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2012-08-02 05:26:21
« Le terroriste noir » dixième roman de Tierno Monénembo est bientôt là. Il est déjà accueilli par les critiques et les chroniqueurs littéraires, non pas comme un simple roman, mais comme une grande œuvre qui fera date.
Cela se comprend aisément. Ce roman là n’est pas comme les autres. Il est tout simplement le meilleur de tous. Autant dire que s’en est un. Pour qui a lu du Monénembo, et ils sont nombreux, c’est une nouvelle occasion de découvrir un autre auteur.
Celui-là même qui a produit « Les écailles du Ciel », « L’Ainé des orphelins », « Peulhs » et « Le roi du Kahel », Prix Renaudot 2OO8 entre autres, ne fait pas peau neuve. Il n’en a pas besoin. Néanmoins, c’est comme s’il enfantait un nouveau genre littéraire. En tout état de cause, on peut dire qu’une nouvelle veine romanesque est en train de naitre avec « Le terroriste noir ».
Inscrit dans la lignée des trois derniers romans de Tierno Monénembo, « Le terroriste noir » est un roman qui oscille entre l’histoire et le récit. Ni roman historique ni roman au sens traditionnel du terme, il est en quelque sorte du récit écouté à la porte de l’histoire. Si l’on veut, de l’histoire romancée. Dans tous les cas, c’est d’une plume de maître que Monénembo nous donne à lire comme il n’en a peut-être jamais fait auparavant.
En effet, à partir d’un personnage, « un nègre » pour dire les choses comme dans le discours d’antan, Tierno Monénembo revisite l’histoire de France, des colonies et de la seconde guerre mondiale.
Addi Bâ, de son vrai nom, Amadou Hady Bah, est le héros du roman. Ce « Petit Peul » de Bomboli, circonscription de Pita, (en Moyenne- Guinée), colonie de la Guinée Française, débarque en France. Il n’a que 13 ans. La guerre éclate en 1939 alors qu’il est dans sa vingt-troisième année. Il s’engage dans l’armée et rejoint d’autres combattants venus des colonies d’Afrique Occidentale Française (AOF) et d’Afrique Equatoriale Française (AEF).
Soldat du 12e Régiment des Tirailleurs Sénégalais, nom donné aux appelés de ces deux régions d’Afrique, Addi se distingue au front par sa vaillance et sa témérité. Capturé durant la bataille de la Meuse (en mai 1940), il s’évade et entre 2 ans plus tard dans le Résistance. Singulier personnage, insondable nègre, il crée le premier maquis des Vosges et livre un combat acharné contre les Allemands. Sa tactique et son habileté à déjouer les plans de l’ennemi lui valent le surnom de « terroriste noir ».
Ce soldat qui était la hantise des Allemands a œuvré pour la mise en place du premier groupement des maquis de la région vosgienne. Lequel s’est formé dans la forêt de Lamarche, entre Martigny et Robécourt. Il est issu de l’unification de plusieurs réseaux de résistance. Addi Bâ assurait l’intendance auprès du responsable local de la Résistance, un certain Arburger. Il était secondé par un soudanais (actuelle République du Mali) du nom d’Adama.
Addi Bâ est capturé, puis torturé avant de subir, en décembre 1943, le sort que les nazis réservaient aux résistants. Il mourut à l’âge de 27ans en héros car il ne lâcha aucun nom. L’enfant de Bomboli, personnage hors du commun, n’est pas un simple héros romanesque. C’est bien plus ! Il est un héros de la Résistance française qui resta longtemps, comme bien d’autres tirailleurs sénégalais, dans l’anonymat et l’oubli. Il commença d’en sortir quand une ville bretonne décide d’honorer sa mémoire en inaugurant le 11 septembre 1991 la « Rue Addi Bâ » à Langeais.
J’y étais avec l’auteur. Etaient présents également de nombreux officiers de l’armée française qui sont d’origine guinéenne. La couronne britannique avait envoyé une très forte délégation d’officiers supérieurs. Parmi lesquels, un pilote qui avait été sauvé par le groupe de résistance du jeune soldat lorsque son avion a été abattu le 8 novembre 1942. La médaille de la résistance sera décernée en 2003 à Addi Bâ. Soixante ans exactement après sa mort.
Espérons qu’avec ce roman, Addi Bâ sortira à jamais de l’anonymat afin d’entrer pour toujours dans la mémoire collective des autres héros de la guerre 39-45. Que ceux-là soient Français, Africains ou autres. En tout cas, il y aura, je l’espère, un avant et un après « Le terroriste noir ». Ainsi, ce seront les combattants et résistants de toutes les guerres, de toutes races, Blancs, Noirs, Arabes etc. qui reposeront dans le même panthéon.
Ce roman devrait occuper une place de choix dans l’enseignement littéraire contemporain. Il devrait avoir toute sa place dans les manuels de français et d’histoire de France et d’Afrique. Cela, d’autant plus qu’il met en exergue les valeurs universelles défendues par la Résistance et n’en montre pas moins les facettes de la collaboration tant au niveau local que national.
Le dialogue entre les personnages montre dès l’incipit que le sort réservé au soldat Addi gisant dans la forêt est symptomatique à celui de plusieurs autres. Le rôle du jeune Hubert, l’action d’Yvonne, la maîtresse d’école, l’attitude du père (Hubert Valdenaire) à travers ses hésitations et ses atermoiements annoncent les déchirements futurs. Cela est symbolique de l’opposition entre Résistants et «collabos » dans la France profonde et celle de la ville ? Quand d’autres personnages entrent en scène, on perçoit davantage le mal de la guerre et la corruption de certains esprits. Addi Bâ deviendra-t-il l’une des innombrables victimes d’un village déchiré? Par delà, d’une nation divisée à cause de la guerre ? En tout état de cause, son action, comme celle de tout Résistant divise et oppose deux camps.
Avec « Le terroriste noir », Tierno Monénembo se montre comme le maître de la plume de la littérature francophone moderne tout comme le griot ouest-africain l’est pour la parole. Avec ce chef-œuvre annoncé, il figure plus qu’il en a été auparavant parmi les plus grands écrivains de la littérature mondiale. Enfin, avec son neuvième et avant dernier roman, Tierno Monénembo avait frisé le Goncourt. Cette fois-ci, on voit mal comment il pourrait le rater. Tiré en 20000 exemplaires, « Le terroriste noir » figure déjà au premier plan de la 11e édition du Prix FNAC 2012.
A n’en pas douter, le best-seller de l’année, ce sera pour le 23 août, date de sortie aux éditions du Seuil et en librairie de « Le terroriste noir » !
Il n’est pas prématuré de prédire l’une des plus hautes distinctions littéraires à Tierno Monénembo. A savoir le Nobel de littérature.
Dallas (Etats-Unis), le 1er août 2012
Lamarana Petty Diallo
lamaranapetty@yahoo.fr
VOS COMMENTAIRES | |
| balde koin | 02/08/2012 11:53:55 |
| Merci Monenembo une fois encore tu nous donnes un grand plaisir; je l’achèterais incha allah | |
| Muminia | 02/08/2012 18:43:13 |
| Je vais definitivement avoir le bouquin, mais il me semnle que M Petty a vendu tout le miel ici. Il ne faut pas raconter TOUT le film a ceux qui veulent le voir. Laisse tout ce qui est supense pendre... Pour la prochainne fois. Bon vent a Tierno | |
| balde | 02/08/2012 20:07:36 |
| Non; Mouminia, M Diallo ne parle pas du roman, mais des qualites de l'auteur et du roman. Du reste, il parle juste du personnage sans rien devoiler de l'intrigue et il situe Addi dans son contexte historique. Quand il parle de la decoration de Addi, il est dans le reel et non dans le roman, je crois. | |
| Muminia | 02/08/2012 23:19:28 |
| Monsieur Balde, je fais allusion, entre autres, a ce passage qui dit beaucoup,peut etre trop. "Addi Bâ est capturé, puis torturé avant de subir, en décembre 1943, le sort que les nazis réservaient aux résistants. Il mourut à l’âge de 27ans en héros car il ne lâcha aucun nom." Quand, dans mon imaginaire, je me mets aux traces d'Addi en 1939, ce que je ne veux surtout pas savoir, c'est qu'il va "subir ce sort" dans 4 ans... | |
| minerai noir | 04/08/2012 13:39:14 |
| A L'intentaion de monsieur lamanara petty diallo sur cet inconnu grand écrivain guinéen monsieur tierno qui est à son dix roman qui je suis persuadé à part la communauté peuhl est praiquement inconnu des autres. pourquoi? Que MOI ?un soussou je ne m'interesserais pas à ce que feraient d'autres? Ca n'aurait aucun sens .Je crois que le problème est ailleurs; 40% DE LA POPULATION DE LA GUINEE ET CA DU MAL A AVOIR LE POUVOIR DEPUIS 1945 AVEC LE DEPUTE YACINE DIALLO.Réfléchissez un peu les soussous ont gouverné intelligemment d'ailleurs en intégrant toutes les communautés à commencer par les peuhls de la basse côte que conté n'a jamais décu et les notables de fouta.Il a fait comme il a pu avec les intellos de votre catégorie pour avoir un pays stable.Au lieu de faire des soussous vos ennemis pourquoi ne pas faire une politique de mains tendues.Les minorités ont plus facilement le pouvoir que des grands groupes ethniques sauf ceux qui utilisent la dictature dans le vrai sens du terme. J'entends ceci : nous sommes 60 millions en afrique et 4 millions en guinée ; AVANT D'UNIR 60 MILLIONS UNISSEZ D'ABORD LES 4 MILLIONS; mais surtout ouvrez votre coeur aux soussous.Les soussous connaissent les peuhls en gros et détails, ils peuvent interprêter mêmes leurs sourires. ,gagnez leur confiance comme l'a fait conté comme l'a fait conté avec une grande majorité de votre communauté.J'ai parlé de république autonome de la guinée maritime ; de république autonome du fouta djalon , de république autonome de la haute guinée de ré publique autonome de la guinée foresti-ère....parce que 52(cinquante deux années) ont montré que rien n'est possible avec une république unique et unie.AVEC DES REPUBLIQUES AUTONOMES ET DES PASSERELLES ENTRE ELLES C EST POSSIBLE.pourqoui je citerais plus facilement des écrivains sénégalais que guinéens à cause de votre enfermement sur vous-mêmes; cette auto suffissance et la cause majeure de votre inertie.Tant d'intelligences pour rien, tant de moyens finaciers de communications pour rien.Sédentaire et inerte c'est pareil.Les solutions à vos problèmes sont en vous et les rendre dynamiques les soussous sont des spécialistes de l'ouverture, ils vous aideront.Ils n'ont rien de commun avec les malinkés qui manquent de finesse. | |
| SADIO BARRY | 04/08/2012 22:14:50 |
| minerai noir, il n'est pas vrai que les Peuls sont renfermés sur eux-mêmes. C'est la communauté la plus ouverte aux autres en Guinée. Le problème est que beaucoup sont jaloux de la réussite des Peuls en Guinée, malgré qu'ils n'ont jamais les avantages du pouvoir. Vous reconnaissez qu'ils ont soutenu Conté et c'est en grande partie une des raisons de la haine du RPG contre les Peuls. Les soussous ne devraient jamais s'associer aux malinkés contre les peuls si l'être humain n'était pas ingrat. Mais heureusement que ce sont les débris et sans conscience comme Kiridi Bangoura, Fodé Soumah, Facinet Touré qui ont trahi la mémoire de Conté pour des avantages matériels qui ont fait le jeu des diables du RPG. Les Basse Côtiers dignes et hommes/femmes de parole comme Cheick Camara, Elhadj Sakouna etc. eux sont restés fidèles à l'amitié sacrée et à la mémoire de Conté. Malgré le ralliment des rats de la BC à l'arc-en-ciel, l'alliance des bâtisseurs a gagné avec le soutien de la majorité en Guinée. C'est la direction de l'UFDG qui n'a pas été à la hauteur et qui a permis à Alpha Condé d'être président en Guinée. Mais ne vous en faites pas, le temps approche pour que les Peuls se réveillent en Guinée comme la Chine en Asie. Nous serons tous égaux et on partagera tout en Guinée ou bien on cassera tout et tout le monde sera malheureux en Guinée. Si c'est la seconde option, chacune des régions se retrouvera pratiquement indépendante et décidera avec qui travailler ou se féderer dans l'intérêt des deux. Les seuls régions capables de s'unir dans le respect et l'intérêt mutuel, c'est le Fouta et la Basse Côte qui sont voisines et très interdépendantes. Les Forestiers s'émanciperont des Malinkés qu'ils chasseront de leur région. La Haute Guinée sera la plus perdante car arride et moins developpée. La lutte des clans va y resurgir: Siguiri ne va pas accepter l'autorité de Kankan, kankan ne va pas accepter l'autorité de Faranah et Faranah non plus n'acceptera celle de Kankan. Les angbansannés sont désespérés de ne pas pouvoir avoir le pouvoir par élections démocratiques et ne savent pas ce qu'ils sont en train de faire à la Guinée qui va se retourner contre eux. Leur bêtise et leur nazisme ne peut durer en Guinée que le temps que Cellou Dalein l'accepte ou qu'il est premier leader peul en Guinée. Donc, au plus tard jusqu'aux législatives prochaines. | |
| minerai noir | 05/08/2012 12:15:01 |
| monsieur sadio, plus guinéen qu'un peuhl ,tu meurs.A l'exception des soussous qui sont trahis par leurs noms donc pas le choix que d'être guinéens; être guinéen est à fleur de peau chez les peuhls et le soussous.Ce que je dénonce à travers cet grand écrivain que toute personne normalement constituée aimerait avoir dans son pays c'est le fait à par des personnes à consonnaces peuhls peronne n'écrit un mot à son sujet.Pourquoi?Les raisons que j'ai données ne vous convainquent pas et vos explications tiennent dans une certaine mesure la route et croyez-moi loin de moi tout esprit de critique ; seules les solutions constructives m'interessent.L'opposition entre peuhls et soussous volontairement organisée de puis 1945 par sékou est une arme redoutable puisqu'aujourdhui encore ca fonctionne ; mais beaucoup plus( je le crois) dans le subconscient collectif des peuhls que des soussous.Je vous rappelle que le BAG( bloc africain de guinée) de barry diawandou et MSA( mouvement socialiste africain ) de karim bangoura se sont unis pour résister à la déferlante du pdg.Beaucoup d'atrocités à conakryà cette époque sont à l'actif du pdg et ce qui a marché autrefois pourquoi ne pas la rallumer sous forme d'arc-en-ciel.Et apparamment ca marche puisque vous vous référez chaquefois aux guignols soussous qui gravitent autour de AC. lors des engagements financiers impliquant AC y a-t-il d'autrs noms que kaba condé et keita.Croyez- moi se sont des pions aux mêmes titres que sow , ce sont des tampons pour amortir les chocs et surtout des pions pour faire croire aux soussous et peuhls qu'ils présents dans le gouvernement.Kiridi bangoura et fodé bangoura étaient des gens très exigeants sous conté comment ont -ils vite viré de bord? Pour de l'argent? si vous connaissez la maison de fodé vous changerz d'avis à son sujet comme il ne faut pas juger trop vite me sow ou cdd... facile de critiquer mais face aux malinkés habitués à détriure ce n'est pas évident.Les peuhls ignorent leurs forces; Si elles se trouvaient dans la république autonome de la moyenne guinée et du fouta djalon.La peur rend inerte , peur de l'inconnu qui n'est pas un: retour des peuhls vers le fouta et ouvrir comme ils ont toujours su le faire leurs commerces et savoir-faire' aux voisins immédiats guinée maritime le sénégal , dinguiraye des tampons et télémélé ..mais petit à petit retour aux sources.. des actes et non des mots.Les malinkés ne veulent pas de vous montrez à ces gens qu'ils ne sont rien sans vous.La jalousie des mots qui n'auront un sens que dans l'union entre vous d'abord en guinée.avant les 60 millions de peuhls Je me méfie de la théorie de grands nombres , j'ai tendance à l'(associer à la théorie du chaos.).C'est pas la même chose un peuhl du mali du cameroun du niger du sénégal de la mauritanie. Il ya des particularités distinctes propices à des passerelles, des tranversales de communications à bénéfices réciproques.S'il y avait des tranversales entre les differentes ethnies monsieur tierno monénembo serait dans les manuels scolaires et universitaires de notre pays au même titre que furent à mon temps senghor aimé césaire calmara laye. | |