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2012-12-11 13:18:35
DECLARATION DES ORGANISATIONS DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME
L’adoption de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme le 10 Décembre 1948 fut une date historique dans la lutte de l’humanité pour la dignité humaine. Elle reste encore « l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les Nations… »
Elle constitue une vision qui rassemble des droits universels pour tous dans un cadre individuel.
Ces droits reconnus à tout être humain, sont aujourd’hui universels, inhérents, inaliénables et inviolables bien qu’exprimés dans une déclaration.
Ces droits sont traduits dans plus de 360 langues. Beaucoup de constitutions s’inspirent d’elle . Et des Pactes, des Conventions ont repris son contenu pour produire des droits obligatoires.
La République de Guinée se réfère à cette Déclaration et a adhéré à toutes les conventions qui servent à son application.
Le problème en Guinée n’est pas l’adhésion aux conventions, mais leur respect. En effet la République de Guinée, en plus de ses normes nationales qui sont bonnes, a signé et ratifié l’essentiel des conventions de la CEDEAO, de l’Union Africaine et de l’ONU portant sur les droits de l’homme. Mais malheureusement, nous restons encore le pays où les crimes les plus graves se commettent. Cela dans l’impunité totale. Ces derniers temps nous constatons avec regret la montée inquiétante de l’insécurité dans tout le pays qui se traduit par des assassinats crapuleux, des kidnappings, des attaques à mains armées,…
Nous n’oublions pas nos compatriotes qui croupissent dans les prisons sans jugement.
C’est la situation dans la plupart des Etats africains : l’existence d’un arsenal important de protection des droits de l’homme avec en face les violations les plus graves de ces lois. Il faut résoudre cette contradiction inadmissible dans nos société.
Il faut la volonté politique réelle au sommet de l’Etat. Volonté politique qui se manifeste par des actes concrets dans tous les domaines, aussi bien au niveau de la législation que de la justice, de la sécurité et de l’administration du pays.
Il faut souligner aussi que l’existence d’un Etat de droits, d’une bonne gouvernance et de la démocratie sont les conditions essentielles pour la réalité du respect des droits de l’homme.
La création d’un ministère des droits de l’homme et des libertés publiques constitue un acte important pour nous militants des droits de l’homme. C’est une décision qui montre la place accordée à ces droits par le nouveau régime. C’est quelque chose que nous saluons.
Mais il faut rappeler que nous avions eu au niveau du Ministère de la Justice une structure chargée des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
L’OGDH avait participé à sa création.
Ensuite, ce fut l’Observatoire National des droits de l’homme rattaché à la primature.
Toutes ces structures n’ont pas améliorer l’état des droits de l’homme en République de Guinée.
Il manquait la volonté réelle au sommet de l’Etat.
En fait, pour qu’une structure puisse être efficiente, il faut :
C’est ce qui a manqué aux deux structures créées auparavant.
Nous espérons que ce nouveau Ministère des droits de l’homme et des libertés publiques va avoir la chance de profiter de moyens matériel et humain, ainsi que d’une volonté affirmée pour accomplir sa lourde tâche.
Ainsi les ONG de défense des droits de l’Homme font ici quelques propositions qui pourraient faciliter le respect des droits de l’Homme en République de Guinée. Elles demandent au Gouvernement :
Les signataires de la présente déclaration profitent de cette solennelle occasion pour saluer l’initiative du Ministre d’Etat à la Justice Garde des Sceaux de créer un cadre permanent de concertation entre le département et les organisations de défense des droits de l’Homme en vue de favoriser des échanges sur les meilleures pratiques à développer pour une meilleure promotion et protection des droits de l’Homme.
Nous saluons également les initiatives du nouveau Ministre des droits de l’homme et des libertés publiques notamment le projet de création d’un observatoire des manifestations et sa rencontre avec les élus locaux de Conakry pour le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Les présentes recommandations, bien que non exhaustives, ont l’avantage de jeter les bases de cette collaboration tant souhaitée par les défenseurs des droits de l’Homme et les ministères de la Justice et des droits de l’hommes. La vulgarisation et la large diffusion des instruments juridiques internationaux et nationaux auxquels la Guinée à souscrits permettront à coup sûr de favoriser le plein exercice et la jouissance des droits reconnus à tout individu. Pour ce faire, la volonté politique exprimée au sommet de l’Etat et l’indépendance réelle de la magistrature doivent être plus qu’un slogan.
Pour leur part, les ONG des droits de l’Homme s’engagent à mettre tout en œuvre pour accompagner les autorités à tous les niveaux dans leur programme d’édification d’un Etat de droit en République de Guinée. Elles se réservent cependant le droit d’observer la stricte neutralité dans leur travail de promotion, de protection et de défense des droits humains.
Conakry, le 10 Décembre 2012
LES ONG DE DEFENSE DES DH