M. Souaré, n’attendez pas de subir le sort de M. Eugène Camara, partez !
Les leaders des syndicats et de la société civile ( CNOSCG ) ne sont pas des militaires, autrement ils répondraient d’actes de félonie pour avoir failli à la mission de veille pour l’application des accords tripartites, et d’avoir somnolé pendant leurs violations répétées par qui l’on sait. Alors que la seule issue qui leur restait était la reprise de la grève générale le 31 mars. L’échec de leur poulain, ne fait qu’aggraver ce qui ressemble à une forfaiture.
Il est vrai qu’en cela, ils ont été aidés par l’ensemble de la clase politique (exception notable du R.P.G.) et de la société civile dans sa grande majorité, y compris celle de la diaspora qui s’était même fendue d’une pétition contre la grève, tous obnubilés et emportés par le vent que brassait Kouyaté et qui voulait certes nous ramener aux pompes (funèbres) du Suprême du Parti des geôles. Les signataires de cette pétition sont pour la plupart sans doute, de sincères patriotes.
« Pas une goutte de sang à verser pour Lansiné Kouyaté ! ».
C’était l’argument apparemment imparable.
Je ne reviendrai pas sur ce credo lapidaire. Je serai bref. Car j’ai déjà tout dit à ce propos et je ne voudrais pas servir un disque rayé.
Je rappelle simplement qu’en janvier février 2007, le peuple de Guinée dans sa majorité avait voulu le changement par le départ du premier Lansana, volonté clairement exprimée par le sang versé de plus de 200 de nos concitoyens, dont la plupart sont des jeunes dans la fleur de l’âge, fauchés par des balles importées.
Au lieu de cela, on a accablé le peuple de Guinée d’un second Lansana, auquel il a eu le malheur de croire, et donc qu’il a légitimé.
Le premier Lansana vient de renvoyer le second de façon impériale, souveraine.
Les syndicats et le CNOSCG ont dit dont acte. C’est un peu court.
J’ai promis d’être court moi aussi.
Mais j’insiste, le peuple debout avait demandé le changement, c’est à dire un Etat de droit.
Or pour ce faire, la seule voie pacifique que l’histoire ait produite est le suffrage universel, avec des élections libres, transparentes, entachées d’aucune fraude.
Il est avéré que nous sommes dans un Etat de non droit. Le limogeage de M. Kouyaté et la nomination de M. Souaré ne sont pas seulement le viol de l’accord tripartite. Sauf votre respect, c’est le viol de tout un peuple. Et d’ailleurs que fait-on de l’indignation de ce peuple, y compris des ressortissants de la Forêt après la désignation d’Eugène Camara, qui a amené Lanana Conté à enlever son caftan les 24h qui ont suivi ! Alors qu’attend-on pour taper sur la table présidentielle ? M. Souaré n’est-il pas de la camarilla dont on ne voulait pas dans un gouvernement de consensus il y a seulement un an ? Il y aurait d’autres injures à relever. Celles de Mamadou Sylla, déclencheur des grèves de nos syndicalistes devenus flambeau et boutefeu du changement politique et pas seulement corporatiste, Chantal Colle, ex compagne de campagnes du Généralissime, la nouvelle griotte qui chante la naissance tardive de la Guinée avec l’ère Conté, ( elle doit connaître l’air « a lan a mou lan ».. ),crachotant ainsi sur la Mémoire des martyrs des deux républiques ..
Foin d’arguties juridiques ! Ou alors qu’on me dise quelle norme est au-dessus des 50 000 morts et/ou disparus de la première république et des 200 morts soldés par cet accord tripartite de toutes les hontes.
Donc seul le peuple debout doit et peut exiger la mise en place d’organes alternatifs lors d’assises nationales souveraines.
Le syndicat des enseignants a fait une déclaration que doivent rejoindre impérativement toutes les forces vives de la nation. Il n’y a aucune autre priorité devant cela. Ceci dit à l’attention des Partis politiques et des bailleurs de fonds qui continuent à arborer ces hypothétiques élections qui sont certes la condition sine qua non de l’avènement d’un Etat de droit, mais il ne sert à rien de chercher à cacher le soleil avec le petit doigt.
Il est en effet d’abord question du préalable, de la réalisation des conditions de possibilité de l’organisation de toute élection crédible, libre, transparente.
Il faut vider la baignoire de son eau sanieuse, et l’enfant du bain avec !
Démanteler le noyau dur de cet Etat de non droit, irréductible groupuscule à géométrie variable qui gravite autour d’un homme devenu l’ombre de lui-même, qui vient de frapper le dernier coup comme une tête de serpent qui cherche coûte que coûte à retrouver un corps à jamais perdu depuis les évènements de janvier février 2007.
Il faut que tous ceux qui se sont salis dans les eaux tourbeuses de cette année de pseudo consensus, acceptent de se laver ensemble, laver le peuple de Guinée de cet affront qui dure depuis cinquante ans par une GREVE GENERALE ILLIMITEE.Je répète, les responsables des syndicats et du CNOSCG ne sont pas des félons, seule l’Histoire en jugera, et cette dernière les attend, qu’ils ont encore le temps de rattraper en tendant la main aux autres acteurs du changement social, à commencer par linter-centrale des enseignants.
Le reste, pour ceux qui n’ont pas peur de la migraine, vous le trouverez en post-scriptum ci-dessous, où je disais en long et en large, à contre-courant, il est vrai, tout ce qu’il fallait faire pour ne pas avoir à revenir à la case départ, que dis-je, le gouffre où l’on se trouve plongé aujourd’hui.
Saïdou Nour Bokoum
Revenir en haut de la page