2013-03-29 18:26:05
Un certain nombre de faits marquant la vie nationale en divers endroits ont été observés et méritent que l’on en parle car ils sont à nos yeux, les facettes non dites de la vie guinéenne. Dans cet article narratif, nous ne ferons aucune analyse et laisserons les soins aux lecteurs de se faire la leur et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.
Ce qui reste évident, c’est que toutes les couches sociales, toutes les régions et préfectures ont des faits particuliers à exposer et qui montrent certaines facettes de la vie du guinéen lambda.
Nous avons essayé de prendre ici et là des exemples pour montrer que la gouvernance d’exclusion et de division (d’une branche importante) de la population guinéenne ne marche que pour celui qui a d’autres objectifs que de sécuriser, créer de la richesse et le bien être des guinéens. Les faits ici mentionnés sont rapportés par des témoins oculaires et sont de ce fait bien réels.
Que font nos gouvernants actuels face à ces situations s’ils le savent ? Pas grand-chose.
Voici donc pèle –mêle le récit de ces faits qui pour nous ont un sens.
Dinguiraye
- Le recensement continue : l a CENI avait annoncé la suspension de ses activités pendent la durée du processus de dialogue amorcé à travers une plateforme dite de concertation entre les acteurs de la vie politique guinéenne consécutive à la marche précédente qui a connu son lot d’exaction et de morts du côté de l’opposition. Cependant, des témoins oculaires nous rapportent qu’en Haute Guinée, fief du pouvoir, le processus ne s’est jamais arrêté. C’est le cas de Dinguiraye. On dit une chose te l’on fait une autre chose et fait une chose et l’on dit autre chose. Cela s’appelle comment déjà. Les conséquences sur la transparence du scrutin, c’est à vous de juger. Je tiens à rappeler à Mr Bakary Fofana, président de la CENI, que le fichier électoral est un patrimoine national comme les mines, les forêts, sa population, le territoriale qui ne doit pas être à la merci d’un groupe ethnique ou politique qui le manipule en fonction de ses besoins.
Beyla et Kérouané
- Chômage des jeunes : pendant les beaux jours des sociétés minières l’on a recruté que des jeunes d’une certaine région. Aujourd’hui ces sociétés sont parties ou presque. Conséquences, des milliers de jeunes sont au chômage, des restaurants ont fermés et des hôtels sont presque en faillite mettant dans les bras des autorités locales tous ces chômeurs. Kérouané et Beyla ne me contrediront pas car de l’avis de notre source, « autrefois, lorsque nous venions ici, nous avions de la peine à trouver où dormir et où manger car tout avait été réquisitionné pour des années. Aujourd’hui nous sommes seuls et comme nous sommes des passants, la vie n’y est pas rose explique-il ». L’emploi jeune marche mais comment ? C’est cela le changement voté.
Mandiana
- L’élevage : les nouveaux locataires du Ministère de l’élevage ont mis au point un important programme de formation des éleveurs en Haute Guinée (uniquement ? je n’ai rien dit). Les techniciens en activité ont du mal à trouver de preneurs malgré les per diem (viens je te paye pour que tu acceptes d’être formé). Ils croisent plutôt des cadavres de moutons, de chèvres, de volailles et de bovins victimes des violences inter-villageois récurrents dans la zone aujourd’hui. Un gâchis financier et économique qui ne dit pas son nom surtout que la RTHG ne rapporte jamais ces faits de société. Le besoin est là où on n’envoie pas le service.
- Ecole rurale vide: Les classes des villages sont pour la plupart vides aujourd’hui dans nombreux villages de la Haute Guinée rurale et pour cause, élèves et maîtres sont aussi dans les carrières ou dans la brousse à recherche et la prospection de l’or. En effet, depuis que les malins américains ont inventé ce kit de reconnaissance des indices d’or que notre professeur a eu la gentillesse de laisser utiliser par les malin(kés) en Haute Guinée, tous les bras valides sont devenus des géologues et des prospecteurs d’or. On va à l’école pour se faire de l’argent après non m’a-t-on dit ! Les conséquences, allez demander aux Ministres du commerce (de l’or), des mines (pourvue qu’elles ne soient pas anti-personnel), de l’économie et des finances (pour vue qu’on n’en fasse pas des économies du savoir faire) mais de grâce, n’importunez pas le Ministre de l’éducation nationale car ce n’est pas son problème (si les retombées dans les poches des cadres de son ministère ne sont pas maigres).
- Conflits domaniaux : Si en Guinée on a du mal à cadrer et limiter les dégâts des conflits interethniques, en Haute Guinée, le problème est une guerre inter-villageois à cause du foncier qui est devenu important à cause de beaucoup de choses dont entre autre la ruée vers l’or. Et pourtant, de toute la Guinée que je connais de bout en bout, cette région est la plus vaste et la moins densément habitée. Il y a du vide à perte de vue. Maintenant que l’on peut trouver facilement de l’or et du diamant par une simple promenade avec le kit américain, chacun sait que la terre est devenue importante et alors. les conflits se justifient. Un témoin oculaire a assisté à une pareille bagarre entre deux villages qui se sont battus à coups de fusils, de machettes et les conséquences, ce sont ces blessés par balles (sans hôpital et ou médecin), ces cadavres du bétail (pauvre ministre de l’élevage qui veut le développer), ces cases (196 dans ce cas) parties en fumée emportant l’argent de l’or et du diamant, les récoltes et que dis-je encore ! On n’en parle même pas.
Dalaba
- Ecole : les lycéens de Dalaba n’ont pas de classe car leurs table-bancs ont été brisés et calcinés par les étudiants de l’université de la même ville lors de la dernière marche demandée par l’opposition. En effet, ce jour là au dire d’un témoin oculaire vivant sur place, les lycéens natifs de Dalaba ont eu l’imprudence de venir jeter des pierres sur les toits de l’Université qui est loin de moins de 50 m. Les ‘étudiants majoritairement de Haute et de Guinée Forestière (non vérifié) donc non natifs de Dalaba (ça c’est sûr), auraient purement et simplement jurés de fermer le Lycée. Vrai ou faux, la réalité est qu’’aujourd’hui ce sont les enfants de Dalaba hôtes de l’Université qui sont sans classes en pleine année scolaire. Pire, presque tous les Lycéens pris sur les lieux par les forces de sécurité (ou d’insécurité) venus en renfort depuis Mamou ont été tabassés, dépouillés et emportés de force en prison à Mamou. Ce n’est pas méchant dit-on. Ce qui est méchant, ce sont les destructions d’ordinateurs et des archives de l’Université avec dit-on le vol (????) de plus de 200 millions de francs ( !!!!!) représentant les primes des étudiants qui auraient repris tranquillement les cours au grand damne des lycéens et de leurs parents et professeurs.
Labé et ailleurs
- Eclairage nocturne contre courant électrique : le gouvernement du PPAC a gratifié de nombreuses artères bien sélectionnées (sur critères ??) de nos villes en éclairage nocturne grâce à des lampadaires alimentées par des panneaux solaires (non poussiéreux ??). La plupart ne fonctionnent même plus d’ailleurs ! On crie à tue- tête que le professeur nous a donné du courant. Les gens confondent éclairage et courant électrique. Toutefois et heureusement, les gens se rendent de plus en plus compte du leurre car si le solaire est propre et écolo, mais celui dont nos villes sont pourvues ne donne pas les possibilités qu’offre le courant électrique. En effet, on ne peut ni charger son vital téléphone portable, ni glacer son eau, son jus, les bonbons de madame qui achète le pain familial du matin, ni faire la soudure des portes et fenêtres, des carrosseries, etc. Or l’économie réelle ce sont ces petits métiers qui génèrent les revenus des ménages. J’ai vu à Dalaba, sous un lampadaire solaire, un petit groupe électrogène allumé pour charger des téléphones. Le moteur dégage là le CO2 que le solaire fait économiser. Le pire est que ces villes qui ont eu ces lampadaires ne sont plus prioritaires pour le programme de courant continu, ou alternatif car vraiment il l’est en Guinée puisque les délestages sont de règle et le service est alternatif. Les enfants des quartiers de Bambéto, Cosa, Kipé ne me diront pas le contraire. Un méchant commentateur m’a lancé : c’est l’éclairage des 2 B. entendons, « barè è bandi » c'est-à-dire des chiens et des bandits errants qui sont les noctambules.
- Le Dudhal, une école qui monte et qui s’impose : la vache, le coran et la femme sont les piliers du Fouta a dit Djénabou Koumanthio directrice du musée du Fouta à Labé. Ce second pilier devient une nouvelle force dominante de la région. Le chômage des jeunes, l’arrivée dans les Imama des mosquées de jeunes Imams très instruits en arabe et la multiplication des écoles coraniques entendez DUDHAL, ont permis de rendre les jeunes friands pour la lecture du coran. Les commerçants ne sont pas en reste car disposent du temps et des formateurs dans les marchés. Les femmes sont elles aussi devenues des grandes adeptes de ces écoles dirigées par des marabouts bien instruits. Au point où nous sommes, les peuls sont revenus en force dans cette tradition d’apprentissage du coran. Ces dudhè (pluriel de dudhal) c'est-à-dire ces écoles coraniques) ne sont pas à confondre avec les Madrasa où l’intégrisme trouve des adeptes. Ces Dudhè pratiquent et prêchent un Islam modéré jusqu’à présent même si les élèves sont appelés des Talibés qui ne doivent pas être assimilés à des TALIBANS. Une autre caractéristique de ces Dudhè est leur caractère gratuit relatif. Ici on ne demande pas aux élèves de mendier pour vivre. Ils sont dans leurs familles et viennent étudier et rentrer à la maison. Cet apprentissage du coran fertilise la mémoire des jeunes et les prédispose à d’autres apprentissages.
Conakry
- Des marchés calcinés : des Guinéens se sont habitués à casser, brûler, voler, détruire impunément les biens d’autres Guinéens. La dernière marche de l’opposition n’a pas échappé à la règle. Depuis le temps de Sékou Touré cette pratique est née et s’est répandue du temps de Lansan Conté et se poursuit de nos jours. Le prof est dans sa logique. Le drame est qu’on n’a développé la haine contre le riche. On criait à bas les trafiquants, à mort cheytane du temps de Sékou et ces slogans ont été ranimés lors des discours incendiaires du PPAC (à Kindia) contre les commerçants. On prétend lutter contre la pauvreté en appauvrissant les riches et se montrant incapable d’enrichir les pauvres. Quel paradoxe ! On ne se soucie pas de l’idée que se fait cet investisseurétranger qui est témoins de ces scènes. Ils ont fait cela aux biens des guinéens aujourd’hui ; ne le feront-ils pas demain à mon investissement ? Là est la question. Ceci n’explique-t-il pas en partie le départ massif des investisseurs de notre Guinée sous l’œil impuissant du Gouvernement ?!
- Insécurité et injustice: chaque marche pacifique de l’opposition ou tout déplacement d’un leader de l’opposition à l’intérieur des villes est le motif pour : battre, brutaliser, arrêter, violer les citoyens, comme s’ils n’ont pas droit. Pendant ce temps les bandits en kaki et treillis entrent librement dans les domiciles des gens (violation de domicile, connait pas !) pour renverser tout, voler et violer les femmes sans le moindre scrupule. Pendant ce temps, les voleurs en cols blancs, dans les bureaux de l’État, détournent impunément des milliards au grand damne des citoyens. En Guinée, une décision d’un Gouverneur ou d’un maire est souvent plus exécutoire qu’une disposition de la constitution. La même loi s’applique à celui-ci mais pas à celui-là.
- Galère : Je ne peux passer sous silence mon propre témoignage lors d’un séjour à Conakry au cours du mois de Mars. Mr X, n’est pas Malcom X mais un fonctionnaire de son Etat qui est en route pour le boulot. Pendant l’ère Conté, il avait acquis une voiture. Mr X n’a que 10.000 FG en poche et son réservoir est vide. Il sort et va à la station d’essence s’achète un litre à 9.500 FG et met dans le réservoir. Il s’arrête au bord de la route et prends des passagers (en leur disant « pas de monnaie » puisque sa poche est vide) heureusement qui ne manquent pas le matin. A la première station de carburant, il prend sa recette et paye du carburant et continue. Dès qu’une recette permet de s’acheter à nouveau l’essence il le fait et va ainsi au travail et retourne ainsi le soir à la maison sans recette mais ayant atteint le bureau au moins. Eh oui ainsi va la vie au royaume.
- Stresse : poursuivant mon témoignage, je ne peux m’économiser cet autre fait. Sur la route, désormais, tenez vous bien tout le monde est sous tension, stressé à fond et au fond de soi. Les embouteillages des carrefours, les mauvaises pratiques de conduites, la multitude de voitures et des gens, l’envahissement des trottoirs par des vendeurs en quête du quotidien vital, la maladresse et le raquette des policiers sur la route en quête d’une rançon pour payer le repas de l’heure, les difficultés de la famille, les demandes incompressibles des enfants et des parents restés au village, l’injustice de l’Etat, le manque de ceci et cela pourtant indispensable sont autant d’ingrédients parmi tant d’autres qui alimentent le stress du Guinéen en général et celui de Conakry en particulier. Juste pour dire que le stress n’est plus simplement occidental.
Mali
- Plus d’école faute de manque d’enseignants à Bamba Louggi, un village de la CRD de Dougountounny, préfecture de Mali. Une classe de plus de 60 élèves dépossédée de son maître par le DSE qui estime que le centre ville de Dougoun en a plus besoin que ce village qui s’est battu corps et âme pour construire, équiper l’école et trouver un maître. Depuis le mois de Janvier, les enfants sont à la maison au grand damne des parents qui n’ont que leurs larmes. Naturellement, on a déplacé le maître pour satisfaire les visiteurs des officiels de Dougnoun qui est le chef lieu car les précieux visiteurs ne feront pas le déplacement pour voir Bamba. La DPE de Mali est tenue au courant de ce fait malheureux mais, reste sans solution. A rappeler que dans ce village, il n’y a pas de lettrés pouvant assurer l’intérim pour au moins finir l’année scolaire en cours. Nos investigations ont abouti à découvrir que la cause cachée non dite est politique. Le village serait 100% UFDG et aurait refusé de se plier au Manden Djallon de la localité qui s’est faite une autre école dans un bowal aride sans ombre, eau et accès. Celle-ci aussi est vide. Plus de soixante futurs ingénieurs, médecins, pharmaciens, professeurs, enseignants etc. privés de leur droit à l’instruction pour des raisons ……. Pauvre Guinée du changement à la méthode du PPAC !
Un peu partout en Guinée :
- Trop de Jeunes en prison : dans toutes les prisons de Guinée en général et à Conakry en particulier, foisonnent des jeunes qui pour la plupart sont des prisonniers politiques dont les seules fautes sont les conséquences du non respect de loi et de leurs droits constitutionnels. Par la faute de ceux qui ont charge de faire respecter la loi, ils sont en prison. Ce n’est pas là leur place. Nous ramenons les gouvernants du professeur à l’école du PDG de Sékou Touré dont ils se proposent de continuer l’œuvre. Celui-ci avait enseigné aux guinéens que « la jeunesse est l’aile marchante du parti » et que « la jeunesse n’a jamais tord. Elle a toujours raison ». A notre avis, la tolérance envers les jeunes pour leur éducation y compris civique est une obligation morale des gouvernants. A force de les maintenir en prison, on perd une ressource importante et on en fait des aigris politiques et des illettrés civiques qui ne seront pas les bons citoyens de demain. En la matière il faut féliciter le Gouverneur actuel de Labé, Mr Sadou Kéita qui avait fait libérer les gens arrêtés de suite des marches pacifiques autorisées afin de préserver la paix. Un exemple à suivre.
- De nouvelles complications téléphoniques : L’ARPT (1) a décidé de passer de 8 chiffres à 9 chiffres pour tous les numéros de tous les opérateurs en Guinée. Si c’est utile et nécessaire, ce n’est pas facile pour une population à majorité analphabète. Or, le téléphone est la chose moderne la plus vulgaire aujourd’hui et la plus utile aux guinéens. Elle était aussi la moins discriminatoire jusque là. Mais maintenant, son usage requiert un savoir faire qui prendra du temps à se mettre en place. Aussi, la mémorisation des numéros de téléphone devient difficile et presque impossible aux illettrés qui seront toujours à la quête « d’un le sachant faire » pour retrouver un numéro utile. Guinéens à vos talents pour la mise à jour de vos téléphones en commençants par ceux de nos parents illettrés. Aidons les tous sans discrimination mandingue.
My final words ou mes mots de la fin:
Mon combat est toujours celui pour une Guinée plus juste, solidaire, plus respectueuse des droits des citoyens et pour une défense des bases fondamentales de la démocratie et du développement de mon pays. Gardons toujours à l’esprit que nous ne sommes meilleurs ou pires que par notre différence. Acceptons nous donc pour combattre l’ennemi commun qu’est la pauvreté. Ceci ne peut se faire sans les jeunes et les femmes de tous bords.
A plus tard cher lecteur,
Par : Dr Mamadou Maladho Diallo
Résident à Labé maladhogoumba@gmail.com
Tel à partir du 1er Avril 20113 +224 664 202757/ 655 545855 / 631 521233
(1) - Agence de régulation des postes et télé- communications

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