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Exploration post-coloniale :

remonter l’Histoire pour tarir les « sources des nuls » !


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Ibrahima Kylé Diallo

         Un de nos « frères » vient de nous servir (il en a pris la triste habitude !) sur le Net un plat confus et négatif, composé de 7 versets, donnant des maux de tête ! Il s’agit de mots alignés dans un tel désordre qu’on a envie de leur dire martialement : « rompez ! ».

         Pas facile de lire le texte, faute de ligne directrice. Autant remonter le Nil en pirogue ! Pour échapper aux cataractes, j’ai préféré un survol qui m’a permis d’apercevoir, entre autres, « Samori », les « griots », le « néo colonialisme », l’ « iceberg », « Einstein » et « Sankara » ! Aimant l’Histoire mais ne voulant pas d’histoires, je me permettrais de ne parler sommairement que des griots et de Samori.

1°) les griots

         Il convient de souligner que les griots ne sont pas une ethnie, encore moins une race, mais plutôt une caste, ce qui n’a aucune connotation péjorative. Sa spécialisation héréditaire est principalement la transmission, dans une société de tradition orale, des faits et gestes des princes. Ils peuvent même se prévaloir de titres nobiliaires dans la mesure où certains d’entre eux étaient des chefs locaux dans l’Ouest Africain. Mais des chefs tyranniques à tel point qu’ils ont été limogés par leurs supérieurs hiérarchiques. D’ailleurs, le mot « djéli » signifie localement le sang !

         Après avoir été détrônés, les « djéli » qui avaient une expérience de la gestion de la cité ont été sollicités en qualité de « gens de la cour » pour instruire les autres nobles (histoire des batailles, lignée des chefs, etc.…) sans pour autant occuper la moindre responsabilité politique. Pour éviter toute prétention à une parcelle de pouvoir, les détenteurs de celui-ci ont toujours veillé à ce que les griots ne se marient qu’entre eux.

         Par opportunisme, des « djéli » nobles ont même accepté le statut de griot pour les privilèges qu’il confère : pouvoir tout dire sans être réprimé, pouvoir maudire celui qui ne donne rien en échange des louanges reçues. Cette transgression des principes rappelle ce qui se passe en Inde où des étudiants de caste supérieure se font passer pour des intouchables afin de bénéficier de bourses gouvernementales !

         Le statut de griot se perpétue encore, les coutumes locales étant tenaces. Le sang versé ne s’oublie pas facilement ! Comme la fréquence du prénom guerrier « Kèlètigui ».

2°) Samori

         Loin de moi la prétention de raconter l’histoire de Samori ! je voudrais simplement rappeler ses origines et certains de ses actes afin de tordre le cou à des idées reçues qui ont été politiquement ancrées dans notre mémoire collective.

a)      ses origines

Samori Touré était sarakholé, appelé aussi maraka ! Sous cet angle, je pourrais me prévaloir d’un certain mais lointain lien de parenté entre mes ancêtres et lui, puisque ma famille est partiellement de ce groupe ethnique. Dans la langue sarakholé, le nom « Touré » signifie d’ailleurs « éléphant » (tout un symbole !) comme le souligne Yves Person dans « Samori » (tome 1, Mémoires de l’IFAN n° 80, IFAN-DAKAR 1968, page 237).
Que ceux qui, par réflexe communautaire, s’identifient à Samori soient bien inspirés de réfléchir avant de parler, vu ses actes !

b)      quelques actes

Avant de constituer ce qu’on a appelé pompeusement son empire, Monsieur Samori (fils de M. Lanfia Touré et de Mme Sokhona Camara) s’est d’abord signalé dans la région natale de Kérouané par des coups fourrés. Avant d’être coupeur de têtes de ses ennemis vaincus, il était coupeur de routes pour rançonner des marchands. Chef de bande de voyous, Samori était surnommé « Samorinin-kötö » qui signifie Samori la canaille !

Il faut reconnaître quand même à Samori la qualité de meneur d’hommes mais son génie était au service du mal. Il n’a pas créé son empire aux contours mouvants pour résister à la colonisation européenne mais pour asseoir sa domination. Le « conflit Samori/colons » était un conflit d’intérêts  et notre « héros national » a tué plus de Noirs que les colons français eux-mêmes !

Pour ceux qui en doutent, comment expliquer que personne n’ait défendu Samori après sa capture, le 29 septembre 1898, par la colonne de reconnaissance du capitaine Gouraud, commandée par le sergent Baratier ? Même ses sofas fatigués n’opposèrent aucune résistance ! Aux résidents de Guélémou, les colons dirent : «  rentrez chez vous en toute quiétude car vous  ne subirez plus la terreur de Samori ». Aujourd’hui cette expression aurait donné la formule célèbre : « Circulez, il n’y a rien à voir ! ».

De son lieu de capture (Guélémou) à son port d’embarquement (Saint-Louis du Sénégal) pour le Gabon, il n’y a pas eu de franc-tireur ni le moindre acte de sabotage contre les colons qui accompagnaient Samori et ses collaborateurs (Morifindian Diabaté, Niamakana Amara, etc. …). Bien au contraire, c’étaient des injures à l’adresse du vaincu ! Ce dernier avait même supplié les notables de Kérouané et de Kankan de ne pas garder de rancune contre ses descendants !

Avant son exil équatorial, Samori fut abandonné par son épouse préférée Saranken Konaté (mère de Saranken Mory ) dont il avait décapité le père Kaba Wulu Konaté ! La seule épouse qui fut du voyage sans retour était Tiranké oulen Camara de Damaro. Ces faits et bien d’autres sont admirablement relatés par Khalil I. Fofana dans son ouvrage « L’almami Samori Touré, Empereur » (Présence Africaine).

         Comme on le constate, ce n’est pas l’Histoire qu’on nous enseigne mais des histoires ! Beaucoup de nos historiens (victimes de leur condition d’opprimés ?) ont cherché à embellir notre passé. Chaque peuple a sa culture, son histoire, sa civilisation ! Mais on ne doit pas confondre l’Histoire avec des fables ! L’objectivité ne consiste pas à ne montrer que les faits positifs. Nous savons tous que les relations entre Alpha Yaya Diallo de Labé et les almamis de Timbo, qui se réclamaient pourtant tous de l’Islam, n’étaient pas très catholiques ! Mon propre grand-père paternel, Alpha Bakar Diallo, issu d’une longue lignée de chefs traditionnels avait été tué par des proches pour l’écarter du trône ! Chez les Kylé aussi, du sang avait été versé ! Quand on lit l’Histoire Générale de l’Afrique racontée par nos « historiens », tout sonne faux ! Le passé, même peu glorieux, est glorifié à souhait au point qu’on se demande quel cataclysme a frappé notre continent pour être là où il est actuellement !

         Quand on nous parle du pèlerinage à La Mecque à dos de chameaux de Kankou Moussa au cours duquel il aurait distribué partout de l’or sous forme de poudre ou de cannes, je souhaiterais qu’on m’explique comment ce métal a-t-il été extrait en aussi grande quantité avec les techniques de l’époque ! Bien entendu, Al-Omari (1301-1349) qui fut secrétaire à la cour des Sultans du Caire et de Damas et que je ne peux taxer de partialité a relaté les largesses de l’empereur du Mali mais en prenant  soin de préciser ses sources, à savoir ce que des Cairotes lui ont raconté avec ardeur !

         On nous parle des universités de Djenné et de Tombouctou ! Avaient-elles des facultés de sciences physiques, de biologie, etc.… ? Où sont les vestiges de ces grandes écoles tant vantées ? Où sont les biographies des grands hommes mentionnant les diplômes qu’ils y auraient obtenus ? Pourtant il n’est fait mention d’aucune catastrophe naturelle ayant détruit toute trace !

         Arrêtons de nous mentir à nous-mêmes ! A force de manipuler l’Histoire, on risque d’être grotesque. Chaque Histoire a besoin d’héros mais à vouloir tout positiver on perd en crédibilité. On magnifie Lumumba parce qu’il a été martyr. S’est-on demandé ce qu’il aurait fait du Congo s’il était resté au pouvoir pendant une « petite » décennie ? On ne refait pas l’Histoire mais imaginez si Sékou Touré était mort le 2 mars 1960, au lendemain de la création de la monnaie guinéenne ! Quel citoyen aurait rechigné à porter une montre à son effigie ?

         Génétiquement parlant, rien ne prouve que les Africains soient inférieurs aux autres peuples. Nous avons des capacités, c’est l’organisation, dans tous les sens du terme, qui nous manque ! Organisons-nous donc pour sortir de la misère au lieu de toujours penser que « c’est la faute aux autres… ».


Ibrahima Kylé Diallo,
Directeur de la rédaction de guineepresse.info
11/06/2008


 

22 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

Amayelle11/06/2008 22:35:32
Merci Kylè,
Nous aimons vous lire et nous avons appris la merveilleuse histoire des djelis relatée par feu Amadou Kourouma dans son livre "Monnè".
Ousmane12/06/2008 00:25:55
Cette foi ce que tu dis est censé manga.
Pourvu que ça dure.
Fatimata Cherif Haïdara12/06/2008 02:15:10
J'ai particulièrement apprécié votre concluante invitation. Il faut que nous arrêtons de nous voiler la face et nier l'évidence. Nous devons faire notre propre introspection et faire la part des choses. Il n'appartient qu'à nous de prendre nos destins en mains au lieu d'en rendre les autres responsables.

Mme Fatima Chérif.
AHMAD12/06/2008 02:37:49
Monsieur KYLE
Je vous félicite.Ce Cissé est un fou,un borné,un ignorant qui a les meme complexes que sekou touré,à savoir faire croire qu'il dispose d'une érudiction alors qu'il fait dans l'approximation et dans le supperficiel sans jamais avoir les éléments sur le fonds."Science sans conscience n'est que ruine de l'ame".Cissé a vendu son ame à des causes betes et inutiles.Qu'il l'a ferme.ET puis ce sont des gens qu'il faut toujours remettre à leur place.Etre poli et avoir de la décence est assimilé à de la lacheté ou de la faiblesse.
Fakolykoumba12/06/2008 03:49:20
Kylé DIALLO,

Tu peux ne pas être fier de ton histoire et comme les colons saborder l'œuvre de SAMORY TOURE. Mais, saches que le crachat du crapaud ne noircit point la blancheur de la colombe.

Par ailleurs, comprends que le terme "djéli" pour désigner les griots en malinké ne signifie point verser le sang comme tu insinues dans ta tentative malhonnête. Le terme "djeli" qui vient bien sur dire sang, signifie tout simplement la transmission du savoir par le sang par une caste, les griots.

Donc, le terme malinké djéliya signifie « transmission par le sang », il désigne le griotisme, la science dont est pourvue le griot, réservée à un groupe d'hommes et de femmes unis par les liens du sang.

Djéliya a pour racine le mot malinké djéli qui signifie « sang » et qui est aussi le nom donné aux griots dans les pays qui délimitent l'ancien Empire du Mali ou Mandingue.

Être griot, c'est donc appartenir à la caste des djélis (« sang »), caste qui peut être identifiée par le nom de famille : Kouyaté, Diabaté, Dramé, Niakaté, Soumano… Il n'est pas possible de passer d'une caste à une autre. De plus, les mariages exogames sont interdits. Les djéli, porteurs des savoirs et des mystères, ne peuvent épouser que des membres de leur caste afin de sauvegarder la djéliya et de préserver l'identité des djélis.

Point de transformation des faits pour des causes basses.

QUE DIEU SAUVE LA GUINEE !!!
Th.Hamidou Barry U.S.A12/06/2008 04:49:43
C`est article est eductif.Avec vous on apprend tas de truc bons,une fois encore merci.Tout a fait raison,pour fair l`histoire il faut debusque le mirage est l`illision sinon bonjour l`acculturation.Comme l`histoire retiens rarement ceux qui ont empecher la castrophe.Lorsque je lisais cet article je pensais a cet minable Historien Pr Sidiki Kobele Keita.
Sadio Barry12/06/2008 13:17:37
Fakoly dit:
"Il n'est pas possible de passer d'une caste à une autre. De plus, les mariages exogames sont interdits. Les djéli ... ne peuvent épouser que des membres de leur caste ..."

Pas seulement les Djeli! Tu disais déjà qu'il n'est pas question de passer d'une caste à une autre (dans la culture mandingue). C'est à dire, Kouyaté ne pouvait rêver être un Fama, étant destiné à chanter et servir les Fama et les castes supérieures n'est-ce pas? C'est vous qui passez votre temps à accuser le Fouta de féodalisme et question de noblesse! Pour une fois, tu dis une vérité en ouvrant ta grande gueule Fakoly (attention, ce n'est pas te manquer! C'est la traduction de ton nom Fakolykumba et Fakolydaaba). Ne cherchez pas à transformer les faits: le système de caste, répose sur les classes sociales et celle des Djelis vient immediatement après celle des Wolosso (la plus inferieure au Manden). Ne présentez pas le fait qu'ils ne doivent passer à la caste supérieure ou ne doivent épouser des gens ou "malinkés nobles" comme toi comme positif! C'est revoltant de ta part, connaissant que beaucoup de malinkés trouvent insultant qu'un Djeli demande la main de leur fille. Si vous voulez, je suis prêt à vous enseigner un peu l'histoire du Manden!
Merci!
M. Soumah12/06/2008 14:16:36
Bien kylé !
Précisons aussi à ces gens en quête de gloire que Sarakholé n'est pas égal à Malinké ! Alors Samori est un héro guinéen et non Malinké. Il est même connu comme ayant été un chef féodal particulièrement cruel.
abdourahamane bah12/06/2008 14:45:51
Merci kylé,
En bon guinéen,résidant à conakry, je dis tout simplement que c'est bien parlé cette fois ci encore
Diallo Amadou12/06/2008 15:50:56
kylé,ton analyse sur les griots et Samory à qui tu ressemble est fausse tu as de tout le temps critiqué,laissons les morts se reposer et rendre compte pensons à l'avenir de cete guinée notre beau pays qui a besoin de tous pour son developpement socio-economique et aussi culturel sans parler du sport, j'ai honte KYlé on veut d'une GUINEE unie , sarakolés, malinké, peulh, dépose ton bic de directeur de redaction ,des gens qu'il faut à la place qu'il faut pour une Guinée meilleur
binta12/06/2008 20:02:01
kel raciste ce kyle, sadio et compagnies. heureusement q vous etes loin de la guinee. cette haine va moisire dans vos coeurs. salir almamy par des petits balayeurs de rue humm osez venir ici et les tombeaux attende tou les traites.
Souleymane camara13/06/2008 01:25:13
Ce que Kyle dit n est pas la parole de l evangile, il ne fait que reprendre des propos ecrits par des auteurs qui ne relatent pas forcement les faits tels qu il se sont produits.
On comprend aisement que Le colon presente Samori comme un sanguinaire qu un Africain, de surcroit un guineen pour des Raisons inavouees apprecie ce fait, c est honteux.
Kyle dans sa finesse demoniaque a tenu a nous faire savoir maintenant seulement qu il a eu des ancetres sanguinaires. Cette astuce tres claire, pour faire passer son message negatif sur le Hero Samori est bien comprise.
La monocordie avec laquelle il nous soule ne suffit plus il faut travestir l histoire des heros.
Contrairement a ce qu il dit,je trouve l analyse de Mr. cisse tres coherente,
Cest plutot Kyle qui parle de Kharybde en scylla avec ses: Si Sekou Toure etait mort le 2 Mars, ou si Lumumba n avait pas ete assassine, Alpha Yaya et les Imams de Timbo etc etc.....
Mouctar Diallo Memphis, TN-USA13/06/2008 03:46:05
Merci encore Mr. I.Kylé Diallo.
Votre article est fondé sur bien de la verité car soutenu par des sources bien connues. Cette histoire sur Samory que vous avez écrit est bien juste. J’avais entendu parler de cette partie sombre du passé de l’empereur du wassouloun dans des villages à Kouroussa et à Kankan. Qu’il pillait et incendiait tous les villages et hameaux malinkés qu’il traversait, tout en tuant tous les sages et jeunes qui lui opposait de la résistance. Cette ardeur du tyran était due au fait qu’il n’avait pas eu de l’aide auprès des malinkés pour libérer sa mère chez les Cissé(s) où elle était faite prisonière. Samory a eu l’essentiel de son aide chez les peulhs du Wassouloun qui constituaient d’ailleurs la majorité des effectifs de son armée.
Merci encore Mr.Kylé, à tes détracteurs , je dirai que tu ne peux pas déposer ta plume, à partir du moment où tu aimes la vérité et que les guinéens dans leur majorité savour bien heureusement.
Que la DEMOCRATIE triomphe en GUINEE.
Merci guineepresse.info.
Ansoumane Doré de Dijon13/06/2008 11:18:45
Il ne faut pas que cet article de Kylé passe inaperçu . C'est une contribution majeure qui est adressée à tous mais plus particulièrement aux chercheurs en sciences de l'hommes .Ici les historiens africains . Quand j'étais encore au Lycée, nous avions des sujets de dissertation du genre: " L'historien ne doit être d'aucun pays. Qu'en pensez-vous? " . C'était pour conduire à dire qu'il doit tendre le plus possible vers l'objectivité. Les remarques courageuses de Kylé ne sont pas sans fondement . On a trop souvent présenté nos rois et empereurs sous des jours idylliques. Certes à l'accession de nos pays à l' indépendance nous avions besoin d'appui du côté de nos ancêtres à qui la colonisation européenne avait dénié toutes qualités . Une réhabilitation s'imposait de la part d'historiens africains sans tomber dans une "reconstruction" infantilisante. Tout en signalant et en dénonçant l'absolutisme, avec ce que cela comportait d'arbitraire et qui devait conduire à la Révolution française de 1789, les historiens français ont en même temps reconnu la grandeur de certains rois de France, comme Louis XIV.
Chez les Africains la tendance à l'hagiographie généralisée de nos anciens souverains est très répandue. Cette tendance à été poursuivie dans l'approche de certains leaders politiques de l'après-indépendance, qui n'avaient pas encore montré toutes les facettes de leur personnalité avant leur disparition. Même chez nous en Guinée des "historiens" comme Kobélé Kéita ont continué à présenter un Sékou Touré comme le modèle du leader politique à glorifier malgré les ignominies qu'il a exercées sur le peuple guinéen.Il faut que des Africains se réveillent et signalent cette cécité de quelques-uns qui influencent beaucoup d'autres.
C'est en considération de ce comportement répandu que les observations d'Ibrahima Kylé Diallo sont intéressantes.
Kamin Souh Mahomy13/06/2008 14:01:20
Chèr frère Ansoumane Doré, je crois lire un de nos compatriotes qui vous aime bien, vous avertissait en ce terme, à peu près :
- Ne de dépenssez pas toute votre énergie intellectuelle en intervenant dans ce genre de forums au risque de vous rabaissez.

- Nous vous comprennons tous et reconnaissons votre modestie, votre intégrité totale surtout votre maturité intellectuelle.

Mais à vouloir apporter votre grain de sel dans cet espace politique guinéen, vous vous faites piègé comme ils font à l'autre frère Jacques Kourouma.

ceux dont vous appuyez ne sont certainement pas ce que vous voulez qu'on sache scientifiquement de vos pensées.

Par votre absence depuis longtemps de la Guinée fait que vous n'avez plus l'approche des réalités de ce pays, surtout politiquement.
Mise au point d'Ansoumane Doré de Dijon13/06/2008 19:31:06
Mon cher Kamin Souh Mahomy,
J'ai lu vos conseils mais soyez sûr que personne ne me manipule . Si je me connais un trait de caractère c'est celui d'échapper depuis que j'étais assez jeune à la manipulation.
Vous avez raison, il ya longtemps que je suis parti de Guinée mais cela n'a en rien atténué mon attachement à notre pays et contrairement à une fausse idée répandue, ce n'est pas parce qu'on est parti longtemps de son pays qu'on perd toute trace.En tout cas ce n'est pas mon cas. Cet attachement au pays de ses ancêtres a été observé chez d'autres comme les Européens de l'Est dont des descendants sont retournés qui, en Russie, qui en Pologne, qui en Hongrie, Roumanie, Tchéquie après 50 à 70 ans et qui sont , aujourd'hui, des éléments solides dans les rouages de ces Etats.
Si j'interviens dans des forums avec mes frères et soeurs guinéens, cela ne signifie nullement que je suis à la recherche de quoi que ce soit . Je suis quelqu'un qui est né en 1936, et normalement, toute ma génération est à présent à la retraite . C'est mon cas, ayant été professeur d'Université, je ne suis plus, Dieu merci , à la recherche de quelle que faveur que ce soit. Toute ma vie, je ne me suis cru supérieur à qui que ce soit . C'est pourquoi, c'est un plaisir pour moi de participer à des échanges d'idées avec des Guinéens, tous les Guinéens et je ne considère pas que cela me rabaisse. Cette idée me paraîtrait même arrogante et superficielle. C'est contraire à ma nature. D'ailleurs, depuis très longtemps, notamment au Collège classique de Conakry ( 1949-1956) où j'ai rencontré toute la Guinée, un guinéen, une guinéenne est devenu pour moi un frère ou une soeur. Je n'ai pas varié. Quand je quittais la Guinée en 1957, les choses étaient ainsi pour tout le monde. Elle sont restées ainsi dans ma perception du Guinéen. Pour le restant de ma vie, personne ne réussira à me dévier de cette conception du Guinéen. De longues cohortes de Guinéens (et même de toute l'Afrique subsaharienne ) passées à Dijon, peuvent, je crois, témoigner de cette disposition.
Enfin, permettez-moi de vous signaler que même absent de Guinée depuis longtemps, j'ai tout de même publié en 1986 un ouvrage intitulé : "Economie et société en République de Guinée 1958-1984 et perspectives" Ed. Bayardère, 518 p. 1986; des Guinéens de l'intérieur m'ont écrit par la suite pour exprimer des appréciations favorables. Cet ouvrage qui date maintenant peut être encore acheté sur internet ou consulté dans des bibliothèques.Je souhaiterais que vous le faites pour avoir votre impression.
Kamin Souh Mahomy13/06/2008 23:51:31
Cher frère Ansoumane Doré,
Encore moi, pour vous dire que rien au monde me ferra penser que vous êtes manipulable, loin de là, ou que vous êtes à la recherche de quoi que ce soit et de qui que ce soit. C'est mal vous connître. Alors que je vous connais plus que vous ne le croyez. Quand je vous appelle frère, ce n'est nullement au sens figuré, il faut vraiment croire sans hypocritie ni reserve de ma part.
Je puis vous dire que vous êtes aujourd'hui une des rares fiertés guinéennes sur le plan intellectuellement; respecté de tous, qu'un bon nombre de compatriotes viennent de découvrir depuis les dernières grèves des syndicats, debut 2007.
Seulement notre pays, depuis un certain temps a pris une dangereuse tournure sur le plan de sa cohésion sociale, politique, economique et même militaire.
A cause de votre précieuse importance, dans un tel paysage, nous vous mettons en garde contre les derives de cetains compatriotes mal intentionnés et dans un climat politique guinéen malsaint.

Aussi on a besoin de vous pour servir de garde fou.
Diarafing Mansaré14/06/2008 00:39:01
Cet article éclaire vraiment l'esprit, et merci d'avoir expliqué comment sont nées les lignées de "Djély".
Cela permet de comprendre comment et pourquoi les KANTE, derniers grands princes de l'empire Sosso sont passés du statut de prince touts puissants à celui de griot/forgeron, suite, certainement, aux abus sanguinaires de Soumaoro Kante, le dernier prince/roi connu de cette lignée.
L'Afrique aurait donc ainsi inventé une espèce de prison sociale?
Ceux qui disent que "diely" signifie transmission du savoir par le sang peuvent-ils nous dire si ceux qui transmettent aussi le savoir maraboutique de père en fils (donc par le sang) sont aussi des "diély"?
On les appelle des mandèn mory.
Donc, on voit bien là que ce n'est surement pas une question de transmission de savoir, il s'agirait plutôt d'une précaution contre des princes déchus, si l'on se réfère à cas illustré et vérifiable des Kanté.
Barry A.14/06/2008 18:06:36
Mr. Doré, Kamin Souh Mahomy n'a rien pigé de ce que vous avez dit, c'est pourquoi il croit pouvoir vous détourner de votre voie. J'ai même honte pour ces gens. Il veut vous retirer le droit et le plaisir d'intervenir sur de tels forums au profit des personnes seulement de son acabit!!! Nous autres, nous avons besoin d'idées, d'expériences comme les votres. Quel égoiste ce Kamin Souh Mahomy! Il prétend être le frère au sens propre de Ansoumane Doré, mais, si c'est vrais, pourquoi ne pas dire à Mr Doré, qui il est, réellement? Je suppose que Mr Doré est encore saint d'esprit pour pouvoir se rappeler qu'il a un frère au sens propre, qui s'appellerait Kamin Souh Mahomy. Mais apparemment, il n'en a pas un. De toute évidence, Kamin Souh Mahomy vient de confirmer sans le savoir, que L. Kouyaté a sacrifié l'unité des guinéens retrouvée en janv-févr 2007 en écrivant à l'adresse de Mr. Doré:"Seulement notre pays, depuis un certain temps a pris une dangereuse tournure sur le plan de sa cohésion sociale, politique, economique et même militaire."- Et selon vous qui en est responsable? Kylé ou Kouyaté? Je dois savoir votre réponse! Pourquoi vous n'appelez pas Kylé frère, comme Mrs Doré et Jacques Kourouma? Sachez alors que Mrs Doré, Kylé et Jacques s'appellent FRERES entre eux. Et se considèrent comme tels. Merci.
Sekou Karim14/06/2008 21:43:03
C'est vraiment dommage de s'appercevoir que ceux qui sont censés pretendre à l'Imamat,se livrent à des balivernes du genre de l'article de "Kilé" pour souiller (en la trainant dans la boue)la glorieuse histoire de la guinée.
Si vous remarquer sur le net,les plus tranchants et plus inhumains dans leur appréciation des choses ont pour la plus part plus de 60 ans.
J'ai vraiment mal à la Guinée,car au lieu que nous ne nous donnions la mains pour abonder dans le même sens nous ne faisons que nous terrasser les uns les autres comme dans un jeu de quilles.
Alhassane Barry15/06/2008 00:26:22
De quoi se mèle Barry A. entre Kamy et Doré? qui vous êtes Mr Barry pour jumper sur tout sur ce site.Même si vous êtes propriétaire ou membre à part entière du site GPInfo,soyez un bien élevé de vous abstenir de vous ériger en un juge entre frères guinéens surtout que Mr Doré a fait preuve de sagesse dans sa reponse aux remarques de Kamy.
Barry A.15/06/2008 15:53:46
A ce que je sache Mr Alhassane Barry, vous n'avez pas mieux fait que moi en matière de présentation et de sagesse. Je pourrais vous retourner l'ascenseur en disant de quoi vous mêlez vous?
Mais pour votre information, sachez que je ne fais pas partie de l'équipe de Guinéepresse.info. Mr Kylé ne me connait pas et moi je ne le connais qu'à travers ses écrits. C'est le même cas pour Mr Doré, Kourouma, Sy Savané, Diangolo, Roger Haba, Elhadj Soumah, etc... Et comme vous l'avez bien remarqué Mr Barry, je réagis beaucoup sur ce site. Tout simplement parce que c'est très facile de le faire ( pas besoin d'ouvrir un compte ). Parce que aussi je cherche bcp à m'informer sur mon pays. N'ayant pas l'aptitude d'écrire des articles, je me contente de donner mon opinion qui n'engage que moi, sur celle des autres. En veillant tout de même à ce que politesse et la courtoisie reste de mise. En un mot, je pense exercer à la fois un droit et un dévoir dont je ne suis pas prêt à renoncer. Moi, je ne nie pas ce droit à Kamy. Par contre, je proteste contre la discrimination dont il fait montre entre Guinéens. C'est différend.
J'espère avoir satisfait votre curiosité, Mr Alhassane Barry.