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Limogeage de Kouyaté : l'inter centrale condamne, mais ...


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Des syndicalistes

Le 22 mai, l'inter centrale CNTG-USTG élargie à l'ONSLG et à l'UDTG a rendu publique une déclaration suite au décret du 20 mai limogeant le Premier ministre, chef du Gouvernement, Lansana Kouyaté. Après avoir recueilli les avis de toutes les structures affiliées, elle constate encore une fois la violation flagrante des accords signée le 27 janvier 2007.

“ Le remplacement du Premier ministre de consensus par un ancien ministre de l'équipe gouvernementale rejetée en 2007 par les forces vives de la nation est ressenti comme une nouvelle provocation des acteurs du changement. Cet acte constitue un non-respect des engagements par les partis signataires”, peut-on y lire. Selon les signataires, le décret du 20 mai vient compromettre non seulement l'élan de cohésion nationale mais l'espoir de tout un peuple.

“ L'inter centrale réitère sa détermination à poursuivre la lutte contre la mauvaise gouvernance, la corruption, l'impunité la cherté de la vie, la baisse du pouvoir d'achat, la misère....... En plus de la violation de nos accords, ce décret compromet dangereusement le programme formel que notre pays vient de renouer avec les institutions financières internationales visant à annuler la dette extérieure de la Guinée et à financer de nouveaux projets de développement”, ajoute-t-on.

Plus loin, les syndicalistes d'enchaîner : “ l'inter centrale ne saurait accepter le retour aux affaires de l'Etat des anciens dignitaires et prédateurs de l'économie nationale qui ont contribué à la dilapidation systématique des deniers publics conduisant ainsi notre pays dans une misère noire”. En conséquence, elle demande le respect strict de tous les accords de 2006, 2007 et 2008 notamment la procédure et les critères de nomination d'un Premier Ministre chef du Gouvernement. Elle dit se réserver le droit d'user de tous les moyens légaux à sa disposition pour faire respecter les accords obtenus au prix du sang. Un sang et des martyrs dont ils avaient oubliés avec Kouyaté, leur reproche-t-on à eux aussi !

Les syndicats divisés ?

A bien analyser cette déclaration, il ressort que la nomination de M.Ahmed Tidjane Souaré est acceptée de fait. Alors que certains éléments de la base s'attendaient à un ultimatum lancé au gouvernement pour le respect des accords, cette déclaration témoigne de la division au sein des différents syndicats autour de l'opportunité d'aller ou pas en grève pour Kouyaté.

Il faut dire que bien avant cette déclaration de l'inter centrale, l'intersyndicale de l'éducation FSPE-SLECG avait diffusé une autre. Dans celle-ci, il est écrit : “ l'intersyndicale de l'éducation exige : la nomination d'un Premier ministre, chef du Gouvernement, qui n'a pas été ni de près ni de loin mêlé à la mauvaise gestion pendant les dix dernières années. La mise en place d'un gouvernement large consensus conformément au Protocole d'Accord du 27 janvier. L'intersyndicale reconnaît qu'à la base de ce décret, il y a une volonté manifeste de trouble à l'ordre public pour se venger du vaillant peuple martyr de Guinée en général et des syndicalistes en particulier en faisant revenir aux affaires de l'Etat les acteurs du désastre économique et social de la Guinée”. L'intersyndicale de l'éducation demande le respect scrupuleux des accords du 27 janvier avant le 31 mai faute de quoi elle se réserve le droit de faire respecter les accords en utilisant tous les moyens légaux à sa disposition”.

Attendons de voir puisque Ahmed Tidiane Souaré prend ses fonctions demain 23 mai. Le gros perdant restera Kouyaté qui paye aujourd’hui sa politique de division des syndicalistes.

Si le PM, Dr Souaré, ne ramène pas les démons du passé tout en gardant les réformistes et intègres de l'équipe actuel, comme celui des mines, Ahmed Kanté qui est entrain de gêner certains par son engament à renégocier les accords miniers au bénéfice de la Guinée, le Premier ministre aura prouvé sa volonté de continuer sur la voie du changement voulu par le peuple. Dans ce cas, rien ne risque de se passer ici.

Namory Condé


 

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VOS COMMENTAIRES

Barry A.23/05/2008 15:20:03
Je rappelle à Kouyaté et aux syndicalistes qu'il a achètés ou loués, qui sait, cette sagesse africaine: "Que celui qui creuse un trou de traitrise, qu'il évite de l'approfondir. Car il ignore qui y tombera". Ils ont semé le vent! A eux seuls la récolte de la tempête! Qu'ils se mordent tous les doigts. Avis de grève? Gare à eux.