2013-01-25 22:51:25
La Guinée serait-elle le pays des occasions manquées ?
Après avoir été le premier territoire indépendant de l’Empire colonial français en Afrique noire le 2 octobre 1958, notre pays naturellement doté d’énormes potentialités économiques, était promis à un brillant avenir. Malheureusement, sous la férule du Parti-Etat du PDG, notre peuple a enduré l’une des dictatures les plus sanguinaires du monde moderne. Aucune des promesses de bien être, de liberté, de cohésion sociale, dans une nouvelle nation, n’ont été tenues. Après le coup d’Etat du 3 avril 1984 et la chute de la dictature, tous les espoirs étaient permis. Mais là aussi, la fête a été de courte durée. Un libéralisme sauvage a remplacé le capitalisme d’Etat totalitaire de la Première République. Une «démocratie sans alternance » a remplacé le parti unique. La violence politique a continué à faire des centaines de morts, des jeunes pour la plupart. A la disparition du Général Lansana Conté en 2008, cinquante ans après l’indépendance, la Guinée, devenue un narco-Etat, figurait parmi les pays les plus pauvres et les plus corrompus d’Afrique et de toute la planète, avec une population qui croupit dans la misère, les maladies sans soins, le chômage, la faim ou la malnutrition et l’avenir bouché.
Malgré la tenue d’élections chaotiques sur fond de violences et de fortes tensions communautaires, de nouveau, l’espoir était permis. En approfondissant la démocratie et en ressoudant le tissu communautaire sérieusement mis à mal, le nouveau pouvoir civil élu, soutenu par toute la communauté africaine et internationale, était en mesure de relever les innombrables défis auxquels faisait face le pays pour retrouver enfin le chemin de l’unité et du progrès économique et social, au bénéfice de ses populations meurtries. Plus de deux ans après l’accession au pouvoir de la coalition RPG-Arc en ciel, en l’absence de tout débat national sérieux sur le bilan du nouveau pouvoir, l’opposition guinéenne a le devoir de présenter un tableau objectif de la situation de la République et de tracer des perspectives claires pour sortir de cette crise qui n’a que trop duré.
Sachant que toute politique d’Etat doit être jugée aux résultats concrets pour la grande majorité de la population et pour la société guinéenne dans son ensemble, ce débat doit nous permettre de répondre clairement aux interrogations suivantes :
- Les populations guinéennes, particulièrement celle des milieux les plus défavorisés, vit-t-elle mieux aujourd’hui qu’avant, en terme d’emploi, de nourriture, de logement, de soins, de commodités de la vie quotidienne, etc. ?
- La Guinée fait-t-elle bon vivre, mieux qu’avant ?
- Les Guinéens se sentent-t-ils mieux sécurisés et protégés qu’avant ?
- La justice est-t-elle plus impartiale et plus équitable qu’avant pour les simples citoyens ?
- L’Etat de droit est-t-il une réalité plus tangible qu’avant ?
- L’Administration est-t-elle mieux au service des citoyens qu’avant ?
- Le peuple de Guinée est-t-il plus uni et plus fraternel qu’avant ?
- La jeunesse est-t-elle mieux formée, mieux éduquée et mieux armée pour prendre son destin en main ?
- Les richesses naturelles et l’avenir des générations présentes et futures sont-ils mieux préservés qu’avant ?
Pour répondre objectivement à toutes ces questions intéressant au plus haut point l’avenir du pays, le FDP coalition d’opposition, a fait appel à des spécialistes indépendants pour la plupart, afin d’en débattre. Pour animer les débats, nous avons fait appel aux experts suivants :
- Docteur Amadou Bano BARRY, Professeur des universités, pour les questions d’éducation ;
- M. Bachir Sylla, économiste, journaliste ;
- M. Akoumba DIALLO, économiste, journaliste spécialisé des questions minières ;
- Dr Abdoulaye Korsé BALDE Chirurgien, Professeur d’université ;
- M. Ougna Elie Camara, journaliste spécialisé dans les questions économiques.
Après la clôture de ces débats, un document final de synthèse des travaux sera présenté et mis à la disposition du public intéressé.
Pour le FDP
Le Coordinateur
Mamadou BAH Baadiko

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