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Guinée: la lettre du continent sur la mauvaise gouvernance Condé2012-09-26 19:00:47 Article dans la Lettre du Continent N° 643 27/09/2012 Imbroglio calendaire - Lors de sa visite en France en juillet, Alpha Condé avait juré ses grands dieux à son ami François Hollande qu'il organiserait les législatives après la saison des pluies. Résultat : cette période est quasiment achevée, forçant l’Elysée à publier un communiqué insistant sur le respect de l'agenda électoral, bref de l'Etat de droit, notion toujours aussi abstraite dans le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest. Il faudrait qu'un calendrier soit arrêté avant le 15 octobre pour espérer un scrutin en fin d'année - selon la loi, le corps électoral doit être convoqué 70 jours avant un scrutin. Impossible à tenir… Après l'adoption, mi-septembre, d'une loi instaurant un meilleur équilibre au sein de la CENI, la Cour suprême doit se prononcer sur ce texte. Les partis vont ensuite proposer leurs listes de nouveaux membres susceptibles de composer cette entité. Après quoi, un président sera désigné à la place de Louceny Camara. Le fichier électoral constitue une autre pomme de discorde. Chargée de cette mission, l'OIFn'a pas encore transféré sur les serveurs de la société sud-africaine Waymark le fichier que le français Sagem avait réalisé pour la présidentielle de 2010. Pour ne rien arranger, Waymark, introduite en Guinée par Mohamed Condé, fils unique du chef de l'Etat, est critiquée par l'opposition car désignée sans appel d'offres. Opposition mobilisée - Méfiante à l'égard d'un président perçu de plus en plus comme psychorigide, l'opposition maintient une pression suffisante pour contraindre Alpha Condé à renoncer à son déplacement à New York, le 25 septembre, pour participer à la 67e assemblée générale de l'ONU. Le lendemain, il devait surtout défendre le dossier guinéen devant le FMI, en vue de l'annulation de la dette extérieure (2,4 milliards $) dans le cadre de l'initiative PPTE. Présents en France mi-septembre, les deux leaders de l'opposition et ex-premier ministres, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, continuent de soigner leurs réseaux. A Paris, le patron de l'UFDG s'est entretenu avec l'ancien premier ministre François Fillon, l'avocat Robert Bourgi, l'ex-ministre de l'intérieurClaude Guéant, le nouveau patron du Parti socialiste, Harlem Désir, ou encore Elisabeth Barbier, madame Afrique du Quai d'Orsay. Diallo est par ailleurs attendu à Abidjan, fin septembre, pour rencontrer la puissante diaspora guinéenne et s'entretenir avecAlassane Ouattara. Pour sa part, le patron de l'UFR a multiplié les rencontres avec la presse française. Affaires juridiques - Outre cette incertitude politique, le climat économique est alourdi par de nombreux conflits commerciaux. Sur fond de scandale Palladino, l'agenda lié au différend Necotrans-Bolloré, emblématique de la gouvernance Condé, s'accélère. Après la condamnation de Bolloré par la cour d'appel de Versailles, le 19 septembre, à verser 5 000 € au groupe de Richard Talbot, le Cirdi se prononcera à son tour fin octobre sur sa compétence à juger la plainte de Necotrans, qui estime avoir été chassé du Port autonome de Conakry (PAC) sur ordre du chef de l'Etat. Il réclame 100 millions $ de dommages et intérêts. Conakry, défendu par Laurent Jaeger (cabinet Orrick), conteste notamment le droit de Necotrans d'entamer plusieurs procédures en arbitrage puisqu'une autre action est engagée devant la CCJA de l'Ohada. Pour cette seconde procédure, la Guinée devrait déposer son mémoire de défense le 15 octobre. L'avocat de Necotrans, Cédric Fischer (cabinet FTMS), disposera alors d'un premier document pour argumenter sur le fond.
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