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De la crise de leadership à la lâcheté politique


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S. N. Bokoum

                  « Je n’ai jamais perdu une bataille ».L C.
Je me moque du style, des convenances. Je tire à boulets rouges, sans sommation sur tout ce qui bouge. Comme le sous-lieutenant Coplan. C’est du jamais vu, une chasse aux policiers dans un Etat de droit. La chasse aux sorcières, qu’elles soient des hommes politiques de l’opposition, des bandits, des insurgés, cela se conçoit. Mais voilà plus de quarante-huit heures que le bras armé de l’Etat a éclaté comme une grenade  dont les fragments meurtriers ont pour cible, les policiers, les corps paramilitaires dont les  douaniers. Coplan ce lacourou devenu sous-lieutenant il y a quelques heures, est devenu commandant en chef des forces armées de Guinée !

"Moi Claude Pivi alias Coplan, j’ai pris la décision de suspendre la Police jusqu’à nouvel ordre, la gendarmerie assure le remplacement"..

Les imams et autres religieux viennent de lui rendre visite pour que ses balles anti-police épargnent les citoyens. Je rappelle que ces personnalités font partie du comité de veille chargé de la garde d’un certain accord tripartite. C’est que Coplan et ses hommes violent les domiciles, fouillent jusque sous les oreillers, pour trouver quelque policier planqué. Coplan et ses copains mutins qui venaient de terroriser les populations, avant que la haute autorité ne se couche pour leur étaler les milliards gagnés par les Guinéens à la sueur de leur front, et non par la force des baïonnettes de troufions devenus incontrôlables.
Incontrôlables ? Pas si sûr.

Qu’est-ce qui a emporté les généraux Abdourahmane,  Kerfalla, Arafan ( je ne parle pas de leur mort naturelle ) et Baïlo ? Pour qui Coplan fait-il le ménage dans le silence lâche des institutions républicaines et les forces vives ( Partis, syndicats et C.N.O.S.G ) ? L’Etat guinéen qui répond aux abonnés absents depuis des lustres vient d’entrer dans le cimetière de broyage de sa quincaillerie, entendez les corps habillés comme on dit en Afrique.
Et après ?
Après c’est la guerre civile, comme en Sierra Léone, au Libéria, au Rwanda.
A moins que tout ce chahut sanglant ne finisse par le duel bien connu dont on connaît l’issue par avance.

Qui a dit : « Je n’ai jamais perdu une bataille ? »

« Gary Cooper contre Burt Lancaster », pour les ancêtres comme votre serviteur. « Stallone contre Schwarzeneger », pour les plus jeunes, dans « Le Bon la Brute et le truand ». La question est de savoir où est passé le Bon dans notre chère Guinée soumise à ce feuilleton macabre, indigne, qui hélas ne relève pas de la fiction mais d’une cruelle lâcheté où les masses désarmées, ont autre chose à faire que de regarder la télévision, pendant que les hommes de Coplan écrasent tout sous leurs bottes.
Encore une fois ce n’est pas seulement les morts, la déliquescence de l’Etat qu’il faut déplorer ici. Après la crise de leadership généralisée, c’est la fébrilité tranquille avec laquelle les forces « vives » ( en vérités moribondes ) attendent, les uns d’hypothétiques  élections, les autres des postes ministériels, pendant que l’Afrique et la planète se tordent de rire et de dégoût, devant l’agonie d’un peuple livré à lui-même, ou plutôt à des malfrats à peine galonnés.
 
Va Coplan, va ton chemin parsemé de cadavres innocents, devant, il n'y aura plus en face de toi que Lansana Conté qui vendra chère sa peau, mais pas la tienne !

Saïdou Nour Bokoum


 

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VOS COMMENTAIRES

Ibrahima Sory Baldé22/06/2008 22:59:33
Si duel il y aura entre Conté et Coplan, il faudrait tout simplement qu'il se fasse très rapidement. Mais comme Conté sait comment il s'est débarrassé de certains de ses anciens pions, il saura, le moment venu, faire disparaître Coplan Pivi comme il l'a fait dans le cas d'un certain Colonel Panivel Bangoura.

Baldé I. Sory
Montréal, Canada