Cissé, dira qu’il n’est pas possible de changer un arbitre au cours du match. Quant au ministre de l’administration, Alhassane Condé, il interdit toute manifestation de l’opposition du jeudi 31 mai 2012 jusqu’à nouvel ordre (Lire 1 et 2) ! L’opposition guinéenne devait suivre son programme sans interruption quelles que soient les institutions qui viendraient en Guinée, jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. Malheureusement, nos partis politiques nous ont habitués à ne jamais nous fier à leur programme décidé et rendu public. Pour une fois, on a cru et on espérait que les choses se passeraient autrement, comme tout a été prévu. Manifester en présence des partenaires impliqués dans le processus peut même être très bénéfique: plus grande forte mobilisation des populations et meilleure couverture médiatique mondiale de l’événement, réaction forte et obligatoire de la communauté internationale en cas de répression. Malheureusement, notre opposition ne commet pas seulement l’erreur de tout stopper, elle donne encore des mauvais signes. Cellou Dalein Diallo va jusqu’à affirmer qu’il y a eu des avancées, pour avoir simplement rencontré des agents de la Francophonie (organisation qui avait parrainé l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir en 2010). Au point que l’homme (Lounceny Camara) qui s’attaquait au leader de l’UFDG sur Guineeview le 12 mai 2012 le félicite aujourd’hui (Lire). Comment Cellou peut-il parler d’avancées s’ils n’ont rien obtenu sur la Ceni et que leurs militants arrêtés à la suite de la marche du 10 mai sont encore en détention ? En suspendant leurs revendications jusqu’au 12 juin, l’opposition a-t-elle pensé au sort des prisonniers, en particulier de la nourrice et son bébé que certains d’entre eux ont vus en prison ? En ce qui est de Cellou Dalein Diallo, l’UFDG doit oser le canaliser en tant que structure politique pour l’amener à parler moins ou à engager un communicateur à sa place. Cela ferait éviter certains dérapages que le pouvoir exploite et qui nuisent à toute l’opposition. Le 10 mai 2012, il avait aussi affirmé au début de la manifestation: « Tout se passe bien, Nous n’avons pas enregistré de dérapage de la part des forces de l’ordre. Nous savons que nos agents des forces de l’ordre sont généralement républicains. Lorsqu’ils ne reçoivent pas des instructions de la part du gouvernement et d’Alpha Condé de tirer, ils ne le font pas, et je pense que ça été le cas aujourd’hui. » A la question s’ils (les leaders) ne sont pas accompagnés et sécurisés par le gouvernement, Cellou répond : « Non, on n’est pas sécurisé mais nous on n’a pas besoin d’être sécurisé. On veut juste ne pas être réprimé, on veut qu’on ne tire pas sur nous et qu’on ne frappe pas nos manifestants. Et ça, on l’a, on doit le reconnaitre ! » Pendant ce temps, il y avait des militants qui étaient violentés par les forces de l’ordre dans d’autres secteurs. Le soir et le lendemain, l’opposition dont fait partie Cellou a dressé un bilan alarmant des violences enregistrées de la part des forces de l’ordre, y compris mort d’homme. Dans une manifestation d’opposition, on ne dresse pas le bilan au début mais à la fin et quand on a des rapports de toutes les sections d’organisation et du parti sur l’événement. Non seulement il est incompréhensible qu’un homme politique guinéen qualifie nos agents des forces de l’ordre de républicains après les événements de 2006, 2007 et surtout après les crimes contre l’humanité du 28 septembre 2009, mais aussi il ne revient pas à un leader de l’opposition de parler du côté positif du pouvoir. Les médias d’Etat et le gouvernement jouent pleinement voire outrepassent leur rôle dans ce sens. De l’opposition, nous voulons uniquement savoir ce qui ne va pas. Un leader politique qui veut se montrer objectif en lançant des fleurs au régime en place n’est pas un conquérant du pouvoir. C’est un chercheur de collaboration. Nos opposants semblent de nouveau prendre congé et accorder une période de grâce à Alpha Condé qui en profite pour corrompre massivement les religieux, chefs locaux des partis d’opposition, chefs de village et autres personnalités influentes du pays avant de convoquer les Guinéens aux urnes: « J’ai appris récemment que le gouvernement a amené six cent millions (600 000 000 GNF) à Gueckedou, six cent millions (600 000 000 GNF) à Macenta, six cent millions (600 000 000 GNF) à Nzérékoré, ils dépensent et qu’est-ce que vous voulez que je fasse moi ? », dit Jean Marie Doré dans sa dernière interview avec Guineenews (Lire).
GUINEEPRESSE.INFO Article recommandé (de l’IBCG) : .
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