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Ma Vision Face à la Situation générale en Guinée ces derniers Temps


2013-01-18 12:16:33

Il faut d’abord dire, que la situation générale de la Guinée est Inquiétante. Plus de cinquante ans après l’accession du pays à l’indépendance, et deux ans des élections Présidentielles on a l’impression que la Guinée sort d’une guerre qui a durée des décennies:

Un tissus sociale divisé( une réconciliation nationale ratée), une situation précaire des fonctionnaires, des Industries en voie de fermeture, des Projets miniers en cours de Blocage, une Assemblée nationale inexistante, une transition inachevée, un gouvernement qui ne fonctionne pas correctement, un Président de la République et son Gouvernement qui ne communiquent pas (faits et constat reconnus par le Président de la République), des violations de droits et des lois , des contrats négociés à la marge des représentants du citoyen guinéen, une insécurité et une injustice notoire, des discours  d’exclusion, de l'ethno- stratégie,...j'en passe!

Et pourtant, le principe de la démocratie est simple, le pouvoir d'un dirigeant ne serait qu'un pouvoir délégué par le peuple souverain, dans ce sens, le pouvoir devrait prendre l'apparence d'un pouvoir sans domination et sans écrasement du peuple souverain.

Le respect de la reconnaissance du peuple souverain est un des fondements des libertés du peuple. Le pouvoir perd ainsi son autonomie et dépend du peuple. En finalité, l'avantage de la démocratie permet une compétition démocratique et honnête, dont il sortira de l'émulation (vote) due au peuple souverain, le moins mauvais qui assurera la destinée nationale

    Le problème fondamental de notre pays c'est vrais, est et demeure surtout économique. En effet, sans perdre de vue l’importance des autres aspects de la vie du pays comme le politique, le social, le culturel, etc. Je pense que l’origine des conflits potentiels et apparents que nous observons est surtout une manque de volonté politique de la part des autorités actuelles qui ne profite a personne; d'où la nécessité pour tous les guinéens de travailler à l'unification et au développement économique du pays.

   Il y a des conditions de base à remplir pour ce développement économique. Entre autres, nous pouvons citer le minimum de cohésion sociale, une mise en place des Institutions solides et crédibles, le minimum de stabilité macroéconomique en termes d'inflation, de solde budgétaire et de solde extérieur, l’environnement juridique favorable, la restructuration financière par l'élaboration et la mise en œuvre d'une politique monétaire avec une banque centrale capable de gérer la monnaie et de réguler l'économie, et les conditions minimales d'allocation efficace de ressources.

Tout guinéen soucieux de l’avenir de la Guinée devrait travailler aujourd’hui à attirer l'attention sur une vraie réconciliation nationale et/ou générer les ressources financières dont l’économie a besoin. Ces ressources sont des capitaux privés nationaux, privés étrangers et publics. Une fois investis, ces capitaux sont susceptibles d’accroître la production des biens et services dans le pays.

Les économistes eux, nous enseignent que deux facteurs principaux influencent la croissance: les investissements et les exportations.

Comment investir?

Il faut bien entendu investir de façon efficiente, c’est-à-dire que les investissements doivent se traduire en terme réel par une augmentation du Produit intérieur brut (PIB). Il faut donc éviter des investissements de spéculation ou de prestige sans impact sur la croissance.

Où investir ?

Dans des secteurs d’activités productives et dans les ressources humaines. L’Etat et le secteur privé doivent investir dans les ressources humaines, c’est à dire la santé et l’éducation. Les investissements dans les ressources humaines font partie des investissements productifs, car ce sont des Hommes et Femmes en bonne santé et bien formés qui créent les richesses. Notre système éducatif et de Gouvernance ont besoin de réformes sérieuses.

La Guinée ne manque pas d’enseignants et d'autres cadres compétents. La Guinée manque de volonté politique et de gouvernance efficace pouvant permettre de mettre les enseignants et autres fonctionnaires de l'Etat dans les conditions minimales de travail.

Par ailleurs, on a beau chanté nos ressources naturelles comme nous l’avons toujours fait depuis l’indépendance, elles ne nous seront pas d’une grande utilité si nous ne nous dotons pas d’énergie suffisante pour leur transformation. Nous avons raté de grandes opportunités durant ces dernières années quand on mobilisait les guinéens pour les différents projets en demandant des cotisations. Ce fut un échec parce qu’on a plutôt fait appel au cœur des guinéens qu’à leur tête. On ne demande pas la charité d’une population pour produire un bien commercialisable. Il aurait fallu mettre à la disposition des guinéens, de tous les guinéens, y compris ceux de l’étranger, des produits financiers (bons, actions ou obligations, appelons-les comme on veut) dans lesquels ils auraient investis leurs épargnes avec l’espoir de récolter au bout quelques fruits pour eux-mêmes ou pour leurs enfants et petits-enfants. Plus important encore, leurs épargnes auraient ainsi été utilisées pour doter le pays d’une ressource indispensable à son développement. On peut le faire dans tous les secteurs importants de notre économie (l’eau, les infrastructures de communication, etc.). Nos gouvernants actuels pouvaient faire autant.

Mais cela présuppose la mise en place d’un cadre juridique, institutionnelle et réglementaire garantissant la propriété privé, favorisant l’activité économique et attirant des capitaux privés étrangers et nationaux.

   Le secteur privé doit investir dans les secteurs industriel (notamment la production manufacturière), agro-industriel (produits agro-industriels alimentaires et vivriers) et minier (produits miniers élaborés à haute valeur ajoutée). Ces investissements doivent viser à stimuler les exportations, qui doivent rester le pilier de la croissance. Ils doivent se traduire par un accroissement de l’emploi et le progrès social, qui sont intimement liés au développement du secteur privé autant qu’à l’amélioration du fonctionnement de l’Etat. L’accroissement de l’emploi réduira le chômage et permettra aux guinéens de disposer des revenus, ce qui relancera la consommation intérieure.

   Après cinquante ans et plus, d’efforts plus ou moins infructueux d’attirer les aides et les dettes extérieures pour construire notre pays sans que celles-ci n’aient laissé une trace perceptible, le temps est venu de faire face, avec esprit de responsabilité, aux défis de notre développement.

Albert Einstein ne disait-il pas que « La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent. » Si nous n’excluons pas les efforts d’attirer les aides provenant d’autres cieux, nous devons attendre désormais plus de nous-mêmes, de notre rejet de la médiocrité, de notre standard élevé d’intégrité et d’accomplissement, et d’un encouragement de notre part de la culture d’efforts personnels et de progrès.

Un dernier point non moins important que je voulais souligner est l’indispensable nécessité pour nous les guinéens, tous les guinéens, d’avoir le courage de s’attaquer à la racine d’un des maux dont souffre notre pays : la tyrannie du pouvoir exécutif, « l’inutilité » apparente des pouvoirs législatif et judiciaire, et la centralisation à outrance du pouvoir. Il faut s’attaquer à la refonte totale de la constitution et des lois organiques en vue de permettre l’équilibre réel entre les trois pouvoirs et, par la mise en place d’un système de « Check and Balance », empêcher la tyrannie d’un pouvoir et l’inutilité des autres, comme c’est le cas jusqu'à maintenant.

Dans la même lancé, il convient aussi et surtout de donner l’initiative et la responsabilité aux structures décentralisées du pays.

«Plus les contributions publiques s'éloignent de leur source, plus elles sont onéreuses. » disait Rousseau. Ce n'est donc pas à partir de la quantité des impositions qu'il faut mesurer la charge des particuliers, mais à partir de la distance que devront faire les contributions pour retourner dans les mains dont elles sont sorties. Si la circulation est prompte et bien établie, qu'on paye peu ou beaucoup en taxes ou en impôts, il n'importe; l’économie est capable de tourner. Au contraire, quelque peu que les populations donnent, si ce peu ne leur revient plus, sous une forme ou une autre, en donnant toujours, elles finissent par s'épuiser. Il ressort de cette analyse que plus la distance du peuple au gouvernement augmente, et plus les tributs deviennent onéreux. Or c'est dans un contexte de décentralisation réelle que cette distance peut être écourtée. Qu'est-ce que le haut-commissariat pour la modernisation de l'Etat nous a offert depuis sa création?

Il est temps pour que le Président Alpha Condé et son gouvernement comprennent que dans un pays il ne peut pas avoir de développement sans Cohésion Sociale et que dans un régime démocratique, les Institutions doivent exister et fonctionner comme telles.

Merci de votre attention et Bonne Et Heureuse Année 2013.

Que Dieu Sauve notre Guinée: AMEN!!

AMADOU SAIKOU DIALLO

Depuis Washington DC.


diallongr@yahoo.com


 

3 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

Camara D.18/01/2013 14:05:25
Votre analyse est pertinente je l'ai lu au moins 3 fois.
Mais je voudrais apporter quelques precisions:
1. Les industries ne sont pas en voie de disparution/fermeture elles n'existent seulement pas.Le peu qui etait a disparu a l'arrive de Conte.
2. Vous parler d'investissement, qui investit dans un pays en balotage entre guerre et mauvaise gouvernance? Les investissement ne font pas dans la bouche.Le guineen n'a pas acces au credit dailleur ce fait est plus que normal, en Guinee personne ne sait qui habite ou, le pays est tellement bien organise qu'il n'ya pas d'adresse en Guinee.
La Guinee est tellement desordonnee qu'on ne peut la comparer qu'aux pays en Guerre.
Apres 50 ans d'independance, on peut pas dire qu'on habite telle ville, tel rue, tel numero de batiment, qu'on a telle boite postale.
c'est pour dire qu'il ya de petits details qui ont de grand resultats, mais ces petits details n'interessent point les dirigents de la Guinee.
Quelle malediction pour les Guineens d'avoir comme president les gens comme Conte, comme Dadis, comme Sekou, comme Alpha!!!!
Me.Camara18/01/2013 14:38:26
Encore un autre coup de force,d'une plume que de lire.Merci a l'equipe deGuineepresse de faire lire cette belle plume de Mr.A.Saikou a qui je dis grand merci.Le Prof.Alpha doit necessaire lire entre ces lignes plaines de vérité et surtout pas seulement des critiques et constat de la part de l'auteur mais aussi des propositions et suggestions.Nous avons enormement besoin de ce genre de Citoyens Politiciens pour une generation citoyenne responsable demain.Je suis au régres de constater que Mr.Abe Sylla n'a pas pu capitaliser des cadres comme vous.En vous lisant et vous ecoutant a travers les radio en ligne dans le debat politique et en me referant devotre passé de l'université,de la lutte politique dans les annees 1992_1993 juskan 1998de votre passage au RNP de Dr.Aliou 5je suis confiant ke vous etes parmis cette generation des politiciens dont notre pays et notre continent a besoin.Je doit le preciser aussi vous etes le seul politicien dont je vois dansses ecris qui touche tous les domaines,vous ecriver sur le politics,le social,le developpement,l economie,l,environnement,la diomatie,la justice,etc...en un mot sur tous les aspects de la vie d'une societe et surtout vous faite des propositions,Vraiment bravos Mr. Diallo et merci a O'equipe de Guineepresse.Que Dieu benice tous.Amen.
Amara Lamine Bangoura19/01/2013 23:41:03
Une analyse assez elaboree appuyees par des propositions pour l'instauration de la bonne gouvernance afin d'edifier un etat de drot,un modele de democratie progressiste conforme a nos systemes de valeurs.L'observation de la separation des pouvoirs a travers la methode ' chech and balance' permet de prevenir les abus d'autorite en procedant a un equilibrage et une definition des attributs et prerogatives de chaque branche.Une dynamique pareille constitue un gigantesque garde-fou,un enorme rampart contre d'eventuelles derives dictatoriales et autres conflits de role.Bien a tous!ALB-Birmingham,AL-USA>