URL: http://www.guineepresse.info/index.php?aid=11731



Guinée : les leaders de l’opposition convoqués en justice le 14 mars 2013


2013-03-11 02:46:07

Suite à la manifestation autorisée du 27 février 2013, le parti au pouvoir (RPG) a mobilisé ses loubards, avec l’appui des forces de l’ordre, pour faire des descentes punitives dans les marchés et dans les "quartiers peuls" de la capitale Conakry. Bilan : une dizaine de morts et plus de 100 milliards de FG de dégât matériel (Lire 1, 2, 3).

Au moment où l’opposition recule sans aucun geste de la part du pouvoir autre que l’offre d’un nouveau semblant de dialogue présidé par le PM figurant Saïd Fofana, le régime augmente la pression sur l’opposition : les leaders de l’opposition doivent comparaitre le jeudi 14 mars devant le tribunal de Dixinn. Chefs des délits entre autres peut-on lire dans le document judiciaire :

Attroupements, défilés et cortèges armés sur la voie publique, coups et blessures volontaires, outrages envers les dépositaires de la force publique, dommages à la propriété privée, manifestations en bande, entrave à l’exercice des droits et des libertés individuelles et les fonctions de maintien de l’ordre, destructions et dégradations d’édifices publics ou installations publiques ou privées, pour lesquels ils sont poursuivis par le Ministère public, faits prévus et punis par les articles 110, 118, 119, 121, 295, 520 alinéa 3, 231 du code pénal et la loi L/N°092/011/CTRN du 08 mai 1992 portant sur la répression de certaines formes de violences.

Eh bien ! Des leaders de partis politiques poursuivis pour attroupements, défilés et cortège … alors que la manifestation en question a été autorisée et qui doivent être punis en vertu de la loi L/N°092/011/CTRN du 08 mai 1992 ! Il s’agit là de la loi anti-casseurs que Lansana Conté avait élaborée pour réprimer le RPG et l’UNR qualifiés de l’opposition radicale à l’époque ! Cette loi, il faut le noter, avait été catégoriquement dénoncée et rejetée par le parti d’Alpha Condé qui a juré ne jamais la reconnaitre en Guinée.

Apparemment, la nouvelle constitution qui a permis à Alpha Condé d’être candidat ne l’intéresse plus, mais plutôt celle d’avant en vertu de laquelle les moins de 40 ans et plus de 70 ans ne pouvaient pas être candidat à la fonction de président en Guinée.

Paradoxalement, ce ne sont pas de ces graves confusions que l’opposition parle mais de sa comparution : les leaders menacent de s’y rendre avec tous leurs militants. Cette solidarité qu’ils attendent de leurs militants, ils oublient que eux ils ne l’ont jamais manifestée pour leurs militants qui croupissent en prisons depuis 2 ans maintenant.

S’il y a une chose que l'on peut retenir de ces événements, c’est qu’Alpha Condé au moins, lui il sait aller jusqu’au bout de ce qu’il engage. Alpha est certes poltron et prend la tangente au moindre bruit, mais il sait se montrer ferme et cohérent en tant que leader politique et atteindre son but :

- il a refusé toute négociation avec le régime de Conté, même avec l’intervention de la communauté internationale,
- il a été prêt à tout pour mener son parti au pouvoir (lutte politique et fondation d’une branche armée),
- il a dit en janvier 2011 que ses opposants doivent être fous en pensant que lui il peut les battre avant d’être au pouvoir et perdre des élections que lui et son système administratif organisera (Lire). Ce qui pouvait lui causer des ennuis, c’est la Ceni qui devrait être indépendante. L’opposition elle-même lui en a fait librement cadeau pour les législatives et les présidentielles prochaines (Lire 1, 2).

L’opposition s’est déjà ridiculisée en capitulant après un bilan aussi lourd de pertes en vies humaines et dégâts matériels sans avoir rien obtenu alors qu’elle avait rejeté l’offre de dialogue avant la manifestation en menaçant de demander le départ d’Alpha Condé s’il s’en tête à garder sa position. Le pouvoir vient à son tour de se lancer un grand défi énumérant plusieurs articles de la loi violés selon lui et à cause de quoi ils doivent être jugés et punis. Nous savons que tout citoyen convoqué de la sorte par le ministère public comparaitra devant un tribunal.

Le pouvoir osera-t-il faire appliquer les articles cités dans cette convocation qui n’ont de valeur de loi que s’ils s’imposent à tout le monde ou bien apportera-t-il la preuve que la justice guinéenne est sous-ordre, c'est-à-dire un instrument au service d’Alpha Condé ?

 

GUINEEPRESSE.INFO

 

Document très intéressant de Mamadou Barry

Les_Larmes_du_8_Mars_2013.doc

doc, 217 KB, 03/11/13, 250 downloads

Quand est-ce qu'on décidera, chacun selon ce qu'il peut et comme il peut, de sécher les larmes de nos sœurs, mamans, tantes, filles et nièces, mettre ces criminels récidivistes de depuis plus d'un demi-siècle hors d'Etat de nuire ou les amener à nous respecter au moins ?

Car les Malinkés disent, « I ye kèè do bela, i ma tèè a rö ». C'est-à-dire, « Il y a des hommes, même si tu sais que tu peux les vaincre, tu ne vas pas te foutre d’eux ».

SADIO BARRY


 

3 commentaire(s) || Écrire un commentaire

Revenir en haut de la page


VOS COMMENTAIRES

Lamine11/03/2013 09:33:39
L'opposition doit refuser de se rendre au convocation de ce justice maudite et pacotille, en se rendant, c'est comme s'ils ont rendus leur revendications face au dictateur,en se rendant devant cette justice que je qualifie ridicule, c'est de montrer leurs faiblesses aux yeux de l'opinion nationale et internationale. S'il y a eu une violation des lois, c'est le gouvernement guineen qui a violé le droit de ses citoyens, par conséquent, c'est lui qui doit répondre à justice et no ceux qui ont exercé ce que la constitution autorise droit de manifesté, droit au cortège. Tôt ou tard ce alpha condé qui. répondrai des ses actes devant une cour de justice comme l'ex dictateur ivoirien en de faire actuellement. Ce l'homme qui est pressé dieu n'est pas pressé !
Elhadj S. Bah11/03/2013 11:01:26
A chacun son tour. Les militants doivent demander aux leaders de ne pas s'inquiéter et de faire confiance à la justice. On suivra massivement leur procès si Alpha décide qu'il doit avoir lieu.
mali yemberin11/03/2013 11:15:10
Les leaders doivent se rendre avec une très grande foule c'est-à-dire massivement. Sans avoir peurs du gouvernement.