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Tibou Kamara sur Alpha Condé : « La faute politique et morale grave d'acteurs de notre transition »2014-01-24 10:07:04 Comme Jean-Marie Doré, Tibou Kamara sait de quoi il parle…sans jamais citer les « acteurs » qu'il dénonce avec véhémence. Nous sommes un peu fatigué de ces gens qui savent tout et ne disent jamais rien pour la justice. Cela peut se comprendre car il était une personnalité charnière, l’intello du gouvernement militaro-civil du général auto promu Konaté Sékouba, celui qui a sévit avant, pendant et après le «Toumbacidage» de Moïse Dadis, acte le guérissant accessoirement mais radicalement de son impolitesse légendaire. A l’époque, pour parler médical, les démangeaisons de son prurit de conscience moralisatrice qui le poussent aujourd’hui à la confession publique de fautes et qu’il étale complaisamment ne l’avaient pas encore atteint. Monsieur Tibou Kamara, remarquable épistolier par ailleurs confirme bien le dicton : il voit la (grosse) paille dans l’œil du pouvoir actuel, et oublie la poutre qu’il trimbale au dos. L’honnêteté, surtout politique, est une denrée rare, surtout sous nos latitudes. M. Kamara en est une catastrophique illustration. Cette envie soudaine de jouer au chevalier blanc arrive en règle comme un bouton de fièvre chez ceux qui, pour une raison ou une autre, ont été débarqués des cercles du pouvoir. Le degré d’intensité de leur tintamarre est habituellement inversement proportionnel à leur honnêteté. Lorsqu’ils en ont. Un extrait de sa nouvelle confession : "Les Guinéens qui continuaient à soutenir encore Alpha Condé, soit parce qu'ils voulaient lui accorder toute sa chance ou croire en sa bonne foi jusqu'au bout, ont compris qu'il ne joindra jamais l'acte à la parole. Pour lui qui aime se donner en spectacle, bouffon dans l’âme, sans redouter le ridicule, la posture choisie est de promettre, encore et toujours promettre, faisant sienne l'assertion selon laquelle les promesses n'engagent que ceux qui y croient. Avec l'ultime espoir déçu du changement annoncé par lui-même dans une version guinéenne très originale des guignols, il faut se résoudre enfin pour les plus sceptiques à admettre qu'il n'est pas l'homme qu'il faut à la place où il se retrouve. Par un accident de l'histoire et par la faute aussi politique et morale grave d'acteurs de notre transition qui se sont laissés aller à différents sentiments pour le tirer d'un 'naufrage électoral' certain. La rupture que ce président, tout sauf démocratiquement élu, a annoncée urbi et orbi dans son populisme habituel pour créer l'illusion chez les Guinéens qu'il a appris de ses innombrables fautes, s'est révélée encore une vaste escroquerie et supercherie politique, après le braquage électoral réussi. En cette matière et d'autres, nous avons désormais affaire à un multirécidiviste notoire déjà condamnée par l'histoire. Rien d'étonnant pour un homme qui a un profond mépris pour les guinéens dont il est loin des préoccupations quotidiennes; il ignore tout du peuple de Guinée digne et fier qu'il n'aime pas et se refuse à respecter, aussi bien dans ses déclarations publiques que ses actes officiels. Ni introspection, ni sursaut même tardif pour un homme qui n'a que des certitudes. Personne ne contredira certaines vérités de sa déclaration, qui ne nous apprend malheureusement rien de nouveau. C’est seulement, qu’il le comprenne bien, son « timing » comme disent les anglais, qui tombe au mauvais moment. Que l'on arrête de tourner autour du pot: -il sait que M. Alpha Condé n'a pas été démocratiquement élu, compte tenu de sa position à l'époque, Tous les guinéens l’auraient applaudi au moment, ou juste après les faits, lorsqu’il était encore au centre des décisions du pouvoir. Ses concitoyens savent bien que ce monsieur fait partie de ceux qui ont "fabriqué" Alpha Condé 2010 et qui, aujourd'hui, courageusement, se défaussent sur "les autres". De parfaits Ponce Pilate! Ils savaient, ils l'ont vu venir, ils l'ont aidé à agir. Le seul tort d'Alpha est de les avoir écartés afin de concentrer toutes les cartes dans ses mains. Tout le reste est enfumage politique. A ce jour, c’est toujours motus et bouche fermement cousue sur ce drame aux conséquences très présentes de notre histoire. Tibou aurait-il quelque appréhension que l’on découvre qui sont les artisans de cet épisode peu glorieux du pouvoir auquel il a appartenu ? Il ne réussira, s’il y arrive, qu’à tromper très peu de Guinéens avec ses circonlocutions et autres redondances, habituelles chez ceux qui pensent rouler leurs compatriotes dans la farine d’un langage flamboyant et quelque peu châtié, même si cela sent furieusement le préfabriqué. Parce que ses habits hélas, exhaleront toujours les effluves incommodants de la naphtaline CNDD. Il lui reste donc un vrai coming out pour être crédible. Il n'en prend pas le chemin. « Roondo mi djoundjanè », c’est fini. Pour ceux qui veulent et peuvent comprendre.
Thierno A Diallo
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