URL: http://www.guineepresse.info/index.php?aid=1285
« Voila l’homme tout entier, s’en prenant à sa chaussure, alors que c’est son pied le coupable » SAMUEL BECKET
J’ai déjà évoqué les maux de la Guinée qui présente, de mon point de vue, tous les signes d’une malédiction.
J’ai aussi écris tout ce que je pense de Conté, ce n’est plus ce que je pense, mais une conviction.Cette conviction est partagée par tous les guinéens qui ont un brin de sentiment patriotique : Rien ne se fera en Guinée avec CONTE, en terme de changement positif.
Conté a une excuse (ne me maudissez pas), il n’a pas hérité d’un Etat, mais d’un parti-Etat.
C’est le Parti-Etat qui avait fait de la BCRG, un ministère, rattaché à la présidence, alors qu’elle est une institution publique dotée de la personnalité civile et de l’autonomie financière au capital détenu à 100% par le TRESOR.
C’est le Parti-Etat qui avait déstructuré l’armée, en détachant la Gendarmerie du commandement des armées, pour en faire un état major particulier placée sous l’autorité de la présidence de la République.
C’est le Parti-Etat, qui avait armé la milice et en fait la police et aussi la force de défense et de sécurité du Parti.
Ce parti-Etat, avait substitué les organes et instances du Parti, à l’administration publique qui fonctionnait avec une preeminence du Parti sur L’Etat.
C’est dans ce Contexte que le CMRN est arrivé au pouvoir avec une équipe de Capitaines et de chef de bataillons qui étaient majoritairement constitués d’anciens membres des organes du Parti-etat, mais qui avaient une détermination de revoir l’administration du pays sous le prisme d’un Etat détaché de la tumeur d’un parti suspect et décrié et même dissout à l’époque.
Cette détermination du CMRN avait été déclinée dans le discours programme du 22 décembre 1985 et mis en œuvre par une équipe gouvernementale constituée de cadres compétents et ayant les aptitudes du métier
L’objectif était de créer un ETAT. Malheureusement :
Une reforme administrative engagée, a été dévoyée par des groupuscules aux allures démoniaques chargés de la promotion de certains guinéens contre d’autres. C’est l’ancêtre de l’UDIBAG
L’administration du territoire dévoyée par un esprit malsain qui a voulu que les régions soient confiées aux autochtones, ce fut un désastre.
La diplomatie a été dévoyée et les chancelleries ont été meublées sur des bases claniques.
C’est dans cette atmosphère que le multipartisme a été « décrété » et à la place du parti-Etat unique, nous avons vu l’avènement des partis ethniques favorisé surtout par les dérives du pouvoir avec des bourdes impardonnables du style « wofatara » et des invites au génocide orchestré par Conté en foret à l’occasion des premières municipales.
Exit alors la construction d’un Etat et toute aspiration unitaire de la nation disparaîtra.
Or, la mission d’un gouvernement c’est exercer les fonctions régaliennes de l’Etat.
Le socle de L’Etat est une administration
L’administration a pour socle une organisation définissant les règles et méthodes de fonctionnement et de gestion de l’Etat : C’est le moteur de L’ETAT. Ce moteur n’existe pas en ce moment.
Mettez un chauffeur toute catégories dans un véhicule sans moteur, il ne démarrera pas donc ne bougera pas et n’ira nulle part.
Souaré est désigné pour conduire un véhicule sans moteur.
IL NE FERA RIEN dans l’état actuel des choses ! Mais ont peut me rétorquer ce que je propose ?
Il faut à mon humble avis:
1. Cantoner les ministres à faire un état des lieux de leur département : c’est une urgence.Il s’agira de faire le point des contre-performances dans chaque departement.Par exemple :
1.1 identifier les causes de la faillite du système hospitalier, de celui de l’éducation, de la pléthore des hierachies supérieures de la fonction publique, de la désarticulation du système de sécurité social qui est incontrôlé et incontrôlable.
1.2 identifier les causes de la baisse des recettes fiscales, administratives et parafiscales
1.3identifier les causes des dérapages au niveau de la chaîne des dépenses
1.3 identifier la source des baisses des recettes minières et de la déliquescence du secteur.
Etc. Cet état des lieux est indispensable dans chaque departement.Je pense au passage calamiteux de certains ministres à l’agriculture,à la disparition de la performante DNGR,la pagaille dans le secteur des télécoms et les combines et concussions liées à la vente des licences,les exonérations fiscales fantaisistes et suspectes découlant de codes des investissement particulièrement scandaleux,la « vente » de Air Guinée,l’informelisation de la BCRG .Ce sont autant de chantiers qui auront le mérite d’occuper objectivement une équipe gouvernementale qui ne peut rien faire d’autre dans le contexte actuel avec une administration inexistante.
Le conseil économique et social peut être associé à une telle démarche.
2. Mettre en place sous l’autorité du président du parlement, une commission chargée de reformer l’ETAT et les institutions de manière à doter notre pays d’une administration structurée, organisée avec des règles et procédure de gestion .Le fait qu’un chef de service de la présidence, s’arroge le pouvoir d’annuler un décret est la meilleur illustration du manque de règles, de méthodes et de procédures de fonctionnement de l’administration. C’est tout de même inédit et insolite ?Le secrétaire général de la présidence n’est rien d’autre que le chef des services de la présidence chargé de faciliter au chef de l’Etat sa mission de président du conseil des ministres.Il en assure le suivi de l’exécution des décisions des conseils en relation avec le Secrétaire général du gouvernement et les directeurs des cabinets ministeriels.La mise en œuvre étant du ressort du gouvernement et le contrôle de l’action gouvernemental relève exclusivement du Parlement.Il est urgent au lieu de penser élection,de redéfinir et réorganiser l’administration y compris l’administration territoriale. Et en faire une loi de la republique.Toute modification devant relever du domaine de la loi.
Cette commission devra aussi redéfinir le rôle des forces de défenses et de securités.Avec une structure et un mode de fonctionnement digne d’une république.
Nos partenaires au développement et la communauté internationale doivent être associés et impliqués pour permettre au pays de mettre en place un ETAT et c’est seulement après qu’il faudra penser à organiser des élections.
Croire que sous conté des élections libres et transparentes sont possibles, serait commettre une forfaiture.
Le gouvernement qui vient d’être mis en place est un savant dosage ethnique, qui porte la marque de personnes qui connaissent parfaitement CONTE. (Somparé, kassory, Cellou & consorts)
Le gouvernement est composé de cadres que je ne me permettrais pas de juger, ils seront jugés au résultat, avec la certitude que leur action ne sera possible que si elle consiste à faire un état des lieux ! Ce sera leur feuille de route, et rien d’autre. Et si déjà ils arrivent a établir un état des lieux sans complaisance, ils auront aidés à dépoussiérer les travaux de clarification de l’après CONTE.
DRAHMANE TOURE