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Mais où sont-ils passés tous ces Maîtres de la RUE


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FAux-Le-KAP, CoN-S-AGite, sans oublié les-Yndics-a-listes…, ont apparemment perdu beaucoup de volume ou de poids (c’est selon) dans la rue, peut être que Kouyaté leur avait déjà coupé les vivres sentant la fin de la grande « mamaya de la périmature ».

À la lecture des déclarations des syndicats (je ne sais combien de fois j’ai dû relire) je n’y ai compris que le flou et l’incertitude qui animent désormais ces organisations, comme d’habitude, il n’y a aucune prise de position franche peut-être qu’ils voudraient déjà nous indiquer une nouvelle liste comme objet de nouvelles NÉGOCIATIONS ou peut-être que Mamadou Sylla a raison lorsqu’il dit qu’ils œuvrent pour leurs intérêts propres. Tout porte à croire que ce dernier en sait beaucoup. Eh oui! Ils ont réussi à faire passer le catalyseur du soulèvement populaire pour un type sympathique et il a surtout raison de dire qu’ils ont pris le pays en otage car chaque fois qu’on a espéré d’eux une réaction favorable au peuple, ils ont pratiqué la langue de bois, parlé pour rien dire, revendiquant le caractère apolitique de leur mouvement. Si tel est le cas, qu’ils s’occupent alors d’affaires syndicales et laisse la politique à nos faux-politiciens!

Tout a été dit sur le tort qu’a fait Kouyaté au peuple mais qu’en est-il de celui qu’il s’est infligé soi-même, entre autres on peut retenir sa naïveté de croire que ceux qui passent pour ces supporters sont représentatifs du peuple qui l’a porté à ce poste. Tous ces groupes qui criaient changement et ethnocentrisme à la moindre des occasions (même lorsqu’il n’y en avait pas), tous ceux qui ce sont faits passés pour des grands mobilisateurs et autres activistes qui s’estiment maîtres de la rue, gardiens de la volonté populaire et faiseurs de patrons, sont le socle de l’échec de Kouyaté et la raison de sa « grosse tête ».

Qu’on se le dise franchement, personne n’a été leader de la rue lors des douloureux évènements de l’année dernière. J’insiste personne, pas même les syndicalistes. Il y eut une convergence de raisons et de stress populaire qui devaient exploser au moindre signal et c’est là que s’arrête le mérite syndical: ils ont créé l’évènement déclencheur. Raison pour laquelle la population était dans la rue pendant qu’eux ils négociaient les âmes des victimes. Aucun groupe ou organisme ne peut s’attribuer le mérite de cette mobilisation et pour rappel, toute la guinée fût allumée par la même étincelle lorsqu’ Eugène Camara fut nommé PM et ce, bien avant que l’inter-centrale ne se réunisse pour rédiger une déclaration. À cet égard je dirai (comme je l’avais fait le même jour) qui’ ils ont vendu la victoire du peuple.

Puis arrive notre ex pm de la division pour s’ entourer de sectes de soutien contre une bonne partie de tous ceux qui ont énormément contribué dans la longue lutte qui a précédé le gouvernement Kouyaté. Comment expliquer qu’un leader prétendu de consensus «se laisse » entraîné dans une démarche qui consiste à diviser ceux qui l’ont supporté. Partout à Conakry il a érigé des statues pas une seule ne fut dédiée aux martyrs dont le sang lui a valu son poste, Khadafi a obtenu une journée férié comme si ce dernier en méritait plus que ceux qui ont motivé sa venue au pays. L’ingratitude est aussi un péché qui se paie ici-bas et quel pédantisme de la part de ces groupes de soutien que de prétendre être maitres de la rue ou faiseurs de patrons, ce sont ces mêmes péchés que commettent bon nombre de nos concitoyens qui s’évertuent à attribuer l’indépendance du pays à un certain Sékou Touré et son PDG en oubliant le reste de la nation. Voici d’ailleurs un autre lien entre Kouyaté et ce dernier : nous avons été exposé à des articles d’anciens dignitaires du PDG, dont l’un qui m’est resté en mémoire provenait d’un monsieur qui réside quelque part en Asie (désolé j’ai oublié le nom), qui nous narguaient à coups de citations de dignitaires Français (drôle non : PDG et France) dans une vaine tentative de faire passer Sékou pour un visionnaire. Ils avaient peut être jugé le moment opportun, sous Kouyaté, de refaire surface.

Mais le court règne de Kouyaté n’a pas été qu’une mauvaise expérience pour le pays, même si le prix payé est élevé, il aurait servit aux guinéens, dans l’ ensemble de savoir, ce qu’on ne veut pas que le pays devienne après Conté. Un politicien avertit à tout avantage d’en tirer de bonnes leçons quant aux conséquences d’un leadership naïf médiocre et malintentionné dans cette nouvelle guinée en gestation.

Autre point non négatif (pas nécessairement positif) : notre bébé de démocratie à fait de grands pas durant cette courte période. En effet quelques soient le caractère et la nature des débats, qui restent pour l’instant essentiellement virtuels, jamais je n’ai autant lu et appris sur la guinée et mes compatriotes, merci à tous ceux et celles qui contribuent à notre éducation collective, jamais en ma connaissance on a autant dit et « encaissé des autres ». Et d’ailleurs Mr Saidou Nour Bokoum avait raison de dire que « Monènèmbo a ouvert la boite de pandore ».  Point non négatif disais-je parce qu’ il est préférable et impératif (pour notre bébé) que toutes ces frustrations sortent le plus tôt possible afin de parvenir à la quiétude sociale à laquelle nous aspirons tous. Éventuellement ce point serait positif si dans l’ ensemble nous parvenons (pas vite) à surmonter ce semblant de division et de mettre le cap vers l’essentiel : une guinée libre, démocratique et prospère. Nous avons aussi eu l’affaire Chantale Colle (dont j’ admire la démarche dans son combat) , Mamadou Sylla (bienvenu sur le net) et tous ses amis et « ennemis » , Cellou dans l’ opposition,  Bah Mamadou qui rédige des analyses (j’ admire cette attitude espérant que leaders et anciens leaders suivront l’ exemple afin de sortir de ce mutisme anti-démocratique), bref tant d’ évènements (et de non évènements, c’ est selon) qui nous rappellent l’importance d’une franche démocratie avec tous ces agrégats (lois , règlements, institutions, etc…).

Personnellement j’y vois du positif, bien que pour l’ instant tout ce qui se passe soit perçu comme bouleversements, je suis persuadé que c’est de ces bouleversements que naîtra une formule guinéenne de la démocratie tâchons juste de ne pas perdre le contrôle de nos émotions.

Au nouveau premier ministre,  pas besoin de vous dire quoi faire et ne pas faire car vous le savez déjà, vous avez eu des prédécesseurs dont vous pouvez apprendre les forces mais aussi et surtout des faiblesses, c’est pour dire que votre marge de manœuvre est très réduite. Toutefois, si je puis me permettre d’ajouter un grain de sel, j’aimerai dire que l’une des principales raisons de l’échec répétitif de vos prédécesseurs est qu’ ils arrivent souvent de façon aléatoire  à des postes auxquels ils ne se sont pas préparés (je fais allusion à une préparation morale , psychologique et non celle académique ou professionnelle) et n’ont jamais prévu l’après poste car si par exemple ceux d’ entre eux qui sont dans l’ opposition avaient anticipé cet état des choses à leur prises de fonctions, je suis convaincu qu’ ils auraient eu des comportements conséquents et c’ est en cela que Mr Fall se démarque du reste du groupe.

Vous avez fait un premier discours modeste et réservé et ceux qui vous connaissent disent que ce sont des traits de votre caractère. Il semblerait aussi que vous êtes discret, tant mieux. J’ose seulement espérer que ces traits ne seront pas en réalité que des handicaps déguisés. Veuillez pardonner mon pessimisme c’est une déformation guinéenne due à notre expérience commune.  À vous de considérer ce nouveau fauteuil comme un trône divin et par conséquent le couronnement de votre riche carrière ou alors comme un outil au service du peuple et peut être un tremplin vers d’autres possibilités indéfinies mais méritées. On ne peut pas faire plus de mal aux guinéens vous ne pourrez qu’aider à nous sortir de cette mélasse ou, au pire des cas, à nous y maintenir mas vous ne nous enfoncerez pas plus. Veillez sur le peuple et il veillera sur vous autrement nous veillerons contre vous.

Mes chers compatriotes ce texte ne se veut le procès de personne, il s’agit pour moi de contribuer à tirer les leçons de nos erreurs passées.

Que Dieu nous protège et restons vigilants.

Boubacar Diallo  ‘Barros’
Montréal, QC
Barrosdiallo@hotmail.com


 

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