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| Saïdou N. Bokoum |
Quel leader, quelle vision claire des objectifs, quel stratège, quel tacticien ! On pense à un de ces hold-up du siècle où je ne sais quel illuminé a vidé telle banque ( ou la Poste ) en plein cœur de Londres. Des milliards envolés à jamais, malgré Scotland Yard. Mais le génie de Coplan est ailleurs.
Tous les « lacourous » reconnaissent son leadership. Bien qu’ils soient tous armés comme lui, ils baissent les armes, et se mettent au garde-à-vous volontairement quand il faut trancher. Comme ils feraient de bons militants, de bons citoyens s’il avait été question du destin de la Guinée.
Hélas, la Guinée est devenue un Self-service. « Help yourself », disent les Américains. Que chacun se serve !
Les Guinéens n’ont pas vu que ce sont les syndicats qui ont commencé ce western, malgré quelques péripéties où l’on a cru voir l’intérêt collectif national transcrit dans un fameux accord tripartite. On sait comment il a fini dans une décharge publique..
L’intérêt collectif ? Tout le monde s’est mouché avec, à commencer par les leaders syndicalistes. Nous ne reviendrons pas sur les tristes dénégations qui ont ponctué leurs violations répétées par les deux têtes de la dyarchie qui sévissait au sommet de l’Etat.
Après l’inter centrale, la centrale libre des enseignants est entrain de jouer son plan Coplan. D’abord la prime des transports, ensuite, les questions indiciaires , reportant au fur et à mesure la menace de grève. Exactement comme Coplan qui vient de prévenir, en dessinant les contours du prochain épisode de son feuilleton qui a été marqué par quelques épisodes sanglants. Mais en Guinée-Boiro, la mémoire, on s’en tape. Donc des têtes gradées doivent encore tomber malgré les satisfactions en espèces glissantes, et les derniers houras en matière de grades, « lacourou tu étais, lacourou en chef tu es devenu.. ».
D’ailleurs la fraction des mutins qui avaient eu le malheur d’être justement embastillés pendant ( ou après ) les évènements de janvier-février et libérés grâce à leur complices dirigés par Coplan, viennent de terroriser Kaloum par voie de rumeurs nationales : « nous aussi y en a vouloir des sous », auraient-ils menacé .
Et le calme est revenu dans Kaloum, illico presto. On a dû leur promettre de remettre en branle la planche à billets.
C’est sûr que le préavis de grève des enseignants qui prévoit je ne sais quoi le 19, n’est qu’un mouchoir rouge qu’on agite juste avant de se mettre à table, dans notre gigantesque cafétéria où l’on ne sert que des billets de banques taillés dans la peau des singes de Yomou. Ceux qui n’ont pas eu la chance d’être délocalisés à San Pédro, ferrés comme le bois d’ébène d’antan en partance pour les Amériques. Ici les rafiots d’esclaves sont remplacés par des grumiers qui ont emporté notre forêt pour la vendre aux peuples qui ne sont pas sous la fatwa divine de la malédiction.
Donc la Guinée n’est pas une famille, mais une Cafétéria.
Car « last but not the least », il ne faut pas oublier nos leaders qui ont compris comme Coplan, que la Guinée est comme un grand plat de lafidi sans bonga, avec un seul ngoyo ( djakatou, djagaro ) au milieu, servi à des aveugles. C’est chacun pour soi pour avoir le morceau de ngoyo qu’on prend pour un morceau de bonga.
A l’aveuglette, si je puis risquer cette redondance.
Donc les Partis politiques viennent d’avoir leurs ministères. En vrac.
En effet, s’ils semblent avoir compris la leçon de Coplan, ils n’en ont pas saisi la substantifique moelle.
Les lacourous ne cherchaient pas « quelque chose en général ».
Ils ont fait un hold-up pour prendre de l’argent.
Ensuite ils ont brandi les armes pour avoir des grades.
Maintenant ils attendent des têtes ( de généraux, ils en avaient obtenu quelques unes déjà ), arme au poing, balle engagée.
Or que font nos « leaders » ? Ils veulent entrer au gouvernement, « en général ». Ils n’ont pas fait comme l’a fait le Parti communiste français avant de construire l’Union de la gauche avec le Parti socialiste de F. Mitterrand. Ils ne sont entrés au gouvernement qu’en sachant quels postes leur étaient réservés. Mieux, ils ne sont pas entrés au gouvernement de Mitterrand. Ils ont négocié ensemble la fabrication de ce gouvernement. Cependant nos « leaders », ne sont pas blâmables. La Guinée n’est plus une famille, elle est devenue un self-service. Il y a seulement que les uns se contentent d’une entrée, d’autres d’un petit café, et quelques autres, font le tour de la question en commençant par les cuisines, avant de prendre un lourd plateau où l’on trouve tout, à boire et à manger. Gratis. La méthode Coplan. Il suffit de brandir de quoi tenir tout le monde en respect, sous les tables de préférence.
D’ailleurs on vient de servir nos « leaders » politiques. Notez que dans un self, d’habitude, on se sert, mais nos « leaders »..
Ils auront une trentaine de.. plats, de postes je voulais dire. On songe pour eux aux ministères-clés de l’Intérieur, de la politique et des élections, celui des armées, celui de l’économie éphémère et durable, les secrétariats généraux à la présidence et au gouvernement, le Protocole d’Etat à la Présidence..
Et le Peuple ?
Et la Guinée ?
Je n’ai qu’un sentiment à donner.
Je suis de Dinguiraye. Avant que la Guinée ne fût une famille, comme le prétend la chansonnette des mamayeurs de la world music locale,( les mêmes qui hurlaient « a lan a mulan » ), mes ancêtres qui voulaient se rendre au haj, se sont égarés quelque part entre Timbo et Tamba. Alors ils se sont laissés surprendre par les Blancs qui les ont retenus à Dinguiraye.
Comme la Guinée est devenue un self-service, je crois que Dinguiraye va se rattacher à Kita à côté ( c’est au Mali ).Peut-être que Nzo ( en Forêt ) cherchera à se rattacher à Man ou à Séguéla, histoire de se rapprocher de son bois sacré exilé à San Pédro. Koundara ira rejoindre Kolda au Sénégal.
Les chasseurs de Kouroussa et de Baro retourneront en Egypte où les textes sacrés des chasseurs bambaras placent leur origine.(1)
Wa salam !
(1)Voir La confrérie des chasseurs bambaras, de Youssouf Tata Cissé, éd. Nouvelle du Sud.
Saïdou nour Bokoum
VOS COMMENTAIRES | |
| i.Diallo | 15/06/2008 22:14:59 |
| Monsieur Bokoum, Vous devriez écrire pour le peuple et non pour les "grands intellos" ! On ne comprend même pas vos titres et autres citations. C'est très difficile de vous lire ! Soyez gentil et faites l'effort nécessaire pour nous faire profiter de vos connaissances ! | |
| Saïdou Nour Bokoum | 15/06/2008 23:25:38 |
| Cher M. I. Diallo, Décidément c'est de l'acharnement : cessez donc de me lire puisque vous ne me comprenez pas.Quant à votre requête, je vous réponds franchement NON.Pour la raison simple que je n'écris que pour les intellos comme vous dites, grands ou pas.Jamais pour les conducteurs de magbanas avec qui je préfère m'expliquer de vive voix.Si vous en êtes,travaillez comme j'ai travaillé des nuits et des nuits pour comprendre, pour agencer des idées et non des phrases.Je suis difficile à lire et j'en suis fier. Travaillez cher monsieur, travaillez, cela vous fera grand bien.C'est un devoir puisque vous êtes allé à l'école des Blancs me semble-t-il, contrairement au Peuple que je n'ai jamais rencontré du reste sur le Net. Wa salam. S.N.B. P.S. : Coplan alias Pivi, sergent qui vient de monter en grade.Boiro, du nom du Camp Boiro qui se trouve toujours en Guinée-Conakry.Non c'est toujours compliqué ? Je ne puis rien pour vous, monsieur I. Diallo derrière qui quelqu'un que je connais bien croit pouvoir se dissimuler.. | |
| Saïdou Nour Bokoum | 16/06/2008 15:34:26 |
| P.S. Cher M. I.Diallo, J'aurais dû attendre quelques heures avant de vous répondre.Je vous apprends que les policiers m'ont compris sans même m'avoir lu.Demain peut-être que les mendiants feront comme les poiciers qui ont fait comme Coplan , sans oublier les enseignants, qu'on attend le 19. Portez-vous bien. S.N.B. | |