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L’opposition politique guinéenne au gouvernement Souaré ?
La question nous est posée. Mais elle est une mauvaise interrogation parce qu’il fallait dire quel serait le critère des critères de la participation des partis de l’opposition politique à un gouvernement placé sous l’ombrage du système conté ? A coup sûr, la ou les réponses que l’on récolterait pourrait certainement permettre d’orienter la position à adopter. Mais puisque la majorité des Guinéens, au nom de laquelle une poignée de femmes et d’hommes avides de pouvoir s’agite déjà sans avoir préalablement et concrètement donné des contours à une probable entrée dans le prochain gouvernement, n’est pas consultée, il n’est pas farfelu de poser beaucoup de réserves à une telle aventure tant le passif et l’actif de Lansana Conté montrent clairement qu’avec lui l’espace nécessaire au changement est une sorte de fausse couche ; c’est-à-dire un projet infertile et stérile. Dans ce contexte annonciateur d’un nouveau recul, quel peut signifier réellement travailler sous la direction de Lansana Conté ? Pour répondre à cette précise question, il faudrait relire l’interview de Mamadou Sylla, datée du 8 mai 2008 et publiée sur http://ww.guinéenews.org. Les paroles dites sortent de la bouche de l’un des hommes clefs du système. Il pose un diagnostic clair de leur système et démontre comment ses animateurs font et défont les hommes ; quels sont les types de relation qui se tissent entre eux et pour quel objectif ? Ces trahisons et ces coups bas, le mélange de toutes sortes : parenté, amitiés, inimitié, affairisme, infâmants soutiens…., etc. Ceci dit, en revenons à la question de la participation ou non des opposants au gouvernement. La politique de ravalement des façades noircies par la crise et l’incurie de la négative gouvernance, qui est vieille maintenant de 25 ans, ne peut plus produire que de la défécation nauséabonde qui empoisonnera la vie du Guinéen. Le voilage que Souaré va tisser conduira immanquablement à un brouillage plus criminogène que ne l’ont été successivement les deux régimes qui ont naturalisé guinéennes la misère, la famine, l’injustice, l’indignité, la pauvreté et la prédation de nos richesses. Pourquoi ? Ces nouveaux, mais anciens dans le mécanisme de fabrication de nos maux, chacun à sa place et selon son pouvoir de nuisance, sont tous porteurs des oripeaux qui cachent leur réelle ambition. Depuis 1993 pour les uns et un peu plus tard pour les autres, ils sont les uniques et seuls penseurs de leur parti respectif. Ils n’ont jamais tenté, (nous n’écrivons pas essayer) de poser le moindre acte de démocratie dans la désignation de leurs proches collaborateurs, à plus forte raison, dans le choix des animateurs des différentes structures dirigeantes du cercle de leur expression narcissique. Ce ne sont toujours que du clientélisme et de la manipulation de la conscience militante. L’analyse laisse entrevoir que le mélange qui s’annonce ne sera qu’une indigeste composition de personnalités incompatibles et donc incapables de produire positivement, quantitativement et qualitativement, ne serait ce qu’un rêve pour attacher le Guinéen à un minime d’espoir. Plus clairement, ce gouvernement sera une arène où les intérêts et les enjeux préparatoires de l’après conté prendront le dessus au détriment du développement de la Guinée et contre les intérêts majeurs de ses populations. Nous voudrions, cependant que notre analyse soit démentie demain par les faits, car notre souhait est voir se lever le soleil de liberté accompagné de la chaleur démocratique qui chauffera le cœur de chaque Guinéen afin qu’il s’engage dans la construction de la Nation balbutiante depuis cinquante longues et douloureuses années.. Ceci écrit pour ceux qui joutent pour avoir le strapontin dans le gouvernement Souaré. Et les autres qui se cabrent dans une attitude infantilisante en abandonnant l’héritage de leurs aïeux, ancêtres et parents dans les mains des malfrats, au lieu de relever le défi de l’histoire. Une telle attitude n’est que bêtise humaine. La lutte politique n’est pas un jeu de chaise vide, ce n’est pas non plus une question d’humeur. La lutte politique appelle des actes de grandeur qui passent parfois par le sacrifice ultime. Ce sacrifice intervient dans l’affrontement qui n’est pas synonyme de guerre, mais la détermination dans la marche en avant à la rencontre de l’adversaire à défaire et détrôner. Ce qui induit le courage engageant les premiers responsables sur le terrain qui doivent stimuler et déclencher le patriotisme des militants. Mais nous les avons vus s’offrir de très longues retraites qui ont ressemblé à des fuites face à l’adversaire. Mieux, le camp qui prône l’abstinence actuelle a perdu de la vigueur depuis des années lorsque le chef s’est transformé, quelque part, en un marabout pour prendre sa jambe au cou. Or en 1993, il a raté, par couardise, son destin présidentiel. Comment peut-il croire aujourd’hui rattraper l’animal politique qui s’est déporté sur un terrain plus lisse quand il n’a pu l’avoir sur un terrain semé d’épines et de ronces ? Quelle attitude, un homme politique et vrai patriotique aurait eu dans la situation de crise gouvernementale actuelle ? Une seule aurait eu de la consistance, de la crédibilité et de la solidité. L’ensemble des partis d’opposition, sans exception, serait monté au créneau pour exiger, après l’expérience malheureuse des 15 mois passés : Le départ du système Conté sans autre aménagement, sinon empêcher toute activité sur l’ensemble du territoire jusqu’à la chute. Les Guinéens sont prêts pour supporter une telle prise de position. L’accélération du processus électoral en mettant en berne les législatives au profit des présidentielles ou organiser les deux en même temps. Les Guinéens, dans leur majorité, (ceux de l’extérieur surtout) auraient consenti les sacrifices nécessaires pour la réussite de cette option, s’ils sont convaincus par la classe politique. Au lieu d’entrer dans un gouvernement ombragé par le système conté, les partis d’opposition auraient mieux fait de former un gouvernement parallèle de transition si le système conté s’opposait à toutes les options présentées. Mais une telle conduite recommande le minimum de confiance entre les faisant-fonctions de leaders de parti. Or, en Guinée, une partie importante du drame politique est produit par leurs dissentiments et leurs clivages suicidaires, politiquement parlant. L’on comprendra pourquoi nous rejetons l’un et l’autre camp dans leur position respective. C’est pourquoi, il faut une nouvelle classe politique neuve, jeune et formée de véritables patriotes prêts à s’effacer au profit d’un homme ou groupe d’hommes ou de femmes jugé crédible par tous, si c’est cela la condition pour que naisse la nouvelle Guinéenne. Avec nos dinosaures et mammouths opposants, une telle acception du combat politique relève du champ onirique. Que reste-t-il désormais à la Guinée? La part active, dynamique et désintéressée de sa Jeunesse. Elle demeure le rempart si encore elle refuse d’être infectée par le virus ethnique qui couve et nourrit la politique guinéenne. Alors où sont nos patriotes ? Paris 06 juin 2008 Jacques Kouroumajacques.kourouma@aliceadsl.fr
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