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Que faut-il faire face à la situation générale en Guinée ces derniers temps?


2012-08-27 22:03:03

Il faut d’abord dire, que la situation générale de la Guinée est lamentable. Plus de cinquante ans après l’accession du pays à l’indépendance, et après 18 mois des élections Présidentielles on a l’impression que la Guinée sort d’une guerre qui a durée des décennies: Un tissus sociale divisé( une réconciliation nationale bafouée), une situation précaire des fonctionnaires, des Industries en voie de fermeture, une assemblée nationale inexistante, un gouvernement qui ne fonctionne pas correctement, des violations de droits et des lois , des contrats négocies à la marge des représentants du citoyen guinéen, une insécurité et une injustice notoire, de l'ethno- stratégie...j'en passe!
 
  Le problème fondamental de notre pays c'est vrais, est et demeure surtout économique. En effet, sans perdre de vue l’importance des autres aspects de la vie du pays comme le politique, le social, le culturel, etc. je pense que l’origine des conflits potentiels et apparents que nous observons est surtout une manque de volonté  politique de la part des autorités actuelles qui ne profite a personne; d'où la nécessité de travailler à l'unification et au développement économique du pays.
 
Il y a des conditions de base à remplir pour ce développement économique. Entre autres, nous pouvons citer le minimum de cohésion sociale, le minimum de stabilité macroéconomique en termes d'inflation, de solde budgétaire et de solde extérieur, l’environnement juridique favorable, la restructuration financière par l'élaboration et la mise en œuvre d'une politique monétaire avec une banque centrale capable de gérer la monnaie et de réguler l'économie, et les conditions minimales d'allocation efficace de ressources. 
Tout guinéen soucieux de l’avenir de la Guinée devrait travailler aujourd’hui à attirer l'attention sur une vraie réconciliation nationale et/ou générer les ressources financières dont l’économie a besoin. Ces ressources sont des capitaux privés nationaux, privés étrangers et publics. Une fois investis, ces capitaux sont susceptibles d’accroître la production des biens et services dans le pays.
 
Les économistes nous enseignent que deux facteurs principaux influencent la croissance: les investissements et les exportations. 

   Comment investir?
Il faut bien entendu investir de façon efficiente, c’est-à-dire que les investissements doivent se traduire en terme réel par une augmentation du Produit intérieur brut (PIB). Il faut donc éviter des investissements de spéculation ou de prestige sans impact sur la croissance. Où investir ? Dans des secteurs d’activités productives et dans les ressources humaines. L’Etat et le secteur privé doivent investir dans les ressources humaines, c’est à dire la santé et l’éducation. Les investissements dans les ressources humaines font partie des investissements productifs, car ce sont des hommes en bonne santé et bien formés qui créent les richesses. Notre système éducatif a besoin de reforme sérieuse.
 
La Guinée ne manque pas d’enseignants et d'autres cadres compétents. La Guinée manque de volonté politique et de gouvernance efficace pouvant permettre de mettre les enseignants  er fonctionnaires de l'Etat dans les conditions minimales de travail.
 Par ailleurs, on a beau chanté nos ressources naturelles comme nous l’avons toujours fait depuis l’indépendance, elles ne nous seront pas d’une grande utilité si nous ne nous dotons pas d’énergie suffisante pour leur transformation. Nous avons raté de grandes opportunités durant ces dernières années quand on mobilisait les guinéens pour les différents projets en demandant des cotisations. Ce fut un échec parce qu’on a plutôt fait appel au cœur des guinéens qu’à leur tête. On ne demande pas la charité d’une population pour produire un bien commercialisable. Il aurait fallu mettre à la disposition des guinéens, de tous les guinéens, y compris ceux de l’étranger, des produits financiers (bons, actions ou obligations, appelons-les comme on veut) dans lesquels ils auraient investis leurs épargnes avec l’espoir de récolter au bout quelques fruits pour eux-mêmes ou pour leurs enfants et petits enfants. Plus important encore, leurs épargnes auraient ainsi été utilisées pour doter le pays d’une ressource indispensable à son développement. On peut le faire dans tous les secteurs importants de notre économie (l’eau, les infrastructures de communication, etc.). Mais cela présuppose la mise en place d’un cadre juridique, institutionnelle et réglementaire garantissant la propriété privé, favorisant l’activité économique et attirant des capitaux privés étrangers et nationaux.
 
   Le secteur privé doit investir dans les secteurs industriel (notamment la production manufacturière), agro-industriel (produits agro-industriels alimentaires et vivriers) et minier (produits miniers élaborés à haute valeur ajoutée). Ces investissements doivent viser à stimuler les exportations, qui doivent rester le pilier de la croissance. Ils doivent  se traduire par un accroissement de l’emploi et le progrès social, qui sont intimement liés au développement du secteur privé autant qu’à l’amélioration du fonctionnement de l’Etat. L’accroissement de l’emploi réduit le chômage et permet aux guinéens de disposer des revenus, ce qui relance la consommation intérieure. 

     Après cinquante ans d’efforts plus ou moins infructueux d’attirer les aides et les dettes extérieures pour construire notre pays sans que celles-ci n’aient laissé une trace perceptible, le temps est venu de faire face, avec esprit de responsabilité, aux défis de notre développement. Albert Einstein ne disait-il pas que « La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent. » Si nous n’excluons pas les efforts d’attirer les aides provenant d’autres cieux, nous devons attendre désormais plus de nous-mêmes, de notre rejet de la médiocrité, de notre standard élevé d’intégrité et d’accomplissement, et d’un encouragement de notre part de la culture d’efforts personnels et de progrès.

      Un dernier point non moins important que je voulais souligner est l’indispensable nécessité pour nous les guinéens, tous les guinéens, d’avoir le courage de s’attaquer à la racine  d’un des maux dont souffre notre pays : la tyrannie du pouvoir exécutif, « l’inutilité » apparente des pouvoirs législatif et judiciaire, et la centralisation à outrance du pouvoir. Il faut s’attaquer à la refonte totale de la constitution et des lois organiques en vue de permettre l’équilibre réel entre les trois pouvoirs et, par la mise en place d’un système de « Check and Balance », empêcher la tyrannie d’un pouvoir et l’inutilité des autres, comme c’est le cas jusqu'à maintenant.

Dans la même lancé, il convient aussi et surtout de donner l’initiative et la responsabilité aux structures décentralisées du pays. «Plus les contributions publiques s'éloignent de leur source, plus elles sont onéreuses. » disait Rousseau. Ce n'est donc pas à partir de la quantité des impositions qu'il faut mesurer la charge des particuliers, mais à partir de la distance que devront faire les contributions pour retourner dans les mains dont elles sont sorties. Si la circulation est prompte et bien établie, qu'on paye peu ou beaucoup en taxes ou en impôts, il n'importe; l’économie est capable de tourner. Au contraire, quelque peu que les populations donnent, si ce peu ne leur revient plus, sous une forme ou une autre, en donnant toujours, elles finissent par s'épuiser. Il ressort de cette analyse que plus la distance du peuple au gouvernement augmente, plus les tributs deviennent onéreux. Or c'est dans un contexte de décentralisation réelle que cette distance peut être écourtée. Qu'est-ce que le haut commissariat pour la modernisation de l'Etat nous a offert depuis sa création?

Il est temps pour que le Président Alpha Condé et son gouvernement comprennent que  dans un régime démocratique les Institutions doivent existées et fonctionnées comme telles.
 Que Dieu sauve notre Démocratie: AMEN!
 
      AMADOU S DIALLO
      Depuis Washington DC.
      diallongr@yahoo.com


 

1 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

Lamine Diallo27/08/2012 23:26:43
Je pense qu'il y a deux choses a faire pour que la guinee retrouve sa liberte.
1. desobeir en organisant des manifestations dans tout l'etendue du territoire.
2. Manifester contre les forces de l'ordre qui ont toujours soutenu les dicatateurs. Notre armee n'est capable que de soutenir le president jusqu'a sa mort et reprendre la chaise videe. Notre armee n a jamais sauve son peuple de nos tyrands. Meme l'armee malienne veut mieux que la notre.