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Guinée: qui perd gagne.


2012-08-29 18:04:03

Chers gouvernants actuels,

Je suis scandalisé par les décisions souvent prises et mises en œuvre par certains gouvernants actuels et ce, en violation flagrante de la constitution. Je le dénonce.

Certains administrateurs pour ne pas dire tous les gouvernants actuels, particulièrement ceux de l’administration du territoire, posent des actes qui m’amènent à me demander s’ils sont pour ou contre le pouvoir de leur président, le professeur Alpha Condé (PPPAC)?   Parmi ces actes, l’interdiction à manifester et le refus d’accès exclusif aux partis politiques de l’opposition des lieux publics sont les plus courants et sont un dénominateur commun à tous.  C’est le  sujet d’analyse de ce papier. Si la mesure était appliquée à tous les partis politiques, la décision  aurait été compréhensible mais c’est une mesure discriminatoire en violation de la constitution. Messieurs les gouvernants, il y a plein d’articles (le préambule aliéna 2, articles 1, 4, 7, 8 et 10 par exemple) de cette constitution qui sont ainsi violés. Or, la discrimination est condamnée par cette même constitution (article 4).

En agissant ainsi, non seulement les droits des militants des partis politiques qui sont des citoyens guinéens sont violés, mais aussi vous les gouvernants ne mesurez pas les conséquences qui en découlent. Je m’en vais vous donner quelques unes.

1- Sur le plan économique

La place publique est un domaine de l’État qui a besoin d’être entretenu. Elle appartient au peuple donc aux citoyens et non au pouvoir. La preuve est simple. Les gouvernants arrivent et s’en vont mais les places publiques et le peuple sont là.  Pour son entretien, il faut de la main d’œuvre, du matériel et de l’argent qui viennent sans doute de la poche du contribuable. En refusant l’accès à ces places publiques comme les salles de conférence, le stade, la place de l’indépendance etc. vous rendez ces lieux des postes de dépenses permanentes.  Ces lieux ne seront donc pas des sources de recettes, de facto, générateurs des ressources nécessaires à leur propre entretien. Ceux qui peuvent et veulent payer n’ont pas accès pour des raisons politiques et ceux qui ne payent pas en ont accès et les salissent voire les endommagent. Messieurs les gouverneurs, préfets, sous préfets, chefs de quartiers  et présidents des  CRD, vous ne rendez pas service au peuple en refusant que des citoyens de vos sphères d’influence utilisent les places publiques moyennant payement d’une contribution à leur entretien sans que ceci ne soit à puiser dans les caisses de l’État. Si des recettes étaient générées par l’usage de ces places publiques et que cet argent était dévolu exclusivement à l’entretien des places publiques, nos villes seraient davantage attrayantes et certains auraient de l’emploi.

2- Sur le plan politique

En refusant la place publique à un parti majoritaire dans une région sous le prétexte que c’est l’opposition et en autorisant son usage aux petits partis minoritaires alliés au pouvoir, vous faites de la discrimination flagrante qui provoque de l’amertume dont les conséquences sont désastreuses. Ces gens auxquels vous refusez l’accès vous jugent comme non respectueux de la loi et des principes démocratiques. Vous perdez leur confiance. Vous les perdez totalement. Ces citoyens là ne seront jamais du même côté que vous.  Pensez vous que la jeunesse de l’UFDG rejoindra le RPG en leur refusant un match de football à cause de Cellou Dalein? C’est tout au contraire. Lorsque vos veaux refusent de rentrer au parc, vous ne les ramènerez pas en éloignant leurs mères.  Ainsi, au lieu de mobiliser de l’électorat en faveur du  parti au pouvoir, vous le faites pour l’opposition qui consolide ainsi son électorat. Mieux, même si ces militants étaient tentés de vous rejoindre, c’est perdu. A qui rendez vous ainsi service? Pas au pouvoir en tout cas!  Le saviez- vous? Par ailleurs, et ce faisant, vous favorisez la réaction populaire ou l’adhésion aux marches de protestations de l’opposition et que sais-je encore.
En refusant de servir la majorité pour servir la minorité, vous allez en sens inverse de la loi et du principe démocratique. Demos  cratos! Suivez mon regard. Vous êtes tous des intellectuels.

3- Sur le plan social

Vous êtes dans un milieu organisé sur le plan social. En refusant un service à la majorité vous perdez l’amitié de la communauté.  Désormais, vos rapports deviennent basés sur la force du pouvoir et non l’entente. Vous obtiendrez très peu d’adhésion à vos projets et même vos cérémonies familiales vont en souffrir.  Car n’oubliez pas qu’en tous les cas, ce sont les populations locales qui vous demandent un service et non le leader politique. D’ailleurs et très souvent ce dernier part le lendemain vous laisser ensemble avec vos communautés que vous avez rejetées. Les communautés se sentiront ainsi frustrées et ne vont pas répondre franchement à vos appels. Vos relations avec ces communautés deviennent hypocrites ou tendues.

4- Sur le plan moral

Vous étiez  des citoyens comme les autres avant d’avoir ces postes que vous perdrez forcément un jour. Cette injustice que vous commettez vous rattrapera un de ces jours. Rappelez- vous cette célèbre phrase inscrite dans certains cimetières et puisée dans le coran. « Hier nous étions comme vous. Demain vous serez comme nous ».
La violation de la loi devrait vous fouetter la conscience et vous conduire à agir en âme et conscience en faveur des communautés et non pour un homme fut-ce-il le PRG qui n’est pas éternellement au poste.  Votre destin vous avait inscrits à ce poste avant lui.
Finalement, que faites vous du respect de la parole donnée si chère aux communautés auxquelles vous appartenez. Et cette violation de la loi, cette injustice, comment les ressentez vous lorsque vous êtes seuls avec votre conscience? A méditer!


Conclusion

Par ignorance naïve ou par trahison volontaire du parti que vous les gouvernants prétendez servir, vous allez en contre sens de la bonne gouvernance et de la loi. Relisez le discours de politique générale de votre PM devant le CNT, vous verrez ce qu’il s’est engagé de faire  en matière de gouvernance.

Le respect de la loi est un principe cardinal de l’État de droit comme le respect de la volonté populaire est un principe régalien de la démocratie.
Les décisions d’interdiction à manifester et de refus d’accès aux lieux publics aux partis politiques d’opposition tout en l’acceptant pour le RPG, sont une violation de la constitution guinéenne sur laquelle vous avez prêté serment. 

Aux plans politique, économique, social et moral vous naviguez à contre sens du rationnel et du bon sens. Revoyez votre copie; faute de quoi vous rendez plus service à l’opposition que le pouvoir du PPPAC. A moins que vous ne souscriviez au jeu du qui perd gagne! Quand on aime quelqu’un on lui dit la vérité.

Quels gouvernement et ou institution internationale sérieux traiteront avec des gouvernants qui ne respectent pas la parole donnée et qui violent leurs propres lois?
Démocratiquement à vous.

Labé le 29 Juillet 2012


Mamadou Maladho Diallo


 

2 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

Citoyen du Foutah30/08/2012 01:19:50
Ces conseils ne sert a rien à des idolâtres et des impies...la solution qu'il faut c'est les armes,les armes et les armes!!! que les guineens la veulent où pas la guerre est inevitable en cette republique bananiere de la giné.NOUS ALLONS TOURNER EN ROND ET ENCORE EN ROND MAIS L'INEVITABLE NOUS ATTEND TOUS AU COIN CAR AVEC CE REGIME DES BILAKOROS JE NE VOIS AUTRE ISSUE SINON PRENDRE LES ARMES ET LES AFFRONTER ET CASSER LA GUINÉE UNE FOIS POUR TOUS.
Maladho Diallo05/09/2012 12:29:27
Citoyen du Foutah
Merci pour l’intérêt à cet article qui parle du problème le plus important en Guinée aujourd’hui. Cependant je pense que nous pouvons combattre ces extrémistes sans des injures grossières.
merci