URL: http://www.guineepresse.info/index.php?aid=1262
![]() |
| Ibrahima Diallo |
La cause est désormais entendue! La Guinée a atteint le point de non retour en terme de gouvernance dans la paix sociale sous ce régime : cela ne veut pas dire qu'il y aura des troubles mais les fonctionnaires et les citoyens en général vont faire une grève du zèle et certains se côtoyer suspicieusement ; l'ambiance sera délétère. La tentative de revendications matérielles des forces de l'ordre non militaires suivie par leur répression est une humiliation de plus pour la Police, essentielle au bon fonctionnement du gouvernement. Les ressentiments nourris par de plus en plus de citoyens toutes tendances et origines confondues contre l'Etat font que notre Général n'a plus de marge de manœuvre. Il s'est (ou ses alliés l'ont) condamné à gouverné par la force brute désormais. Le Pays ne fait que manquer les opportunités qui lui sont offertes pour rassembler les Guinéens autour d'un objectif commun patriotique de réconciliation et de progrès.
La nomination de Mr Souaré bien qu'ayant divisé l'opinion publique, avait néanmoins suscité beaucoup d'espoir pour une sortie de crise à l'amiable. Les signes précurseurs de l'annonce de la liste des membres du gouvernement est plutôt de mauvais augure et rappelle ceux de quelqu'un d'autre qui se révéla une catastrophe. Rien ne peut justifier un "accouchement" aussi laborieux sinon les instincts égoïstes qui ont paralysé et ruiné le Pays : la vacance de pouvoir ne fait plus de doute autrement la Guinée ne peut pour la seconde fois restée sans Etat pendant plusieurs semaines laissant libre cours à toutes les spéculations au risque de susciter un coup de force.
Ceux qui nous reprochaient notre acharnement sur le locataire de la Primature de mars 2007 à mai 2008, comprendront maintenant pourquoi : selon nous, si tout avait été fait pour organiser les législatives au plus tard en mars 2008, nous aurions en perspective une Assemblée Nationale représentative en mesure de monter un challenge au Président de la République dans le cadre des prérogatives que lui accorde notre Constitution. La pression populaire appuyé par les représentants parlementaires aurait mis bon gré mal gré notre Général en retraite anticipée- par rapport à son mandat-, ne serait ce que de facto si le gouvernement en charge issu du Parlement prenait la charge du Pays.
Nous aurions réussi un coup de maître pour une transition sans affrontement sanglant.
Hélas, ce fut une opportunité ratée !
Si Mr Souare réussi à constituer un gouvernement, il ne pourra repondre aux attentes des populations de toutes façons, simplement parce que la raison d'être de cette ouverture est purement politique et non pour un redressement économique. Le but est d'apaiser les populations en gratifiant toutes les tendances d'un poste ministériel. Ceci pour dire qu'il ne faut pas espérer une nette amélioration des conditions de vie avant la fin du mandat présidentiel qui coïncidera, maintenant, plus ou moins -à quelques mois près- avec les législatives si elles ne sont pas jumelées finalement. Si l'option de ce gouvernement d'ouverture n'est pas sabotée par les forces du mal, elle aura eu le mérite, au moins, de limiter l'effondrement de l'Etat qui est en banqueroute totale. Si Conté et alliés sont contenus, le redressement à une chance de commencer seulement après 2010 ; et encore, si certains Guinéens réfractaires acceptent les règles de la Démocratie et que le gouvernement élu s'impose.
Pour l'heure, notre avenir est entre les mains du Hasard.