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Révolte des soldats :

des guinéens en parlent…


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Près d’une semaine, les armes crépitaient à Conakry et dans certaines régions du pays. Notamment à Kindia, Faranah et N’Zérékoré.

Au-delà des dégâts matériels importants, des morts d’hommes et autres rackets auxquelles se sont livrés les soldats en colère, les guinéens se voient  de plus en plus abandonnés à eux même.
Comment comprendre qu’une armée qui réclame des augmentations salariales s’en prennent aux innocentes personnes et à leurs biens ?

Les populations sont très déçues du comportement des hommes  qui ont la charge de les protéger. « Personne ne peut s’opposer à ce que les militaires revendiquent. Mais, là où le bas blesse, c’est que, en manifestant leur colère, ils savent pertinemment à qui ils doivent s’adresser. Mais, très malheureusement, c’est  toujours les populations civiles et leurs biens qui sont  visées. Alors qu’elle n’est ni de près, ni de loin mêlée à la gestion des affaires de la nation. Donc, moi, au sortir de cette crise, mon souhait est qu’on essaye de sensibiliser les soldats. Une sensibilisation qui sera essentiellement axée sur leur rôle. Je m’excuse si j’ai exagéré, puisqu’à priori, on estime que la première chose qu’un soldat doit connaître c’est son rôle. Mais, j’estime aussi que l’acte de beaucoup d’entre eux révèle une certaine méconnaissance de leur rôle… », constate M. Tchatchol  Bangoura, professeur de philosophie. 
Pour Ibrahima Bah, administrateur civil, l’armée  guinéenne souffrirait plutôt d’un manque de formation civique : « La racine du mal qui affecte notre armée remonte au niveau du recrutement. En effet, dans la tête du guinéen, les qualités d’un soldat c’est  d’être gros, grand et bête. C’est pourquoi, dans les familles, dès qu’un enfant se départit du sérieux et devient vagabond, raquetteur, on dit de l’envoyer dans l’armée. Comme si cette entité est un réceptacle des rejetons de la société.  Voilà donc où cela nous mène ! Le bon soldat, se reconnaît d’abord par sa moralité. Une simple revendication salariale ne doit pas amener le soldat à s’en prendre aux populations et à leurs biens  ». 

Ibrahima Bah sait de quoi il parle. Son frère venu faire un séjour au bercail, s’est vu dépossédé le mercredi 28 mai dernier de sa voiture Mercedes alors qu’il revenait de son chantier à Kountia, près de Coyah. 

Plus loin, Saliou Mansaré,  gérant de station, dit avoir reconnu lors de l’attaque de la station d’essence de Enco 5, des  bandits qu’il connaissait déjà dans les quartiers. Un témoignage qui renforce les rumeurs qui courent au tour de ‘’la porosité de l’armée guinéenne.’’  Les mêmes explications sont avancées à propos de ceux qui ont éventré 12 boutiques au marché de Matoto. Pour beaucoup de témoins, certes des militaires y étaient, mais parmi eux, il y avait aussi de bandits.
A la question de savoir pourquoi ces militaires acceptent-ils de collaborer avec les bandits, voici la réponse de certaines victimes : « généralement, les militaires se font épaulés par ces voleurs qualifiés à cause de leur non maîtrise de certaine technique. Par exemple comment défoncer rapidement une porte, comment casser un mur ou encore comment pénétrer  dans un magasin à partir du toit ? ».

Ces quelques témoignages ne lèvent qu’un petit pan du voile qui couvre l’armée guinéenne. Car, pour beaucoup encore et depuis un certain temps, l’ethnocentrisme et autres pratiques à odeur régionalistes affectent la grande muette.

Pour la majorité des Guinéens, les vrais responsables de ces dérives ne sont autres que les Généraux dont la troupe demande le départ aujourd’hui, le Président Conté en tête. Parce qu’ils n’ont jamais été de bons exemples.

Lamine Soumah


 

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VOS COMMENTAIRES

Mm bah hourairatou01/06/2008 10:26:15
pour quois setonner des actes de notre (brave et vaillante) armée guineene alors quelle reflete point par point sont president de la republique...a part que lui il fait le malin...