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L’ethnocentrite« L'ethnocentrite". Comme le cholera, c'est une endémie qui sévit dans les pays où les conditions de vie sont insalubres et où les médiocres sont au pouvoir. » Les symptômes individuels sont généralement la peur de l'autre et la tendance à rejeter sur une ethnie ou un groupe ses propres lacunes. Une victime notoire de la maladie est l’illustre premier président guinéen. Des diagnostiques erronés ont fait penser qu'il avait la syphilis. Mais il est établi maintenant que c'est bien de "l'ethnocentrite" avec des épisodes de "complotite" dont il souffrait. Dans sa forme épidémique, "l'ethnocentrite" peut dégénérer en génocide. La Guinée n’a été jusque là le théâtre que de la forme délirante de "l'ethnocentrite" qui s'est manifestée par des campagnes virulentes : En 1976, guerre aux peulhs, en 1985 "Wo fataara" contre les malinkés etc. L’étiologie a montré que la transmission du virus se fait par des chainons complexes et sélectifs. En général les personnes faibles d'esprit, rancunières et souffrant de complexes infantiles ont une propension à contracter "l'ethnocentrite". Les personnes avec un bagage intellectuel léger aussi sont exposées à la maladie. L’"ethnocentrite" a des variations selon le degré de proximité au pouvoir. Sous sa forme d’ethno-stratégie que, dans le temps, on appelait oligarchie, "l'ethnocentrite" se pérennise par la division du corps social dont il affaiblit les mécanismes de défense. Les mêmes études étiologiques suggèrent que les profiteurs de l’état souffrent tous du syndrome qu’ils dissimulent comme une maladie honteuse. Les symptômes sont le larbinisme à outrance, la profusion de louanges au chef, de pleurs en public rien qu’à l’énoncé de son nom, ou l’auto flagellation qui consiste à charger sa propre ethnie de toutes les tares possibles (haine et négation du soi). La maladie se déclare brutalement dès qu’ils perdent les postes juteux. La forme diffuse et plus difficile à diagnostiquer de "l'ethnocentrite" est l’ethnocentrisme. Ce dernier fonctionne avec les fétichismes de l’identité et la sublimation de l’appartenance ethnique non comme une donnée, mais comme la source de tous les maux, donc la solution automatique à tous les problèmes. Les études pharmacologiques font cependant des progrès sur des mesures simples que chacun peut entretenir dans sa tête pour éviter de tomber dans les panneaux de l’endémie. Ceci en attendant qu’une autre insurrection porte au pouvoir des gens capables et honnêtes (il y en a bel et bien en dépit de la propagande de l’état). L’augmentation du niveau d’éducation, la sélection sévère basée sur la compétence et la moralité dans l’attribution des postes de commande et d’exécutant, un système judiciaire de recours, une décentralisation et une répartition des pouvoirs ont réussi à atténuer voire enrayer les effets dévastateurs de "l'ethnocentrite" dans des pays géographiquement et économiquement similaires à la Guinée. Le terrain guinéen présente une adaptation particulière et en dents de scie aux virus de "l'ethnocentrite". Les observateurs ont noté que le système semble renforcer son immunisation contre le syndrome dans les phases de lutte pour la bonne gouvernance. Un cas d’école aura été le mouvement de Janvier et Février 2007 durant lequel on crut que l’endémie avait été subitement enrayée. Les chercheurs ont découvert, à leur grande surprise, qu’il fluctue, en phase, avec le recul ou l’avancée des espérances de changement. Pour preuve, des cas nombreux de rechute ont été constatés depuis l’arrêt la suspension du mouvement social. Les études pour mieux comprendre les amplitudes de ce mouvement sinusoïdal de l’endémie sont en cours. Certains spécialistes soutiennent que le gouvernement dit de « consensus » aurait encouragé l’apathie propice à la nouvelle flambée de « l’ethnocentrite ». D’autres insistent que le général Conté, champion des maladies imaginaires, serait la cause majeure de cette rechute. Leurs prédictions sont alarmantes et l’argumentation empirique convaincante. Le nouveau premier ministre n’est pas équipé pour enrayer la maladie. Ils chuchotent qu’il est lui-même porteur du virus. Ses propos lénifiants seraient plutôt une confirmation, à contrario, que les victimes se rétablissent spontanément dès qu’ils reviennent aux affaires. Ils deviennent des partisans fervents (temporairement au moins) de l’unité nationale et du « consensus » dès qu’ils ont les mains dans les caisses de l’état. P.S : Aux dernieres nouvelles, les marchands soussous, peulhs, malinkés, Kissi, guerzes etc… à Conakry et ailleurs continuent à traiter ensembles. Il y a en même qui se font de l'argent. En plus il y a des couples interethniques qui continuent à élever leurs enfants malgré les conditions économiques du pays. Une piste prometteuse de recherche pour les cliniciens. Ourouro Bah
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