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| Ansoumane Doré |
*** Mahmoud Bah . - Guinée :1958-2008,
Sortir du ghetto, 190 p. , Paris, Editions Menaibuc, 2008
Militant très actif de l'opposition au régime dictatorial des années 70 et l'un des animateurs de l'organe du Regroupement des guinéens de l'Extérieur (RGE), "Perspectives Nouvelles", M. B. s'était rendu en Guinée à la fin des années 70, quand il fut arrêté sur dénonciationdès qu'il eut mis pieds sur le sol de Guinée et conduit au Camp Boiro où il fut détenu jusqu'en 1984. Malade, il revint en France, se soigner et reprendre après son métier de professeur de math-sciences.
Courageusement, il se remit à écrire et publia aux Editions L'Harmanttan un intéressant essai sur "Construire la Guinée après Sékou Touré" (1991).
Son deuxième essai qui l'objet de ces quelques lignes traite de la question que se posent tous les guinéens: comment sortir du ghetto dans lequel est enfermé le pays depuis 1958? A travers ce livre M. B. analyse les problèmes pour l'immédiat et pour l'avenir après avoir esquissé les racines du mal guinéen-africain.
Langues, alphabétisation, culture , formation de la jeunesse , formation civique et citoyenne et enfin la prise à bras-le-corps du développement économique , social et humain constituent les axes de ce livre riche.
M. B. a fait un effort remarquable de synthèse des problèmes analysés
. On peut seulement regretter , sans tomber dans le fétichisme des chiffres , qu'à propos d'aussi vastes questions quelques chiffres-indicateurs n'aient pas été donnés d'autant plus qu'est posée à la fin de l'ouvrage la question : "Que sera la Guinée en 2010, en 2020, en 2030?" Cette absence de chiffres n'enlève , toutefois, rien à la valeur des réflexions soulevées.
***Alpha-Mohamed Loppé Sow. - Ethnies et sociétés islamiques en Afrique,un paradoxe? Le cas du Fuuta Dyalöö guinéen du XVIe au XXe siècles? 249 P. ,Paris, L'Harmattan,2007.
Docteur en histoire, A.M. L.S est chercheur-enseignant, spécialiste de l'histoire du Fuuta et des ethnies en Afrique.Il est co-auteur de Les ethnies ont une histoire, de l'Alternance politique en Guinée après les présidentielles de décembre 2003 et auteur de La Guinée de Sékou Touré à Lansana Conté,Continuité ou Ruptures?
On apprend beaucoup à la lecture de la recherche d'A.M.L.S. car le fait ethnique est une réalité non seulement en Guinée mais dans toute l'Afrique où la formation des Etas-Nations a parfois du mal intégrer cette question.Dans le vaste domaine des sciences de l'homme , l'ethnologie ( non plus à la mode d'un Lévy-Bruhl établissant une opposition fondamentale entre mentalité primitive et mentalité moderne) est un secteur de recherche des plus fécond pour la mutuelle connaissance des ethnies composant un même Etat-Nation mais aussi pour les acteurs politiques en charges de ces Etats. En effet, l'interrogation de base de l'ouvrage d'A.M.L.S. est: "Est-il concevable que l'Africain d'aujourd'hui s'identifie dans des valeurs humaines et intellectuelles ouvertes qui transcendent son appartenance ethnique? Ou alors cette appartenance est-elle désormais pour lui une prison quasi définitive dont il est obligé de s'accommoder faute de trouver une piste nouvelle , sécurisante d'ouverture vers l' autre? C'est au travers de ces questions que se trouve posée la problématique de la construction d'Etats modernes :la digue ethnique. Encore faut-il connaître ce qu'est l'ethnie . A.M.L.S. pose la question de sa définition et du comment le polythéisme d'avant le XVIIe siècle qui donnait une explication du monde africain s'est vu profondément bouleversé par l'implantation effective de l'Islam dans le Fuuta Dyalöö guinéen par exemple qui est le centre de cette recherche du XVIe au XXe siècle et où se sont constituées des "traditions politiques".
Lauteur veut ,à travers cet ouvrage , pousser les élites africaines à la réflexion , quand par delà, la situation spécifique du Fuuta Dyalöö, il écrit: "La plus grande infirmité des élites africaines aujourd'hui demeure la mentalité issue de leurs traditions politiques vis-à-vis desquelles, elles ne font preuve d'aucun discernement.Cependant,et c'est là mon souhait le plus ardent, elles feront acte de responsabilité ...si elles répondaient favorablement à l'appel de la nécessité de remettre en question ces traditions politiques inopérantes, déresponsabilisantes, archaïques et immobilisantes. Car elles font du responsable africain, en ces temps féconds où chacun se saigne pour mieux faire vivre son peuple,un simple cheveu dans la soupe".
*** Maurice Jeanjean. - Vigne et vin en Languedoc-Roussillon , L'histoire de la famille Jeanjean 1850-2006, 2007.