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2012-12-17 21:51:07
Depuis l’avènement du multipartisme politique et le scrutin démocratique dans les années 1990, la Guinée, à l’image d’autres pays africains, peine à organiser des élections apaisées, transparentes et acceptables, garantes d’un Etat de droit, de bien-être sociopolitique et de développement.
La démocratie guinéenne semble avoir été conçue dans l’œuf même avec une malformation génétique incurable à priori : le multipartisme politique , né au forceps, s’est abâtardi, dès l’origine, en une foultitude de partis ethniques calqués sur la physionomie des quatre( 4) régions naturelles, d’élections continuellement remportées par le parti au pouvoir, polarisant dangereusement la société au détriment des projets de développement.
D’un scrutin à un autre, les pathologies de la démocratie guinéenne se sont envenimées crescendo, au point de déboucher ; par la profusion de violence inouïe ; d’ethnicisme sans précédent ; l’ampleur de la fraude, à la déconstruction de la société guinéenne lors de la fameuse présidentielle du 07 novembre 2010 qui a vu l’avènement d’AC au pouvoir.
Le mythe de l’entité nationale unitaire se poursuit, depuis, sur ce pire qu’on évite d’aborder. Ce qui explique que toutes les initiatives économiques (l’obtention de l’IPPTE), politiques (notamment les législatives, théoriquement annoncés pour le 12 mai 2013), Etatiques, sociales (la lutte contre l’insécurité grandissante ; la corruption ; les coupures d’eau et d’électricité ; bref le changement), paraissent frappées du saut de l’inviabilité.
Un processus électoral financé par l’Occident, lent, émaillé de contestations, de vote ethnique, de fraude, de violence tous azimuts, pour des résultats connus d’avance, les élections ont toujours eu un goût amer en Guinée, si bien qu’il ya lieu de se demander si le mieux ne serait pas de s’en passer…
D’amont en aval, le jeu politique est biaisé par le pouvoir qui accapare tous les moyens de l’Etat, et considère l’opposition politique comme instigatrice de chaos. Et « le président démocratiquement élu » s’arroge de tous les droits (y compris ceux de vie et de mort) sur ses compatriotes relégués aux oubliettes, qui plus est, taillables et corvéables à merci comme « (…) des bêtes sauvages », une fois sa mainmise sur le pouvoir assurée.
Faisant fi de son obscur programme politique, le nouveau despote du pays, pour qui veut l’admettre, se complaît, dans un système mafieux de coterie, de népotisme, de prédation des richesses nationales, confinant les populations dans une paupérisation absolue.
Mais abdiquer éventuellement aux élections au nom de l’équilibre national, ne revient pas à faire l’apologie de l’autoritarisme quel qu’il soit, avec le diktat d’un seul homme ou d’un parti unique, et l’immuabilité de sa classe politique dirigeante.
Il nous faut trouver des mécanismes d’accession, de gestion du pouvoir et de partage de nos richesses consensuels, tenant compte de notre histoire, qui attirent moins d’animosité.
Au regard de la Chine, du Ghana, et d’autres pays, il est difficile d’admettre que la démocratie soit «un luxe pour l’Afrique», ou un préalable absolu au développement, étant tout de même le modèle de gouvernance le plus approuvé.
Si cela pouvait servir, la réussite du modèle chinois enseigne que chaque société devrait être à même de créer son propre système de gouvernement correspondant à sa propre réalité, à son idiosyncrasie.
Faut-il, du fait de l’inanité du vote, de l’image négative du pays qu’il répand à l’étranger, se passer des élections en Guinée ? La question mérite d’être posée, tout au moins pour essayer de tirer les leçons du fiasco de notre démocratie.
Oury Baldé
VOS COMMENTAIRES | |
| Ly SAVANE | 17/12/2012 23:44:11 |
| Monsieur BALDET, je prépare une étude sur la fraude électorale. Mes lectures m'amènent à une première conclusion: il n'y a eu aucune élection sans fraude en Guinée depuis la période coloniale. La seconde conclusion à laquelle je suis parvenu est la suivante: toutes les fraudes ont été faites en Guinée avec la complicité des français (colonisateur et diplomates actuels). La troisième conclusion de mes lectures m'amène à dire que le type de régime politique en Guinée (régime présidentiel avec une élection à deux tours entre deux candidats) est inadapté à la réalité sociologique du pays. Enfin, il est difficile de faire la démocratie (compétition politique loyale en sollicitant le suffrage de chaque citoyen) avec des non démocrates. Pour l'essentiel, les deux communautés qui ont une culture démocratique sont les soussous d'abord, les peulhs, les kissiens et les tomas. Les malinkés et, dans une moindre mesure, les guerzés sont les moins démocratiques. La société malinké est une société communaucratique et grégaire dans laquelle le fils n'a pas d'autonomie, le jeune frère n'a pas de droit. Ils se comportent en politique comme dans la vie familiale: en groupe. Leurs cases concentriques autour du plus vieux de la plus vieille famille expriment leur culture politique: tous ensemble. Les rares démocrates chez les malinkés sont les hommes de castes (griot, forgeron et autres). Tous les autres fonctionnenent en bande. Devant le pouvoir, la société malinké est en idolatrie. Elle encense le pouvoir et vénère le fama. On ne conteste le pouvoir que lorsque celui-ci n'est pas avec un des leurs. C'est une société qui ne valorise que le pouvoir, ni le savoir ni la richesse. La seule richesse qui vaut la peine c'est celle qui provient du pouvoir politique. Ly SAVANE | |
| Camara D | 18/12/2012 01:00:21 |
| Mr Balde moi je suis daccord quand vous dites "Si cela pouvait servir, la réussite du modèle chinois enseigne que chaque société devrait être à même de créer son propre système de gouvernement correspondant à sa propre réalité, à son idiosyncrasie.".Mais proposez nous quelque chose. | |
| Alhassane | 18/12/2012 04:03:03 |
| Les Regimes presidentiels en Afrique ne favorisent en general l'alternance democratique car en Afrique tous les pouvoirs sont detenus par un seul homme qui nomme tous les membres de l'administration, tous les juges jusqu'a la cour suppreme our la cour constitutionnelle. Il(le President) peut les demetre ou les muter a n'importe quelle moment et personne ne peut valablement s'opposer a cela, donc , ces gens la sont obliges de se soumetre a la volonte du president. La Guinee doit engager des reformes pour que le pouvoir revient au peuple. Pour arriver a cette fin je propose un regime parlementaire avec une assemblee/Senat qui doit elire le futur president et approver tous les membres du gouverment et les hauts cadres de l'administration. Les juges doivent etre elus par le peuple dans chaque prefecture. L'administration doit etre a cote pour controler les actes. Si chaque Prefecture parmi les 33 prefectures de l'interieur plus les 5 communes de la capitale elisent 2 de----s/senateurs nous aurons 76 de----s qui vont elire et contoler le President ainsi il y aura l'equilibre des forces entre les quatres regions naturelles parce qu'il faudra plus de 2 region pour avoir la majorite a l'assemblee | |
| Amasadio Bah | 18/12/2012 11:40:32 |
| Faut-il supprimer les élections en Guinée? Non: d'abord c'est connu, la méthode des élections démocratiques n'est évidemment pas parfaite mais c'est le moins mauvais de tous les autres systèmes Ensuite les donneurs de leçons de démocratie comme les Français par exemple, n'ont adopté la démocratie intégrale qu'en 1962 avec le Général de Gaulle; tous ses prédécesseurs avaient été élus par les élus et non la totalité des citoyens. Ensuite le lourd analphabétisme (70% de la population guinéenne)est un obstacle de taille pour le bon fonctionnement d'une démocratie intégrale; sans oublier qu'un peuple qui n'est pas capable de financer seul ses élections n'est pas souverain Conclusions: 1)c'est la CENI qu'il faut supprimer, elle n'organisera jamais des élections correctes en Guinée 2) il faut inverser l'ordre des consultations: d'abord la base (quartiers et Crd), ensuite les sous-préfectures, ensuite les préfectures, et enfin la Nation. De cette façon, le pays pourra financer ça tout seul, et il y aura moins de contestation et plus de représentativité, wassalam | |
| Karamoko Amadou Bxl | 18/12/2012 16:37:23 |
| Avant la colonisation il y avait le système "parlementaire" en Afrique et je pense que nous ne retournons pas à la source on y va droit au péril. Toutes les élections en guinée en guinée ont été question de personne de clan pas de la guinée. Pour sauver l'Afrique de l'ethnocentrisme il faut instaurer le bipartisme, un premier ministre chef de de l’exécutif et un président arbitre de touche et le parlement comme arbitre central. | |
| Karifa | 18/12/2012 19:54:39 |
| MM Amassadjo Bah et Karamoko Amadou Bxl vous venez de clôturer ce faux débat avec des exemples démonstratives de surcroit bien merité rien ne nous fera régresser,cherchons-nous à remédier nos carences en la matière du point que nous pouvons.D'ailleurs si nous pourrions outrepasser au-dé-là de l'ethnie,l'équation guinéenne est minime elle se résolue dans un lap du temps ,alors qu'on cesse de se coucher et se réveiller nous fournir des litanies peu catholiques. Car la démocratie elle même n'est pas une doctrine parfaite. | |
| Ibrahima-Kankalabé | 18/12/2012 20:17:29 |
| Mr Ly Savané, tres intersessant ! J'espere que vous allez nous faire partatger votre travail. Pour ma part, je pense que notre malheur vient des "peres" de nos nations qui ont "singé" et plagié des systemes politiques occidentaux qui ont des origines socio-culturelles differentes des notres. Le Socialisme, Marxisme et Capiatlisme ont une histoire occidentale qui ne s'adapte pas forcément a nos réalités. Pour la Guinée, tres succintement (a développer), il aurait fallu imposer pour les partis politiques qu'ils démontrent et soient sponsorisés par au moins 10 (dix) mille adhérents inscrits sur la liste électorale par région naturelle du pays (sans référence a l'ethnie)et en plus; que tout parti ayant moins de 10%(dix)dans plus d'une région naturelle aux elections législatives ou présidentielle perdrait son agrément(je dis bien: dans plus d'une région naturelle). But: que seuls les partis a représentation réellement nationale pourront exister. Fini ainsi les partis unipersonnels et a cabine télephonique! Tout est question d'imposer des regles et lois sensées au lieu de copier les autres qui sont mentalement et culturellement différents de nous! Tout est question de bons textes, encore ! Et d'hommes et femmes instruits et integres pour que cela marche. Je suis pour le multipartisme et non pour limiter par la loi (de force) le nombre de partis :regardrez ce qui arriverait dans ce cas avec la présidentielle de 2010 entre CDD et Alifa Condé. Cela n'a pas empecher les ethno-stratégies. Les communautés se sont coalisées contre une ou d'autres, etc. Le mal serait le meme avec deux partis ou trois ! Et la encore, nous sommes mentalement enfermés dans les clivages politiques occidentaux : Droite, Gauche et Centre. Comme si en politique, il est impossible d'avoir une autre voie que celle héritée des colons! | |
| young | 18/12/2012 23:13:41 |
| on peut pa supprimer ni oublier les elections ,mais ce ke les guineens doivent comprendre c'est une malediction pour nous,car ojrdui on aplaudis pour c'est fo opposants alors que ce sont eux ki nous ont envoyé à l'abattoire dans les regimes passés donc je prefere un lion ki mange les petits animaux qu'un dinosors ki ramance tout( animaus, plantes calloux,,,,,,,,,,) sur son passage | |
| thierno lelou | 18/12/2012 23:20:31 |
| ne confondons pas élection et démocratie,les election sont indispensables à la democratie mais ne la garantissent pas,c'est juste un instrument de gouvernance; la democratie= gouvernement par la concertation qui a fait ses preuves comme moyen le plus efficace pour atteindre le bien-etre general,j'ai du mal à imaginer une démocratie sans election. Les elections ne reglent pas tout,c'est les institutions qui font un pays et c'est les hommes qui font les institutions,le malheur de la guinée vient du fait d'avoir eu une mauvaise graine à la tete du pays depuis l'independance,c'est le cercle vicieux depuis lors, c'est ce cercle qu'il faut casser pour retrouver la lumiere pour tous ! | |
| Bah Alseny | 19/12/2012 10:02:44 |
| Nous avons juste un probleme de leader pas autre choses.la democratie que nous vivons en Guinee est le fruit de l'architecture des partis politiques en 1990.IL est possible de créer des partis po qui n'auront pas pour objectifs: la défense d'une langue,d'une race, d'une ethnie,d'un ----,d'une réligion,d'un secte, d'une région,d'un groupe d'hommes organisés,ou d'une famille.Les partis de 1990 sont les résultats de 1958-1984 et nous pouvons rémonter...Nous pouvons planifier et créer une nouvelle Guinée débarasser de tous ses maux présents,il est possible de former et de transformer le guinéen,de créer l'homoguinéensus le nouveau type de Guinéen ,le nouveau type de citoyen affranchi de toues ses mentalités retrogrades pour se faire osons nous remettre en cause.La Guinée est encore vierge,c'est bien possible de developper cette partie du monde.Femmes et Hommes organisons-nous, c'est possible.MERCI. | |