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La République, ce n’est pas la pagaille !


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Jacques Kourouma

Il y a quinze mois que la Guinée, comme à son habitude, se répandait en liesse parce qu’encore frappée par un enthousiasme sans garde fou. Et tout le monde oublia que Lansinè Kouyaté, pour lequel la rue était remplie de foule, descendait d’un avion flottant le drapeau ivoirien. Ses conseillers proches étaient des ivoiriens,  il téléphonait quatre fois et voire plus à Laurent Gbagbo, c’est lui qui nous l’avait révélé.
Que signifie souveraineté nationale pour ce PM et pour lequel, aujourd’hui, syndicalistes corrompus et quelques groupuscules retors ressortent les accords tripartites pour ne pas reconnaître l’évidence ? Où était tout ce beau monde qui s’agite en ce moment ? Guinéens ne soyez pas dupes. Lansinè Kouyaté consomme sa part de mépris avec lequel il nous a gouvernés.

Et puis, il y eut la feuille de route qui le dérouta jusqu’à le faire croire qu’il pouvait ressusciter le PDG, acheter les consciences, manipuler des jeunes désœuvrés et surtout affamés, engraisser la machine syndicale pour être Président de la Guinée, en dépit d’une médiocrité et d’une incompétence avérées.

Oui Lansinè le crut, il finança des boîtes à vitupérer qui ont seulement omis de s’appeler « Radio mille collines ». Oui, la Guinée était devenue, dans l’imaginaire du couple kouyaté une chose familiale. Allez visiter le site www.falkap.org, l’illustration de mes propos est là. Sur la carte de la Guinée qui y est, le couple a fait exposer leur fillette adoptive tenant dans la main la boussole et à sa droite un Lansinè Kouyaté tout souriant. Exposer un enfant au public au lieu de le protéger. Pauvre couple à la parentalité aussi médiocre!

Qui a dit que l’obsession du pouvoir rend aveugle, sourd et parfois bête ?
L’ex-PM était devenu malade de pouvoir si bien qu’il oublia ses premières phrases : « Je ne suis pas venu pour m’installer dans la durée », propos tenu à la bourse de travail à Saint Denis, banlieue nord de la région parisienne. Puisqu’il avait oublié, il s’est vu investi d’une mission divine et se préparait à porter le coup fatal à celui pour lequel il s’égosillait de remerciements. Il faut faire observer que Kouyaté avait de tout temps déclaré que « Lansana Conté le laissait travailler. Cela se vérifie. L’expulsion de Chantal Colle, fille adoptive du Président, le transfert des avoirs de la Guinée de Suisse en France sans s’en référer au Parlement, ni au chef de l’Etat, son refus d’électrifier Conakry parce que le Parlement lui avait demandé des éclaircissements sur la passation du marché, la nomination des Préfets, le torpillage des travaux de la commission d’enquête sur les tueries de janvier-février 2007, la programmation de la commémoration du cinquantenaire…., etc.

Lansinè Kouyaté, en gros garçon bien nourri, joues rondes et rebondies,  corps habillé de grand boubou amidonné, avait oublié que la Guinée est multiethniques. Il faut dire clairement les choses sans vouloir titiller le ressenti de qui que ce soit. Il projetait de raviver le PDG et de privilégier une certaine partie de la population dont malheureusement la composante a cru à ce projet et s’est-elle ainsi fourvoyée. Les réactions après sa mise hors service corrobore les dires. Elles sont venues de celles-là. N’est-ce pas dommage. Et cela rappelle 1993, quand certaines communes de la capitale, après les élections se transformèrent en zones interdites à d’autres communautés (Mafanco, Madina Sigue…)

La hargne, que l’on lit dans le comportement du désormais ex-PM en refusant de se présenter à la passation de service avec son successeur, montre sur toute la ligne qu’il complotait contre Lansana Conté et les Guinéens. Sinon, lui, le diplomate, devrait avoir une attitude digne que de se laisser tomber dans le risible. Ce refus est révélateur de son statut. D’ailleurs, il ne doit s’en prendre qu’à lui-même après avoir transformé l’espoir de ses compatriotes en cauchemar.
C’est pourquoi les autorités guinéennes doivent être fermes en lui faisant savoir que la République ; c’est pas la pagaille. Pourquoi ne pas le mettre en résidence surveillée, et être très attentives aux agitateurs, maladroitement nommés syndicalistes. Si l’ex-PM et ces derniers ne veulent pas respecter l’ordre républicain, il ne faudrait pas hésiter à les mettre hors d’état de nuire. Les Guinéens n’ont plus à souffrir pour des hommes et femmes qui n’ont de convictions que la défense de leurs intérêts égoïstes.

Cependant, son remplaçant doit éviter de tomber dans les travers de son prédécesseur, car les Guinéens ne sont pas prêts de lui accorder une période de grâce. L’attente est grande. Dans leur cœur, il n’y a plus de la place à des promesses. L’expérience Kouyaté suffit.

  Paris 24 mai 2008

Jacques Kourouma
jacques.kourouma@aliceadsl.fr

 

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