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FDP : déclaration n°14 situation Guinée à la veille des élections législatives2013-07-19 08:18:18 Après la fin du dialogue inter-guinéen et la signature le 3 juillet 2013 d’un l’accord politique, d’aucuns avait estimé que la voie était désormais ouverte pour des élections libres et transparentes, dans une atmosphère de paix. Malheureusement, le répit n’a été que de courte durée. Les conséquences de la grave crise sociale engendrée par les méfaits de la politique du RPG Arc-en-ciel depuis son arrivée au pouvoir, n’ont pas tardé à remettre en cause le semblant de paix sociale difficilement obtenu avec l’aide de la communauté internationale. Les premiers constats sur la mise en application des dispositions de l’accord politique jettent un sérieux doute sur la volonté du pouvoir de respecter ses engagements. De nouveau, les populations sont inquiètes et se demandent où va la Guinée. I. SITUATION POLITIQUE ECONOMIQUE SOCIALE ET SECURITAIRE Violences inter communautaires et révoltes à répétition C’est le lieu de souligner que depuis l’arrivée au pouvoir du RPG Arc en ciel, la Guinée vit une violence endémique. En juin 2011, des affrontements sanglants ont éclaté à Galapay (région de Nzerekore). De nombreux morts ont été enregistrés. Quelque temps après, dans l’indifférence totale des autorités, une campagne de destruction systématique du cheptel a été entreprise et qui a duré plusieurs semaines. Des dizaines de milliers de têtes de bétail ont été massacrées, leurs propriétaires ou gardiens chassés. En août 2012, les forces de sécurité ont organisé une expédition punitive et se sont livrées à des tueries d’une rare sauvagerie à Zogota. Dans le même temps, éclatait à Siguiri des révoltes populaires contre les exactions et les abus commis par l’administration. Les forces de sécurité ont tué plusieurs personnes. A Conakry la capitale, depuis janvier 2011, à l’occasion des manifestations pacifiques de l’opposition, près d’une soixantaine de morts, par balle ou par armes blanches sont à déplorer. Toutes ces tueries, dans lesquelles, la plupart des fois, les forces de sécurité sont impliquées, n’ont jamais fait l’objet d’enquête sérieuse permettant de déterminer les responsabilités et de faire justice. Et pour cause, désormais, des milices privées du pouvoir (chasseurs traditionnels Donzos et autres loubards ou nouveaux «gônes») sont entrées en action. L’impunité qui est de règle dans notre pays depuis l’indépendance, continue. Avec le pouvoir du RPG, la violence s’est banalisée et systématisée comme moyen de règlement des conflits de toute nature dans la société guinéenne. La prédominance de l’idéologie ethniciste et les pratiques d’instrumentalisation à outrance de la division des nationalités, nourrissent une machine infernale qui ne peut que produire cette violence. Si rien n’est fait pour arrêter le cours des choses, personne ne peut prévoir où va s’arrêter ce parcours jalonné de sang et de larmes depuis le début du mandat présidentiel, avec toutes les conséquences incalculables que cela pourrait avoir. Débâcle économique et financière Dans le domaine agricole, une initiative qu’on aurait pu saluer, s’est terminée par un fiasco dont le coût énorme reste à chiffrer. Il s’agit de la campagne lancée en 2011 tambour battant pour fournir à la paysannerie des intrants et du matériel agricole. L’affaire s’est effondrée au bout de deux campagnes, à cause du manque d’organisation et des détournements massifs qui ne permettaient pas de payer les fournisseurs et de se réapprovisionner. La plupart des intervenants sont sélectionnés parmi les fidèles du parti au pouvoir. Il faut noter que ces aides à l’agriculture n’ont pratiquement pas eu d’impact significatif sur l’offre de produits vivriers ; les prix restent très élevés pour une population misérable à la limite de la survie. Comme toute la politique du régime, cette initiative n’a pas été étudiée sérieusement dans le cadre d’une politique cohérente et soutenue. Explosion de la corruption et de la mauvaise gestion Une illustration presque parfaite de l’interaction entre la corruption et la faillite économique du pouvoir du RPG Arc en ciel est donnée par le cas de FRIGUIA : cette usine bazardée pour une bouchée de pain à RUSSAL par le régime de feu Lansana Conté est à l’arrêt depuis plus d’un an. Des révélations publiques ont été faites récemment sur des versements de pots de vin à des pontes du pouvoir, numéro de compte de banque à l’appui. D’autres accusations aussi graves ont été lancées sur le financement de locations d’avions. Ainsi il est clair que le pouvoir, en accointance avec RUSSAL n’est absolument pas en mesure de négocier avec cette société un arrangement gagnant-gagnant sauvegardant les intérêts de la Guinée et ceux des 4000 travailleurs jetés à la rue. Non seulement le gouvernement n’est pas en mesure de faire entendre raison à RUSSAL pour reprendre l’exploitation de Fria, mais en plus, il lui a octroyé une nouvelle concession à Dian-Dian. Il faut également rappeler qu’à ce jour personne ne sait ce que le gouvernement guinéen a fait des 700 millions de dollars de Rio-Tinto. Peut-être ne le saura-ton jamais. Dès son installation, le nouveau pouvoir s’est activé à se constituer une nouvelle classe d’hommes d’affaires, tout en cherchant à casser la base économique de ceux qui sont supposés supporter l’opposition. Les incendies criminels de magasins et de boutiques à la suite des manifestations de l’opposition allaient dans ce sens, mais ce n’est pas tout. Par les contrats juteux de marchés de gré à gré ou des marchés truqués, le pouvoir a fabriqué à la hâte ses nouveaux riches, recrutés comme par le passé dans ses cercles familiaux. Tous les marchés de travaux publics et bâtiment sont réservés de fait à des entreprises comme GUITTER ou OAS entre autres, placées à l’abri de la concurrence. Ce sont ces mêmes entreprises que l’on impose comme sous-traitants exclusifs des sociétés minières de la place. Les serviteurs de l’Etat qui ont voulu à leur niveau s’opposer à ces pratiques maffieuses l’ont payé de leur vie. A ce jour, trois assassinats restent non élucidés : Mamadou Alpha Diallo, un ingénieur statisticien, Cole un ingénieur informaticien travaillant sur les salaires fictifs dans la fonction publique et l’ancienne directrice du Trésor Madame Aissatou Boiro. Malgré tous les indices pointant sur des exécutions sommaires opérées par des professionnels, on continue à nous servir l’explication d’un crime crapuleux de petits bandits de quartier. Il serait intéressant qu’un jour, l’ancien ministre de l’enseignement supérieur limogé depuis (M. Morike Kamara), s’explique sur sa croisade perdue contre les dizaines de milliards de FG qui partent chaque année vers des « universités » privées pour payer des bourses d’études à des étudiants plus ou moins fantômes. Changement à reculons II. PROCESSUS ELECTORAL BIAISE Même avec l’accord politique du 3 juillet 2013, il était clair que le pouvoir n’a pas renoncé à utiliser tous les moyens imaginables pour réaliser son objectif de s’emparer à tout prix de la prochaine assemblée, quand bien même la grande majorité de la population lui est défavorable. Tout est mis en œuvre pour vider l’accord de son contenu et précipiter les élections sans que le processus ne se déroule correctement. Nous avons vu la tentative de fixer la date des élections le 15 ou le 28 juillet, alors même que les conditions techniques d’une élection honnête, transparente et inclusive n’étaient pas remplies. Par la suite, nous avons eu la fixation du scrutin le mardi 24 septembre 2013. Cette manœuvre grotesque réduit presque à néant les possibilités de vote des Guinéens de l’étranger. La date limite de dépôt des candidatures a été abusivement fixée par la CENI au 20 juillet, alors même que les caractéristiques de notre système électoral ne permettent pas de réunir dans ce délai, les documents nécessaires. Plus grave, la révision complémentaire prévue par les accords est entrain de tourner à la mascarade et ressemble à une opération escargot savamment montée pour «griller» les 15 jours alloués. Sur la base des rapports que nous recevons de nos représentants dans les CARLE, d’innombrables incidents récurrents et généralisés sont signalés : - Equipes de saisie désorganisées et ne pouvant jamais être complètes avant 13 heures ; Le résultat de toutes ces anomalies que les membres des CARLE ici présents vont vous détailler est qu’un nombre infime de citoyens parviennent à se faire réviser ou recenser chaque jour, alors que le temps passe et que quelque part des gens regardent la montre… Si les choses continuent en l’état, un nombre important d’électeurs et d’électrices ne pourront pas voter, ce qui, pour nous est inacceptable car il s’agit d’une violation flagrante des accords passés. Le RPG Arc en ciel a une tradition bien établie de non-respect de ses engagements. Et nous ne sommes qu’au début du processus qui devrait durer 84 jours. Il est indispensable que toute l’opposition se mobilise, afin de changer le cours des choses en recourant à tous les moyens légaux à sa disposition, y compris le texte de l’accord du 3 juillet 2013, faute de quoi, nous n’aurons pas le 24 septembre 2013 des élections libres, équitables et transparentes. Le FDP attaché à l’unité de la Guinée, à la justice sociale, aux valeurs éthiques de bonne gouvernance et aux principes universels de démocratie, à l’ambition de rassembler une majorité de Guinéennes et de Guinéens pour qu’ensemble nous changions le cours des choses afin d’engager notre pays sur le chemin de la renaissance et de la prospérité. Nous appelons toutes celles et ceux qui partagent ces idéaux à nous rejoindre, afin de constituer une alternative crédible pour sortir des griffes des systèmes dictatoriaux, prédateurs et corrompus qui ont sévi en Guinée depuis l’indépendance et qui ont ruiné notre pays, acculant ses populations à la misère extrême, à l’exil ou à la mort lente sur place. La longue lutte de notre peuple pour bâtir une Guinée fraternelle, débarrassée des maux du passé et du présent doit continuer. La victoire est certaine. Conakry, le 18 juillet 2013 Pour le FDP, le Coordinateur
Mamadou BAH Baadiko
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