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L’impunité engendre plus de crimes
En janvier et février 2007, les populations guinéennes s’étaient levées pour réclamer le départ du système Lansana Conté. Ce fut la grève généralisée que le père Lansana et fils Ousmane Conté transformèrent en un massacre de la jeunesse guinéenne. Ils auraient été aidés par des mercenaires Bissao-guinéens de Nino De Vieira. Pendant qu’à l’intérieur et à l’extérieur, tous les Guinéens étaient mobilisés pour la chute de Lansana Conté, les syndicalistes prirent la lourde responsabilité historique de trahir la volonté populaire en réclamant la nomination d’un Premier ministre. Quand le peuple se battait pour le départ définitif annoncé de Lansana Conté, les syndicalistes participaient à l’agape funeste : négociations !!!. Le Premier ministre nommé, à son tour, trahissait le contenu de la feuille de route dont l’une des articulations majeures était d’établir la vérité sur l’assassinat de nos enfants. Pire, il finira par livrer, de nouveau, la Guinée entière à son bourreau : le système Conté avant de quitter honteusement la Primature par une nuit noire de Conakry le 20 mai 2008. Ce faisant, syndicalistes et Premier acceptèrent l’impunité des crimes en refusant dans un premier temps la constitution de la commission d’enquête et dans un deuxième de torpiller ses travaux une fois créée. Et Ousmane Conté, celui-là qui ordonna et dirigea le carnage du « lundi noir » ne fut nullement inquiété. Le voilà encouragé ! Le 17 juin 2008, (cet autre juin 2006 de notre évolution), de nouveau, le père et le fils Conté provoquent ce que les Guinéens ont vite fait de nommer l’affrontement militaire et paramilitaire. Or, semblerait-il, cette opération méticuleusement préparée par le couple père et fils, visait deux objectifs : C’est ainsi que Lansana Conté aurait planifié personnellement le déroulement de l’opération. Il aurait introduit des bérets rouges dans la CMIS parmi les policiers. A partir de ce moment, il aurait dépêché PIVI Coplan et quelques-uns uns à la CMIS sous prétexte de négocier avec une certaine police qui serait en ébullition. Le groupe aurait été accueilli par des rafales de balles. Quelle aubaine pour des barbares et sanguinaires vétérans compagnons, même jeunes de Charles Taylor ! L’affrontement meurtrier, tel que programmé par le père et le fils, ne pouvait plus que commencer. Ce fut un nouveau carnage. Au comptage 42 guinéens massacrés voire plus. En effet, Ousmane Conté et sa troupe profitèrent du trouble pour tuer et tout saccager dans le but d’effacer toutes les preuves de son trafic de drogue et de libérer ses complices d’origine nigériane qui seraient détenus depuis la découverte de son conteneur de drogue. Quelle belle preuve que l’impunité engendre plus de crimes ! Ousmane Conté est notoirement reconnu cerveau de la mafia qui sévit à Conakry sur le compte de laquelle plusieurs meurtres et autres crimes du grand banditisme sont enregistrés. L’on pourrait se souvenir de ses descentes nocturnes dans les maquis de la capitale, il y a quelques années. Combien de nos jeunes filles ont-elles subi d’affreux viols suivis de violences inouïes par ce voyou ? Il n’a jamais été inquiété parce que fils du premier criminel en Guinée, Lansana Conté. Si tout s’arrêtait là ! Nos sources nous rapportent que dans la nuit du 17 au 18 juin 2008, au petit matin, soit 01h20 (heure de Guinée), Ousmane Conté accompagné d’un groupe restreint de voyous vêtus en tenue militaire est revenu à la CMIS avec un camion militaire. Il ordonna à ceux-là de ramasser les 42 corps des policiers tués en journée pour les amener vers une destination inconnue. Pour ceux qui connaissent la triste et douloureuse histoire de Guinée, il ne peut avoir de doute : il s’agit de fausse commune. A la suite de l’opération, parmi les survivants, d’autres auraient été faits prisonniers. Transportés au camp Alfa Yaya Diallo, QG des rebelles que dirigent PIVI, nombreux auraient été identifiés comme étant des bérets rouges. Il semblerait que le cowboy PIVI avait procédé à un triage à la suite duquel les vrais policiers auraient été relâchés quand les bérets rouges demeurent détenus, en ce moment, au camp Alfa Yaya. Guinéens et Guinéennes, Nous sommes tous coupables, nous l’avons déjà écrit. Ce qui se passe dans notre pays n’a d’égal nulle part au monde. Il n’existe d’exemples nulle part. Pourquoi cela ? Interrogeons-nous ! Notre incapacité à nous élever au-dessus des considérations ethniques peut-être une explication insuffisante. Il y a aussi cette faiblesse de l’expression du patriotisme, car quand une personne aime son pays, elle ne peut accepter ce qui se vit en Guinée. Nous étions à une réunion de la communauté guinéenne de Paris lorsque le décret promulguant la nomination des membres du gouvernement issu de janvier et février 2007, a été publié. Notre déception fut grande quand notre compatriote d’à côté jubila parce que sa nièce était faite ministre. Pourquoi ? Elle ne se posait pas la question. Il faut également relever la mystification des détenteurs de parcelle de pouvoir chez nous. Tout se passe comme si le pouvoir les autorisait toutes permissivités et perversions. Ce qui conduit à la notion de non-respect des lois donc de l’impunité : impunité des crimes, des vols, des malversations de tout genre opéré, justement, par ceux qui sont sensés faire respecter les lois. Et comme le prône Montesquieu dans L’Esprit des lois : « Si ceux qui doivent appliquer la loi se sentent supérieurs aux lois ; c’est la catastrophe qui s’installe » Voilà qui explique encore en partie le calvaire guinéen. Il nous faut du courage guinéen ! Des espèces aussi monstrueuses que cruelles, comme Ousmane Conté, n’auraient pas trouvé de place sur la terre de nos ancêtres si nous avions, ensemble, mené loyalement et avec détermination le combat pour la vraie liberté et la démocratie. Cassons maintenant les liens du défaitisme qui nous enserrent et paralysent. La nouvelle Guinée est possible, mais avec tous les Guinéens engagés résolument vers le renouveau et le changement tant prôné. Alors débout, chers compatriotes, débout pour nous défaire de ce système qui n’a que trop perduré ; débout pour abattre, à notre tour, ceux qui font nos misères et nous humilient en nous rendant pauvres et honteux. Cela est possible, mais seulement ensemble ! Paris, le 26 juin 2008 Jacques Kourouma
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