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2013-04-27 19:08:17
Le jeu « du chat et de la souris » continue à Conakry entre Alpha Condé et ses opposants. Cette mascarade aurait pu nous amuser dans d'autres circonstances mais le bilan est tragique et macabre. En moins de deux ans, l’UFDG a enregistré près d'une trentaine de militants tués par les forces de l'ordre commanditées par Alpha Condé lors de manifestations pacifiques organisées en totale conformité avec les lois de la République de Guinée. Le processus électoral n'en a pas pour autant évolué, mais à contrario il s'est empêtré dans la confusion et l'opacité avec les bons soins d'une CENI « taillée sur mesure ». Tout ceci a été maintes fois dit mais une partie des responsables de l'opposition refuse de voir l'évidence,à savoir qu'Alpha Condé, ne lésinera devant aucun moyen pour avoir « une assemblée nationale totalement à sa botte ».
C'est dans cette optique, qu’il cherche à utiliser la communauté internationale pour crédibiliser la mascarade électorale qu'il a déjà préparée. Dans un premier temps, il a vainement cherché la caution de l'Organisation Internationale de la Francophonie de M. Abdou Diouf. Les différents rapports techniques de cette institution, résultants de l'audit du système Way-Mark n'ont pas occulté les faiblesses manifestes. A juste raison, M. Diouf a préféré adopter un profil bas pour préserver la crédibilité de son organisation.
Échaudées par les attitudes désinvoltes et imprévisibles du Chef de l'Etat guinéen, les Nations Unies s'étaient contentées jusqu'à présent de prises de position sans grande conséquence pour les autorités guinéennes. En effet,, l'injonction dés son investiture le 22 décembre 2010 de mettre fin à l'existence du Groupe International de Contact sur la Guinée d'une part et la réclamation au forceps du code d'encodage du système Sagem qui par convention était confié au PNUD-Guinée pour des raisons de sécurité afin d'assurer son intégrité d'autre part avaient déplu au plus haut niveau de l'organisation onusienne.
La demande formulée par le collectif des oppositions pour l'implication d’un « facilitateur international», relayée par le Gouvernement guinéen auprès du Secrétaire Général des Nations Unies, M. Ban- Ki- Moon apparaît là-aussi comme un jeu de dupes. M. Alpha Condé, obstinément cherche à se draper derrière une caution internationale pour faire « accepter la mascarade électorale prochaine ». Les Nations Unies se retrouvent malgré elles dans une position délicate au cœur de la crise guinéenne.
Déjà en signant le décret convoquant les électeurs le 30 juin 2013 sans attendre l'arrivée à Conakry du représentant officiel du Secrétaire Général de l'ONU et bon connaisseur du dossier guinéen, M. Saïd Djinnit, M. Alpha Condé place ce dernier devant le fait accompli. En effet accepter ce diktat enrobé de paroles mielleuses sur « un engagement solennel d'assurer la transparence des élections » et « le non recours à la violence » reviendra à valider l'ensemble du processus électoral mis en place. Ainsi Way-Mark sera l'opérateur technique malgré sa « disqualification » par les Nations Unies, le nouveau fichier électoral conçu de manière illégale et en dehors de toute transparence sera consacré comme acceptable, l'exclusion et la privation des droits de citoyens d'une partie des électeurs guinéens auront force de loi et enfin les protestations massives des guinéens et les violences répétées à leur encontre ne seront que de « détails périphériques sans importance ».
La crédibilité des Nations Unies et surtout de son secrétaire général est en jeu. Le dilemme est réel. Aller dans le sens des autorités guinéennes signifie purement et simplement pour les Nations Unies, désavouer des services compétents de son propre organisation à propos de Way-Mark. Ignorer délibérément les rapports pertinents du PNUD-Guinée et de l'OIF, négliger les recommandations avisées d'International Crisis Group et enfin tourner le dos aux forces de progrès en Guinée qui luttent pour sauver leur pays d'un prochain désastre humanitaire plausible ne peuvent pas être acceptables au regard de la charte des Nations Unies.
La mort le 25 avril 2013, du jeune Boubacar Diallo fauché à la fleur de l'âge est encore un mort de trop. Son élimination physique par balle, en marge de la manifestation pacifique et autorisée du collectif des oppositions illustre la violation flagrante de leur propre engagement par le pouvoir guinéen. Devant cette situation, les Nations Unies doivent faire respecter l'autorité de la loi même à un Chef de l'Etat, « démocratiquement élu». Ne rien faire sous prétexte que l'Etat guinéen est « souverain » ruinera durablement la crédibilité de l'Organisation mondiale.
Nous sommes persuadés que le Secrétaire Général des Nations Unies saura avoir la doigté et la finesse diplomatique pour ne pas « cautionner » la mascarade électorale que le pouvoir guinéen a déjà préparée. Avec Alpha Condé, la paix et la stabilité de la Guinée sont sérieusement menacées.
Il est urgent pour les Nations Unies de prendre conscience de la profondeur du drame guinéen avant qu'il ne soit trop tard.
Genève le 27 avril 2013
VOS COMMENTAIRES | |
| babaen | 27/04/2013 19:28:21 |
| Les guinéens doivent se battre pour leur liberté parce que c'est de cela qu'il s'agit aujourd'hui après 55 ans de soit disant indépendance. | |
| Djiwopoullo | 27/04/2013 21:35:49 |
| Je n'ai jamais vu un réfugié politique parler autant que bah oury il parle d tout j'aimerai savoir a quel titre il parle parce que jusqu'à preuve du contraire c'est cdd le commandant de l ufdg et puis guineepress vérifier les status de l ufdg il n'y a pas de premier ni de dernier vice président il y'a un président et des vices présidents | |
| THIERNO SAMBA | 27/04/2013 22:14:52 |
| Moi je croit sincèrement contrairement à certains que notre opposition n'a pas été nulle dans la mesure où elle a fait échec au projet d'Alpha Condé d'avoir une assemblée à sa dévotion qu'on en juge par les résultats: c'est lui qui est élu pour 5 ans et donc c'est lui qui a un bilan à présenter aux guinéens. L'opposition a réussi à le bloquer partout de telle sorte que faute d'assemblée point d'investissements nécessaires pour impulser le changement promis au peuple. C'est Alpha Condé qui est politiquement affaibli et diplomatiquement isolé alors que l'opposition se renforce et devient une alternative crédible aux yeux de la communauté internationale qui compte malgré tout sur la scène politique. Les opposants ont toujours répondu à l'invitation d'Alpha mais sans jamais cédé sur leurs revendications. Aujourd'hui il est complètement discrédité alors que le leadership de CDD est incontestable au sein de l'opposition. Nous l'avons sous-estimé et il est sous le coup de nos critiques virulentes mais à bien réfléchir il a été un fin stratège politique. Avec ses collègue il a utiliser le "software power" qui fait qu'en réalité ils s'alignent derrière lui sans difficulté. CDD ne fait pas peur car rien ne sert d'être menaçant au risque de liguer tout le monde contre soi. Il a fait preuve de courage physique, c'est pourquoi les manifestants le suivent massivement. Le chemin est long et pleins d'embûches et malheureusement des martyrs tomberont mais la victoire est au bout. Je dirais à notre frère SADIO que rien n'est perdu et qu'il faut faire la paix avec CDD car pour le moment la majorité croit en lui et que même s'il ne gagne pas la présidence la voie est toute tracée pour y parvenir inéluctablement. Rien ne sert qu'on se divise pour rien, prenons exemple sur Alpha qui a perdu en 1993 tout en bénéficiant malgré tout de la confiance de ses partisans jusqu'à sa victoire enfin en 2010. Idem pour Ouattara empêché d'être candidat en 2000 mais patient jusqu'à sa victoire en 2010. C'est une course de fonds pas de vitesse. CDD n'a pas eu tout à fait tort de reculer en 2010 pour éviter une guerre civile inutile car aujourd'hui même les malinkés regrettent l'accession d'Alpha au pouvoir, personne n'est prêt à faire la guerre pour le maintenir au pouvoir. Tout le monde souffre et vous verrez bientôt ces manifestations finiront par la fuite d'Alpha Condé. | |
| Bokar Baila Ly | 27/04/2013 23:54:09 |
| Les Nations unies ne sont rien d'autre qu'un instrument dans les mains des puissants.Les puissants ce sont ceux qui ont de l'argent.Alpha en a donc il est éligible au cercle des lobbies de la finance.La seule alternative reste le peuple qui doit être mobilisé pour se dresser contre Alpha et ses acolytes et mettre la suspeçte communauté internationale devant le fait que nous ne voulons plus de lui.Parler de facilitateur ou d'élections releve de la supercherie,de la duperie,de la cécité politique. | |
| Amadou T. Diallo | 28/04/2013 00:55:17 |
| Personnellement, je pense qu'il ne faudra rien attendre comme pression extérieure pour faire plier ce regime tribal Malinké prêt à tout pour règner sans partage. Le peuple guinéen ne devra compter que sur lui- même et lui seul pour obtenir une société démocratique, un État de droit! | |
| Sidibe | 28/04/2013 09:18:03 |
| Voilà un opposant visionnaire mais je ne cesse de me demander si ses écrit ou ses prises de positions pèsent sur l'echiquer politique en déhors de l'opposition dite républicaine? pourquoi ne s'associe t il pas à l'opposition pour faire des déclarations au nom du collectif, ADP,CDR, FDP? Badicko en sait quelque chose car finalement il a rejoint l'opposition et ne fait plus de declaration isolé. Autre chose, je crois les RPGiste croient fermement que c'est les peulhs qui s'opposent au regime car les opposants ne pèsent rien (coquille vide) sauf Cellou qui n'est suivi que par des peulhs. quand est ce que cette opposition nous prouvera le contraire? Quand Alpha condé dit:"je m'engage à reconnaitre les resultats qu'elle qu'il soit", je souri car je sais qu'il a déjà préparé sa victoire quelque soit l'organisateur s'il n'y'a pas au préalable une audit. Pour finir,pendant la presidentiel, j'etais dans une prefecture de la foret où Alpha condé avait gagné avec 1200 voix d'avance mais les resultats deposé donnait 5000 voix et les representants ont contesté et la CEPI a dit on envoi comme telle, la CENI étudiera chose qui ne sera jamais fait (demander au ministre Saramady Touré qui representait le RPG même s'il ne reconnaira pas). Ce que je veux dire, la Fraude c'est organiser localement avant même d'arriver à la CENI. Bonne chance à l'opposition | |