URL: http://www.guineepresse.info/index.php?aid=12207



Le syndrome birman ou l’interminable transition guinéenne


2013-06-03 09:13:37

La présente crise multidimensionnelle guinéenne démontre la complexité de l’interminable transition guinéenne entamée au lendemain de l’insurrection de janvier-février 2007. Elle met en exergue la capacité de reproduction et d’auto-préservation de l’appareil clanique et tyrannique mis en place par le PDG au lendemain de l’indépendance. Gwynne Dyer, un journaliste indépendant basé à Londres disait à propos de la transition démocratique birmane :

« La transition d’une longue tyrannie à une démocratie est particulièrement difficile dans des pays ethniquement compliqués, et il ya deux (2) exemples récents pouvant servir de guide.

Un était la fin du régime communiste en Yougoslavie en 1991, quand l’élite communiste serbe, sous le leadership de Slobodan Milosevic, garda son pouvoir en jouant sur les ressentiments des serbes contre les autres nationalités yougoslaves. Il y avait une décennie de guerre et l’ancienne fédération yougoslave se désintégra en sept (7) nouveaux États.

 L’autre était l’Afrique du sud, un bouillon ethnique encore plus compliqué. Là-bas, la minorité blanche céda volontairement le  pouvoir, et le Congrès National Africain de Nelson Mandela ne s’engagea pas dans une politique de revanche. Le résultat est un pays démocratique, encore uni et en paix. »

Le Président Alpha Condé, les nostalgiques du Pati-État, PDG-PUP, et autres ethno-fascistes du Mandé, ont repris à leur compte la stratégie de la terre brûlée de Slobodan Milosevic et de l’élite communiste Serbe. Les décrets des 13/04/ et  29/05/2013 pris en réaction, le premier à la nomination de Saïd Djinnit et le second au communiqué du Quai d’Orseille, relatif à un audit indépendant du processus électoral, démontrent leur détermination à s’assurer un parlement sur mesure ou provoquer le chaos.

Les patriotes guinéens devraient  se saisir de l’arrivée officielle de l’ONU au chevet de leur pays, à travers son représentant Saïd Djinnit, de la volonté de la France et de la Francophonie de s’impliquer, et mettre en œuvre un accord politique global guinéen devant baliser :

  • les prochaines élections législatives et la mise en place d’un gouvernement d’union nationale basé sur les résultats de celles-ci,
  • devant avec la nouvelle assemblée fonctionnant en constituante, prévenir le projet de génocide peulh en cours et créer les conditions d’une paix durable en bâtissant une nouvelle République.

***

L’impératif de législatives acceptées de tous et d’un gouvernement d’union nationale : le Président Alpha Condé, parlant des élections pendant le régime Conté, disait à Matam, à l’occasion du lancement des travaux  de voirie dans cette commune ceci :

« Nene Koiya, vous m’aviez trop volé à l’époque. Mais, je n’ai jamais revendiqué, car, j’ai confiance en Dieu. Mais, le tout puissant paye toujours les patients et aujourd’hui on est ensemble ».

Pourtant, il n’a jamais accepté des résultats électoraux pendant cette période. Il voudrait user de cette pseudo-analogie et justifier la fraude électorale pendant les prochaines législatives.

Les différents régimes tyranniques guinéens ont instauré une culture « du fait du chef » que « l’opposant historique » semble bien reprendre à son compte.

Le projet de se tailler une assemblée nationale sur mesure pour sa mouvance d’une part, le refus de l’ensemble de l’autre composante de la classe politique (centre et opposition) de se plier à ce dictat d’autre part, ramène la Guinée à la situation insurrectionnelle de  janvier-février 2007.

L’ironie de la situation, malgré les multiples tragédies sous-jacentes, vient de l’intransigeance d’Alpha Condé quand il demandait le départ de Lansana Conté pendant cette insurrection de janvier-février 2007. Par ailleurs, les stratèges de la rétention du pouvoir par le Président Conté à l’époque, à travers l’état d’urgence d’abord et le phagocytage des prérogatives de Lansana Kouyaté, par la suite, sont pour la plupart, autour du Président Alpha Condé aujourd’hui.

L’opposition a trouvé un beau nom : l’opposition républicaine. Elle devrait formaliser celle-ci en fusionnant en elle, le Collectif, l’ADP, le CDR et le FDP. Cette opposition républicaine devrait s’élargir à Jean Marie Doré et ses compagnons. C’est un homme trouble, mais il s’est inscrit dans une logique de dénonciation systématique ; il disait dans de récentes interviews à RFI:

« Tout compromis qui renforce la fraude n’est pas un compromis. … Waymark est une entreprise que l’on engage pour faire gagner le gouvernement en place. … Donc qu’est-ce que nous demandons ? Il faut un nouvel opérateur de saisie. C’est aussi simple que cela ! Mais le président Alpha veut avoir 90 députés sur 114. Où Il va ramasser ça ? … Entre temps, on a pu savoir ce que Waymark a fait comme révision de fichier. Ce fichier a révélé des choses inouïes. Depuis l’élection présidentielle: il n’y a eu que 2 500 nouveaux électeurs dans la plus grande circonscription électorale de Conakry, il n’y a eu que 11 000 nouveaux électeurs dans tout le Fouta, en Haute Guinée, il y a eu  400 000 nouveaux électeurs »,

et à Africaguinée : « Si on dit on donne tel ou tel, tel nombre de députés, ce n’est pas normal. Si moi on me dit qu’on donne à mon parti 90 députés sur 114, je ne vais pas accepter parce qu’on ne peut pas avoir 90 députés sur 114. Je l’affirme catégoriquement. Ni Cellou Dalein Diallo, ni Lansana Kouyaté, ni Saloum Cissé ne peut avoir cela. »

Les décrets cités ci-dessus procèdent d’une volonté de monter les enchères sur la question de WAYMARK, lors des prochaines négociations, et de faire entériner son choix par la communauté internationale en proposant un système de contrôle de son travail par un autre opérateur contre le vote des guinéens de l’étranger. L’opposition fera face à une pression énorme pour accepter ce « compromis ». Le Président Alpha Condé voudrait à défaut, avec l’appui de ses puissants amis, s’engager dans une fuite en avant en raison des rapports de force militaires sur le terrain.

L’opposition républicaine devrait s’ouvrir aux propositions des experts électoraux de l’ONU. L’OIF a démontré son impartialité avec son dernier rapport. Le PNUD était le premier à signaler les failles du système WAYMARK.  Mais elle devrait  avoir ses propres experts en informatique et des questions électorales. C’est le meilleur moyen de contrer les manœuvres de l’expert engagé par Bakary Fofana et le pouvoir afin d’invalider les conclusions des rapports du PNUD et de l’OIF.

L’idée d’une opposition républicaine englobant tous les partis en dehors de la mouvance présidentielle, les quatre (4) anciens Premier-ministres notamment, est de renforcer son caractère national.

Une telle opposition se donnerait les moyens de résister à l’énorme pression des puissants amis du Président Alpha Condé au sein de la communauté internationale. Mais il s’agit surtout d’établir avec cette  communauté internationale le principe d’une  résolution du présent conflit politique guinéen par des élections législatives acceptées de tous. Ce conflit est en effet le résultat direct de la dernière présidentielle bâclée. Celle-ci était censée corriger toutes les fautes accumulées pendant l’interminable transition entamée en 2007. Il y a là une obligation d’inventaire et de bilan afin d’amorcer un processus de réconciliation et de construction d’une paix durable par une refonte de la République.

***

La Nouvelle République : l’élite postcoloniale guinéenne, à l’instar de ses homologues africaines, avec les exceptions notables, dans une certaine mesure, du Sénégal, le Botswana et l’Ile Maurice, n’a pas pu édifier un État national. Toutes ces élites ont privilégié l’édification d’un système de Parti-État, devenu par la force des choses, dans le contexte des États multiethniques postcoloniaux artificiels, un système clanique de self service et d’auto-préservation par la répression et le clientélisme. Le conflit guinéen actuel, au-delà de ses causes immédiates évoquées ci-dessus prend racine sur ce fait historique. Il n’est pas spécifique à la Guinée.

Le chaos somalien, le génocide rwandais, la partition du Soudan, les irrédentismes nord-malien et casamançais, les conflits postélectoraux ivoirien, kényan, zimbabwéen, bissau-guinéen, les guerres civiles congolaises, angolaise, mozambicaine, libérienne, sierra-léonaise…, viennent toutes de là.

Les élites postcoloniales africaines refusent d’affronter courageusement cette réalité et élaborer des modèles d’édification d’États nationaux viables  à l’épanouissement de Nations démocratiques. Elles s’embourbent souvent dans des stratégies à court terme de conquête et de conservation du pouvoir.

Cet état de fait a donné à l’appareil tyrannique guinéen, mis en place par la première république, une capacité d’adaptation et d’auto- préservation inouïe. Il s’est adapté à tous les régimes. Le comble est que le Président Alpha Condé, élu comme opposant historique à cet appareil, en est aujourd’hui le plus fervent apôtre. Il a proclamé sa volonté de ramener la Guinée là où le Président Sékou Touré l’avait laissée. Ceci est une de ses rares promesses tenue.

J’ai initié en août 2012, par une lettre ouverte à Hadja Rabiatou Sera Diallo, publiée à Guinée Actu et Guinéepresse.info, une série d’appels en vue d’un accord politique global  guinéen.

La pensée fondamentale sous-tendant ces appels est de mettre fin à l’interminable transition en engageant une rupture avec notre demi-siècle de dictature par une refonte de l’État guinéen sur la base:

  • d’une dévolution de pouvoir aux quatre (4) régions naturelles et communautés nationales à travers l’instauration d’administrations et parlements régionaux,
  • un équilibre et un consensus national à travers un sénat constitué de quotas égalitaires de députés régionaux proportionnellement au poids de chaque parti représenté,
  • une équité et la sécurité pour tous par la réforme de l’administration centrale et des forces de défense et de sécurité sur la base d’une représentation régionale égalitaire en leur sein.

Les prochaines négociations à propos des législatives sous l’égide de l’ONU, devraient s’inscrire dans cette stratégie de refonte de la République, afin d’asseoir les bases d’une paix durable au sein d’une nouvelle République unie, forte et prospère. Cette refonte pourrait s’engager avec un gouvernement d’union nationale à l’issue des prochaines législatives dont les résultats devraient être acceptés de tous et serviraient de base à sa formation. Ce gouvernement d’union nationale et la nouvelle assemblée, fonctionnant en constituante, l’initieraient par l’élaboration d’une nouvelle constitution devant intégrer les éléments ci-dessus.

Le clientélisme de l’appareil tyrannique guinéen s’appuie, entre autres,  sur les nominations par décret du Président de la République. L’équilibre régional envisagé ci-dessus pourrait être renforcé par le système américain de censure et de confirmation des nominations présidentielles par le sénat.

L’élection du Président au suffrage direct à deux (2) tours, dans un pays où le vote est largement communautaire, exacerbe les tensions ethniques. La nouvelle constitution devrait promouvoir l’élection indirecte du Président par l’assemblée et le sénat. Cette nouvelle constitution serait soumise à référendum en prélude d’élections générales et une élection du Président dans la foulée en 2015.

Quand l’existence de la Guinée est menacée dans ses fondements d’État national, la classe politique et l’élite guinéennes devraient transcender les petits calculs de positionnement et appréhender la crise politique guinéenne dans sa globalité et dans sa profondeur historique. Les patriotes guinéens et les quatre (4) anciens Premier-ministres, peuvent dans un sursaut national, se constituer en rempart contre le chaos vers lequel semble nous conduire le Président Alpha Condé.

Ces anciens Premier-ministres, devraient mutualiser leurs ressources pour s’assurer une victoire aux prochaines législatives. Ils devraient avoir un pacte de positionnement, selon leur score électoral respectif, dans le gouvernement d’union nationale et le parlement. Le parti avec le plus grand nombre de députés désignerait le Président de l’assemblée, le second le Premier-ministre, les deux (2) autres héritant de ministères d’État de souveraineté. Ils pourraient, en raison des défis de la réconciliation nationale, nés de l’exacerbation des divisons par le présent régime, reconduire leur pacte au-delà de 2015, si un d’eux gagnait la présidentielle. Ils seraient, selon le score électoral de chacun et l’ordre protocolaire, Président de la République, du Sénat, de l’Assemblée ou Premier-ministre.

***

La communauté peuhle de Guinée devrait adhérer, autant que possible, à ce programme de refonte de la République. Mais elle ne doit pas continuer à donner 90% des martyrs à l’édification d’un État de droit. Elle se doit une réflexion autonome sur les moyens de sa sécurité et de sa survie en Guinée.

La Guinée est en face d’intérêts internationaux, poussant l’opposition à capituler en agitant le spectre d’une guerre civile type libéro-sierra-léonais.

Ces intérêts voudraient s’assurer de contrats miniers léonins avec un parlement croupion ou pousser au chaos et investir dans la vente d’armes aux belligérants et dans toutes sortes de trafiques illicites assorties d’une main basse sur les mines.

Les patriotes guinéens de l’opposition, mais surtout de la mouvance, doivent dans un sursaut national offrir un choix sans équivoque au Président Alpha Condé :

  •  passer en force les législatives et faire face non pas à des manifestations hebdomadaires, mais à une seule mobilisation de désobéissance civile générale et illimitée, demandant son départ,
  • ou accepter de se remettre en cause avec humilité et soumettre sa mouvance au verdict populaire à travers un scrutin sincère et s’offrir par ce biais une seconde chance en 2015.

La refonte de la République de Guinée, ci-dessus, pourrait réhabiliter le vote du 28 septembre 1958, terni par la déviance dictatoriale cinquantenaire et l’hécatombe du 28 septembre 2009, en s’inscrivant dans une stratégie continentale d’édification d’une Confédération Africaine.

Alpha O Barry


 

5 commentaire(s) || Écrire un commentaire

Revenir en haut de la page


VOS COMMENTAIRES

mouctar03/06/2013 19:59:31
M Barry belle analyse et de très bonnes propositions de solution. celle qui retient mon attention est l'idée d'une coalition forte de tous les partis d'opposition a l'image du RHDP en CI qui a prouvé qu'elle était une alternative crédible au régime dictatorial et fasciste de GBABGO, ce qui a conduit au soutien sans faille et inconditionnel de la communauté internationale à cette alliance aujourd’hui au pouvoir en CI. je signale que dans cette alliance toutes les régions y sont représentées avec de grands partis politiques(RDR,PDCI UDPCI MFA)et des leaders charismatiques issues de toutes ces régions;ADO pou le nord, BEDIE pour le centre le sud et l'est, ANAKY KOBENAN pour le nord-est et MABRI TOIKEUSE POUR l'ouest et l'ouest montagneux. Et ces leaders ne ce sont pas toujours portés dans le cœur mais la nation en péril du fait de GBAGBO et son groupe les a réveiller pour le bonheur de la CI
Mamadou Samba Diallo04/06/2013 10:20:57
Cette analyse est vraiment naive. Quand est ce que ces soi-disant intellectuels peuhls vont comprendre. Voici le même qui disait dans son précèdent article que si Alfa Condé tuait un militant de l'opposition lors de la dernière marche que devraient organiser Cellou et clique, l'opposition devrait demander le départ de Alfa. Mr barry vos analyses sont narquoises à l'égard des pauvres victimes.On sent que vous n'avez pas un parent direct parmi ces victimes. Que voulez vous encore comme preuve sur gouvernance de Alfa et surtout sa politique d'exclusion des peuhls. Il a dit qu'il fera des peuhls les palestiniens de l'afrique. Avec vos analyses fadaises vous êtes en train de l'accompagner dans sa politique de destruction du pays. Avez vous vraiment lu et compris le message du doyen Élhadj Saikou yaya barry?
Guineen-tout-court04/06/2013 19:54:34
Cher Alpha Barry, vous faites là, une analyse pertinente de l’actualité politique actuelle en Guinee. En tout cas, de par les temps qui courent, et eu égard à la grande frustration de l'opposition en générale, et celle de la communauté peuhle en particulier, produire une telle synthèse exige un véritable sang froid et une lucidité devenue de plus en plus rares au sein l'élite guinéenne.

Il faut espérer que vos remarques et votre appel soient entendus. Faute de quoi, il faut s'attendre à ce que les gens (la communauté internationale et une grande partie de nos compatriotes) finissent par s'accommoder, pour longtemps du régime actuel, faute d'alternative sérieuse en face.

Votre appel à l'unité de l'opposition est une proposition TROP BELLE pour être réalisable en Guinée –du moins dans le moyen terme. Or vous savez, les bonnes choses (bonne gouvernance, bon voisinage entre politiciens, bons dirigeants...), sont des denrées en Guinée, au point que l'on entend souvent dire que ce "pays est maudit" ou encore "l'opposition guinéenne est la plus bête au monde, etc...

J'ai souvent dit à des amis que l'opposition guinéenne d'aujourd'hui( à l'image de celle des années 90) a ceci de particulier, d'être composée et dirigée par une bonne brochette de personnalités qui jouissent d'un certain charisme, d'une influence dans l'opinion publique. Ce qui devrait constituer normalement, un atout pour elle. Mais seulement voilà, cet atout est devenu en même temps, le handicape de cette opposition, puisque chaque leader croit (en dépit des chiffres publiés lors des présidentielles de 2010), qu'il est plus méritant que l'autre...

Il est vrai que, jusqu'à ce demi "retrait" de Sidya Touré, l'opposition a affiché une unité de "façade" remarquable ces derniers temps. Mais personne ne se fait d'illusion sur les intentions réelles et les réticences des uns et des autres:

vous avez d'un coté, des leaders fraichement venus sur la scène politique, mais dotés d'une capacité oratoire extraordinaire. Ils sont animés par une nouvelle façon de faire de la politique, ils sont sans le désir d’amener leurs aines à « faire valoir leur droits à la retraite» ; ces aines « qui furent déjà, sous Lansana Conte, au pouvoir et qui en redemandent encore aujourd’hui ». Cette jeune génération fascine, mais indispose ses aînés par le dynamisme et la rapidité avec laquelle, elle se profile dans le nouveau paysage politique. Son handicape, le temps! Elle a besoin du temps, beaucoup de temps pour s'établir dans l'électorat. Elle n'a, logiquement aucun intérêt à ce que les choses se précipitent (par ex. des négociations devant aboutir à des élections dans un proche délai).

De l'autre coté, vous avez les trois "vainqueurs " (couramment appelés candidats malheureux) des présidentielles de 2010. Ils ont pris conscience de leur encrage réel dans l'électorat guinéen. Certains même peuvent se targuer d'avoir près de la moitié dudit électorat! Leur handicap,(en dépit de cette unité de façade), chacun a un son propre agenda. A vrai dire ils se "détestent". Certains parmi eux, se référant sur leurs carnets d’adresses, leur passage à la primature marqué par des résultats plus ou moins bons (c’est le cas respectivement de Sidya Touré et de Lancine Kouyaté) , peuvent être tentés par un sentiment de « suffisance », voire d’arrogance, au point de « relativiser » en coulisse les performances électorales de leur collègue du même camp (cellou Dalein Daillo). Attitude apparemment illogique, mais hélas bien visible. D’ailleurs, il n’est pas exclu que, en prélude aux législatives, des « peaux de bananes » fassent leur apparition dans les prochaines semaines, rendant l’unité de l’opposition difficile et la nécessité de l’émergence d’une nouvelle génération d’acteurs politiques de plus en plus pressante.

But waith and see
Alpha O Barry06/06/2013 12:00:04
Guineen-tout-court

Je suis en réalité très au fait de la conviction que Cellou, Sidya et Kouyaté ont chacun d’être le prochain président de la Guinée. L’équation politique guinéenne se pose comme suit :
• Jean Marie Doré, conscient du poids électoral de la forêt, son fief, voudrait se tailler une stature de faiseur de roi face à Alpha, Cellou, Sydia et Kouyaté, en animant un centre,
• Cellou se refait le calcul de la dernière présidentielle et est convaincu que dans une élection propre, il remporterait en ajoutant au bloc électoral du Fouta, celui du 3ème meilleur candidat au premier tour et tous ceux qui seraient attirés par une grande probabilité de victoire du premier meilleur candidat au premier tour,
• Sidya se refait comme Cellou, le même calcul de la dernière présidentielle, Alpha laminé par Kouyaté en Haute-Guinée, il rallierait ce dernier et Jean Marie Doré et tous ceux qui reprochent à Cellou sa gestion auprès de Conté et ceux qui ont des ressentiments vis-à-vis des peuhls au bloc électoral de la Basse-Guinée pour gagner au 2ème tour,
• Kouyaté rêve de se présenter comme une alternative à la politique de la terre brûlée pratiquée actuellement par Alpha en vue de récupérer l’électorat et l’appareil d’État Mande et faire la même chose que Sidya pour gagner au 2ème tour.
Ce sont tous ces arrières pensés et calculs qui ont conduit à l’actuelle impasse et à l’hésitation de la communauté internationale à retirer son soutien à Alpha.
Il n’y a en effet aucune garantie que Sidya ou Kouyaté n’appliquerait pas les mêmes recettes d’Alpha contre Cellou et les peuhls ou que ces derniers ne laisseraient libre cours à leurs ressentiments accumulés pendant un demi-siècle.
C’est la lecture de cette situation qui m’a amené à la série d’appels engagée en août par la lettre ouverte à Hadja Rabiatou Sera Diallo, publiée surtout à Guinée Actu, mais plus particulièrement le papier ci-dessus.
Au lendemain de la signature de l’accord de Ouagadougou, j’ai appelé Cellou et je lui ai demandé, pourquoi, on ne procèderait pas à des législatives avant la présidentielle. Il m’a répondu que lui et Alpha pensaient la même chose, mais que la France voudrait une présidentielle dans les 6 mois pour renvoyer les militaires dans les casernes. Je continue à me demander pourquoi n’était-il pas possible comme au Niger de coupler les 2.
Mes idées peuvent sembler prématurées pour certains et irréalistes pour d’autres, mais moi je crois que si nous voulons arrêter de tourner en rond, comme on l’a fait depuis janvier-février 2007, nous devons saisir l’opportunité des négociations sous les auspices des Nations Unies pour asseoir les bases d’une paix durable.
Je crois profondément que nous avons avec le dialogue en cours une chance d’éviter le chaos à la Guinée et de réfléchir sérieusement aux raisons de nos échecs répétés à engager une rupture avec la dictature et la mal gouvernance.
Ces 4 anciens Premiers-ministres pourraient travailler ensemble dans les 7 prochaines années (2 ans avant la prochaine présidentielle de 2015, les 5 ans du prochain mandat présidentiel) à engager une rupture, réconcilier les guinéens et asseoir les bases du développement du pays.
La jeune génération apporterait son dynamisme et son enthousiasme tout en acquérant de l’expérience et en préparant la relève à partir de 2020.
Guineen-Tot-Court11/06/2013 09:20:58
Alpha O Barry,

je trouve votre approche plutôt réaliste. Les resultats des negociations confortent plaide pour une démarche réaliste. L'idée de couplage fait son chemin. Elle fait partie des dix propositions de l'opposition, même si elle ne concerne pour l'instant que les legislatives et les communales. C'est dire que votre idée n'est pas, à mon avis, aussi "prématurée" que vous dites.

Enfin je partage votre plaidoyer pour une mise à profit de la crise actuelle, en travaillant à l'émergence d'un nouveau leadershep, fruit de collaboration entre les quatre anciens PM et l'expérience qu'aurra acquis, entretemps, la nouvelle géneration.

Encore une fois, excéllente réflexion.

Bien à vous