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| Maîre et serviteur |
Le limogeage du P.M. Guinéen, Lansana Kouyaté, le Mardi 20 Mai 2008, par décret du Président, est selon moi un soulagement. Un grand soulagement. Je souhaite qu’il en soit de même pour les Guinéennes et les Guinéens.
Un soulagement, non parce que Mr. Lansana Kouyaté est originaire de Kouroussa, et pas de Labé, Mamou, ou de N’Nzérékoré, de Boké. Non parce que le Premier Ministre destitué est Malinké, au lieu d’être Soussou, Kissi ou Peuhl. Non parce que il serait moins beau ou plus laid que ses prédécesseurs. A la limite, le départ de Mr. Kouyaté est un soulagement, non parce qu’il serait plus gourmand ou corrompu que ceux qui l’ont précède à ce poste, ou ceux qui viendront après lui: il ya toutes les chances que dans l’état actuel des choses, que ce soit du pareil au même. Ce n’est pas non plus son échec dans la conduite et la mise en œuvre de la feuille de route, et des accords tripartites qui est un motif de soulagement, car, je ne pense pas que Mr. Kouyaté ait été au départ, seulement motivé par cela, pour postuler, et se battre bec et ongles, afin d’être nommé Premier Ministre.
En son fort intérieur, il savait qu’il ne pouvait pas résoudre les problèmes pour lesquels il a été mandaté. Par ailleurs, dès Mars 2007, juste après sa prise de fonction, j’avais dit que les conditions pour résoudre ces problèmes n’étaient pas réunies. Elles ne le sont pas encore à ce jour. Elles ne pourront être réunies qu’après et seulement après le départ de Conte. J’avais à l’époque indiqué à travers le net (Guinée: des rendez-vous manqués avec l’histoire) quelques raisons qui faisaient que sa mission était “MISSION IMPOSSIBLE”.
Le soulagement consécutif à son départ tient au fait que l’ancien Premier Ministre s’était donné pour mission de RESTAURER le PDG de triste mémoire. Avec l’esprit et les méthodes qui ont fait de cette période la plus SOMBRE et la plus TRAGIQUE de notre histoire. Le soulagement qu’inspire son départ signifie l’échec au moins provisoire de cette restauration. Pour avoir eu le douloureux privilège de vivre cette expérience dans ma chair et mon esprit, je ne peux la souhaiter à mon pire ennemi. A fortiori, au peuple martyr de Guinée, qui en subit encore le trauma et les séquelles plus de 25 ans après sa chute. Ceci dit, je dois ajouter que le soulagement n’est que “momentané”, pour plusieurs raisons:
Il n’ya rien contre ce Monsieur sinon le fait que qu’il soit du SERAIL. C’est à dire de faire partie de ceux dont la gestion déplorable du pays est la cause principale de la situation de crise que nous vivons. Il n’est pas seul, c’est vrai. Peut-être même qu’il n’est pas le pire. Mais il est l’un d’entre EUX. Et pour cette simple raison, il ne devait pas être choisi. Malheureusement il l’a été. Il n’est pas évident qu’il change, encore moins évident qu’il PUISSE ou VEUILLE changer. Pour preuve, sa première déclaration qui est sans ambigüité. Disons même qu’elle est Claire et a le mérite de la franchise: il sera FIDELE et SOUMIS à celui qui l’a nomme, au moins autant que son prédécesseur Kouyaté. Ce n’est pas lui faire un procès d’intention que de dire qu’il se contentera d’exécuter les ORDRES qu’il aura reçus. On peut affirmer sans risque de se tromper que Lansana Conte DECIDERA et que Souare EXECUTERA avec “zèle”. Ce qui est conforme à la volonté déjà exprimé du “General”: “Je DECIDE et les autres EXECUTENT”. Conté a certainement trouvé en Souare l’homme qu’il lui faut. Ceci est la VRAIE raison de sa nomination. Avant de clore ce premier point, en attendant la composition de son gouvernement, je répète au nouveau Premier Ministre, ce que j’avais dit à son prédécesseur, à savoir: qu’il ne peut pas régler les problèmes vitaux de la Guinée, parce que l’obstacle majeur de leur résolution EST et DEMEURE celui qui nomme: Lansana Conte. A cela il faut ajouter d’autres obstacles et défis que n’avait pas son prédécesseur et que lui Souarè à le Malheur d’avoir: Sous Kouyaté, Lansana Conte, même s’il détenait l’essentiel du pouvoir, (la loyauté des forces de sécurité, et le pouvoir de nomination), était affaibli et sous la menace de la rue et des Syndicats, ce qui n’est pas le cas sous le pauvre Souaré
La liste des raisons de mettre un bémol au soulagement n’est point exhaustive, loin s’en faut. Chacun peut l’amender et l’enrichir.
Et après? Peut-on dire, avec raison et appréhension. Après, il faut ouvrir les yeux et attendre de voir en s’efforçant:
De ce qui précède, il convient de retenir que le limogeage de Kouyaté est un simple soulagement. “On ne respire que par une narine”. Ce n’est pas un motif de satisfaction, loin de la. Mon souhait serait qu’il soit le point de départ d’un CHOC, invitant à la réflexion, à la mobilisation et au combat.
D’ores et déjà, il faut saluer et louer l’important travail de stimulation, de veille, d’analyse critique réalisée par les patriotes et démocrates Guinéens, à travers la presse écrite, et en ligne. Même si ce bon travail a été fait en ordre dispersé, et comme au-dessus de la mêlée.
Ma conviction est qu’une JONCTION de ces démocrates et patriotes Guinéens, leur organisation en une force politique de combat en vue de la conquête, et de l’exercice du pouvoir sera un événement majeur et peut-être décisif dans le paysage politique de la Guinée.
Un tel AVENEMENT peut véritablement accélérer le processus d’instauration et de consolidation de la démocratie, de la création d’un état de droit, et l’accès de l’intégrité et de la compétence aux postes de commande de l’Etat.
Seul un tel avènement peut sortir la Guinée de la léthargie et de la crise qui sont son lot depuis 50 ans. Seul un tel avènement peut rendre à la Guinée la confiance et l’aura que le “Non” du 28 Septembre lui avait légitimement values en 1958. Confiance et Aura que des leaders incompétents ont “dilapide” depuis.
Je reviendrai prochainement sur le sujet. Enorme et vaste défi. Gigantesque et difficile combat. Mais combien noble et exaltante Mission, qui mérite d’être tenté et réussie.
Et après?
La poursuite du combat jusqu’a la victoire finale; c’est à dire le changement. C’est à dire la démocratie, le développement, la prospérité, la justice sociale, dans la paix et l’unité nationale.
Elhadj Mamadou Kolon Diallo
Instituteur à la retraite
kolondiallo2007@hotmail.com