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Postures politiques à Conakry
2008-06-05 21:41:55 La révolte des soldats quelques jours après la nomination d’un nouveau Premier Ministre (PM) ainsi que des attitudes partisanes de certains Guinéens soulèvent beaucoup de questions surtout que certains militaires voulaient apparemment en découdre avec toute leur hiérarchie. Comme toujours, des esprits très fertiles (nous compris) voient des "complots" ou "guet-apens" à l’origine de ce mouvement armé (pas de l’Armée qui par définition est républicaine). Le timing était plutôt inopportun et surprenant à moins que…. Les partis politiques n’ont rien changé ou modifié dans l’attitude de Lansana Conté qui a pu s’offrir 7 ans de quiétude supplémentaire n’eut été le courage de certains leaders syndicaux (particulièrement la dame parmi eux, vu les tentatives précédentes avortées sans elle). En effet, aller aux élections aurait permis de profiter de la campagne électorale comme tribune pour sensibiliser à grande échelle les populations sur les mauvaises politiques et les traitements iniques du Président et de l’impéritie de son gouvernement ; et surtout c’était une opportunité pour faire une démonstration de force populaire en envoyant un message clair et sans équivoque au Général : si les meetings de l’opposition rassemblent au moins dix plus de militants que ceux du PUP ; ainsi Conté pourrait voir et comprendre son impopularité et surtout les leaders pourraient aussi avoir des arguments de contestation pour engager un bras de fer post électoral avec le Général. Comment veulent ils être aidés s’ils ne créent pas les conditions et prétextes pour l’immixtion de la communauté internationale dans les affaires internes guinéennes ? Faire une politique intelligente s’est aussi s’adapter aux circonstances sans perdre son âme et surtout faire en sorte d’avoir les moyens de ses objectifs. A notre avis, plutôt que de "fantasmer" sur une révolution populaire (impossible après les 14 mois de divisions orchestrées par qui vous savez) qui chasserait Lansana Conté du pouvoir, nous devrions plutôt concentrer nos efforts et pression pour l’organisation des législatives dès que techniquement possible. Autrement, le risque encouru est qu’une vacance subite du pouvoir avec Mr Somparé assurant l’intérim risquerait d’être très chaotique (pour ne pas dire plus), vu que le Président de l’Assemblée Nationale n’a apparemment ni la confiance et le support de l’opposition, ni de l’armée ni même du PUP ; sans parler de la population. Persister à vouloir déstabiliser, dans les conditions actuelles, le gouvernement (qui n’a pas encore agi) serait irresponsable pour la simple raison que personne ne peut garantir quelle structure stable et fiable pourrait combler le vide : les leaders politiques ont été incapables de travailler ensemble dans l’opposition, comment le pourraient ils dans une coalition au pouvoir sans chef incontesté ? Ce serait un saut dans le vide ! Ayant peur du néant, nous préférons une transition "surveillée" avec ce gouvernement, en pis-aller, à défaut d’avoir les moyens concrets de mettre le Général en retraite et surtout un leadership fiable pour nous conduire aux élections. Pour ceux qui sont perdus par notre logique : le rapport des forces et l’équilibre de la peur sur le terrain font qu’actuellement un Lansana Conté vers sa fin, au pouvoir jusqu’à ce que le peuple choisisse ses représentants et éventuellement son président est plus rassurant qu’un usurpateur politique s’emparant de la magistrature suprême encore une fois comme en 1958 et 1984 ; ne ditons pas : pas deux sans trois ? La prudence est mère de sûreté ! Néanmoins, nous sommes volontiers à l’écoute de toute alternative réaliste et faisable, s’il y a mieux.
Ibrahima Diallo- "Ollaid"
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