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Appelons les choses par leurs noms


2013-05-13 08:09:20

Au cours des manifestations de l’opposition guinéenne, plusieurs cas de meurtres ont été recensés à Conakry, c’était le cas aussi le jeudi 2 Mai 2013.

Pourtant à la veille de la manifestation du 2 mai, les forces publiques à travers la police nationale et la police militaire (gendarmerie) ont passé un communiqué radio- et télédiffusé en prenant la communauté nationale et internationale à témoins. Ledit communiqué certifiait que ni la police, ni la gendarmerie n’était armée de balle réelle ou d’armes de guerre, mais seulement des armes conventionnelles appropriées pour encadrer la manifestation. Le communiqué rajoutait que tous les militaires seront cantonnés dans les casernes, toute personne portant une arme de guerre ou en tenue militaire appréhendée par la force publique serait punie par les lois de la république. Là-dessus rien à incriminer, c’était un communiqué très régalien !

Mais que voit-on dans les vidéos tournées à cette occasion ? On observe des hommes en tenues militaires, armes aux points à la chasse des manifestants jusqu’à dans leurs concessions respectives. D’après les hôpitaux, il y en a eu bel et bien de morts par des tires à balles réelles. Alors, nous attendons des pouvoirs publics les investigations policières, pour retrouver les meurtriers au nom de l’état de droit, et contre l’impunité.

Dans notre monde moderne, tout pouvoir doit accepter que, les temps des gouvernements autocrates et des hommes forts sont révolus à jamais. Le model de parti-état est périmé. Je sais, des supporters imperturbables argueront que tout ceci n’est que de la pure imagination des saboteurs du régime. Mais moi comme citoyen légaliste, je m’interroge pour savoir les mobiles du silence de nos institutions sur les questions ci-dessous.

Questions :

-       Pourquoi le communiqué des forces publiques est resté sans effet ?

-       pourquoi ne pas soutenir des investigations pour retrouver les meurtriers ?

-  Pourquoi aucune mesure n’est prise pour stopper cette tuerie sauvage à répétition, ou au moins situer les responsabilités des uns et des autres ?

-       y a-t-il de tueurs à gages engagés et infiltrés dans les manifestations ???

Rappelons qu’un tueur à gage est une personne qui se fait rémunérer pour assassiner d’autres personnes.

-       Les auteurs des meurtres veulent-ils en venir avec leurs actes à provoquer la confrontation entre les communautés, ont-il des complices dans les milieux haut placés ?  Autant de questions fondamentales à élucider pour notre salut.

Il y a eu incontestablement de dérapages pendant et après les manifestations. J’invite tout patriote guinéen au-delà de ses convictions politiques d’engager sa responsabilité pour combattre ce phénomène d’impunité sous toutes ses facettes. Il y va de l’existence d’une guinée unie. Ce combat est a mené sans compromission pour la sauvegarde de nos valeurs communes et du processus démocratique, afin de préserver les droits du citoyen et de la dignité humaine. En même temps l’objectif du combat est la cohésion nationale.

Selon moi, c’est une grande erreur de mésestimer la dramatique ethniciste actuelle dans nos relations. Lutter ouvertement contre l’ethnocisme dissimulé, et combattre la polarisation de la société est un devoir citoyen que chacun de nous devrait s’approprier par des actes concrets. L’impunité et la violence font que les citoyens pensent sérieusement à s’organiser en groupes d’autodéfenses. Cela est un signe avant-coureur de conflits. Si nous laissons faire cette situation, les dérapages seront bientôt incontrôlables. Qu’Allah nous en épargne de cela, amen.

On nous rabâche la réconciliation nationale par de nombreux communiqués, et en de diverses manifestations, mais les experts se demandent vraiment, s’il y aura la réconciliation nationale tant qu’on n’œuvre pas pour la clarté du dialogue, on ne crée pas la confiance entre les acteurs du dialogue, et qu’on ne prend pas en compte les préoccupations de toutes les communautés nationales dans leur diversité. J’affirme qu’aussi longtemps qu’on ne trouve pas les voix et moyens pour qu’aucune communauté ne se sente marginalisée, parler de la réconciliation nationale en Guinée n’est qu’une farce.

Celui qui s’engage résolument en faveur du droit et de la justice là où il exerce ses responsabilités personnelles, celui-là peut s’engager aussi à défendre fermement les grandes valeurs et les aspirations des citoyens. Cependant en politique, le sentiment émotionnel est un mauvais conseiller.

 Moussa Bella Barry


 

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