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2013-03-31 18:11:05
Jean-Marie Doré, le leader de l’UPG (l’union pour le progrès de la Guinée), propose que le pouvoir et l’opposition fassent des sacrifices pour sortir la Guinée de la crise politique. L’opposition doit dire au revoir au vote des guinéens vivant à l’étranger, et le pouvoir doit en dire autant aux services de WAYMARK, l’opérateur de saisie.
Sans commentaire, en principe, la crise politique qui secoue actuellement la Guinée, oppose d’une part, l’opposition et la CENI (la Commission Électorale Nationale Indépendante). C’est la question de la mise à jour du fichier électoral, et le choix de l’opérateur sud-africain, WAYMARK. La CENI est « chargée de l’établissement et de la mise à jour du fichier électoral, de l’organisation, du déroulement et de la supervision de vote. Elle en proclame les résultats ». Comme on peut le comprendre, les activités de la CENI sont d’une importance et d’une sensibilité très grande. D’où l’insistance de l’opposition pour sa réelle indépendance. Mais, la CENI « voit » autrement les choses. La crise.
D’autre part, la crise oppose l’opposition et le gouvernement à propos du vote des guinéens vivant à l’étranger. L’opposition demande que la justice soit respectée selon qu’il est défini dans la Constitution. Dans son article 2, la Loi suprême de l’État est très précise : « Dans les conditions déterminées par la loi, sont électeurs tous les citoyens guinéens majeurs, de l’un et de l’autre sexe, jouissant de leurs droits civils et politiques ». Et plus loin dans l’article 22, la constitution mentionne ceci : « Chaque citoyen a le devoir de se conformer à la Constitution, aux lois et aux règlements. Chaque citoyen à le devoir de participer aux élections, de promouvoir la tolérance, les valeurs de la démocratie, d’être loyal envers la Nation ». Sur ces points, l’opposition ne tergiverse pas : « la Constitution doit être scrupuleusement appliquée ». Le pouvoir, par contre, voit autrement les choses. La crise.
Le plan de sortie de crise proposé par le leader centriste de l’UPG est une impasse. La Constitution serait violée. Car, faire des sacrifices, c’est abandonner ou négliger quelque chose en considération de ce que l’on fait passer avant. Autrement dit, certaines dispositions de loi seraient abandonnées au profit d’un supposé équilibre politique ou d’un déroulement rapide des élections législatives. Ce qui ne confortera jamais notre démocratie qui cherche la stabilité ou la consolidation. Par conséquent, il est normal de considérer les propositions du doyen de la politique guinéenne, Jean-Marie Doré, comme de simples verbiages.
Parlant du droit de vote des guinéens vivant à l’étranger, l’opposition ne doit pas faire des sacrifices. Elle exigera au gouvernement, et sans contrepartie, de veiller à ce que la Constitution soit respectée. Elle doit utiliser tous les moyens légaux pour cette fin. Le vote des guinéens à l’étranger est une disposition établie dans la Loi suprême de l’État. Ce point n’est pas négociable.
Et s’agissant du choix de WAYMARK, le gouvernement n’a nullement pas besoin de faire des sacrifices. C’est un dossier qui est du ressort de la CENI. Si bien que les activités de la CENI soient définies dans la Constitution, tel n’est pas le cas pour l’opérateur sud-africain. Qui peut être changé au profit d’un autre. D’où la nécessité, à ce point, de privilégier le dialogue et les négociations. Des négociations qui doivent se porter sur l’indépendance de l’institution chargée d’organiser les élections. Si la CENI n’est pas indépendante et ses activités ne sont pas transparentes, le choix d’un opérateur pour la mise en ordre des fichiers électoraux sera voué à l’échec. L’opposition n’admettra pas un tel scénario. Car elle irait aux élections perdues à l’avance.
D’ailleurs, là-dessus, et aujourd’hui, l’opposition fait bien de douter de l’indépendance de la CENI. L’une des preuves. Jean-Marie Doré est si convaincu que la CENI et le gouvernement forment un tout, qu’il se trompe même des acteurs actuels de la crise guinéenne. Il ne voit que le pouvoir gouvernemental et l’opposition. Sur ce seul point, le centriste Doré (sans peut-être le vouloir), marque des points : la Commission Électorale Nationale Indépendante n’est pas libre. Elle est contrôlée, corrompue, manipulée par le président Alpha Condé et son gouvernement.
Des sacrifices, non ! Mais le dialogue et des négociations dans le cadre strict de la Constitution. « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants, élus ou par voie de référendum. Aucun individu, aucune franche du peuple ne peut s’en attribuer l’exercice. La souveraineté s’exerce conformément à la constitution qui est la Loi suprême de l’État. Toute loi, tout texte règlementaire et acte administratif contraire à ses dispositions sont nuls et de nuls effet. Le principe de la séparation et de l’équilibre des Pouvoirs est consacré ». C’est une mention de l’article 2 de la Constitution guinéenne.
Naby Laye Camara
Bruxelles
VOS COMMENTAIRES | |
| THIERNO SOULEYMANE DIALLO | 31/03/2013 23:38:48 |
| Bien dit . L'opposition doit exiger le vote des guinéens de la diaspora , et le remplaçement de way mark . Des points non négociables . Le moment est venu de demander le départ de Alpha condé , trop c'est trop à partir du 8/avril/2013. Les éléctions législatives n'auront pas lieu en guinée tant que alpha est la parcequ'il va les perdre . Et si l'opposition accepte d'aller aux éléctions avec way mark et l'isolement de la diaspora elle ne parlera plus de politique en guinée. | |