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| Ibrahima A. Sylla |
2008-06-30 16:19:07
Avant d’aborder les questions qui constituent la trame de cette déclaration je crois devoir partager avec le lecteur les pensées suivantes qui inspirent et expliquent le sens et l’objectif qui guident mon engagement politique au sein du RGT, mon Parti.
Je suis certain que ces citations permettront de mieux décoder mon message que cependant je crois simple et intelligible.
"Le patriotisme c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine des autres." Romain Gary
"La République n'est pas enfermée dans un texte sacré déposé dans le saint des saints ou au pavillon de Breteuil. Elle est vivante. Elle est mouvement. Elle est devenir. Elle est le miroir des hommes agissants."
Patrick Kessel
"La République est une idée, la République est un principe, la République est un droit. La République est l'incarnation même du progrès."
Victor Hugo
"Je n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants. Je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie. Ou plutôt, je sens bien, en interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un pauvre cœur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse."
Marc Bloch
J’en viens à présent à l’exposé de mes idées, principes, constat et position sur la situation actuelle de mon pays, la Guinée. La conjoncture politique et sociale guinéenne est hors de toute norme et devient par cela troublante pour l’étranger et passionnément délicate et préoccupante pour le citoyen, du fait qu’elle se caractérise par un phénomène anticonstitutionnel qui aggrave la décrépitude de l’Etat et met en péril la démocratie et la gouvernance qui fondent la noblesse d’une République.
Ce phénomène est la détention ou la confiscation du Pouvoir d’Etat par quelques fonctionnaires de la Présidence de la République, agissant en joint-venture avec l’adjudant-chef Pivi, alias Copland, au mépris des Institutions Républicaines. J’y reviendrai plus loin.
Conjoncture Politique et sociale actuelle
Depuis quelques années, longues et pénibles, la République de Guinée présente la mine d’un pays politiquement instable, économiquement faible, socialement désintégré avec une insécurité grandissante. La Guinée est devenue un pays sous tension constante sur fond de crises cycliques. Le Guinéen a perdu les repères et les valeurs qui fondent la responsabilité citoyenne sont méconnues ou bafouées.
L’intensification progressive des tensions politiques et sociales est une source de préoccupation pour l’ensemble des observateurs de la vie publique guinéenne.
Les manifestations itératives qui témoignent du mécontentement général des populations, en raison de l’érosion constant de leur pouvoir d’achat, les sévices et violations perpétrés, tant par les bandits que par les forces régulières, l’ampleur inquiétante de l’insécurité sont autant de faits qui attisent et aggravent ces tensions.
Le sentiment de frustration au sein des diverses couches sociales, résultant de l’absence de dialogue entre les différentes composantes de la société guinéenne, à savoir le Gouvernement, les Partis Politiques, la société civile, les cadres, les paysans, les civils et les militaires forme le plus grave facteur et catalyseur de conflits.
Nous devons, tous et dans l’unité, participer à l’apaisement des tumultes qui secouent et menacent le Pays, notre Pays. Nous devons vouloir et vouloir âprement que nos différences nous enrichissent et que jamais elles ne nous divisent.
Devant ces ébullitions si fortes et douloureuses, apaiser le climat social est un défi à relever de toute urgence. J’invite tous les Partis et Syndicats à s’y engager et y contribuer.
La nouvelle équipe gouvernementale doit s’y employer avec courage, foi et abnégation. Il s’agit de faire en sorte que la paix sociale soit restaurée, que la confiance entre les citoyens, les Institutions de la République et leurs soldats soit retrouvée.
Pour y parvenir, il est indispensable pour les hommes en uniformes de recouvrir et observer avec constance l’esprit citoyen, afin que la devise de notre République revête sa signification profonde, celle de rendre le faible fort, sans affaiblir le fort, d’enrichir le pauvre, sans appauvrir le riche, par la vertu du Travail, la force de la justice et la beauté de la solidarité. Tel est le défi qu’il faut relever par la restauration de l’autorité de l’Etat.
Trois actions s’inscrivent comme priorité des priorités.
Consubstantielle à l'Etat, l'armée est historiquement la première institution étatique spécialisée à des fins de puissance publique, pour garantir l’exercice du pouvoir régalien émané de la société, maintenir l’ordre public, la sécurité des personnes et des biens et défendre l’intégrité du territoire.
L’Armée ne saurait être indifférente aux mouvements et revendications qui bouleversent la vie politique et, plus profondément, aux spasmes des luttes pour la conquête du pouvoir d’Etat et l’exercice des droits civils, politiques, économiques et culturels.
Aujourd’hui, il est impératif de comprendre les rapports qu'entretient l'armée avec la société guinéenne dont elle émane. Le RGT souligne deux repères principaux qui permettront d’en discerner les particularités : le recrutement et le commandement.
Le recrutement éclaire les liens entre l'armée et la population dont elle est issue ou pour la protection de laquelle elle est créée et organisée.
Le système de commandement met en lumière sa cohérence et le lien de subordination qui l’attache au pouvoir d'Etat et la soumet à la loi et aux autorités civiles élues ou légalement établies.
Ces deux repères sont sources de préoccupations.
Le recrutement
Le recrutement dans l’armée n’obéit pas au principe de qualité morale des postulants. On y fourre ceux qui ont montré l’incapacité d’accepter l’éducation familiale, qui ont échoué à l’école, qui ont été incapable de se faire un métier, et plus fréquemment ceux qui sont tombé dans la délinquance. En les proposant, il est dit que l’armée le redressera.
La mission de l’armée est-elle de redresser les délinquants ou au contraire de veiller au maintien des valeurs morales et éthiques de la société ? Confions à d’autres institutions à créer et spécialiser le soin du redressement.
La source principale des maux de notre armée est dans le recrutement du soldat. Dans tous les pays qui se veulent civilisés, l’armée est le regroupement de compétences diverses de niveau élevé. Les meilleures formations, les recherches les plus pointues, les technologies et métiers de pointe sont dans les armées, sauf, bien entendu, en Guinée.
Le métier de soldat n’est pas de semer la terreur et la mort, mais de défendre la Patrie, de rétablir la paix partout où elle est rompue ou menacée, de sortir l’orphelin de la détresse et de donner l’eau à l’assoiffée et d’apporter un rayon de lumière sur le visage de l’affligé. C’est ce soldat que nous avons appris à connaître avec l’équipe des Kaman Diaby, Abou Soumah, Thierno Diallo, Noumandian Keita, Louis Lamine Diallo et bien d’autres hommes de valeur, malheureusement victimes d’une hérésie politique.
Le soldat étant une force de production a le droit de revendiquer, d’aspirer au bien-être et au bonheur comme tout citoyen. Sa différence avec son frère est qu’il s’est engagé à donner sa vie, à verser sa sueur et son sang pour apporter à son père et sa mère, à sa sœur et son frère les vraies beautés de la vie que procurent la paix, la liberté, la justice et la sécurité. Le soldat est un Héros du peuple.
Nous devons reconnaitre aujourd’hui que la paix et la sécurité sont sous constante menace ou violation en Guinée. Or, il est de la mission et de l’honneur de l’armée de les imposer et les faire respecter. Le soldat doit accomplir cette mission par l’exemplarité de sa conduite quotidienne qui doit rester conforme, en toutes circonstances, à la rectitude de la discipline et des traditions militaires.
Cet effort d’apaisement du climat politique et social doit commencer par le respect du règlement militaire, le respect des lois au sommet desquelles trône la Loi Fondamentale dont chaque soldat doit demeurer la sentinelle fidèle et loyale.
Mais faut-il savoir les lire, les comprendre et les intégrer dans le comportement quotidien de manière à les transformer en réflexe. Tel qu’il est recruté aujourd’hui, le soldat guinéen est loin de remplir sa mission de sentinelle de la paix.
ROMPRE LE CYCLE VICIEUX
Aujourd’hui, il faut rompre le cycle vicieux des crises profondes et persistantes qui endeuillent la Guinée. La vie de chaque citoyen, pauvre ou riche, est pareillement précieuse, le soldat guinéen doit se garder d’en perdre une seule.
Le RGT sait que l’exécutif n’a pas de remède miracle. C’est pourquoi mon Parti recommande au Président de la République et au Gouvernement de s’efforcer d’être à l’écoute du soldat, d’entretenir avec tous les citoyens, tous les Partis, toutes les composantes de la nation un dialogue franc et sans complaisance. D’entretenir une consultation fréquente avec les officiers supérieurs à la retraite.
Ce dialogue doit pouvoir créer et entretenir chez le soldat et dans la caserne l’esprit de solidarité de corps et l’engagement citoyen pour la défense de la Patrie.
Le premier pas à faire sous la forme d’une solution palliative et urgente consiste à concevoir et réaliser un vaste de programme de formation civique dans les camps, en complément à la formation militaire. Cette formation aura pour base fondamentale la connaissance et la vulgarisation de la loi Fondamentale, du ou des règlements militaires ainsi que les règles du droit humanitaire. Il s’agit de poursuivre plus en avant les efforts déjà consentis
système de commandement militaire
S'agissant du système de commandement militaire, la question centrale est : comment la hiérarchie militaire est-elle articulée sur le pouvoir d'Etat ?
L’agent central du système de commandement militaire est, de toute apparence, un organe collectif, dénommé Etat Major Général, qui devrait être composé de stratèges et autres généraux promus par leur valeur technique et éthique et qui en imposent justement par leur posture morale et le respect qui découle de leur connaissance martiale.
Les conditions obscures de promotions au grade, le népotisme, la corruption, l’irresponsabilité des officiers supérieurs entrainent aujourd’hui l’effet pervers de l’apparition d’un quidam surnommé ‘’COPLAN ‘’.
Le sieur ‘’COPLAN’’ donne le spectacle affligeant d’une armée en pleine agonie, impuissante, totalement désarticulée de toute autorité étatique, incontrôlée et potentiellement régicide ou génocide.
LA REFORME DE L’ARMEE
Le RGT pense que l’efficacité et la crédibilité du commandement militaire seront acquises à partir du moment où, quelle que soit l'origine sociale du soldat ou de l’élève-officier, le métier des armes deviendra l'objet d'une formation spéciale ouvrant l'accès à la promotion aux plus qualifiés, sur des bases objectives et transparentes.
La réforme de l’armée aura pour point de départ l’élaboration et la vulgarisation des règles strictes de recrutement et de promotion dans le grade et dans la fonction.
Universellement, l'armée constitue une pyramide unique, quoiqu’elle se compose de branches distinctes. En conséquence, le recrutement et l’avancement dans les grades doivent dépendre uniquement de la hiérarchie militaire et ne doivent pas s'ouvrir à la décision ou l’intervention d'autres rouages de l'Etat ou à un quelconque lobbysme.
CADRE NATIONAL DE CONCERTATION
Il importe aujourd’hui de réfléchir sur la création d’un cadre national de concertation sur la paix et la sécurité, afin de mobiliser toute la population à leur restauration.
Il faut rétablir la confiance entre l’armée et toutes les différentes composantes de la population, les sieurs COPLAN et consorts doivent être invités à la retenue dans les propos et les actes, à des comportements responsables propres à conjurer les tensions et conflits et à favoriser la recherche pacifique de solutions idoines aux problèmes de l’armée et de la nation entière.
J’invite le Gouvernement, en collaboration avec la hiérarchie militaire existante, à faire en sorte que désormais les affaires militaires soient réglées dans les garnisons et qu’elles ne débordent jamais et en aucune manière les enceintes des casernes.
Le RGT souligne que tout problème a une solution et que la méthode pacifique doit toujours prévaloir.
Un grand Général disait qu’il est faux de penser que le bon soldat aime la guerre et la mort. Le bon soldat aime tellement la vie, la paix et la sécurité qu’il est prêt à sacrifier sa vie pour les défendre.
A la lumières des récents événements, le RGT est de l’avis que nous devons commencer à « prendre un virage nouveau », mais nous devons comprendre que l’arrivée de nouvelles idées qui fleurissent parmi les hommes de troupes, ne peut pas être réalisée du jour au lendemain.
Nous devons nous assurer que chaque jour qui passe doit marquer un progrès nouveau. Il faut aller de l’avant, mais en procédant de façon prudente et responsable. Civils et militaires, tous citoyens de la nation Guinéenne, nous devons cheminer ensemble, toujours en avant, vers le mieux-être, dans une marche fraternelle où règnent la discipline, l’ordre et l’harmonie.
Le rôle du Ministre de la Défense
Il sera du rôle du Ministre de la défense, aux côtés du Premier Ministre, de faire prévaloir l’esprit d’équipe au sein des casernes et unités, car par nature, l’Armée est une vaste équipe. Plus exactement un ensemble d’équipes travaillant en réseau.
Le RGT est convaincu que s’il fait fonctionner l’esprit et le travail d’équipe et de réseau qui constituent le fil et la trame de l’art militaire, le Gouvernement pourra régler nos problèmes aisément et durablement.
Y a-t-il dans un pays, un plus grand réservoir de ressources humaines et de compétences que l’Armée ? La notre fait exception à cette règle cardinale.
L’Armée mieux organisée, mieux structurée donnerait à manger à toute la Guinée. Souvenons-nous du ‘’Génie Militaire’’, de l’EMA (entreprise militaire agricole) qui ont contribué, sous Kaman à faire les routes et développer des activités agricoles.
Les soldats doivent reconquérir cette pole position. C’est pourquoi, le Ministre de la défense doit travailler à reformer notre institution militaire, tant du point de vue structurel et fonctionnel que mental.
Les soldats doivent créer et produire eux-mêmes ce qui remplira leurs gamelles, sans attendre de malheureux salaires. Le militaire est une force de vie, une force créatrice de richesses, un producteur de biens.
Le RGT tient à rappeler que le principe fondamental de l’art militaire est de survivre à toute circonstance nouvelle ou périlleuse, par les aptitudes du soldat à mépriser le danger et la souffrance et sa vertu à préserver et conserver la vie.
Donner la mort ou infliger la douleur ou la destruction doivent être imposés et rendus inévitables par les circonstances extérieures à la volonté du soldat en combat.
Jules César le romain, Napoléon le français, Chaka le Zulu et Georges Patton l’américain, tous, de célèbres Chefs militaires, à des siècles ou décennies de distance, sont d’accord pour dire que la plus importante victoire d’un soldat, c’est la victoire sur lui-même.
Apprendre à se maitriser, à contrôler sa peur, ses colères et ses joies, à surmonter ses douleurs et ses frustrations sont la raison et le sens des formations que subissent les soldats durant toute la carrière militaire.
SESSIONS DE REFLEXION
Le RGT invite à relire notre devise : Travail, Justice, Solidarité.
Nous avons manqué de travail, la justice a été méconnue et la solidarité a été étouffée par nos comportements quotidiens. Dès lors, la rue et les casernes ont fait retentir les bruits de bottes et de fusils.
La frustration et le sens de l’impatience des soldats et des populations sont compris, puisque chacun les a vus et vécus, mais c’est ici et maintenant, l’occasion de montrer notre capacité humaine à maitriser nos pulsions, dominer nos passions et mener une analyse en profondeur de la situation de notre pays et de l’environnement international, afin de trouver des solutions durables à nos maux.
Le RGT, mon Parti, invite les militaires sous la bannière des différentes unités et armes de lancer, avec la permission du Commandant en Chef des forces armées guinéennes, dans les prochains jours, semaines et mois, des sessions de réflexion dans les différents camps et garnisons, afin que des politiques et solutions soient proposées pour que la République reprenne ses titres de noblesse en Guinée.
LES MAUX DE L’ARMEE
L’armé a à combattre trois maux au sein des garnisons : l’indiscipline qui s’accompagne de l’impunité, la corruption des gestionnaires et l’insécurité sous toutes ses formes, y compris le non-respect des droits de citoyens et de soldats.
Les solutions à proposer doivent permettre d’atteindre les objectifs d’amélioration des conditions de vie et de travail du soldat, pour le plus grand bien de la Nation. En même temps, il faudra penser à la meilleure manière de renforcer la sécurité dans les quartiers et villages, sur les routes et aux frontières et, du coup, ressusciter la sérénité du citoyen.
Chacun, Civil et Militaire, doit apporter sa contribution au renouveau de notre armée, en travaillant dur et sans répit, pour aborder les problèmes de notre nation avec lucidité et responsabilité.
Évidemment, c'est un processus complexe qui implique un niveau élevé de coordination entre les différentes unités des Forces armée Guinéennes, d’une part, et entre les la Hiérarchie militaire et les Autorités civiles, d’autre part, dans le respect de la spécificité de l’Armée.
L’exercice est important car il requiert la décentralisation et le renforcement de l’autorité hiérarchique qui puise sa subsistance dans la rigoureuse discipline de toute force armée digne de ce nom.
L’engagement à prendre ensemble est que l’Armée demeurera à la pointe du combat pour le développement durable de la Guinée.
Il est de tradition dans tous les pays, que l’Armée est le corps le plus discipliné de la société humaine, donc un modèle de probité dans la bonne gestion des ressources publiques, de la production agricole, de l’aménagement et la maintenance des voies de communication et des édifices publics, ainsi que dans la fourniture des soins de santé primaire.
Ce sont là les tâches auxquelles la Patrie et la Nation convient l’armée et le gouvernement, sous la Direction du Commandant en Chef des Armées, dans le respect de la Loi Fondamentale et sous le contrôle de l’autorité civile.
COLLEGIALITE DANS L’EXERCICE DE POUVOIR D’ETAT
Le Pouvoir d’Etat doit s’organiser et s’exercer dans la collégialité. Le gouvernement doit faire en sorte que les Partis Politiques soient constamment informés, souvent associés et régulièrement consultés sur l’élaboration des politiques et programmes. Ce faisant, ils seront avec le Gouvernement dans la recherche rapide de solutions aux problèmes qui assaillent et étreignent douloureusement l’Armée.
Les autres acteurs de la vie nationale ne doivent pas être tenus à l’écart, la société civile doit être un partenaire de l’Etat et des Partis. Il convient de renforcer les avenues d’une collaboration avec la société civile, pour qu’elle sorte de sa timidité, qu'elle mobilise ses organisations autour d'actions ciblées et planifiées, consistant à soutenir ou à combattre toute tendance à l'inertie, à la pensée unique, et à l'opacité.
Elle doit jouer un rôle central pour la réalisation des objectifs du Millénaires, en servant de boussole, compas ou sextant aux populations et aux associations qui veulent les y aider.
Le RGT est respectueux du principe de l’opposition loyale et démocratique. Cela m’amène à aborder le deuxième volet de cette déclaration.
Le RGT rappelle que seul un système de gouvernance basé sur des institutions démocratiques issues d’une expression libre et souveraine de la population, est capable de garantir la paix, la stabilité et l’ordre public.
La règle fondamentale de fonctionnement de la République est matérialisée par l’existence d’un gouvernement représentatif. Cette règles est contenue dans la Loi fondamentale sous la formulation de ‘’Gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple’’.
Il s’ensuit que la fonction première de l’élection est de permettre aux citoyens de choisir librement et régulièrement leurs gouvernants et leurs représentants, aux périodes fixées par la loi.
Est-il besoin de répéter que l’élection est le seul mode légitime de délégation de souveraineté et qu’elle constitue, la " soupape de sécurité " de toute société démocratique ?
En effet, le droit constitutionnel guinéen reconnait aux citoyens le pouvoir de régulièrement exprimer leur mécontentement et démettre un élu, ou au contraire de renouveler son mandat, évite que les désaccords politiques majeurs ne prospèrent sur un autre terrain d’expression, précisément la rue, (comme c’est le cas ces quatre dernières années) et d’autres modalités indésirables comme la violence (dont celles qui secouent le pays depuis Juin 2005).
Nous devons agir vite et bien, afin que le langage silencieux et pacifique des urnes taise le langage bruyant et meurtrier des armes.
L’élection est, à l’évidence, le moyen le plus efficace de prévenir et de régler les crises politiques, de favoriser les changements pacifiques et de consolider la démocratie et la bonne gouvernance.
C’est pourquoi, le RGT urge le Gouvernement à accélérer en parachevant les préparatifs de prochaines élections, afin que celles-ci se tiennent ponctuellement.
A ce sujet, le RGT fait remarquer que l’on n’administre pas par la séduction, mais par le sens de la logique, de la cohérence, de la pratique de la consultation et l'esprit de ''lois inviolables’’ ; en prêchant et payant par l'exemple dans des actes et comportements sans équivoques, respectueux de principes rigoureux et suivant une ligne politique et une discipline de gestion transparente et féconde, capables de produire des résultats concrets, voulus et mesurables.
En politique, on ne joue pas, on observe et applique les règles de neutralité de la fonction publique ayant fait preuves ailleurs et reconnues universelles et objectives. Il ne faut pas perdre son temps à vouloir réinventer, il faut plutôt valoriser les ressources humaines et naturelles disponibles, sans restriction mentale d'aucune sorte, sans atermoiements, sans complaisance et sans discrimination et exclusion.
La loi de la démocratie et ses application de décentralisation, de transparence et de bonne gouvernance doivent présider à la réforme de l'Administration et à la reconversion du comportement des agents de la fonction publique, en créant les garanties de carrières et de rémunération propres à valoriser le travail et éliminer la corruption et l'irresponsabilité.
La décentralisation et la déconcentration de l’exercice du pouvoir d’Etat doivent connaître la réalité des textes qui les prévoient et les régissent.
L’absence de relais, découlant du dépouillement des structures intermédiaires et des structures à la base de leurs compétences, a fait du Chef de l’Etat le seul interlocuteur de tout mécontent ou pétitionnaire. Pour le bien de la République une telle situation doit être éliminée, pour endiguer crises cycliques paralysantes.
Tout problème doit trouver sa solution au niveau de la structure à laquelle la loi a dévolu compétence. L’esprit de responsabilité dans l’initiative et l’action doit être cultivé et sans cesse renforcé.
A cet effet, la reforme doit être fécondée et alimentée par une circulation fluide de l'information, autant verticalement qu'horizontalement. La circulation sans entrave de l’information demeure la source principale de l'efficacité de l'Etat et de ses organes.
L'obligation de rendre compte doit être au centre de cette entreprise et devra s'appuyer sur des critères de réarmement moral et motivation matérielle de l’élu et du fonctionnaire.
REFORME DE LA JUSTICE
Le Chef du gouvernement et le Ministre de tutelle doivent porter un regard patriote sur notre Justice et les conditions d’indépendance véritable de la Magistrature. La Loi Fondamentale et les lois organiques de 1991 ont prévu et organisé les mesures et critères de garantie d’une bonne administration de la Justice. Ces textes restent encore lettres mortes.
Les organes de surveillance et de garanties de la discipline et de l’impartialité des juges ne fonctionnent pas.
Le budget alloué à ce secteur pour accomplir sa mission de garant des droits fondamentaux et des libertés publiques ne cesse de se rétrécir comme peau de chagrin.
Les magistrats continuent à percevoir un très bas traitement salarial, de très loin, inférieur à celui des officiers de police judiciaire, leurs auxiliaires.
Les tribunaux sont mal équipés et logés dans des Palais sordides qui ont subi les assauts destructeurs des manifestants lors des événements qui ont bouleversé le pays l’année dernière.
Le RGT rappelle que l’attrait, le flux et la sécurité des investissements et des activités économiques dépendent de l’efficacité et de la crédibilité de la Justice qui doit demeurer un axe prioritaire d’efforts.
Conclusion
Le RGT, parti du travail, conformément à la mission que la Loi Fondamentale a assignée aux Partis politiques, apportera sa contribution à toute entreprise de restauration de l’Etat, de construction de la démocratie et de la bonne gouvernance et de réalisation des objectifs du développement durable pour le plus grand bonheur du peuple de Guinée.
Les obstacles les plus difficiles à surmonter pour la nouvelle équipe gouvernementale, comme ce fut pour les précédentes, proviendront de l’administration, en particulier celle qui gravite à la Présidence et qui prend le fonctionnement des services publics en otages. De ce côté, le Premier Ministre devra nettoyer les ‘’écuries d’Augias’’, travail herculéen.
L’apparition brutale sur la scène publique guinéenne de ‘’COPLAN’’, bras séculier du CLAN de la Présidence, crée une situation délétère qui semble avoir muselé tous les acteurs de la vie politique.
L’impression est que tout le monde semble devenir ‘’Ponce Pilate’’ ou ‘’Jacques le fataliste’’. Or le moment est à l’action et à la vigilance.
Le phénomène ``COPLAN``, car il ne faut plus regarder l’individu, mais considérer la réalité qui s’abrite derrière lui, profile l’ombre maléfique de dangers imminents aux conséquences prévisibles mais incalculables pour la démocratie, pour la République et pour l’armée.
``COPLAN’’ ne mesure pas le péril qu’il constitue pour la nation et le silence coupable des Partis et des Syndicats l’encourage et l’enhardit dans ses démonstrations mégalomanes qui signifient la destitution des officiers, la mort de l’Etat et des lois.
En attendant, le Gouvernement doit consacrer une importante partie de son énergie à rendre possible la tenue des élections législatives dans les délais prévus et dans les meilleures conditions d’organisation, en prélude aux élections présidentielles.
Le RGT invite toutes les forces de progrès à s’unir pour conjurer ce danger et amener l’armée à limiter ses activités aux seules missions qui sont légalement les siennes.
Veuille Dieu soutenir la Guinée et bénir ses fils de bonne volonté qui s’attachent à son épanouissement et son développement.
Le RGT