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Carton jaune à ceux qui veulent banaliser les monstrueux crimes
2008-07-06 17:09:55 L’histoire de l’humanité comporte des pages noires dont on ne peut blanchir par une simple volonté ou le désir de certains individus de se singulariser parmi leurs contemporains. Une telle démarche peut compromettre dangereusement, à la fois, l’avenir de la nation en construction et le devenir des rapports des citoyens qui doivent en être les ouvriers pour qu’elle soit solide, vivante, prospère et progressive. La Guinée, bien que pays de multiples exceptions, ne peut échapper au verdict que prononce l’histoire lorsqu’il y a crimes organisés, cultivés et bien entretenus par un système dont les animateurs avaient ou ont pour mission la protection des populations. Aucune justification ne peut balayer ces crimes si la justice, expression apaisante de la douleur des victimes, n’a pas joué son rôle. C’est à partir de son procès que les Guinéens, librement, en âme et conscience, peuvent décider de pardonner ou non afin que leur pays connaisse la paix et s’ouvre aux progrès enviés aux autres nations du monde. Dans ce contexte, comment des individus, fussent-ils bien inspirés, peuvent-ils, au nom de la peur de la vérité, enrober dans les oripeaux des rapports ethniques : Peulh et Malinké ce que l’histoire doit étayer et expliciter pour situer les responsabilités dans les monstruosités qui accompagnent les Guinéens et Guinéennes ? Une telle tentative pourrait être un autre crime qui viendrait comme le couteau dans la douloureuse plaie béante du passé et du présent, non pas pour raffermir les liens, mais pour accentuer les frustrations qui gangrènent une Guinée pourtant promise à meilleure que la tragédie qu’elle subie. La tragédie guinéenne ne peut pas être élucidée par des combinaisons sulfureuses et aveuglantes de la lecture de l’histoire par la postérité. La lumière des projecteurs doit d’abord et avant tout éclairer les zones funestes de notre passé entaché des plus ignobles actes négatifs sécrétés par un pouvoir aux hommes sanguinaires. Après la bonne conscience jouera sa partition. En attendant si les Peulh et les Malinkés veulent régler leur différent, si différent y a, ils ont toute la latitude. Cependant, ils n’ont pas le droit d’enfouir (comme les victimes) dans une nouvelle fausse commune ce que l’humanité doit comprendre et savoir pour que la lumière de la justice, la vérité des faits, la transparence des actes et le respect des droits humains trouvent leur place au cœur de l’action politique et publique en Guinée. Peut-être faut-il rappeler qu’il y a eu Nuremberg après 1945 ? Faut-il écrire et rappeler que l’Afrique du Sud a connu « Vérité et Réconciliation » ? Des conférences nationales ont eu lieu ailleurs ? Ce furent une réelle volonté politique, une acceptation du principe par ces peuples et leurs bourreaux. Or, en Guinée, les bourreaux refusent d’assumer leurs actes criminels. D’ailleurs, ils narguent, intimident et continuent de commettre, sous de nouveaux manteaux, des crimes contre la Guinée et ses populations. Et veut-on qu’on se réconcilie parce qu’il est plus aisé d’être bourreaux en Guinée que d’être victimes ? Non, l’esprit de nos morts, le souvenir des atrocités qui ont présidé à leur mise à mort, l’anonymat maintenu sur leur reste obligent d’exiger le verdict de l’histoire, non pas pour une vengeance, mais pour que la loi de la Justice établisse la vérité qui servira, sûrement, de socle évocateur de la réconciliation. Certes Sékou Touré est mort, il y a 24 ans ! Que dire de la traite négrière et de la colonisation qui s’inscrivent dans le registre de l’histoire de la criminalité dans le monde comme étant antérieures à l’ère du PDG, mais servent encore de justificatifs à l’échec patent des guignols au pouvoir, ici et là en Afrique? Voilà qu’en Guinée, on doit laisser Sékou Touré se reposer en paix comme si de son vivant, il avait permis aux Guinéens, dans leur ensemble, de vivre en paix ! Non la mémoire collective guinéenne ne doit pas se rendre sélective, amnésique, même si des groupuscules sont gagnés par la tentation. L’histoire de Guinée doit s’écrire avec l’encre indélébile de la vérité des faits et non avec celle maculée de sang et de mensonges. C’est à ce prix que la réconciliation, par elle-même, trouvera la place dans le cœur du Guinéen. Si cela s’opère, elle n’aura pas besoin de héraut ou muezzin pour que les Guinéens se réconcilient avec leurs bourreaux. Cette réconciliation nationale ne concerne pas les ethnies, elle concerne, d’une part, les bourreaux ; c’est-à-dire tous ceux qui ont exercé une parcelle de pouvoir dans notre pays, même si leur degré d’implication dans le désastre humain et économique varie ; d’autre part, tous les Guinéens parmi lesquels ceux qui ont perdu physiquement des parents et le reste des populations qui est victime de l’absence de sécurité, de soins, d’éducation et d’instruction, bref qui est maintenu dans un état moyenâgeux parce qu’injustement privé des profits et bénéfices des richesses nationales. Certes, la Guinée est arrimée au train des exceptions, mais que dire du TPI s’il fallait laisser dormir les tyrans sanguinaires après qu’ils aient accompli leurs crimes ? Milosevic, Charles Taylor et, avant eux, les nazis qui ont semé le désarroi et ont fait des assassinats leur œuvre majeure pour être sur le perron de leur Etat respectif doivent-ils dormir ou reposer en paix ? Guinéens et Guinéennes, mes frères et sœurs! Sékou Touré entre dans le club minable des assassins à travers l’humanité, donc des bourreaux de leur peuple. Aucune excuse, aucune dissimulation, aucune explication ne sauraient être un argument fort pour le blanchir. On nous parle du règne prolongateur du PDG : le système Lansana Conté. Qui sont les animateurs de ce rejeton pédégiste sinon que l’Homme nouveau de Sékou Touré ? Comment peut-on ou veut-on dissocier ce qui prévaut en Guinée de son père géniteur qui est Sékou Touré ? Cet homme a dirigé pour lui et son clan familial. Il y a eu malheureusement des brebis galeuses se réclamant Malinké qui identifiaient leur ethnie à ce pouvoir. Cela arrangeait le tyran. Certains Peulh, comme des membres de toutes les ethnies guinéennes ont accompagné, peut-être par patriotisme ou non, ce vampire assoiffé de sang. Il a fini, comme la mâcheuse religieuse après l’acte sexuel, par les dévorer. Pour être bref, aucun Guinéen ne doit accorder à Sékou Touré, la paix du repos parce que nos morts n’ont pas connu de sépulture digne encore ; parce que nos morts sont encore dans des fosses communes ; parce que les victimes n’ont pas encore reçu le pardon de leurs bourreaux qui pourrait être le levain à l’apaisement de la douleur qui, réalisé, inciterait les Guinéens à ouvrir la porte de la vraie réconciliation. En attendant les populations Peulh et Malinké ne doivent pas se laisser prendre au piège qui voudrait que les premiers soient les victimes des seconds d’autant qu’il y a eu « le complot peulh » et l’année « cheytane ». En adhérant à la démarche si singulière des illuminés par une réunion au dessein triptyque : DNT, ils se fourvoieraient s’ils oubliaient que les autres composantes guinéennes ont eu aussi leurs morts. La réconciliation sera réelle et nationale lorsque tous les Guinéens se sentiraient concernés sinon le contraire est un égarement sur le chemin de la vraie histoire de la Guinée meurtrie et honnie. Paris, le 6 juillet 2008 Jacques KOUROUMA
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