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Lettre ouverte au ministre de la justice guinéenne


 

2013-01-08 18:42:18

Me Christian Sow, Garde de Sceaux
Ministre de la Justice
S/C Ambassade de la Guinée 
2112 Leroy Place
Washington DC, 2008

Washington, DC le 7 Janvier 2013,
 
Monsieur le ministre,
 
                L’assassinat de la directrice nationale du trésor de la Guinée a soulevé l’indignation de l’opinion nationale et internationale,  non seulement du fait de l’horreur de l’acte, mais aussi du climat de violences impunies contre les femmes dans notre pays. Des mois après cet assassinat, Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon note avec consternation que le département de la justice que vous dirigez observe un mutisme qui donne libre cours à des enquêtes fantaisistes.  Le laisser-aller dont sont empreintes ces enquêtes révèle l’impotence dans laquelle la justice guinéenne a été réduite face à des forces de sécurité au passé marqué par des violations flagrantes de droit de l’homme.
 
                L’année dernière, notre association vous avait interpellé publiquement et engagé une campagne sur le kidnapping, par les forces de sécurité de la présidence, de Mr. Ibrahima Kane Diallo. Vous n’aviez pas jugé utile de répondre à notre lettre. Aux personnes qui furent mandatées pour vous approcher à propos de cette disparition vous aviez répondu ne pas être au courant de l’arrestation de Mr Diallo. Toutefois, après des mois d’emprisonnement isolé et sans chefs d’accusation,  Mr. Diallo  fut libéré par le président  Alpha Condé dont vous êtes le ministre d’état  et de surcroît l’ami.

       Pour des raisons qui vous sont personnelles, et en violation de la mission qui vous est confiée en tant que garde-de-sceaux de la république, vous avez  choisi de jouer un rôle de figurant face à la détérioration de la sécurité des citoyens. Ce faisant vous contribuez à réduire la justice guinéenne à un rôle de travesti.  Cette attitude - irresponsable de quelque façon qu’on l’envisage – contribue à la psychose que les forces de sécurité sèment dans  le pays. Dans une affaire aussi grave que l’assassinat d’un haut fonctionnaire en charge du trésor national, votre département devrait être au front pour la conduite d’une instruction judiciaire rigoureuse et  sereine. Mais on note plutôt des enquêtes multiples  de la gendarmerie et de la police, sans justification technique et sans aucune supervision judiciaire. En outre, la  manipulation de l’émotion qui consiste à nommer le mari de la victime à un poste ministériel constitue une subtile et dangereuse entrave à la justice. C’est   une insulte à la morale  que de faire croire qu’une position de ministre est une sinécure qui peut compenser la perte d’une compagne. Il vous aura échappé de vous opposer à ce flagrant conflit d’intérêt qui  vide la justice de son contenu en réduisant un crime contre un haut fonctionnaire de l’état à une affaire qu’on pourrait régler à l'amiable par des compensations familiales.

                Les versions contradictoires sur les circonstances du crime renforcent l’idée d’une diversion faite pour couvrir les vrais motifs de l’assassinat. La tentative regrettable  de réduire ce crime à un banal fait divers dû à une balle perdue par des malfrats, qui comme par hasard sont tous peuls, constitue en soi une source de sérieuse préoccupation. Quand cette théorie est avancée pour contredire et nier les témoignages de présence d’agents des forces de sécurité autour de la voiture de la victime lors de son assassinat, comme le  mentionnent les premiers rapports, il y a lieu de se poser des questions sur l’avenir de la justice en Guinée.
                Votre silence est sujet à toutes les interprétations : à la peur ou à la complicité dans la couverture d’un assassinat politique commandité par des personnes bien placées dans le gouvernement.  Plus tragiquement, il est une faillite pure et simple de votre mission qui, encore une fois, aura encouragé la violation des droits de citoyens. Le lynchage verbal public  des accusés est  une atteinte à la constitution qui garantit l’innocence présumée de tous les citoyens à travers le secret de l’instruction judiciaire.  Ce lynchage  rappelle de tristes pratiques de «justice populaire», avec leurs cortèges d’abus et de règlement de comptes, qui ont marqué l’histoire de la Guinée. Inutile de dire que ces pratiques ne font rien pour changer l’image d’une justice aux ordres  dont vous étiez un des pourfendeurs  dans le passé. Elles contribueront plutôt à renforcer le label infamant de pays de l’impunité qu’est devenue la Guinée.

          Néanmoins, Pottal-Fii-Bhantal Foutah-Djallon a pris l’initiative de vous rappeler qu’il est de votre devoir de prendre des mesures pour répondre aux  questions que l’opinion nationale et internationale se posent  sur cet assassinat et de diligenter des enquêtes sérieuses pour neutraliser les personnes impliquées. Il y va  de l’avenir de la Guinée où l'impunité chronique et les entraves à la justice préparent inexorablement des affrontements civils.  Il y va aussi  de votre personne qui sera tenue de répondre de tous les abus que les citoyens auront endurés durant votre présence à la tête du ministère de la justice de la Guinée.

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LA COMMISSION CENTRALE DE POTTAL-FII-BHANTAL FOUTAH-DJALLON


 

3 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

Thierno Diallo08/01/2013 20:41:42
Laissez ces communiqués et soyez concret comme ces parents centre africains:
http://www.teddyseguin.com/dotclear/index.php?2010/02/11/17-les-archers-peuls-de-centrafrique
Bamadou SANOGO29/01/2013 07:20:45
En tout cas tout le monde entier suit cette affaire de faux coup d'Etat aux assises de Conakry il manque de preuves matérielles pour assoir l'accusation. On a beau avoir de bons avocats à la défense, mais malheureusement avec un procureur corrompu visiblement. Puisqu'il est toujours accroché à des faux procès verbaux montés par des autorités militaires de hauts rangs. Des PV qui ne sauraient être des preuves.Seulement l'on comprend aisément qu'on s'en prend à la communauté peulh.
toure ibrahima sory13/02/2013 13:53:43
Arreter des propos raciaux, ce pays nous appartient tous. Vous cherchez toujours a semer la merdre ds ce pays,