URL: http://www.guineepresse.info/index.php?aid=10570



Dalaba la douce


dalaba.jpg
Dalaba

2012-07-22 03:46:05

Dalaba, cette ville douce et enchantée, fête ce mois de juillet 2012 le 80ème anniversaire de sa fondation.

Créée ex-nihilo, de toutes pièces, par l’administration coloniale française, sous l’impulsion d’un homme à la stature exceptionnelle, Thierno Oumar Diogo Bah, qui en était le chef de canton, Dalaba va se parer de ses plus beaux atours pour célébrer cet événement grandiose. Elle est Dalaba la douce, comme Alger est Alger la blanche.

La ville a été fondée en 1932 sur un haut-plateau perché à 1 500 mètres d’altitude, près du hameau de Tangama. Aujourd’hui encore, les anciens continuent de l’appeler Tangama. Elle est située à 32 km de Ditinn, l’ancien chef-lieu de la circonscription, sur une terre dont l’usufruit revenait traditionnellement aux Sow de Diaguissa, une agglomération voisine. En retour, ceux-ci ont le privilège de désigner le premier des trois imams qui officient dans la grande mosquée de la ville.

Dans le centre-ville, les habitations appelées naguère concessions, à l’origine délimitées par des palissades de pourghères, sont séparées par des rues rectilignes se coupant à angle droit, à l’instar des villes américaines.

Venant de Conakry, à l’entrée de la ville, une vaste forêt d’épineux et d’eucalyptus accueille le visiteur, dans le quartier de Sili. C’est là que se trouvait, à l’époque coloniale, le fameux « Camp des Parachutistes » où stationnaient les commandos des forces armées de l’Otan, dont les parachutistes français et les troupes africaines.

A la sortie, en allant vers Labé, il y a la localité de Tinka, avec son micro-climat, lieu de résidence de la famille de Thierno Oumar et, à proximité, le Jardin Chevallier peuplé d’essences végétales venant du monde entier. Un véritable jardin d’acclimatation.

A quelques lieues de là, les Chargeurs Réunis, une vieille société d’armateurs liée aux Chaban-Delmas de Bordeaux en France, avaient créé une cité ultra-moderne composée de villas individuelles bâties avec des matériaux locaux et entourées de jardins fleuris. On s’y croirait dans une ville européenne. Parsemée d’arbres à parfum aux senteurs suaves, cette cité était appelée « Chargeurs

Réunis » ou « Etat Conval » car c’était le lieu de villégiature des fonctionnaires coloniaux et de convalescence où l’on venait de toute l’Afrique de l’Ouest pour se reposer.

L’hôtel dit du « Fouta Djallon », un ensemble de bungalows, doté d’une piscine naturelle alimentée par un torrent de montagne, offre aujourd’hui encore une vue imprenable sur la magnifique vallée de Yomou. A proximité, se dresse la case de Myriam Makéba, l’ « impératrice de la chanson africaine », selon le merveilleux mot du journaliste Boubacar Kanté.

Le quartier des Chargeurs Réunis était aussi rehaussé du prestigieux « Mess des Officiers » où se déroulaient les cérémonies officielles et les grands mariages. Derrière, les « Constructions Modernes » étaient l’ébauche d’un grand centre scolaire et universitaire. Quel dommage que tout ce patrimoine soit aujourd’hui à l’abandon !

A un jet de pierre des Chargeurs Réunis, la maison aux 100 portes appelée « Villa Jeanine », du nom de la fille du gouverneur français de la Guinée, a été transformée, après l’Indépendance, en résidence du Président de la République.

Entre le quartier des Chargeurs Réunis ou Etat Conval et le centre-ville, une immense forêt d’eucalyptus, de pins et de sapins s’étendait à perte de vue. Que la spéculation immobilière achève actuellement de décimer.

Cinquante ans après l’Indépendance, cette ville douce et enchantée au climat privilégié - 5°C le matin en hivernage et 20°C en moyenne annuelle -, n’est malheureusement plus que l’ombre d’elle-même.

Une urbanisation sauvage a décimé les forêts qui entouraient la ville et constituaient son poumon écologique, et a fait tarir la rivière Téné, affluent du fleuve Gambie, qui l’arrosait en la traversant de part en part.

Tout petits, à la sortie de l’école, nous nous élancions du haut des deux ponts qui enjambaient la Téné pour plonger dans ses eaux, profondes à ces endroits-là de plus de trois mètres. Aujourd’hui, cette rivière impétueuse n’est plus qu’un mince filet d’eau, signe que le déboisement qui affecte le massif foutanien depuis des décennies est un grave fléau qui contribue au réchauffement climatique, au même titre que les gaz à effet de serre dans les pays industrialisés.

Mais, tel un phénix, Dalaba peut renaître de ses cendres si une politique volontariste de reboisement est menée par les pouvoirs publics.

Puisse-t-elle revivre et briller à nouveau de ses mille feux d’antan !

Alpha Sidoux Barry

Conseil & Communication International (C&CI)


 

6 commentaire(s) || Écrire un commentaire

Revenir en haut de la page


VOS COMMENTAIRES

DIALLO22/07/2012 15:37:59
Que peut-on dire si ce n'est que ce texte donne des larmes pour qui connait Dalaba ainsi contee: la ville coloniale, la ville d'antan. c'est dire qu'avec nos independances, bien de choses se sont envolees. Pourqoui sommes- nous incapables de preserver cette ville patrimoine? Qu'avons nous preserve d'ailleur?*
*clavier anglais
alphadjo22/07/2012 17:04:32
mon frere tu parle de dalaba comme un endroit merveilleux.ce pour ceux qui non jamais eté.dalaba nai q'une bourgade comme tan d'autre en guinee
Mamadou Baldé23/07/2012 07:47:39
Dalaba Créée ex nihilo par Tarttanpion en 1958!!! C'est n'importe quoi. Tout le monde à part vous sait que ces terres-là appartiennent aux kalianké et que tout s'est joué entre 1911/1912 avec les manipulations des colons. Ce n'est pas le lieu de faire de longs développements car ces choses méritent de faire l'objet d'une étude sérieuse et documentée. Jean SURET CANALE a abordé de façon lapidaire mais pas suffisante la question de la destruction du Fouta traditionnel au profit d'un découpage administratif cadrant avec les besoins du colon.
paykoun dalaba23/07/2012 13:16:57
A Ms Barry Alpha Sidoux vtre histoire samble un tout petit peux a la realité,dalaba a étè fondait il ya plus de 140ans par Tyerno Amadou karré et cheik Darday pella et le grand pére de tyerno moumini silli.Ce le premier Imam Elh-dj mamadou bobo barry de fougunba qui et venir a dalaba il ya 105 ans et la famille aidara +-75ans a ma connaissance merci d'avance
a sow26/07/2012 09:26:34
quand on vous parle d'une si belle ville comme dalaba qui est aujourd'hui abandonnee a elle meme, s'il vous plait garder vos histoires de kaliyanke ou je ne sais quoi dans vos poubelles de merdre et penser comment a la reboiser pour le bien etre de tout le monde.<br />
merci mon frere barry pour ton article.
Mamadou Baldé27/07/2012 09:26:03
M A Sow vous devez savoir que j'accueille les arguments mais je ne me laisse pas impressionner ou intimider par la vulgarité. Je suis bien obligé de vous poser la question de ce qui vous empêche de reboiser Dalaba ou de mobiliser pour le faire. Je ne vois pas ce qui vous pose problème lorsqu'on parle de destruction du Fouta traditionnel. Il est évident que si vous faites partie de ceux qui doivent tout à la colonisation, les mots Fouta traditionnel ou authentique vont être considérés comme de gros mots. Quant à monsieur Barry, y a pas grand chose à lui reprocher à part bien sûr cette tendance qu'il a parfois de ne pas se soucier de la rigueur intellectuelle alors qu'il est capable de se mettre réellement au service de la science. Bien à vous.