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2013-11-13 10:50:47
Depuis les événements tragiques du 28 septembre 2009, les Guinéens font face à une implication qu’on peut qualifier de suspecte de la communauté internationale vu les agissements de certains acteurs dans la crise politique. Si pour certains, après les régimes de dictature subis depuis l’indépendance, les concepts moraux de portée universelle que sont le droit et la démocratie constituent un luxe pour nous, d’autres pensent simplement qu’il faut maquiller le système et servir les marchés qu’ils représentent, tant pis pour la morale. Aujourd’hui il y a lieu de se demander quelles valeurs morales défend la Communauté Internationale et sur quelle morale et quels principes, les représentants de nos partenaires se sont basés pour aider notre pays à réussir sa marche vers la démocratie.
Au regard d’une victimisation collective dont s’est toujours servi le système criminel qui a pris notre pays en otage depuis l’indépendance pour justifier le malheur dans lequel il a toujours plongé les populations, certains actes posés par cette communauté internationale en Guinée réputés aider notre pays pour le retour à l’ordre constitutionnel, soulèvent plutôt interrogations quant à leur sincérité. Ne pouvait-on pas se passer des criminels au lieu de procéder au recyclage et à la promotion de certains parmi eux et non des moindres ? Voilà le premier « deux poids deux mesures ».
Quelques semaines après le 28 septembre, le Conseil de sécurité des nations unies envoie une équipe de juristes pour enquêter sur les massacres et les viols. Le rapport de cette commission internationale a reconstitué la chaine de commandement des forces de sécurité pour les enquêtes préliminaires. En décembre de la même année, l’un des principaux accusés tente d’assassiner le chef de la junte. Cette même communauté internationale à Ouagadougou, désigne après l’avoir blanchi, Sekouba Konaté, un haut gradé impliqué dans cette chaine pour diriger la transition avec comme mission : l’organisation des élections présidentielles et la restructuration des forces de sécurité. De retour en Guinée, il élargit sa mission à l’octroi de marchés juteux...
Pour ce qui est de la restructuration des forces de sécurité, cet officier félon se débarrasse des proches de Dadis, chasse les forestiers du camp de Kaleta et les fait remplacer par ceux issus de l’ethnie à laquelle il dit appartenir. La brutalité des répressions des manifestations pacifiques et son implication dans l’intimidation et les bourrages des urnes lors des dernières élections prouvent avec éloquence que ce qu’on appelle aujourd’hui armée nationale n’est qu’une milice malinké au service d’un pouvoir tribaliste dont les crimes sont hors de commun. C’est la restructuration à laquelle l’ONU est en train de contribuer. Que le général Lamine Cissé réfléchisse bien, car demain il ne dira pas qu’il n’a pas été prévenu.
En ce qui concerne l’organisation des élections présidentielles, l’échec se traduit aujourd’hui par la crise politique que traverse le pays depuis 2010. Toutefois, il serait utile de rappeler quelques faits qui ont beaucoup entamé la crédibilité de nos partenaires. Le général Konate a été accusé d’avoir changé les résultats du premier tour pour permettre à M. Alpha Condé d’accéder au second tour. Entre les deux tours, ce soldat du mal fait déployer des milices ethniques qui ont violenté les populations peules de Conakry par toutes sortes d’exactions: massacres, viols, vols, etc. Il a utilisé sa propre garde aidée par certains de ses proches pour infliger des violences corporelles à des supporters du candidat Cellou Dalein Diallo. Resco Camara, Nouhou Thiam et Aboubacar Sidiki Camara ont été inculpés et attendent leur jugement. N’oublions pas le génocide des peuls en Haute Guinée qu’il lui est difficile de nier d’en être mêlé dans la préparation en tous les cas il a toujours refuse même d’en parler à plus forte raison de dénoncer tout en déployant l’armée au Foutah où elle se livre à des tueries, des viols, et des emprisonnements, etc. après le second tour.
Apres tout cela la Communauté Internationale, en guise de récompense, promeut Sékouba Konate en le nommant précipitamment à la tête de la FAA, fonction pour laquelle, il n’a pas les capacités professionnelles, les qualités morales et intellectuelles requises pour l’assumer. Si les Guinéens dans leur majorité, exigent la traduction du capitaine Moussa Dadis Camara devant la CPI, ils se sentent insultés par la promotion de l’autre criminel qu’est le général Konaté. Des acteurs de cette communauté internationale pensent que le peuple guinéen est trop naïf pour accepter des standards uniques.
Un autre aspect révoltant de l’attitude de ces diplomates se traduit par leur détermination à nous faire accepter et supporter ce pouvoir tyrannique d’Alpha Condé. Cet imposteur, conscient qu’il ne peut pas gagner le pouvoir par la voie démocratique, a choisi la violence et les fraudes électorales pour y accéder et s’y maintenir au vu et au su des diplomates résidant à Conakry. Ceux-ci ferment les yeux sur les graves violations des droits de l’Homme qui sont commises quotidiennement sous leurs yeux.
Ceux qui appellent à la paix et à la préservation de l’unité nationale ont pourtant suivi la campagne basée sur l’ethnocentrisme et la haine de la communauté peule particulièrement, de celui qu’ils sont déterminés à soutenir les yeux fermés pour des raisons qu’eux-mêmes connaissent, mais qui interpellent la conscience de chaque citoyen guinéen épris de justice et de liberté.
Le pogrome anti peul à Conakry et en Haute Guinée entre les deux tours de la présidentielle de 2010 a été passé sous silence. La répression brutale des mêmes populations de la Moyenne Guinée par les forces envoyées par Sekouba Konaté qui ont commis des viols, meurtres, et autres atrocités, a été considérée comme un non évènement et d’ailleurs le représentant de l’Union Européenne n’était-il pas allé jusqu'à nier qu’il y avait des violences? Malgré toute la brutalité que ce régime sanguinaire utilise comme stratégie pour se maintenir au pouvoir, quand ce n’est pas le silence total des représentants de nos partenaires, certains vont jusqu'à s’ériger en juge populaire se permettant de partager les responsabilités entre les victimes et leurs bourreaux que sont les milices ethniques d’Alpha Condé.
Voilà bientôt trois ans depuis que la Communauté Internationale par ses représentants en Guinée, devenus de vrais activistes du parti au pouvoir, s’efforce à imposer des standards uniques pour l’avènement de la démocratie dans notre pays. Apres avoir cherché à réduire au silence l’opposition républicaine dans ses revendications légitimes d’aller aux élections législatives pour mettre fin à la transition, il y a eu d’abord une campagne médiatique confuse qui présentait les leaders des partis politiques comme ceux qui ne veulent pas aller aux élections, donc ceux qui bloquent le développement du pays.
Face à l’intransigeance de l’opposition qui exigeait des élections crédibles, nos hôtes se sont engagés encore dans une autre campagne de promesses en vue de nous convaincre des mesures qu’ils entreprendraient pour sécuriser le processus contre les disfonctionnements et la fraude. A l’approche du scrutin, ils ont tenté de préparer les esprits à accepter les irrégularités en disant qu’aucune élection ne peut être parfaite et immédiatement après le 28 septembre, ils ont commencé encore par tenter de nous convaincre de la bonne qualité du scrutin. Et dès que les observateurs de l’Union Européenne ont dénoncé des dysfonctionnements, les représentants de la Communauté Internationale ont invité l’opposition à adresser leurs recours éventuels à la Cour suprême qu’ils légitiment en Guinée et récusent en Cote d’Ivoire, encore deux poids deux mesures.
Espérons seulement que l’opposition aussi fera le plus tôt possible un rapport sur la détermination de chacun de ces diplomates à nous imposer à tout prix, ce pouvoir tyrannique pour permettre à ceux qui les ont accrédités, d’apprécier et de juger la conformité de leurs attitudes avec la mission qui leur fut assignée.
Barry Abdourahamane
Philadelphie - USA
VOS COMMENTAIRES | |
| dgb | 13/11/2013 14:04:50 |
| Désordre, terreur, KO c'est ce que les peuples qui ont subi la détermination occidentale vous répondront. Quand aux toutous de dictateurs africain le jour ou leurs allégeances ne suffira plus ils finiront comme le guide lybiens. Pour l'instant les intérêt se trouve au moyen orient pour ses réserves de gaz pétrole... Ils sont prêt à semer la terreur partout histoire redresser leur économie à genoux! L'afrique ne sera pas une exception! L'alternative: la russie, chine brésil, pays émergeant et BRICS | |
| Hawa Bah | 13/11/2013 17:56:47 |
| Une excellente analyse. Merci Mr. Barry! | |
| Hawa Bah | 13/11/2013 18:07:00 |
| J'ajoute simplement que l'attitude de la communauté internationale dépend aussi de l'opposition. En Côte d'Ivoire comme en Guinée Bissau, l'attitude est différente de celle en Guinée parce que dans ces pays, l'opposition ou le principal parti d'opposition s'est montré intraitable sur des principes et le respect des règles du jeu. Quand la crise s'engage et que chacun campe sur sa position, la communauté internationale est obligée de se référer à la loi et aux valeurs de justice et d'équité pour trancher. En Guinée, elle n'en a pas besoin, parce que le principal leader de l'opposition n'est à la recherche que des occasions pour avoir des compliments et un prix de la paix. Vous vous appelez comment Alpha Condé l'appelle? Le bon garçon. | |
| Diallo A T. | 13/11/2013 19:35:39 |
| Merci Mr. Barry votre analyse est tres importante car il ne faut pas etre dupe cette communaute internationale ne defend que ces interets. en aidant Alifa ,au pouvoir Elle ne souhaite pas le bonheur pour La Guinee. A.T. Diallo | |