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2013-12-21 11:17:16
Dans sa longue marche vers la démocratie, notre nation a payé un trop lourd tribut, en morts, en blessés, en dégâts matériels en pertes de temps et en séjours déshumanisants dans les cachots de l’injustice. Ceci est en grande partie la conséquence de l’incapacité des fils de Guinée à se parler, s’écouter et se remettre en cause lorsque cela est nécessaire.
Trop souvent l’autisme a été et continue encore d’être le comportement favori du guinéen en général et de la classe politique en particulier. Le compromis a toujours été considéré comme un acte de faiblesse. La surenchère trop souvent a été privilégiée à la raison. L’autel de l’égoïsme demeure encore et toujours le lieu du sacrifice de la cause nationale. Beaucoup trop de tares de notre société actuelle sont des freins au véritable changement.
L'héritage est, il est vrai, lourd à porter mais il n’y a pas d’autre alternative que de l’assumer pour avancer ensemble, certes avec des opinions différentes, mais ensemble vers un but commun : Une Guinée démocratique où il fait bon vivre.
L’atteinte de cet objectif commun passe nécessairement par la construction d’une nouvelle société dont la première étape est la remise en question de bon nombre de nos certitudes, nos croyances, nos comportements et notre manière d’envisager l’avenir de notre nation.
Le champ d’application de cette introspection va du simple citoyen aux tenants du pouvoir en passant par les hommes politiques sans oublier les hommes de presse.
La construction de la nouvelle société dont je parle ici prendra des générations mais il est plus que jamais temps d’en poser les fondations.
Pour cette transformation le rôle des intellectuels est primordial. Déconnectés de toute idée partisane, leurs écrits, leurs analyses, leurs participations aux débats, leurs propositions de solutions seront les moteurs de ce mouvement d’ensemble. Alors intellectuels de Guinée, je vous lance un appel à prendre de la hauteur pour une participation positive à l’œuvre d’édification de la nouvelle société guinéenne.
Aux nouveaux députés, nul besoin de vous rappeler que vous êtes les représentants du peuple et que par conséquent, quelque soit votre tendance politique, vous êtes membres de l’assemblée du peuple de Guinée. Donc vous portez désormais sur vos épaules une très lourde responsabilité devant l’histoire.
A ce tournant décisif de la vie de notre nation, vous avez une opportunité unique de bâtir le nouveau système démocratique guinéen. Un système solide qui sera plus puissant que les individus. Un système dans lequel le changement d’une personne quelle qu’elle soit n’aura aucun impact sur le fonctionnement global. Un système qui portera en son sein les germes de sa pérennité.
Pour cela votre crédo ne devra être que celui de légiférer uniquement dans l’intérêt de la Guinée et non pas de transformer le haut lieu de la représentation nationale en un espace ou la petite politique sera reine.
Le défi qui vous attend est celui de la construction de la nouvelle Guinée.
Dans mes deux billets sur la question « Quelle démocratie pour la Guinée ? », j’ai parlé de sujets qui, à mon sens, s’ils sont abordés sereinement et traités en profondeur, pourront assurément contribuer à l’édification du nouveau système démocratique de Guinée.
Le temps de la construction est peut-être arrivé.
Puisse Dieu bénir la Guinée !
Laye BAMBA
VOS COMMENTAIRES | |
| BORIA | 21/12/2013 13:44:16 |
| Mr BAMBA , vous dites que le temps de la construction est peut-etre arrive , c'est juste de votre part de dire PEUT-ETRE sinon pour moi le temps de la construction est LOIN pour la Guinee. Si vous vivez en Guinee aujourdhui Mr Bamba vous etes persuades que rien du bon ne marche . Regardez l'administration publique tout les postes strategiques sont pour les malinkes rien pour les peuls , un peu pour les sousous et les forestiers . Comment voulez - vous construire une nouvelle societe quand 18% de la population detient tout les leviers politique, economique, administratif du pays , quand 82% de la population est completement banalise. Mr Bamba quand une minorite de 18% veut tout et rien pour les autres il n'y aura pas de PAIX ni la CONSTRUCTION D'UNE NOUVELLE SOCIETE . L'histoire nous a appris que cela finira toujours par une TRAGEDIE. Il est grand temps pour cette minorote de 18% de prendre conscience du danger de son comportement pour cultiver la PAIX , L'ENTENTE , LA CORDIALITE , LA DEMOCRATIE afin de construire une nouvelle societe . En un mot Mr Bamba pour construire une nouvelle societe en Guinee il faudra ineluctablement que les malinkes abandonnent l'idee du pouvoir retrograde . WASSALAM | |
| Sadio Barry | 21/12/2013 15:14:00 |
| << Dans sa longue marche vers la démocratie, notre nation a payé un trop lourd tribut, en morts, en blessés, en dégâts matériels en pertes de temps et en séjours déshumanisants dans les cachots de l’injustice. Ceci est en grande partie la conséquence de l’incapacité des fils de Guinée à se parler, s’écouter et se remettre en cause lorsque cela est nécessaire... Le compromis a toujours été considéré comme un acte de faiblesse. >> M. Bamba, Est-ce que le mot Constitution ou Loi vous dit quelque chose? A quoi bon de faire une Constitution et des lois sí vous restez attachés à la gestion de la société comme au temps des Soumaoro Kanté où il faut se retrouver sous l'arbre à palabre pour trouver des solutions aux problèmes du village ? Dites à Alpha Condé et au parti au pouvoir de respecter la Constitution et les lois du pays. On n'a pas droit de se retrouver pour trouver un compromis dans l'application de la loi dans le but de la contourner quand elle ne vous arrange pas. C'est la loi elle-même qui est le compromis de la gestion de notre société. Qu'on la respecte et l'applique, un point, c'est tout. | |
| Ba Poulel | 21/12/2013 17:03:12 |
| Monsieur Bamba,votre article me ramène au temps de Sékou Tyran. A chaque fois que le peuple de Guinée subit les conséquences fâcheuses de la folie du pouvoir de Sékou, il y a des cadres en bois qui réagissent malheureusement pour le soutenir. A travers les chansons, les journaux, les classes, les cafés,ils utilisent les termes comme"guéré magnin, guèrè moyyha, guéré moufan..."; cultivons la paix, la démocratie... Donc M. Bamba,votre cas de démocratie dont vous faites état ne nous fait pas avancer. | |
| Djikoro Kaba | 22/12/2013 00:35:20 |
| Je crois que le texte de Mr Bamba mérite d'être analyser sous d'autres angles que celui de la politique politicienne. Le rideau vient de tomber sur les obsèques du feu Madiba, qu'avons nous retenons des appréciations du monde entier, de ce Monsieur ? Et justement Mr Bamba dénonce ce comportement guinéen. D'autre part, le quota ethnique a été pratiqué au Cameroun sans résultat probant et aussi, il y a plusieurs ethnies en Guinée qui n'ont jamais été élevé à un haut rang dans aucun des gouvernements précédents; dans l'administration actuelle, ces gens sont sous représentés encore. Sans approuver le monopole de l'administration par les mêmes, je dirai qu'il n'aura jamais d'équité réelle dans ce domaine. En Guinée le problème est ethnique ailleurs il est régional ou d'ordre politique, comme dans les grandes démocratie. Moi, je pleure l'incompétence de ces cadres et le favoritisme des uns et des autres. | |