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L’amère expérience avec le pouvoir des religieux en Egypte !


2013-07-04 07:15:31

Ceux qui doutaient que ce n’est pas une bonne idée de permettre aux fanatiques ou intégristes religieux de faire de la politique ont été servis à nouveau en Egypte, après l’expérience turque avec Erbakan.

Ces religieux, arrivés au pouvoir grâce à la démocratie, se fixent toujours la fin de la démocratie comme objectif principal de leur mission.

Morsi a osé trahir le peuple d’Egypte, il risque de le payer cher, lui et sa troupe de fanatiques qui se font appeler Frères musulmans. Même les partisans de Morsi sont restés calmes après son renversement par l’armée, tandis que le pays tout entier est descendu dans la rue pour fêter l'événement.

La politique et la démocratie, ce n'est pas pour des gens qui se donnent le culot de parler au nom de Dieu qu'ils ne connaissent pas. C'est pour ceux qui parlent au nom du peuple qui les élisent pour un mandat à durée limitée.

L'armée égyptienne a pris ses responsabilités et a joué son rôle en répondant à l'appel pressant du peuple, de libérer le pays des mains des fous à interner.

 

De l’AFP:

Le président égyptien Mohamed Morsi renversé par l'armée a été transféré jeudi à l'aube au ministère de la Défense, tandis que son équipe était détenue dans un bâtiment militaire, quelques heures avant la prestation de serment de son remplaçant par intérim qui ouvrira la voie à une délicate transition.

La détention du premier président démocratiquement élu d'Egypte et de sa garde rapprochée est la dernière étape d'une série de mesures des forces de sécurité qui ont resserré en quelques heures leur étau sur les Frères musulmans, dont M. Morsi est issu, en lançant 300 mandats d'arrêt contre ses membres, dont des hauts dirigeants.

L'armée, qui a suspendu la Constitution et nommé en remplacement de M. Morsi le président du Conseil constitutionnel Adly Mansour, a suscité l'inquiétude à l'étranger, le président américain Barack Obama appelant à réviser l'importante aide militaire à l'Egypte, et l'Union européenne réclamant une nouvelle présidentielle rapidement.

Dès cette annonce, un enregistrement vidéo dans lequel le chef d'Etat islamiste déchu s'est redit "le président élu d'Egypte" a été diffusé, faisant craindre de nouvelles violences à l'issue d'une année de présidence Morsi marquée par des crises parfois meurtrières.

Alors que ses opposants exhultaient sur la place Tahrir du Caire --une scène rappelant la liesse populaire lors de la chute du président Hosni Moubarak en février 2011--, ses partisans ont attaqué des bâtiments de la sécurité dans le nord du pays.

Sept d'entre eux ont péri dans des heurts avec les forces de l'ordre à Marsa Matrouh et Alexandrie, sur la côte méditerranéenne. Trois opposants au président déchu ont par ailleurs été tués lors d'affrontements contre des pro-Morsi à al-Minya.

"C'est un nouvel instant historique, nous nous sommes débarrassés de Morsi et des Frères musulmans", a dit un manifestant dans un cortège d'automobilistes klaxonnant et agitant des drapeaux.

Après les violences qui ont émaillé les rassemblements organisés depuis le 26 juin faisant 47 morts, le ministère de l'Intérieur a averti qu'il répondrait "fermement" aux troubles et des blindés ont été déployés au Caire, bloquant les voies menant aux rassemblements pro-Morsi.

Morsi détenu par les militaires

Après son éviction, M. "Morsi et toute l'équipe présidentielle (ont été placés) en résidence surveillée au club de la Garde républicaine de la présidence", avant que le président déchu ne soit "séparé de son équipe et emmené au ministère de la Défense", a déclaré Gehad al-Haddad, responsable au sein des Frères musulmans.

Un haut responsable de l'armée a confirmé à l'AFP que les militaires détenaient l'ex-chef d'Etat "de façon préventive", laissant entendre qu'il pourrait être poursuivi, alors qu'il est sous le coup --avec plusieurs dirigeants de la confrérie, dont le Guide suprême Mohammed Badie et son "numéro 2" Khairat al-Chater-- d'une interdiction de quitter le territoire dans le cadre d'une enquête sur son évasion en 2011 d'une prison avec 33 autres Frères musulmans.

En outre, des sources de sécurité ont affirmé que le chef du Parti de la justice et de la liberté, vitrine politique des Frères musulmans, Saad al-Katatni, et l'adjoint du Guide suprême, Rached Bayoumi, avaient été arrêtés, tandis que le journal gouvernemental Al-Ahram faisait état de 300 mandats d'arrêt lancés contre des membres du mouvement islamiste.

La sécurité a également interrompu la diffusion de la chaîne de télévision des Frères et perquisitionné les locaux d'Al-Jazeera-Mobacher qui a diffusé l'enregistrement de M. Morsi.

L'armée, qui avait pris les rênes de l'exécutif durant 16 mois entre la chute de Hosni Moubarak et l'élection de M. Morsi, n'a pas précisé la durée de la transition avant des élections générales.

Les consultations pour la formation du prochain gouvernement --qui regroupera "toutes les forces nationales" et sera "doté des pleins pouvoirs" selon l'armée-- ont débuté, a annoncé l'opposant Amr Moussa, et le Conseil constitutionnel a indiqué que son chef prêterait serment jeudi matin.

L'armée a promis qu'elle "resterait éloignée de la politique" par la voix de son chef, le général Abdel Fattah al-Sissi, qui apparaît comme le nouvel homme fort du pays. Il a détaillé, avec les chefs religieux chrétiens et musulmans du pays et le représentant de l'opposition Mohamed ElBaradei, une "feuille de route", qui, selon M. ElBaradei, "répond aux revendications du peuple".

Inquiétudes à l'étranger

Devant le ministère, des milliers de personnes scandaient "Egypte, Egypte!", criant leur joie après l'annonce de l'armée. "Je n'attendais qu'une chose, c'est que Morsi parte", affirmait Abdel Khalek Abdo, un agriculteur de 56 ans.

Des milliers de pro-Morsi étaient de leur côté toujours massés au Caire sur la place Rabaa al-Adaouiya, dans le faubourg de Nasr City. "Morsi a été trahi, c'est un coup d'Etat contre un président élu", a lancé l'un d'eux.

A l'étranger, M. Obama s'est dit "profondément inquiet", appelant à l'élection rapide d'un nouveau gouvernement civil. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a de son côté jugé "préoccupante" l'intervention de l'armée.

Paris a "pris acte" de la tenue de futures élections et appelé à maintenir "la paix civile". Londres a appelé au calme en se disant contre l'intervention de l'armée pour changer le régime.

Le roi Abdallah d'Arabie saoudite a été le premier dirigeant étranger à féliciter M. Mansour, qualifié de "président de la République arabe d'Egypte soeur".


 

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VOS COMMENTAIRES

Alpha oumar ( S )Diallo04/07/2013 09:09:09
Eh oui la fameuse "communauté internatioale"! Ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est l'interpretation de cette derniére de ce qu'est vraiment un " coup d'etat" parce que à voir les réactions de cette soi-disant "communauté internationale", on se rend à l'évidence qu'il ya là quelque chose qui ne và pas. Dans certains pays ( guinée, mali, ...) on avait tout simplement suspendu ces pays des organisations internationales, mais là, que nini....on appelle plutot à la formation d'un nouveau gouvernement civil comme si le précedent était militaire. foutaise!
Tanou Diallo05/07/2013 11:46:23
Je m’attendais à beaucoup plus de profondeur d’analyse venant de Guinée-presse –info. Dans l’histoire de toutes les révolutions, il y a toujours une contre-révolution. Et sur ce, les frères musulmans ont manqué de clairvoyance. Sans le contrôle de l’armée, nulle révolution ne peut être victorieuse. Une simple étude des faits vous aurait épargné de tomber dans le piège des « généralités et du simplisme ». La conclusion de l’article de l’APS aurait dû attirer votre attention : « Pourquoi l’hydre du fondamentalisme- l’Arabie Saoudite- supporterait ce coup d’état ? » Car le mouvement islamique n’est pas aussi blanc et noir : des fanatiques rétrogrades et des laïcs éclairés. Cependant, je comprends que le complexe du néo-colonisé continue de nous affecter profondément et nous refusons de trouver notre propre voie. En tant que musulman et fier de l’être, je ne dirais jamais que l’œuvre de mes ancêtres du Fouta -qui avaient créé un état Islamique, était simplement du Fanatisme… mais découle plutôt d’une vision d’un système adapté à leurs conditions historiques. Si l’expérience Turque est utilisée, nul ne peut refuser que grâce à Erdogan, le niveau de vie des turcs s’est amélioré par le fait qu’il ait réduit la corruption et les inégalités sociales. Sous Erdogan, la Turquie s’est modernisée à tel effet que les jeunes devenus très éduqués ont voulu refuser son modernisme à outrance, la création d’un centre commercial. Qui d’entre vous vivant en Europe se permettrait de boire de l’alcool ou être en état d’ébriété dans la rue ? Qui se permettrait de conduire sous l’influence de l’alcool. Ses lois anti alcool ne sont qu’une copie des lois en vigueur aux USA et en Occident . Ce qui s’est passée en Egypte n est qu’une remake de Teheran 1959 contre Mossadeq ou de la Chilie contre Allende en 1973.
Wasalam
GuineePresse.info05/07/2013 12:50:51
Bonjour M. Tanou Diallo et merci pour vos critiques instructives!

Nous pensons qu'il y a malentendu ici, quand on lit le passage de votre texte:

<< En tant que musulman et fier de l’être, je ne dirais jamais que l’œuvre de mes ancêtres du Fouta -qui avaient créé un état Islamique, était simplement du Fanatisme… mais découle plutôt d’une vision d’un système adapté à leurs conditions historiques >>.

Au fait, notre désapprobation des frères musulmans et la plupart des activistes musulmans actuels vient du fait que ces nouveaux apôtres de l'Islam pensent et affirment clairement que nos ancêtres qui ont fait de nous des croyants et musulmans n'étaient pas de vrais musulmans et ne pratiquaient le vrai Islam. Ils veulent changer nos coutumes et nos noms ne comprenant même pas que chez des Arabes, des chrétiens, Musulmans et non croyants portent souvent les mêmes noms parce qu'élement de culture et non de foi. Ces gens sont intolérants et veulent imposer leurs visions et leurs façon de vivre à tout le monde en violation même des prescriptions de l'Islam enseigné par le Prophête Mouhammad (PSL).

En Egypte, l'armée avait désormais peur du peuple et a accepté de céder démocratiquement le pouvoir aux islamistes connus pour leur volonté d'imposer leur vision à tout le monde. La majorité du peuple a voté pour eux. Une fois au pouvoir, ils ont cherché à remettre en cause les règles et valeurs de la démocratie. C'est le même peuple en majorité qui leur demandait désormais de foutre le camp et était prêt à se sacrifier pour cela. Des risques de chaos et de conflit ethnique devenait de plus en plus grands dans le pays. L'armée a reçu le soutien de l'ensemble de la classe politique et de la société civile pour arrêter ces fous.

En Turquie, Erbakan a certes bien travaillé avec de grandes ambitions découlant de son côté nationaliste. Les religieux radicaux de son parti poussaient à de plus en plus de mesures contraires aux principes de la démocratie. La Turquie est un pays laic et tout le monde n'y est pas musulman encore moins intégristes. Son parti islamiste a fini par obliger l'armée à mettre fin à leur règne pour garantir la laicité du pays.

M. Diallo, nous sommes tous musulman et fiers de l'être à Guineepresse. Mais soyez-en sûr, partout où on tolérera des partis musulmans, la démocratie n'a de chance dans ces pays que si jamais ce parti n'arrive pas au pouvoir. La démocratie n'est pas possible avec des gens qui ne supportent pas qu'on discutent leur opinion ou qui veulent créer un royaume de Dieu sur terre en imposant leur foi à tout le monde alors que l'Islam lui-même interdit toute contrainte dans ce cadre:

Allah dit : « Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin est distinct de l’égarement. Quiconque, donc, rejette le faux et croit en Allah saisit l’anse la plus solide, celle qui ne peut se briser. Et Allah est Audient et Omniscient. » (Coran, 2:256)

Allah dit : « Si ton Seigneur l’avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient cru. Est-ce à toi de contraindre les gens à devenir croyants ? » (Coran, 10:99)

Allah dit : « S’ils te contredisent, dis-leur : « Je me suis entièrement soumis à Allah, comme l’ont fait ceux qui me suivent. » Et dis à ceux à qui le Livre a été donné, ainsi qu’aux illettrés : « Avez-vous embrassé l’islam ? » S’ils embrassent l’islam, ils seront bien guidés. Mais s’ils se détournent… Ton devoir n’est que la transmission du message. Allah, sur Ses serviteurs, est Clairvoyant. » (Coran, 3:20)

Allah dit : « Il n’incombe au Messager que de transmettre le message. » (Coran, 5:99)

Soyons d'accord que nos nouveaux activistes musulmans ignorent ces enseignements !

La foi musulmane est volontaire et personnelle. Autant il est autorisé de se défendre contre celui qui vous attaque, autant il est indiqué que Seul Allah suffit contre ceux qui refusent de croire à son message. Donc, les fanatiques musulmans d'aujourd'hui sont des mécréants qui ne respectent pas les Paroles d'Allah.
Mamadou S. Diallo07/07/2013 03:11:39
Je pense qu'en politique, dans un environnement démocratique, il faut toujours être prêt a faire des concessions a l'adversaire politique pour que la promouvoir la démocratie. Morsi a commis l’erreur fatale d'abuser de la démocratie après l'avoir utiliser pour arriver au pouvoir.

Mamadou S. Diallo
Houston TX