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Plaidoirie de caniveau ou l’honneur perdu de Maître Mory DOUMBOUYA2013-06-06 05:46:52 Cet homme que je n’ai jamais rencontré dont je ne juge que parce qu’il a laissé paraître de sa personne aurait aimé être Napoléon Bonaparte ou Robespierre. Il ne peut être comparé au premier même si comme lui, il ne culminerait qu’à 1m69, taille de l’Empereur. Robespierre guinéen, non plus, car Maximilien avait un joli petit surnom : « l’incorruptible ». Il n’a jamais vendu son âme au diable. Ce troubadour aigre a tout de même une qualité, celle d’être un farouche pédant, allant chercher à l’au-delà, dans un verbe sur joué gorgé d’ambition, une autorité grotesque empruntée, que son petit corps ne peut point abriter. L’homme est bouillant, unilatéraliste, « bafoueur » désemparé, il rythme ses interventions dans un jeu de dispatching accablant, à coup de diatribes affligeantes, à l’endroit des « ennemis de la patrie, » comme il aime tant assener. Il est pressé d’en découdre. Grand donneur de leçon, il avait eu, par moments, oublié que l’auditoire ne s’arrêtait pas aux frontières de cette prison à ciel ouvert qu’on appelle République de Guinée, lorsque souvent dans cette Cour d’assises, il commettait des fautes de grammaire et de syntaxe, dans ses multiples tentatives d’humiliation des avocats de la défense et des accusés, résignés. Quant à la prononciation des adverbes, il y a là quelque chose d’insupportable. Très souvent, on a entendu des phonétiques tels que: décidement, forcement, expressement, conformement, précisement, etc. Mettez un « é » (ont dit décidément, précisément, conformément,) cher Monsieur ça irait mieux. On ne peut pas parler le français de Saint-germain des Près, en ayant passé son enfance entre Siguiri et Coronthy, s’être restauré pendant une demi décennie, les gastronomiques mets de SARECO. Cette remarque est d’ailleurs valable pour le procureur, certains journalistes de la RTG et quelques ministres du gouvernement « donka félé ». Tel un rongeur en embuscade permanente, ses yeux rotatifs cherchent l’acquiescement d’un procureur qui bidonne et d’un auditoire soumis, désabusé par un dégoût absolu. C’est connu, à la guerre des mots, les vainqueurs traitent toujours les vaincus de traîtres. Tel un rat colérique, ulcéré par les contrariétés qu’opposent les mourants que sont les accusés, il est prêt à mordre un Imam, piétiner un infirme, cracher sur l’honneur d’une femme tant que ces derniers refusent l’extrême onction, le sacrement de pénitence, l’aveu, la soumission. Alors, il racle de sa gorge, un venin qu’il croit mortel. Mais il ne paralyse guère ; jamais même une souris de laboratoire ne fut impressionnée par ses agitations. Tel un têtard avorté, il tente de muer en un homme au cerveau viable, capable de rivaliser avec de juristes étrangers qu’il défie en permanence. Sa toge dorénavant souillée par ce faux procès, il errera tel un fantôme intemporel, entre Cours et Tribunaux de conakry. Il ne plaidera jamais ailleurs. Que son destin soit ainsi. C’est l’occasion pour moi d’ailleurs, de rendre hommage à Maître Raffi RAJJA qui, face à l’insistance d’un président aux ordres, qui l’intimait de façon récurrente l’ordre de « passez- cette question », a tout simplement décidé de faire valoir ses droits en réaffirmant, avec courtoisie et dignité, qu’il ne souhaitait pas subir, à ciel ouvert, la censure que la Cour imposait à la défense, à chaque fois que la construction d’un raisonnement allait permettre de mettre à nu, le mensonge d’Etat. Il rendit sans murmure le grisonnant micro et se retira. Ce jour là, l’histoire a retenu ce détail rempli de honte et de déshonneur. Pour revenir à Mory DOUMBOUYA, il apparaît que, tout au long de son abracadabrantesque monologue injurieux, il n’aura parlé que de politique, alors même qu’il s’était érigé contre toute allusion à la politique durant les débats. Il a été question aussi, d’un long moment de tirades tragiques contre la communauté peule, un moment, je l’avoue, dur à vivre.
Ç’aura été pour la première fois dans un procès criminel, qu’il m’a été donné d’entendre dans une plaidoirie des slogans politiques défendant la politique d’un gouvernement. Tout y passe : élection, PPTE, Unicité de caisses, politique monétaire, la Fatiha, les emplois fictifs dans la fonction publique, la réforme de la justice, la restructuration de l’armée, la politique agricole, l’inflation, de ceux qui « vomissent, bavent sur le nom du Président de la République, etc. C’était un discours de politique générale digne d’un premier ministre de fait, dans une désinvolture cynique de canaille inexpérimentée. Bienvenus dans la République des démagogues et des hommes infamants, à l’ethnocentrisme décomplexé. Parlant de Monsieur FERNANDEZ, lui, est un ethno de circonstances. Je ne crois pas que ce Monsieur me detesterait en raison de mes origines en temps de justice et de paix. Mais il sert un régime fasciste dont il est obligé de séduire, sinon quelqu’un d’autre le ferait à sa place. Je ne lui tiendrai aucune rancune. Que Dieu aide la Guinée à retrouver la raison. Mais comment, si ceux qui sont plus éclairés restent individualistes, dénués de tout sens de l’intérêt général ? Comment ? Quant à Monsieur Kamano, il a été trop loin. Il affiche le portrait d’un ethno constant et civilisé. Son expérience lui confère de l’habileté mais il ne trompera personne. Au crépuscule d’une vie, notre plaidoirie doit s’adresser, à cœur sincère, au procureur unique et omnipotent (ALLAH) pour que son réquisitoire nous soit favorable le jour où nos effets de manches ne nous serviraient point. Je lui souhaite tout de même, comme à tous les hommes, que le Paradis lui soit requis. En faisant les éloges d’un régime qui n’a eu le pouvoir que par une courte victoire (officiellement), il oublie que presque la moitié des guinéens n’ont pas voté pour le chef du régime actuel. S’il ne pouvait guère éviter un discours politique, alors il aurait fallu inclure au lieu d’exclure. Mais il est vrai aujourd’hui qu’en République bananière de Guinée, c’est celui qui descend le plus dans les caniveaux de la stigmatisation des peuls qui sera le mieux récompensé. Cette surenchère est meurtrière. Je tais le cas de Monsieur SIDIBE car il a été discret et mieux mesuré que les autres. J’espère qu’on ne reverra pas à la baisse ses honoraires à cause de moi. Quoi qu’il en soit, pour un juriste formé dans les universités françaises, j’estime avec modestie, que, ce que j’ai observé n’a rien à voir avec le Droit, encore moins avec un procès aux assises. Mais cela n’est guère étonnant car, entre autres « hybrideries » à la guinéenne, le préambule du pourvoi en cassation contre le premier arrêt de renvoi, formé par la partie civile et introduit par cet avocat mentionnait des phrases comme, « ….. la Guinée, tirant les leçons de son passé, fière de son passé historique, etc…, jusqu’à louer les bénéfices de l’arrivée de AC au pouvoir ». Je conseille aux amateurs d’aller jeter un œil. C’est une véritable délectation théâtrale. Après votre lecture, vous maudirez le premier bilakoro ayant inauguré de telles méthodes démagogues en République bananière de Guinée. Pour l’observateur des soubresauts politiques guinéens, le soupçon fondé sur l’indépendance mythique de la justice en guinée se renforçait dès lors. Dans un pays de droit, de tels moyens extra juridiques ne sauraient prospérer. J’en sais quelque chose, car, débarquant de l’UGANC il y a 20 ans, alors en deuxième année de droit, je m’inscris à Paris 13 en 1ère année de droit. Je me souviens encore des commentaires que mon chargé de TD en droit constitutionnel mentionnait sur mes devoirs (trop journalistique, excellente littérature, aucune discipline juridique, aucun syllogisme juridique, etc ) jusqu’au jour où j’ai sorti le monstre mégalomane que j’avais emporté de Gamal en moi. Cette remarque n’est pas faite pour dénigrer les diplômés de cette université car je n’oublie pas que nombreux bons cadres s’y sont sortis, grâce à leurs efforts personnels. IL suffit d’observer le talent de Maître Salifou Béavogui, de Maître RAJJA, de Maître Amadou Oury DIALLO, etc. Mais je doute qu’en y restant si j’aurais réussis à être aussi brillant qu’eux, n’étant pas très intelligent à la base. Mais ce dont je suis fier aujourd’hui, c’est de n’avoir pas été obligé de ressembler à ce Robespierre des hautes savanes. Poursuivant son discours politique intitulé « plaidoirie », parlant de BAH oury, d’un certain Lamine DIALLO qui aurait fui en Allemagne, il dit : « nous les attendons ici pour les cribler de …….. ». Non, cher Monsieur, vous n’aurez jamais BAH Oury. Vous ne le criblerez de rien du tout car, voyez-vous, le mensonge a la faiblesse d’être gonflé à l’hélium. Il peut être gros mais ne pèse pas lourd. Quand il éclate, il ne reste rien. Vous le savez, ce théâtre auquel vous avez participé est l’œuvre dramaturgique la plus réussie que le pays des complots permanents ait eu à produire. Comme toute œuvre de divertissement, nous avons ris, pleuré, souffert, indigné, rêvé, regretté, reproché, réfléchi, questionné, condamné, toléré, pardonné ( ?) Et bien moi j’ai une preuve, d’au moins, celle de la préméditation, qu’en Guinée, un complot était en préparation. Je vous renvoie à l’interview d’Alpha CONDE accordée à Sabine Cessou du journal quotidien français en septembre 2010. Cellou Dalein Diallo vous accuse de préparer un coup d'Etat avec l'aide des militaires. Que lui répondez-vous ? Comme vous le constatez, il dit bien « vous verrez bientôt », l’idée germait déjà dans la tête de cet homme dont le portrait psychologique aurait intéressé fortement Cesare Lombroso dans sa description de l’homme criminel au 19ème siècle. Mais à quoi bon, Dadis s’en est occupé en 2008. Sacré Dadis Camara, le seul théoricien criminologue qui a fait appel à Machiavel pour appuyer la thèse de Lombroso. C’est dément ! Aujourd’hui le machiavélisme dont décrivait le Capitaine Dadis CAMARA a été poussé dans l’horreur absolu, consistant à confiner les quartiers peuls sous couvre-feux pour continuer à piller, incendier, violer et tuer leur communauté à Conakry. Pourquoi ? Quand on en parle, vous nous taxez d’ethnocentriste. Que voulez-vous enfin ? La paix et la prospérité pour une partie de la population sont un rêve, tel le jaune de l’horizon que vous n’atteindrez jamais. Cela n’arrivera pas. Préférez-vous passer votre mandature à compter les morts et gérer la violence ? La seule proposition que je vous ferai durant votre quinquennat est la suivante : apprenez à gérer la paix. Vous verrez que nous sommes tous des frères. Mais quand je vous entends lors de ce procès, je déplore la perte d’un éventuel partenaire. Chaque guinéen qui choisit le camp du mensonge et celui de l’injustice, divise un peu plus la Guinée et réduit notre chance de nous en sortir. Le bien-être que vous convoitez aujourd’hui ne sera jamais possible d ans la haine. Si je continue de parler c’est dans l’espoir que quelqu’un, deux, trois, une centaine de l’autre camp et/ou affiliés, au bord de Tinkisso ou de Fatala, peu importe, un jour, disent stop. Que vous ne voulez plus qu’on massacre nos frères et sœurs, qu’on pille ce que nous avons durement obtenu. Mais depuis plusieurs années ça n’arrête pas, et vous semblez vous en délecter. Pourquoi ? Jusqu’à ce qu’on dise tant pis ! Qu’on ne meurt qu’une fois ? Je tue ta sœur et tu tues la mienne ? Je brûle ta maison et tu brûles la mienne ? A ce jeu on finira comment, et où ? Stoppez cette machine à haïr avant que cela ne devienne tard. Personne ne peut rester longtemps, bras croisés, assister au viol et à la tuerie, suivis d’humiliation et d’arbitraire de toutes sortes, sans résister. Ceci vaut un avertissement à tous les salopards qui pensent détenir seuls la vérité absolue. Moi je sais que je n’ai pas l’apanage de la vérité mais en discutant avec celui qui m’en veut, il y a une chance qu’il pardonne mes erreurs. Paix et salutation sur tous les guinéens, et ce n’est pas un SLOGAN. Voir ou revoir aussi ce lien (http://guineepresse.info/index.php?aid=8447).
Boubacar BARRY MO FUGUMBA.
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