URL: http://www.guineepresse.info/index.php?aid=12668



Mali: ATT a-t-il été victime d’un vaste complot ?


2013-08-16 09:56:05

La crise malienne avait débuté en janvier 2012 par une offensive de rebelles touarègues dans le nord du Mali qui ont pu prendre le contrôle de plus de la moitié du pays, juste après le coup d'Etat militaire dirigé par le capitaine Sanogo le 22 mars 2012, renversant le président Amadou Toumani Touré (ATT).

Ce coup d’Etat qui détourna les troupes maliennes du front Nord pour les diriger vers Bamako, la capitale, laissa le chemin libre aux rebelles touarègues. Ce qui permit à des groupes criminels et islamistes armés liés à Al-Qaïda de prendre le contrôle de plus de la moitié du Mali du côté Nord. Ces derniers se livrèrent à la barbarie et à des destructions que l’on redoutait d’eux tout en visant le pouvoir de Bamako.

Coup de théâtre : le putschiste Sanogo est désavoué comme il fallait s’y attendre par la communauté internationale et une partie de la classe politique malienne. Mais dans l’ensemble, la totalité de la classe politique malienne et la communauté internationale sont d’accord que si on ne vient pas au secours du Mali, les réseaux terroristes prendraient ce pays sous leur contrôle comme ce fut le cas de l’Afghanistan. Toute l’Afrique de l’Ouest et du Nord seraient déstabilisées et la sécurité mondiale menacée.

Malgré l’engagement militaire de la communauté africaine et internationale, on trouve un consensus répondant au nouveau schéma classique après un coup d’Etat : un gouvernement dirigé par un président de transition à la place du capitaine Sanogo au lieu de ramener le président légitime et constitutionnel ATT.  Dioncounda Traoré est choisi à cette fonction. Avec le soutien logistique et financier, le Mali peut donc faire face à la rébellion et restaurer son autorité sur l’ensemble de son territoire. Coup de théâtre de nouveau: le nouveau président malien, par intérim, Dioncounda Traoré est attaqué par des partisans de Sanogo jusque dans le palais présidentiel. Il vient se soigner à Paris où il demande de l’aide concrète pour pouvoir retourner au Mali. Plus rien n’empêchera la chute de Bamoko sans une intervention militaire directe de la communauté internationale.

La France est coincée : les islamistes massacrent, détruisent des monuments et tout symbole de modernisme assimilé à des valeurs occidentales. C’est également à la France de ramener le président malien chez lui en garantissant sa sécurité. Les français sont finalement obligés de se battre à la place de l’armée malienne qui fuit devant même des chameaux errant qui font penser aux touarègues. Les sudistes maliens gagnent triplement: on libère le pays pour eux, on leur donne beaucoup d’argent pour sauver le pays économiquement et on impose des élections pour mettre légitimement un des leurs à la tête pays. Le 11 aout 2013, Ibrahim Boubacar Keïta, a été élu avec un score écrasant de 77,6% des voix contre 22,3% à son rival Soumaïla Cissé originaire de la même région que ATT.

Paradoxal : le président par intérim sortant, Dioncounda Traoré, avant élève le putschiste capitaine Sanogo au rang de Général de corps armée, quatre étoiles, avant la proclamation des résultats de la présidentielle. Sanogo est ainsi récompensé du  rôle qu’il a joué pour faire régler la question touarègue et le retour du pouvoir entre les mains des sudistes par la communauté internationale par l’homme qui disait ne pas oser rentrer à Bamako à cause de lui ! Cela évite que le nouveau président élu soit accusé d’avoir réintroduit et fait la promotion de Sanogo dans l’armée malienne.

Et si  le capitaine Sanogo et Dioncounda Traoré étaient acteurs du complot contre ATT et ont berné ensemble la communauté internationale pour atteindre leur objectif ?


GUINEEPRESSE.INFO


 

4 commentaire(s) || Écrire un commentaire

Revenir en haut de la page


VOS COMMENTAIRES

Gassimou16/08/2013 15:35:51
La question merite d'etre poser..La promotion d'un putschiste par sa
victime est vraiment surprenant....
Boubacar DIALLO17/08/2013 07:54:23
Ce scrutin n'a rien de transparent contrairement à ce prétendent le gouvernement malien et la communauté internationale. On voulait d'ailleurs faire passer IBK dès le 1er Tour. L'issue des élections ne pouvait en être autrement quand on réalise que la quasitotalité des membres du gouvernement de transition (géstionnaires du processus) sont des hommes très proches de Sanogo. Dès lors la propulsion de Sanogo comme général des généraux était attendu. Mais le feuilleton malien n'est pas prêt de s'arrêter. Les futurs immédiat et lointain révèleront bien d'autres secrets. Et puis Sanogo est assoiffé de pouvoir. Wait and follow up.
Ramatoulaye23/08/2013 09:17:32
Les journalistes de GP sont vraiment des visionnaires.Quelqu´un avait predit ici le plan maléfique du retour du ''Grand Mande '' Malheureusement c´est ce qui se desine a l´horizon, si l´on y prenne garde.Pour le cas du Mali, les Peuhls plus nombreux, se permettent de jouer le jeu des malinkés. pour preuves suivez les liens:1,2 et 3
1.http://www.malijet.com/les_faits_divers_au_mali/77857-affrontements-autour-du-foncier-a-diran-tabakoro-bougouni-des-fu.html
2.http://maliactu.info/crise-malienne/france-24-les-bambaras-ont-vote-pour-ibk-les-songhay-pour-soumi
3.http://www.youtube.com/watch?v=OopHSMrsaC4
Bhirowe Kuruma05/09/2013 02:56:38
Ce n'est pas facile de diriger !!! LA POLITIQUE ??? President IB Keita, je vais, tout d'abord, vous presenter mes vives felicitations !!!
Que Allah vous assiste. Presi IBK,comme je le disais dans un de mes commentaires sur ces presidentielles : il passera sans faute, mais le chemin sera parseme d'epines, pas mortelles, mais piquantes. Un sage conseil : REGARDER OU POSER LE PIED, OU S'ASSOIR. ECOUTER, OBSERVER. I KEITA, MARITALLAH DI MALI DEMIN INCH'ALLAH !!!