2012-10-22 21:27:04
Le discours de Dr. Faya L. MILLIMOUNO lors de sa rencontre spéciale avec la presse, le 22 Octobre 2012 à la Maison de la Presse
Mes chers amis de la presse et honorables invités, merci tous d’être venus très nombreux répondre à notre appel !
Je parle ici en mon nom personnel mais aussi et surtout au nom de tous les compatriotes ici présents qui m’en donnent l’autorisation. C’est également au nom de toutes ces Guinéennes et tous ces Guinéens, éparpillés à travers le territoire national et à travers le monde qui m’autorisent de parler en leur nom. C’est un grand honneur pour moi de le faire. C’est pourquoi je commence par leur dire tous mes remerciements.
Depuis ma démission de la Nouvelle Génération pour la République (NGR) le 27 avril 2012, beaucoup de choses se sont passées. J’ai surtout écouté beaucoup de compatriotes. J’ai beaucoup réfléchi aussi. Tout a commencé aux Etats‐Unis d’Amérique. Puis, en Europe et en Afrique. Enfin, en Guinée. J’ai fait l’objet de beaucoup d’attention. De la part de mes amis de la presse par exemple. Cela m’a beaucoup touché. Je profite de cette occasion pour vous dire sincèrement merci. Durant presque six longs mois, j’ai reçu beaucoup de suggestions et beaucoup d’offres de la part de mes compatriotes. Certaines étaient individuelles. D’autres étaient collectives. Je remercie très sincèrement toutes celles et tous ceux qui, à travers leurs structures politiques, associatives, coopératives et autres mouvements m’ont offert un espace pour m’exprimer. C‘est pour moi un grand honneur et une grande marque de confiance que j’apprécie à leur juste valeur. Mes remerciements vont aussi à l’endroit des Guinéennes et des Guinéens qui m’ont appelé, m’ont rencontré, m’ont écrit pour me témoigner de leur soutien, pour m’encourager et me prodiguer des conseils précieux.
Je remercie tous ces jeunes Guinéennes et Guinéens, universitaires, diplômés, lycéens, ouvriers, commerçants, agriculteurs, etc., qui m’ont aussi encouragé et qui, surtout, ont élargi mes yeux et mes oreilles pour voir et entendre celles et ceux de mes compatriotes que je n’ai pas pu rencontrer pour le moment.
Je remercie tous ces doyens et toutes ces femmes, de toutes les ethnies et de toutes les régions, qui m’ont appelé et rencontré, pour me prodiguer de sages conseils.
Je remercie tous les amis, les collègues, les frères et soeurs, les oncles et tantes, les cousins et cousines, les neveux et nièces, les beaux et les belles, qui m’ont également prodigué de sages conseils. Cette liste de remerciements ne saurait être complète si je ne mentionnais pas mon épouse Koumba et nos enfants Sia Hawa, Koumba Fanta, Saa Toh, Finda Jeanne et Tamba Kallas. Je leur renouvèle mon amour et mon affection, et je leur dis grand merci. C’est pour vous dire, chers amis de la presse, que j’ai beaucoup écouté et j’ai analysé plusieurs options qui m’ont été suggérées et qui sont toutes porteuses de sens. J’ai eu besoin d’une aide. J’en ai obtenu plusieurs, très précieuses. Auprès de plusieurs personnes anonymes, mais surtout auprès de ceux et celles qui ont accepté de travailler au sein du Comité de réflexion que j’ai cru devoir mettre en place.
Je dis grand merci à ces amis qui m’ont fait un excellent travail en tant que membre du Comité de réflexion sur mon avenir politique.
Chers amis de la presse et chers invités,
Comme je vous l’ai dit plus haut, la longue période de réflexion a été mise à profit pour écouter les compatriotes, le peuple de Guinée. Les plus vieux m’ont rappelé le grand amour du peuple de Guinée pour la belle et charmante fille de tous les temps : la LIBERTE. Oui, le 28 septembre 1958, il a solennellement déclaré ce grand amour en choisissant l’indépendance à 97%. Nous nous rappelons la célèbre phrase empruntée à Dr. Kwame Krumah par le Premier Président de la Guinée indépendante, Monsieur Ahmed Sékou Toure, paix à son âme ! Cette célèbre phrase que j’aime citer partiellement parce que contradictoire quand elle est complète est « Nous préférons la liberté…… ». On n’est pas censé être pauvre quand on est libre. Seul l’homme libre peut créer ; créer la richesse.
J’ai entendu les plaintes de nos compatriotes face à la confiscation de cette liberté tout de suite après l’accession du pays à l’indépendance. Depuis, que de martyrs ! Ils se comptent par dizaines de milliers. Je leur rends hommage.
Depuis l’accession de notre pays à l’indépendance, il y a eu certes des gouvernements, des institutions créées à l’image des pays modernes, mais les chefs d’Etat qui se sont succédés ont toujours ignoré les lois en vigueur dans l’exercice de leur fonction. Ils ont toujours été prisonniers de leur ethnicité. Ils n’ont pas pu inculquer à la jeunesse et au peuple de Guinée les valeurs républicaines pour créer une nation sur les 245 857 km2 hérités de la colonisation.
Comme conséquence, notre vie collective est vécue aujourd’hui en apparence ormalement, mais passivement, sans éveil critique, sans étonnement, sans questionnement. Questionner ou critiquer sont synonymes de subversion, de contre révolution ou de manque de patriotisme. Et les capitaux étrangers n’aiment pas le « bruit » nous dit‐on. De cette manière, notre pays paralyse sa propre jeunesse, son propre peuple dans la non‐pensée. C’est notre héritage culturel, ce genre de leadership, nous rassure‐t‐on. Un doyen que je respecte, frustré par la situation de l’Afrique en général et de la Guinée en particulier a attiré mon attention sur le fait que nous sommes en face d’une crise de valeurs. Il m’a rappelé les bouleversements qui avaient été annoncés dans l’Oracle des 22 Silatigui et des 56 bergers, au pays de Heli‐Yoyo, dont a parlé le sage malien Ahmadou Hampathé Ba, dans le conte initiatique Njeddoh Dewal. L’oracle avait prédit que: « Le monde se transformera. Personne n’aura pitié de ce qui fait pitié. Personne n’aura honte de ce qui fait honte. L’homme n’oeuvrera que pour lui‐même. Il se donnera toujours raison, Accusant son prochain de ses propres défauts. Chacun se vantera en dénigrant autrui. Louant son propre travail, critiquant celui des autres. Les maitres initiateurs coucheront avec leurs élèves féminines. Les amis intimes débaucheront avec les femmes de leurs amis. Les chefs mentiront effrontément. Les plus riches ne répugneront pas à voler les plus pauvres… ». Comme vous le constatez chers amis, ces prédictions de l’Oracle semblent s’être réalisées à la lettre dans notre pays.
Et cela est l’origine de notre malheur.
J’ai entendu les lamentations de mes compatriotes face à la division qui atteint aujourd’hui des proportions inquiétantes. L’ethnocentrisme et le régionalisme sont devenus des
principales stratégies de conquête et de conservation du pouvoir. A cause de cette division, j’ai constaté que certains Guinéens se consacrent aujourd’hui à la recherche des défauts de leurs compatriotes pour trouver les raisons de les exclure, de les haïr et de les discriminer ? Du moment que, croyants nous sommes, on s’accorde à reconnaître qu’il n’y a pas d’hommes parfaits, pourquoi perdons‐nous notre temps à chercher ce qu’on va trouver de toutes les façons ?
Pourquoi ne consacrons‐nous pas à chercher plutôt les qualités de nos compatriotes ? N’est ce pas que ce sont ces qualités dont nous avons besoin pour faire avancer notre pays? Il n’y a de parfait que Dieu. Chacun de nous le sait. Chers amis de la presse et chers invités,
Malgré ce tableau très sombre que je viens de décrire quelques parties, j’ai eu également le bonheur de constater que nombreux sont des compatriotes, la majorité peut être, qui sont habités par un profond désir que les relations entre les Guinéens soient vécues dans la vérité, dans la sincérité, dans la justice et dans la solidarité. Les Guinéens, en majorité, manifestent l’aspiration à construire de vraies relations d’amitié avec leurs compatriotes sans égard au fait ethnique ou régional, à connaître un amour vrai, à fonder une famille unie, à atteindre une stabilité personnelle et une réelle sécurité, qui puissent leur garantir un avenir serein et heureux. Bref, le rêve est encore vivant. Je l’ai constaté de mes propres yeux. Il s’agit du rêve d’ :
- une Guinée unie, juste, paisible et prospère ;
- une Guinée où la devise « Travail – Justice – Solidarité », n’est pas seulement l’alignement de trois mots pour leur beauté ;
- une Guinée respectueuse des droits fondamentaux et des libertés fondamentales de l’Homme;
- une Guinée où personne n’est détenu arbitrairement, n’est blessé, torturé ou tué pour avoir exercé un droit ;
- une Guinée où les Guinéennes et Guinéens sont véritablement libres ;
- une Guinée où la jeunesse est responsabilisée et soutenue dans les faits et non dans les mots;
- une Guinée où les jeunes ont des terrains de jeu, des écoles suffisantes, équipées de laboratoires – de centres informatiques et de bibliothèques connectées sur le réseau Internet à haut débit et dotées d’enseignants qualifiés et décemment rémunérés ;
- une Guinée où les jeunes, dès l’école primaire, bénéficient tous les ans des journées de préparation à la carrière ;
- une Guinée où tout le monde a la même opportunité de trouver de l’emploi ;
- une Guinée où les Guinéens, jeunes ou vieux, femmes ou hommes, ont des opportunités d’accès au crédit pour soutenir leur génie entrepreneurial ;
- une Guinée où les ressources naturelles sont transformées sur place ;
- une Guinée où l’eau et l’électricité ne sont plus un luxe ;
- une Guinée dans laquelle Soussou, Peul, Malinké, Kissi, Toma, Kpèlè, Mano, Kono, Baga, Landouma, Bassari, Djakanké etc., s’asseyent autour d’une même table et dialoguent en toute sincérité en vue de trouver des solutions aux problèmes qui se posent à elle ;
- une Guinée où CONDE, DIALLO, SYLLA, MILLIMOUNO, CAMARA, DORE, DIABY, BEAVOGUI, etc. sont égaux en droits et en devoirs ;
- une Guinée où les Guinéennes et les Guinéens poursuivent un idéal commun, créent ensemble des entreprises et luttent ensemble contre le chômage structurel, l’ethnocentrisme, le népotisme, le régionalisme, la corruption, les détournements des deniers publics;
- une Guinée où le Nord, le Sud, l’Est, l’Ouest et le Centre ont les mêmes peines et le même bonheur à partager ;
- une Guinée dont les fils et filles prient ensemble dans les mêmes mosquées et dans les mêmes églises ;
- une Guinée qui accueille à bras ouverts ses enfants et petits‐enfants qu’elle a vu s’exiler dans l’espoir de trouver une vie meilleure ;
- une Guinée dont les habitants ne perdent plus leur temps à chercher les défauts de leurs compatriotes, mais consacrent leur précieux temps à chercher leurs qualités;
- une Guinée où chaque citoyen est jugé non par le teint de sa peau, la région de son origine, la religion de sa foi ou ses attaches familiales, mais plutôt par le contenu de son caractère individuel ;
- une Guinée qui veille à garantir l’égalité d’opportunité et d’accès aux moyens pour tous ;
- une Guinée dont ses filles et fils se sentent plus devoir qu’ils attendent d’elle. La poursuite de ce rêve est un devoir sacré. Elle m’a été conseillée par beaucoup de nos compatriotes, jeunes et vieux, hommes et femmes, etc. Le cadre dans lequel la poursuite du rêve doit se faire a été pensé. Plusieurs options se présentaient. Elles étaient toutes porteuses de sens. Il fallait donc choisir et je l’ai fait. Je l’ai fait avec tous les compatriotes ici présents et bien d’autres qui n’ont pu être là aujourd’hui. Certains de ceux‐ci sont ici à Conakry, d’autres à l’intérieur du pays et d’autres encore en dehors de nos frontières. Je pense à eux tous, qui sont ici avec nous en esprit. Le choix que nous avons fait n’est pas des plus faciles, mais il est des plus nobles. Il est porteur du grand rêve que je viens de décrire. Il est porteur d’une grande vision, de beaucoup d’audace et de détermination. Ce choix est la mise en place d’une nouvelle formation politique qui aura pour nom LE BLOC LIBERAL, en abrégé LE BL. Les membres fondateurs de cette formation ambitionnée se sont réunis à mon domicile le 19 septembre 2012 de 15h30 à 17h30, sous la présidence de Monsieur Amara SIDIBE et le secrétariat de Monsieur Boubacar DIALLO, pour adopter, entre autres, les statuts et le règlement intérieur. Dans les quarante et huit heures qui ont suivi, la lettre de demande d’agrément et tous les dossiers requis par la Loi ont été déposés le 21 septembre 2012 au Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation. Ils ont été enregistrés sous le numéro 4458. Avec votre permission, chers amis de la presse et chers invités, je vais donner la parole à Monsieur Issaac Sangbalamou pour vous parler brièvement du BLOC LIBERAL.
Je vous remercie !

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