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Il fallait que tout change pour que rien ne change2013-02-23 13:46:02 Par définition le changement indique le passage d'un état à un autre. Il peut être porteur, d'espoir ou d’angoisse. Depuis plus un demi-siècle les Guinéens attendent cet espoir. A force d’espérer, cette attente s’est transformée en résignation avec comme refuge l’indifférence et la fatalité. De changement, on en parle, on en rêve en Guinée. Mais personne ne l'a vu, en jouir encore moins. Chacun y va de son commentaire et de son interprétation sur les raisons de cette situation. Le premier changement de l’ère moderne a été claironné par les colons qui s’avéra être un prétexte pour occuper le pays et en piller les ressources. Le deuxième changement, lui a été Promis à l’époque colonial par des Guinéens partisans de l’indépendance. Finalement, ce deuxième changement qui n’était qu’un slogan est plutôt venu des Guinéens eux-mêmes et non pas de ceux la qui se présentaient comme des patriotes pour l’indépendance. En votant le non au référendum du 28 Septembre 1958, les Guinéens avaient scellé le sort de la colonisation et entériné le changement. Mais, plutôt que de changement, on leur a servi une illusion appelée `` révolution ``avec comme idéal un communisme couvert d’un manteau de slogans sous lequel s’est construite une des dictatures les plus sanglante du continent. Gagner du temps et être dans l’aire du temps semblait être la seule préoccupation de ceux la mêmes qui quelques années plutôt avaient fait du changement leur cheval de bataille contre la France coloniale. Comme pour dire qu’il fallait que tout change pour que rien ne change. Une fois maitre des lieux, à la place de leurs promesses fantaisistes, ils feront pires que le colon. Pendant vingt six ans les Guinéens subiront les affres de leur révolution. En votant massivement le non, les Guinéens eux, leur ont généreusement ouvert la voie du changement qu’ils prétendaient vouloir. En retour, eux, ces pseudos patriotes, leur ont imposé leur révolution avec son corollaire d’abus et d’injustice. Ils ont semé la terreur, confisquer le pouvoir et dénaturé le changement si courageusement acquis par les Guinéens. A court d’idées et mal préparé à ce changement ils ont asservi au lieu de servir. Délations et arrestations arbitraires couplés de faux complots avaient fini par transformer leur pseudo changement en monstre. Petit à petit leur changement qui avait suscité tant d’espoir c’est muer en cauchemar pour de nombreux Guinéens. Avec cette situation il ne restait plus que deux options : rester et subir ou l’exile. Pour ceux qui sont resté le changement sera rude et mortel au sinistre Camp Boiro. Pour ceux qui ont pris la route incertaine de l’exile, le changement sera plus long à attendre. Avec dignité et résignation et, en donnant du temps au temps ce qui devait arriver arriva, la fin de la révolution. Comme toute œuvre humaine, elle venait d’atteindre ses limites, son apogée avec la mort du« stratège ». A l’effondrement du régime l’armée s’empara du pouvoir pour dira-t-elle éviter un bain de sang et redresser le pays. Revoici les guinéens encore une fois à la merci du changement, le troisième après la colonisation et la révolution. La fin de la « Révolution » et l’avènement du Comite Militaire de Redressement National suscita beaucoup de joie pour les rescapes et leur famille, mais, aussi beaucoup de peine pour les familles des victimes et disparus. Ce changement de régime provoqua un nouvel espoir et entraina un retour massif des exilés. Peine perdu, les nouveaux maitres de Conakry n’étaient pas prêts pour le changement qu’ils ont prôné à leur prise de pouvoir aux Guinéens. Né sur les cendres et nourri à la sève de cette révolution, le CMRN avec son redressement et, sa horde kaki en guenille, va se retrouver confrontée à elle-même avec des règlements de comptes sanglants. Cette période fut pour nombre d’observateurs le début de la déconfiture de l’armée Guinéenne. La grande muette venait de gouter aux délices du pouvoir. Pour rien au monde elle n’abandonnera ces plaisirs pour retourner dans les casernes. Roulant en berline et 4X4 flambant neuf, cette horde en kaki était plus préoccupée à se remplir les poches qu’à aider les Guinéens à accéder au changement ou instaurer la démocratie tant souhaité. En 1990, sous la pression de la conjoncture internationale, les Occidentaux, vont sommés les pays en voie de développement à s’ouvrir à la démocratie sous peine de se voir couper l’aide. Plutôt que de parler de rectification ou de changement, et prenant la balle au rebond la junte se jeta la mort dans l’âme dans le multipartisme qu’elle appellera la démocratie a la Guinéenne avec comme ambition de rester au pouvoir. La aussi rien ne change, sauf que le kaki et ses galons seront ranger pour les costumes et le Bazin brodé. Le CMRN aussi va changer de nom et s’appeler P.U.P. Il (PUP) organisera deux mascarades électorales qui finissent par convaincre les Guinéens que le binôme CMNR PUP n’était pas disposer à faire du redressement encore moins à prendre le train du changement ou aider à l’instauration de la démocratie comme ils le prétendaient à leur prise de pouvoir. Ce constat amère fait, les Guinéens prendrons leurs responsabilités ce qui provoquera les soulèvements de 2006 et 2007.Ces soulèvements entraineront des centaines de morts et un nombre inconnu de disparu. Ces morts et disparu de 2006 et 2007dont personne ne parle comme si leur mort était justifier sont le prix du changement payé par les Guinéens et la Guinée au bord de l’explosion.
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