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États-Unis: Des Guinéens menacés de rapatriement
2012-07-30 07:39:25 Paru dans le Lynx No 1056 du 09 Juillet 2012
Ces détenus ont été auditionnés par quatre agents commandités par le gouvernement Alpha Condé, assistés du personnel de l’ambassade de Guinée à Washington. Suite de quoi, il a été conclu que 26 de ces chefs de famille sont “Guinéens”, que les 10 autres ont des papiers frauduleux. Seulement voilà, ces 26 personnes (il y a des femmes) en majorité des Peulhs, ne sont pas représentatives de la population carcérale guinéenne aux États-Unis. Aussi, la communauté du Foutah crie-t-elle à une conspiration visant à rapatrier ses membres. Cette suspicion se conforte du fait du rapatriement (phénomène nouveau aux États-Unis) observé en Angola et en Europe ces derniers mois. Ce qui irrite est que nombre des détenus n’ont commis aucun délit pour une vingtaine d’années aux USA, voient l’épanouissement de leurs enfants compromis par ce rapatriement. L’ambassadeur guinéen ajoute que comme la Guinée n’a rien fait, les Américains ont dû se décider à agir en “ refusant ” notamment des visas aux Guinéens. Selon Blaise, finalement la Guinée a décidé de coopérer, tout en précisant aux Américains que ceux qui ont des documents guinéens ne sont pas tous des Guinéens et qu’ils ne peuvent en aucun cas être rapatriés en Guinée. D’où, selon lui, il a été décidé de dépêcher “des spécialistes” de Conakry pour vérifier l’authenticité des documents des détenus. Et, explique l’ambassadeur Blaise, les Américains ne ciblent que “ les personnes qui ont commis des crimes.” On nage en pleine contradiction lorsqu’on considère le cas de maints détenus de York County Jail, alors que certains Guinéens répondant à cette définition et qui sont dans les centres de détention n’ont pas été inquiétés. Mais notre ambassadeur nuance : “ Le crime est bien relatif, varie d’un pays à l’autre ”. Voilà qui fait se dire nos compatriotes que ce sont les patronymes qui motivent ce ciblage bien “biaisé”. D’ailleurs, M. Blaise, lui, parlant des Américains, mentionne dans notre conversation que “ Nous leur avons dit que beaucoup de Condé, de Keita et de Diallo sont d’autres nationalités ”. Mais à la question directe de savoir si l’ambassade a donné des consignes sur les personnes à mobiliser, M. Blaise donne une réponse moins surprenante: “Absolument non !”. Tout compte fait, aujourd’hui le sort de ces 26 familles dépend de l’ambassadeur Blaise le Sheriff quoiqu’il affirme que “la situation sera étudiée au cas par cas”, qu’il tiendra compte “ des mérites de chaque cas”, de “l’aspect social et humain des cas”. Toutefois, beaucoup des détenus étaient sur le point d’être libérés quand il a été décidé d’amener les inspecteurs de Conakry. L’on parle aujourd’hui que le gouvernement guinéen cherche à se venger des Guinéens de l’étranger qui ont massivement voté contre M. Alpha Condé lors de l’élection présidentielle. Dans ce cas, une violation de la Loi de l’immigration sera commise, pour des rapatriés dans un pays où leur vie est menacée. Surtout qu’on évoque ces rapatriés de l’Europe qui auraient été maltraités et dépouillés de leurs biens une fois à Conakry. A craindre que le fossé entre l’ambassadeur Blaise et la communauté guinéenne des États-Unis s’élargisse à l’avenir.
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